Japon – dernier jour

Faut pas rester là monsieur…

Parce qu’il fallait bien que ce jour arrive, celui où il faut faire la valise, souvenez-vous 23kg pas plus, et remballer tous ses souvenirs ainsi que les 20.000 trucs accumulés pendant le séjour.

Dernier jour ou pas, nous ne sommes pas restés inactifs, enfin pas trop du moins.
Aujourd’hui nous attendait le palais impérial de Kyoto. C’est donc après le traditionnel Starbucks – avec le gâteau au thé vert fourré au haricot rouge et le combo café/muffin – que nous nous rendons au milieu de l’immense parc pour notre visite. Un fonctionnaire tout juste souriant vérifie que nous sommes bien nous grâce la fiche remplie avant hier. Petite vidéo explicative de ce qui nous attend et nous voilà parti, avec un groupe de 70/80 personnes pour un petit tour des jardins du palais. En effet, on vous fait faire le tour du propriétaire mais sans vous montrer l’intérieur d’un seul bâtiment. Enfin si on vous le montre mais de l’extérieur. Ne rentre pas qui veut dans ces trésors nationaux, déjà que l’on nous fait comprendre qu’ils sont sympas de nous laisser poser nos yeux dessus. Cours et façades se succèdent puis on en vient aux 2 pièces maîtresses: les 2 jardins. Impériaux c’est le cas de le dire car ils mettent à genoux la concurrence, dans la mesure où concurrence il peut y avoir vu la superbe du lieu. On joue des coudes avec les personnages les plus mal élevés du groupe pour prendre des photos. Vous savez, ceux qui se croient seuls et tout permis, qui passent devant sans soucier que vous preniez votre photo ou pas, ceux qui vous mettent un coup d’épaule parce que vous les gênez… bien ben là les malaisiens (oui je balance) sont au même rang que les chinois pour ce qui est du savoir vivre. M’ENFIN.
Il est 11h, la visite prend fin. Comme hier, il fait une chaleur écrasante. La lourdeur du temps et l’humidité ambiante rendent le climat épuisant, on imagine ce que ça peut donner l’été quand il fait un petit 35° à l’ombre.
Retour en bus vers les rues commerçantes de Gion. Petite promenade dans le coin où nous avions croisés des geishas l’autre jour. Nous en croiserons encore, mais sans maquillage cette fois-ci. Passage également dans les galeries marchandes pour les derniers achats comme du thé ou des cadenas pour les valises.
Direction ensuite le musée du manga, qui a la bonne idée de se trouver à 2 pas de l’hôtel. Installés dans une ancienne école primaire, le cadre est très sympa. Nous y sommes accueillis par une dame parlant au bas mot 4 langues couramment (dont le français). Dans ce musée, enfin ce n’est pas vraiment un musée c’est plus une bibliothèque géante, plus de 200.000 mangas de toutes les époques sont regroupés et surtout, sont consultables! Tous dans un état exceptionnel – le truc inimaginable en France quoi. L’idée d’avoir installé ce musée dans une ancienne école est amusante, d’autant que l’on y croise beaucoup d’écoliers, mais aussi beaucoup d’occidentaux, tous posés dans un coin un bouquin à la main. 99% de ce qui est dispo est en japonais, mais on y trouve aussi des mangas traduits en français, anglais, allemand, thaïlandais, chinois, coréen etc… Comme les japonais font les choses bien, on y explique à travers une dizaine de panneau l’histoire du manga, de ses origines jusqu’à nos jours. C’est court mais suffisant et bien expliqué. Et ça me permet de confirmer ce que je disais l’autre jour concernant les shonens (les hebdomadaires contenant plusieurs histoires), le Shonen Jump est le plus gros tirage avec ses 2.800.000 exemplaires par semaine (un chiffre qui ferait rêver bien des éditeurs par chez nous)…

*j’ai perdu le file de ce que je voulais dire car Lucille m’explique qu’elle teste le fonctionnement des toilettes avec le jet d’eau*

