Japon – Jour 12

Le cul bordé de nouilles… ou de udon pour faire couleur locale.

Grosse chaleur aujourd’hui, on annonce un bon petit 27° sur Kyoto, autant dire que sur le goudron ça cogne sec. Et le petit vent frais qui rend ça supportable est en fait un faux ami qui vous faire croire qu’il fait bon alors qu’en fait vous rôtissez.
Passons sur ces considérations météorologiques pour nous intéresser au programme du jour: le quartier d’Arashiyama et le sanctuaire Sanjusangendo (ré mi fa sol).
Nous avions au départ décidé de visiter le parc du palais impérial. Ce dernier étant de temps à autre utilisé par l’empereur (le vrai, celui qui ne sert à rien et qui ne sort quasiment jamais de son îlot à Tokyo), il faut montrer patte blanche. Direction donc le bureau des visites pour une inscription en bonne et due forme. Sauf que, comme il y a eu des festivités il y a peu, pas de visites avant demain, mais demain nous ne sommes pas dispo, rendez-vous est donc pris pour jeudi matin. Nous sautons ensuite dans un bus pour une petite balade d’une heure vers Arashiyama.
Arashiyama est situé à l’Ouest de Kyoto. C’était le lieu de villégiature des empereurs qui appréciaient le calme et la beauté de l’endroit. Ils avaient du goût les bourricots! Difficile en effet de croire qu’on se trouve encore à Kyoto tant on se sent dans un petit bled de province avec l’atmosphère villageoise qui y règne. Une superbe pont de bois enjambe la rivière et une forêt de bambous offre un abris au frais. Idéal avec la grosse chaleur du jour. C’est d’ailleurs dans cette forêt que nous croiserons M. Nakamura, vieux peintre qui vend des cartes postales de ses peintures aux gens qui passent par là. Le bonhomme parle japonais (évidemment) mais aussi espagnol couramment, gère plutôt bien l’anglais et baragouine assez de français pour se faire comprendre de n’importe qui parlant la langue de Molière. Rigolo comme tout, le pépé drague Lucille l’air de rien et en plus réussi à refourguer ses cartes à tout le monde. Ha ça y’a du métier… mais c’est fait avec classe et humour. N’étant pas décidé à nous refarcir une heure de bus pour le trajet de retour, nous optons pour le train. 15 minutes plus tard nous débarquons à la gare centrale de Kyoto, vous avez dit gain de temps?
Le temps d’engloutir des spaghettis – oui ho ça va hein, pas de commentaires sur la bouffe je n’ai pas encore abordé le sujet du du dîner – et nous revoilà dans un bus en direction du Sanjusangendo. Ce sanctuaire là a plusieurs particularités. En dehors du fait qu’on ne puisse pas y prendre de photos (vous n’en verrez donc que l’extérieur) et que le simple fait d’avoir une appareil en bandoulière vous fait passer pour un délinquant, il abrite une statue de Kannon (aucun lien avec les appareils photos) entourée de 10 rangées de statues de Sennju Kannon ainsi que 30 statues de divinités bouddhiques ayant un lien plus ou moins lointains avec d’autres divinités indiennes et iraniennes. 28 des statues sont les serviteurs de Kannon et les 2 restantes sont les gardiens traditionnels des temples bouddhistes : Raijin, le dieu du tonnerre, et Fūjin, le dieu du vent. Selon la légende, Kannon à 1000 paires de bras – chaque paire représentant 50 vies à sauver dans l’univers bouddhiste, mais les statues n’en ont que 21. Les 1001 statues sont bien sur toutes différentes et toutes en or. Bon à y regarder de plus près, seule la face avant est encore un tant soit peu dorée, l’arrière étant noir de poussière, poussière d’origine s’il vous plaît car le lieu n’a a priori pas changer depuis sa construction en 1256. Et pour finir, avec un peu plus de 125 mètres de long, c’est la plus longue structure en bois au monde. Voilà, comme ça vous savez tout et moi j’ai finis de faire comme si j’avais lu tous les panneaux d’information.
En sortant de là, après avoir profiter un peu du parc avant de nous faire pousser doucement mais surement vers la sortie pour une gentille annonce du cerbère de la porte, que faisons-nous? Nous prenons le bus évidemment! Direction Gion, pour non pas chasser la geisha mais chasser l’opticien, les lunettes de soleil de Lucille ayant perdue une visse. Évidemment nous ne prenons pas le bon bus et nous voilà nez à nez avec le groupe de beaufs français croisé hier je ne sais plus où.
Bref, erreur de bus salvatrice (z’allez voir pourquoi) car nous descendons là où nous n’aurions pas du. Sur une suggestion de Julie nous traversons la rue pour arriver dans celle où se trouve les maisons de thé fréquentées par les geishas que nous ne sommes pas censés chercher. Nous évitons un groupe de touriste belges… et là je vois ma Lucille qui dégaine son appareil plus vite que la lumière et qui mitraille. Sans le vouloir, nous tombons nez à nez avec une geisha qui s’engouffre dans un taxi sous le regard médusé des touristes (cul de bordé de nouilles part. 1). Sachant qu’il est de plus en plus difficile de voir des geishas dans Kyoto, je considère que nous avons eu beaucoup de chance d’en voir une « du premier coup ». Elles ne se montrent plus trop en public justement à cause du comportement des touristes qui sont parfois très limite dans leur façon de faire avec elles, il n’y avait qu’à voir le belge qui a traversé la rue ventre à terre pour faire sa photo et qui serait presque monté dans le taxi avec elle. Le temps de faire 2/3 photos des maisons de thé, nous voilà revenu sur la grande rue d’à côté où nous trouvons finalement notre opticien. Sorti de chez l’opticien, nous faisons 150m, je bricole mon appareil pour je ne sais plus trop quelle raison et j’entends Lucille qui dit « Nico lève le nez! » Et hop, 5 geishas de plus (cul bordé de nouilles part.2). Du coup, j’ai fais zéro de photos de geishas par contre j’en connais une qui est toute contente car elle espérait vraiment en voir une. 6 c’est bien aussi!
Nous finirons notre périple dans le quartier commerçant. Petit tour dans une salle d’arcade avec moult jeux vidéos – des jeux musicaux où il faut faire les notes en rythme, jeux de tiercé (oui oui) avec gestion du jockey, du cheval, de l’état du terrain etc… le tout avec siège à écran tactile, jeux de courses automobile, simulateur de gundam et j’en passe. Bien entendu j’y laisserais quelques sous (on ne se refait pas). Comme l’heure du dîner approche et que j’avais promis aux filles de les amener faire un « sushi tournant » pour dîner et qu’en plus je leur avais vendu un resto qui déboîte à 2 pas de là, j’espérais que se serait encore comme dans mon souvenir. Et ben ça n’avait pas bougé d’un iota. Poisson toujours aussi extra, grande variété de sushi et CE SAUMON… La seule chose qui m’a fait arrêter de manger c’est le manque d’argent parce que sinon j’aurais mangé au-delà du raisonnable même si je dois reconnaître que les 2 dernières assiettes étaient déjà de la pure gourmandise. Je négocie un retour là-bas pour demain soir *YATAAAAAA*

Sur ce… je n’ai plus d’argent (véridique) et j’ai la carte postale de mon chat à écrire.

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