New-York – jour 2

6h35 du matin, dans une chambre d’hôtel à l’angle de la 54ème rue et de la 6ème Avenue, on ouvre en grand les rideaux pensant voir l’avenue vide et calme… tu parles ! Les taxis sont déjà en mode rally cross et toute la ville vaque déjà à ses occupations.

 

De notre côté le démarrage se fera tranquillement, le temps de constater que dans un lit king size, on peut passer la nuit sans croiser la route de son voisin tout en ayant fait un safari photo aux 4 coins du truc.
Direction le Starbucks d’à côté pour le petit déj. Pas trop réveillé, j’ai pris mon temps pour commander ce qui a eu le don d’irriter la nana derrière nous qui a fini par partir sans prendre le temps de commander tout en pestant après moi. Bitch ! Le réveil sonne pendant que je sirote mon café. Ha tiens il est 8h, il faut vraiment que je sois en vacances pour me lever aussi tôt, même pour bosser ce n’est pas le cas. Lucille termine sa pâtisserie aux myrtilles et ensuite direction le métro !

L’achat de la « Metrocard Unlimited » effectué, je me rends compte que nous ne sommes pas sur la bonne ligne. Du coup je me fais houspiller par Lucille. 2 blocks plus loin, nous nous ré-engouffrons dans une station pour constater que… je me suis encore planté de ligne. Du coup je me fais encore engueuler. Heureusement, une correspondance est possible 2 arrêts plus loin.
Pendre le métro c’est bien, mais avoir un but c’est mieux  et ce matin notre but est Brooklyn. Ho pas bien loin dans Brooklyn : Clark Street, le premier arrêt après être passer sous l’East River. Pourquoi venir là ? Pour traverser le pont de Brooklyn pardi ! Mais si le pont de Brooklyn, vous voyez lequel c’est, avec les grands piliers en pierre, celui où Godzilla se fait dessouder dans le film du même nom! Il a aussi été immortalisé avec plus ou moins de bonheur (plutôt moins en fait) dans de nombreux clips de Rap et de Metal. Bref, l’idée c’est de traverser le pont à pied via la promenade qui se trouve au-dessus des voies de circulation et ensuite de vadrouiller dans le Financial District qui se trouve au Sud de Manhattan.
Pour la petite histoire, nous nous le faisons dans le sens Brooklyn -> Manhattan quand 90% des touristes le font dans l’autre sens. Sauf que notre sens à nous est mieux car on ne se retrouve pas bloquer de l’autre côté du pont sans savoir quoi faire et accessoirement ça permet d’éviter un peu la foule. Ceci dit, je pense que le fait d’y passer relativement tôt nous a bien aidé. Ce qui a également bien aidé c’est le monsieur qui nous a guidé jusqu’au pont parce que l’accès n’est pas hyper évident. Comme il nous l’a dit dans un éclat de rire « c’est rageant de voir ce foutu pont et de ne pas savoir comment y aller ». Tu m’Elton John !

En sortant du pont, nous ferons un petit crochet par le One Police Plaza, vu et revu dans toutes les séries policières (NY : Unité Spéciale par exemple). De même pour le tribunal qui se trouve à côté.
Nous prenons ensuite la direction du Financial District, passant au milieu des sièges de banques et de la New-York Federal Reserve Bank, rendue célèbre par le film Une journée en enfer (que je vous recommande chaudement), qui se trouve être le plus grand stock d’or du monde ! Tout ça pour aboutir devant un tout petit bâtiment de 4 étages : le New-York Police Department Museum. Nous y sommes accueillis par un pépé tout ce qu’il y a de charmant et qui prend même la peine de nous donner un guide des lieux en français –avec des fautes de traduction à bondir mais qui font le charme du truc. Le geste est apprécié autant que sa petite note d’humour « prenez autant de photos que vous le souhaitez, on n’est pas au Louvre ». Je n’ai pas osé lui dire qu’on pouvait prendre des photos au Louvre.
Bref.
Le musée en lui-même est assez petit, 3 étages d’expos qui sont bien entendu à la gloire du service de police locale, de ses différents corps de métier – intéressant de voir comme ils mettent le paquet sur le contre terrorisme sous toutes ses formes, de son passé, de l’évolution des méthodes d’enquêtes (avec une impressionnante collection d’armes en tout genre dont certaines que j’ai déjà manipulé par jeu vidéo interposé) et bien entendu le petit passage sur les attentats et la mise en valeur de certains comportements individuels. ‘MERICA!

