Nouvelle Zélande – jour 13

Il fallait bien que ça s’arrête un jour! En effet, la chance commence a tourné pour nous. Ho rien de dramatique rassurez-vous, on a toujours de quoi vous faire rager un petit peu (beaucoup?).

Ciel gris ce matin sur Wellington. Il ne pleut pas c’est déjà ça et le vent c’est un peu calmé. Après un petit déj’ expédié en 4ème vitesse, direction Miramar! Non pas en Californie mais Miramar dans la banlieue de Wellington, qui se trouve être le Hollywood local avec tous les studios de cinéma et surtout Weta.
Weta, qu’est-ce que c’est? Le Weta est insecte endémique de la Nouvelle-Zélande pouvant faire jusqu’à 10 centimètres de long et peser 70 grammes. Mais c’est aussi le nom de la société d’effets spéciaux créée par Peter Jackson – 1986 pour Weta Workshop que nous avons visité aujourd’hui et 1993 pour Weta Digital. Bref 9h00, nous sommes les premiers devant la porte et bien entendu, Lucille voyant les trolls devant la porte n’en peut déjà plus. La boutique s’ouvre et c’est Noël pour Lucille car bien entendu, il y a du Seigneurs des Anneaux et du Hobbit partout. On en oublierait presque que Weta a travaillé sur d’autres films (Avatar, le cultissime Black Sheep, Tintin, District 9 ou Elysium plus récemment). Après avoir confisquer à Lucille tous ses moyens de paiements, je lâche le fauve dans l’arène. Blague à part, les répliques en vente sont sublimes et certains costumes et accessoires exposés sont des originaux. C’est très très impressionnant de voir le travail accompli et le souci du détail. Mais le meilleur était encore à venir.

Je vous invite à regarder cette petite séquence tirée du Retour du Roi, vous allez comprendre.

Complètement à la masse

Le meilleur c’est la visite d’une partie de l’atelier de confection des accessoires avec une des personnes travaillant sur place. Notre guide, Bruce, fidjien, est artiste peintre chez Weta. En se présentant il a avoué sur le ton de la plaisanterie qu’il avait suivi une formation de graffeur dans la rue. Et comme il se trouve qu’il était doué avec une bombe, il a fait son trou chez Weta. L’atelier, bien entendu, vous n’en verrez aucune photo, confidentialité oblige mais ce que nous sommes autorisés à vous dire – car nous faisons parti des élus qui ont eu accès au savoir secret de Weta (ce n’est pas moi qui le dit c’est le guide), c’est que ces mecs font un bouleau de dingue.
L’exemple qui nous a été montré est l’un des fusils aliens utilisés dans District 9 dont on nous a expliqué le processus de création. Je vous résume le truc. Les designers planchent sur des concepts de modèles en 3D qu’ils présentent au réalisateur qui les valide ou pas. Après validation, à partir des modèles 3D est créé un gabarit taillé dans la masse (bois, polyuréthane, aluminium, polystyrène ou acier) par une machine de conception maison. Du gabarit, ils font un moule à partir duquel seront créés toutes les armes de ce modèle dans un plastique spécial. Vient ensuite le passage à la peinture au cours duquel sont ajoutés tous les détails (de la simple coloration aux rayures et autres traces d’usure), tout ce qui rend le truc crédible. Bien entendu, le réalisateur peut à tout moment changer d’avis et il faut tout reprendre de zéro. Voila comment ils procèdent pour à peu près tout. Y compris pour la fameuse masse d’arme que vous avez pu voir dans l’extrait que je vous ai indiqué. Masse d’arme qui est en réalité en plastique avec un manche en bois et qui pèse environ 3/4 kg car OUI NOUS L’AVONS EU DANS LES MAINS! L’exemplaire unique qui a servi durant le film. Et toc.
Ils ont également un maître forgeron qui a créé toutes les épées et armures visibles dans les films. Le petit truc est que cet attirail n’est utilisé que pour les gros plans, pour le reste, ils font tout en plastique ou en résine, c’est moins lourd et bien moins dangereux. Nous avons également pu tâter de la cotte de maille faite maison et assemblée à la main ainsi que du latex utilisé pour faire les visages etc. Notre guide nous a également expliqué quelques uns de ses trucs pour peindre une statue en polyuréthane et lui donné l’aspect du bronze avec comme exemple concret une statue de Thorin Oakenshield échelle 1 (donc qui m’arrive à l’épaule). Un truc de fou, surtout avec les délais qu’on leur donne pour faire le boulot. Nous avons également rencontré une maquettiste qui travaillait sur les décors du remake de la série des années 60: les Thunderbirds (« les sentinelles de l’air » chez nous il me semble). Elle nous a expliqué comment concevoir des palmiers plus vrai que nature.
A côté de ça, nous avons vu l’armure de Sauron (celle qui sert lors du combat au début de la Communauté de l’Anneau – elle est en plastique mais chut je ne vous ai rien dit), divers accessoires, armures, épées, casques ayant servi pour tous les films déjà énumérés plus haut et le Warthog échelle 1 qui a servi à faire le minifilm pour le lancement du jeu vidéo Halo 3.
De l’or en barre pour le cinéphile et carrément la caverne d’Ali Baba pour tout fan du Seigneurs des Anneaux.
Je dois avouer que rarement je me suis senti aussi frustré de ne pas pouvoir prendre de photos alors imaginez ce que c’était pour Lucille.
Notre guide nous « libère » avec une touche d’humour typiquement kiwi : » la prochaine fois que vous voyez un de nos films, tâchez de ne pas penser que ça fait faux. Surtout si il y a mon nom au générique. »

