New-York – jour 5

Aujourd’hui, nous n’avions rien de prévu au programme, nous avons donc improvisé. Oui il y a des jours comme ça où faire un programme « light » avant le départ peut s’avérer intéressant car on se décide à aller voir des choses auxquelles on n’aurait pas pensé ou bien qu’on n’avait tout simplement pas vues!

Ce matin, retour à Downtown Manhattan pour un petit tour à Battery Park à l’extrême sud de la ville, plus au Sud il n’y a que Staten Island et encore, comme c’est une île c’est à 20 minutes en ferry. Bref l’intérêt de Battery Park c’est la vue sur la statue de la Liberté et Ellis Island (souvenez-vous du premier X-Men). Se sera l’occasion pour nous de nous faire arroser par les embruns du port de NY, en effet le temps est couvert aujourd’hui et la mer plutôt agitée.

Nous traversons ensuite la rue pour aller dans la US Customs House qui est l’ancien bâtiment des douanes de NY. Il abrite aujourd’hui un musée sur les amérindiens et sert de décor à des films ou des séries télé. Le gardien en a énuméré un nombre pas possible comme l’infâme Batman & Robin, le très bon Inside Man et bien entendu la série New-York : Unité Spéciale.

*Comme il est de coutume, tous les soirs pendant que je tape mon rapport, Lucille est en « extase » devant la télé locale. Et il y a souvent des réactions d’effroi devant certains programmes*

Donc le musée, il montre aussi bien des objets de tous les jours que des parures et vêtements datant de la conquête des USA. L’expo est assez courte mais relativement exhaustive. Elle montre également de l’art contemporain d’origine amérindienne mais il y aussi une partie consacrée aux musiciens d’origine amérindienne ou ayant du sang indien. Le plus connus d’entre eux étant Jimmy Hendrix avec des origines cherokees du côté de sa grand-mère. Pour nous autres métalleux, on pouvait trouver trace de Chuck Billy *insérer cri de groupie ici* ainsi que de Randy Castillo.

Une fois le musée terminé, direction le One Liberty Plaza qui se trouve être le siège de vente-privée aux USA. Rassurez-vous, nous n’avons pas fait le chemin jusque là juste pour ça car en face se trouve Century 21. Rien à voir avec les agents immobiliers, c’est un magasin de déstockage qui vend des marques à prix cassés. Enfin prix cassés tout est relatif hein ! Certes il y a de bonnes affaires mais les quelques produits intéressants sont en quantité tellement limitée que c’est un peu la guerre là dedans. Car l’endroit est connu et ça grouille de touristes avides de bons plans. Je me suis fait insulté en espagnol dans le texte pour avoir osé toucher la seule paire de Timberland à ma taille alors que la connasse en avait déjà 3 dans les bras. Peu importe, nous étions juste venu pour voir, pas pour acheter. En sortant de là, on se regarde avec Lucille et on se fait la réflexion en même temps « tiens on dirait qu’il fait nuit ». Nuit non, il était 11h30 par contre il pleuvait façon tempête tropicale ! Tonnerre, pluie très dense et ciel tellement bas que le haut de certaines tours étaient carrément invisible !