Une fois sorti de là, il est à peine 11h et notre programme de la journée est déjà fini. Oui c’est light. Passage en mode « j’improvise » et direction Wall Street qui se trouve à 10 minutes à pied. Je ne vais pas faire la présentation du lieu, tout le monde connaît. Je vais juste vous rappeler qu’un certain nombre de scènes de The dark knight rises y ont été tourné.
Ensuite direction le World Trade Center, du moins ce qu’il en reste. La dernière fois que j’étais passé dans le coin, un an jour pour jour après le crash test de Boeing sur les tours, c’était une zone de guerre. Maintenant on se croirait sur la Costa del Sol tellement il y a des travaux partout. Nous sommes en plus arrivés pendant la pause de midi et il y avait des ouvriers partout. C’était amusant de voir les gars avec leur casque de chantier et leur gilet jaune au milieu des touristes. Je montre « l’endroit » à Lucille puis direction le Burger King du coin par un gavage calorique de bon aloi. Une fois de plus certains de nos compatriotes se distingueront par un comportement que je qualifierais d’odieux (et encore je suis poli) avec le personnel. J’aurais bien giflé cette espèce de grand con qui se pointe et qui dit « vécé ? toilette ? putain elle comprend rien cette conne » à l’intention de la femme qui gérait la file d’attente des toilettes. Je ne suis pas toujours un client facile loin s’en faut mais y’a des fois…

Décision est prise de remonter Broadway jusqu’à ce que mort s’en suive – enfin décès de la voute plantaire du moins. C’est en remontant l’avenue que nous croiserons Crashdïet, groupe dont Lucille raffole et dont le look improbable (à base de cuir, de clous et de permanentes eighties as fuck) les rend immanquables.
Du coup nous en profitons pour zieuter les boutiques et relever quelques prix, notamment ceux des jeans, parce que des Levi’s à 45$ le premier et 50% sur le second, c’est peu de dire que c’est une bonne affaire. Mais la « vraie » bonne affaire du jour nous la ferons dans un magasin de chaussures qui soldait dans des proportions bibliques (non je n’exagère pas). 50% sur la moitié du magasin et sur un rayon entier c’était une paire achetée, la seconde offerte – sachant que le prix de la première paire était déjà divisé par 3 !!! Nous sommes donc ressortis de là avec une paire de chaussures chacun pour la somme totale de 45$ (soit environ 37€). Le prix originel de chacune des paires était de 150$, je vous laisse calculer la ristourne.
Nos pieds commenceront à rendre l’âme devant le Flatiron (prononcer « flatte aille ronne ») Building, dit « le fer à repasser » qui se trouve être le premier gratte ciel de l’histoire. Certes il ne fait que 22 étages mais sa structure interne fait de lui un précurseur en la matière. Pour la petite histoire, il a été immortalisé dans Godzilla (oui encore) puisque dans le film, la bête vient se nourrir sur Madison Square Park – de l’autre côté de la rue en somme, ce qui nous vaut cette réplique mémorable de notre Jean Réno national en buvant un café : « you côle ziss cofi ? ». Nous remarquons aussi la présence d’un hélico de la police et le passage en trombe de 2 camions de pompiers. Bizarre. En rentrant à l’hôtel, nous verrons qu’un mec a flingué un de ses collègues et s’est ensuite fait descendre par les flics au pied de l’Empire State Building. Tout juste à 10 blocks d’où nous nous trouvons. *gloups*