BREF…
Sur les panneaux, on apprend également que chaque manga a une cible bien précise. Au-delà de la simple distinction fille/garçon, on cible aussi les tranches d’âge et même les catégories socio-professionnelles. Plus de la moitié de la production est destinée aux adultes, et je ne parle même pas des mangas cochons.
L’autre chose sympa du lieu, c’est ça permet de voir l’intérieur d’une école japonaise. Par la même occasion on en apprend plus sur l’histoire du lieu et même sur l’histoire des écoles dans Kyoto. Bien que la configuration de l’endroit ait été un peu modifié, certaines pièces ont été laissé plus ou moins en l’état. Il faut reconnaître que c’est assez austère et le truc drôle c’est qu’il plane encore dans le bureau du directeur une odeur de tabac froid qui rend la pièce encore plus glaciale.
Dernière visite mais visite bien sympa.

Et pour conclure, un petit mot sur nos hôtes durant ces 15 jours.

Les Japonais sont des gens fascinant. Toujours à travailler le paraître, ils feront tout pour ne pas perdre la face ou vous la faire perdre. Sympas et attentifs, ils se mettront en 12 si nécessaire pour vous dépanner, vous guider… du moins quand vous êtes un touriste et que vous ne sortez pas trop des sentiers battus. Si vous êtes un étranger résidant au Japon, c’est une autre histoire et c’est tout juste si vous existez dans la vie de tous les jours… car le japonais est un chouilla raciste sur les bords (et les bords ici peuvent parfois être larges).
Quelques exemples.
Certains restaurants affichent clairement la couleur en n’acceptant pas les étrangers avec un panneau « no foreigners » à l’entrée – le genre de chose impensable chez nous sans avoir toutes les assos pseudos bien pensantes qui montent au créneau en hurlant à la discrimination et au racisme – ici c’est normal et personne n’en fait une montagne, même pas les étrangers. David, qui nous a guidé à Tokyo, nous a expliqué que prendre un simple abonnement de portable était une galère sans nom. Pourquoi donner un abonnement de portable à un étranger alors qu’il ne va pas rester et partir en laissant des dettes? Les japonais ont encore du mal à intégrer qu’un étranger puisse avoir envie de rester dans leur pays. De même Betty nous expliquait que parfois dans les transports, les locaux lui faisaient obstacle pour ne pas qu’elle puisse descendre à sa station. Certes, les mentalités commencent à changer, à s’ouvrir aux autres mais à pas comptés.
Il est aussi certain qu’en fonction de la ville et de la personne en face de laquelle on se trouve, on n’aura pas droit à la même réaction (je vous renvoie à notre mésaventure dans l’izakaya d’Utsunomiya). Il suffit de voir les gens qui spontanément sont venus nous proposer leur aide (en général des trentenaires ayant des bases d’anglais) alors que les plus « méfiants » étaient les 50 ans et plus – comme par exemple celui qui m’a refoulé de la banque cet après midi en me disant que pour la Visa je devais aller voir ailleurs. Il a même poussé le vice jusqu’à nous suivre à la banque de l’autre côté de la rue pour nous dire « pas de visa ici non plus » avec son air aimable (SIC). A contrario vous avez aussi des petits vieux qui viennent tout sourire vous demandez d’où vous venez avec 3 mots d’anglais abominable et qui vous disent « merci de venir nous voir ». Pareil pour les écoliers qui lèvent la main en criant « halo » (pour « hello ») ou qui vous disent « where from » pour savoir d’où vous venez (marre d’être pris pour un américain) et qui ont les yeux qui s’allument façon sapin de noël quand on dit « Paris ».
On ne peut pas tirer de généralités mais comme le dit Betty en plaisantant à moitié: « à Tokyo c’est la capitale, ici vous êtes chez les ploucs ». Ca résume plutôt bien le truc.
Quoiqu’il en soit, je les aime bien malgré leurs défauts. Leur complexité leur donne un charme qui pique ma curiosité.

Voilà… a priori demain à cette heure-là nous serons au-dessus de la Sibérie. Il nous restera environ 4h30 de vol avant d’atterrir.
A ce jour, la seule chose dont je suis sûr, c’est que nous reviendrons. Quand…? Ben je vous le dirais si le porte bonheur offert par Julie fonctionne.

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