Heureusement le métro est juste en face et nous nous jetons dedans direction l’hôtel, nous déjeunons sur le chemin. Après une réflexion sur le programme de cette fin d’après midi, nous nous disons qu’aller au stade tôt peut être une bonne idée puisqu’il y a un musée à voir. En chemin je me dis aussi que nous pouvons faire un stop à Harlem pour voir l’Apollo Theatre, célèbre salle de concert où sont passés les Jackson Five, James Brown et beaucoup d’autres. Seulement notre métro est un express du coup je n’ai pas fait attention à l’arrêt où nous étions. Je n’ai réalisé que plus tard que nous avions loupé l’arrêt. Bon bah tant pis. De même, nous avons failli manquer l’arrêt du stade, Lucille a eu un éclair de génie en levant le nez au dernier moment et nous avons bondi hors du train peu avant la fermeture des portes. Et nous voila donc devant le Yankee Stadium, l’antre des New-York Yankees, une des 2 équipes pro de la ville et sans doute l’équipe de baseball la plus connue au monde. Une fois sur place, nous découvrons que le musée est en fait dans le stade et donc pas accessible depuis l’extérieur. Pas grave nous prenons notre mal en patience au frais dans une des nombreuses boutiques 100% Yankees car du coup nous sommes très en avance, il est 16h30, les portes ouvrent à 17h et le match débute à 19h. Une fois les tickets récupérés, sans même faire la queue, direction la porte 2 pour entrer dans ce très beau stade, construit en lieu et place de l’ancien et inauguré en 2009. L’accès est aisé aussi bien autour du stade (3 lignes de métro, des parkings géants) que dans le stade avec des rampes d’accès très larges, de quoi permettre aux 56.000 spectateurs de se promener sans se gêner. Ce soir l’affluence sera d’un peu plus de 42.000 personnes. Nous étions situés au 3ème balcon, tout en haut du stade où les places sont les moins chères (environ 16$), ailleurs on est plus près du terrain mais le prix n’est plus tout à fait le même, certaines dépassent les 500$ et les loges c’est juste délirant. Tout ça pour dire que quelque soit l’endroit, on voit parfaitement bien.
Avant le début du match, nous décidons quand même d’aller voir le musée qui, bien entendu, est à l’exact opposé d’où nous sommes. Donc promenade dans les coursives avec un œil sur le terrain car c’est l’échauffement. 3 coursives grimpantes plus tard, nous voici devant le musée. En fait de musée il s’agit simplement d’une grande salle avec des maillots des vieilles gloires locales (Micky Mantle, Babe Ruth, Joey DiMaggio) – qui sont quasiment toutes des légendes du baseball, bah oui on n’est pas 27 fois champion du monde pour rien non plus hein ! Enfin champion du monde… la ligue de baseball US n’ayant aucun équivalent dans le monde, on peut considérer que le club qui la gagne est champion du monde. Et le modeste championnat japonais, qui pourrait être le seul rival plus ou moins crédible, envoie ses meilleurs joueurs aux USA, en témoigne la présence d’un certain Ichiro Suzuki chez les Yankees donc pour la concurrence on repassera. Bref c’est rigolo et on peut admirer dans les vitrines les immondes chevalières données à chaque joueur et symbolisant une victoire aux World Series (la finale du championnat de baseball).
De retour à nos places, après les traditionnels présentations de sponsors suivis des hymnes nationaux – oui les hymnes car ce soir les Yankees jouent contre les Blue Jays qui sont une équipe canadienne (Toronto). Tout le monde est debout et chante l’hymne. Les Jays sont présentés dans une indifférence polie, les Yankees sont présentés comme de véritables dieux du stade dans une ambiance de feu. Les quelques supporters des canadiens ont du sentir bien seuls. Pour la petite histoire, ici les supporters des uns et des autres sont mélangés sans que ça ne pose le moindre problème, en revanche on siffle copieusement les copains d’en face. Chaque fois que les Yankees font un bon coup c’est de la folie, chaque fois qu’une des stars de l’équipe arrive à la batte, il a droit à une petit intro musicale qui lui est propre. Chaque temps mort dans le jeu est l’occasion d’animations dans le stade avec un fond musical carrément rock n’ roll, bref du show à l’américaine. Et comme on est à fond dedans, on se cale le bide avec un hot dog, des frites au fromage et un coca géant !
Nous décidons de plier bagage à la moitié de la 9ème manche – qui est en théorie la dernière. Le score est de 6-4 pour les Yankees. J’avais comme un pressentiment que si nous partions, il allait se passer un truc. Nous sommes dans les travées, Et bim ! Home run de Toronto ! 2 points de plus. L’ambiance tombe d’un coup dans le stade car tout le monde pensait l’affaire entendue. Cependant, au baseball, il n’y a pas de match nul donc on joue jusqu’à ce qu’une équipe marque. Nous sortons du stade et une fois sur le parvis, le stade est en délire. Derek Jeter, la méga star au contrat de 100 millions de dollar, qui a fait de la merde pendant tout le match, marque le point de la victoire. Tout va bien, l’honneur est sauf. Ha bah non, les Jays gagneront finalement 8-7.
Nous sautons dans le métro pour rentrer car même si le stade est bien gardée, il se trouve dans le Bronx. Bien que le coin ait énormément changé en bien ça reste quand même assez moyen niveau sécurité le soir.
Le petit truc amusant était le nombre d’étrangers comme nous dans le stade : des français œuf course mais aussi des suisses, des vénézuéliens, une cohorte de japonais (dont l’équipe nationale des moins de 15 ans qui avait remporté la veille le championnat du monde au nez et à la barbe des locaux) et j’en passe.
Petit cookie glacé histoire de bien finir cette journée très calorique (une de plus) et hop ! Au dodo !