Etant en possession d’une carte de métro illimitée et ayant les pieds qui fument, nous sautons dedans et direction l’hôtel.
Après cette pause salvatrice, direction le Rockfeller Center. Nous traversons la boutique de la chaîne de télé NBC et là nous voyons que nos chaînes ont encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de progrès à faire en matière de produits dérivés de séries télés et autres programmes. Bon en même temps, être classe avec un tshirt Dr House c’est quand même plus simple qu’avec un truc ayant la gueule de Roger Hanin dessus. Après ça, j’ai du prendre sur moi. Car oui je l’ai fait et mieux encore j’ai résisté au côté obscur : entrée dans la boutique Lego sans la dévaliser. Non je n’ai pas mis 439$ dans le Super Croiseur Impérial qu’on nous vend sans la moindre honte 499€ dans notre beau pays. J’ai investi 12$ dans une petite boîte qu’on nous propose à 22€ en France. Vous dites  qu’on se fait avoir ? Moi je dis qu’on se fait enculer à sec avec du verre pilé et un peu de sable – oui c’est vulgaire mais justifié. Prenons un autre exemple : un déo Dove en stick. 6€ en France, 2$99 ici et il est un tiers plus grand ! Je ne me lancerais pas non plus dans une diatribe sur le prix des jeux vidéos où le taux de conversion le plus couramment utilisé est 1$ = 1€. Le seul mot qui me vient à l’esprit c’est : sodomie.

Transition toute trouvée *ahem* car nous irons ensuite faire un tour à la cathédrale Saint Patrick. Elle est malheureusement en travaux donc son gothique bien chargé perd un peu de sa superbe. Dans la catégorie détail qui tue, il y a des caméras de télé commandées à distance qui ont pour fonction de retransmettre la messe en directe sur les écrans plats installés sur tous les piliers de la cathédrale, de façon à ce que les gens excentrés sur les côtés et qui ne voient pas l’autel puissent en profiter.

Direction ensuite Niketown, en fait un immense magasin Nike de 5 étages dans lequel je caresse toujours le fol espoir de trouver la paire de pompes dont je rêve depuis la 6ème. Bon je sais que je peux la trouver mais disons que je souhaiterais l’acquérir à un tarif qui n’exigerait pas de moi un endettement sur plusieurs générations.

Histoire de nous remettre, nous prenons la direction du Parker Méridien, hôtel 4 étoiles surtout connu ici pour abriter dans son hall bien caché derrière un rideau : Burger Joint ! Burger Joint c’est quoi ? Comme son nom l’indique c’est un resto de burgers MAIS c’est surtout celui qui sert ce qui est connu pour être LE meilleur burger de NY, rien que ça. Avant de vous dire si le burger en question est une méchante tuerie ou bien si c’est surfait, je vais répondre à la question qui vous brûle les lèvres : comment se fait-il que le resto se trouve caché dans le hall de l’hôtel ? Simple : le resto (tenu par un français) était là avant, il a refusé de vendre et donc les promoteurs ont construit l’hôtel autour et au-dessus du restaurant. Enfin restaurant, boîte à chaussures disons. Une fois que vous y avez mis la cuisine, le comptoir et une dizaine de tables : c’est plein ! Le truc est ridiculement petit, on y fait la queue (pas bien longtemps cependant) jusque dans le hall du Méridien et je peux vous dire si vous vous venez là, ce n’est pas pour la qualité du service mais bien pour le bout de viande qu’on vous sert à la va vite dans un papier. Car oui ce burger est probablement le meilleur que j’ai mangé et si on vous dit que c’est le meilleur du coin : croyez le ! Ce n’est pas juste un morceau de viande hachée entre 2 tranches de pain avec de la laitue, des oignons, du fromage, de la moutarde et du ketchup. Le choix du bout de viande et sa préparation font le tout ! La french touch’ du burger.

Pour digérer, nous referons un tour à Time Square. Le monde et le bruit nous gonflant prodigieusement, direction Bryant Park où nous nous sommes posé sur des chaises pour profiter de l’endroit. Bryant Park est en fait un petit carré de verdure se trouvant à l’arrière de la bibliothèque de NY, bibliothèque que certains cinéphiles avertis ont pu voir notamment au début de Ghostbusters. Lucille me lâchant avec un air moqueur « comme ça t’auras fait ton pèlerinage » sachant le culte que je voue à ce film.

Voila, encore une petite journée qui s’achève. Quant à demain, je ne sais même plus ce qui nous attend.

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