Non nous n’avons pas dépensé une fortune dans la boutique. Enfin pas trop. A ce propos, Lucille est comme une folle car elle vient de découvrir que livre de croquis de John Howe (le gars qui a tout simplement donné vie à la Terre du Milieu vu dans les films) acquis ce matin était dédicacé.

Des lamas démons, un tremblement de terre et une annulation

Vers 10h30, nous laissons Wellington derrière nous et partons vers le Nord. Notre destination du jour est National Park Village qui se trouve dans le Mordor – pardon – dans le Tongariro National Park dont le Mont Ngauhuroe est, aussi connu sous le nom d’Amon Amarth (non pas le groupe de Death Metal) ou Montagne du destin, immortalisé dans une certaine trilogie de films.
Mais en chemin, petit détour chez Ian et Angela. Pour re-situer, Ian et Angela font  parti de la famille de très bons amis et ils nous ont gentiment proposé de passer les voir comme nous étions dans la région, ce que nous avons fait avec plaisir. Nous avons été accueilli comme des rois mais en plus nous avons eu droit à la visite de leur élevage de lamas. Enfin d’alpagas plus précisément. Les fans de Black Metal présent dans la salle remarqueront sur les photos la présence d’un « Lam-Abbath« ! Sinon oui ils ont vraiment l’air con (je parle des lamas). La conversation a ensuite dévié sur nos « geekeries » respectives, des séries télé aux films (des gens qui me disent Sheldon Cooper est un génie et que l’Empire Contre-attaque est le meilleur épisode de Star Wars je ne peux que les aimer) en passant par nos hobbies. A ce propos celui de Ian: c’est le vélo. Fan assidu du Tour de France, il s’est fait un vélo de compét’ dont le coût (non officiel) est d’environ 15.000NZ$… oui oui 9000€ de vélo dont 2500 rien que pour les roues. Avec ça il compte faire une course d’endurance sur l’île du Sud qui passe par la route dégueulasse que nous avons empruntée hier. Une boucle de 160 kilomètres à faire 12 fois et qu’il faut boucler en moins de 12 jours. Un vrai truc de guerriers.
Nous avons ensuite repris notre route en direction du Nord et de Tongariro. Rien de spécial à signaler sur la route hormis l’omniprésence de la maréchaussée qui, en ce jour férié ici, avait visiblement envie de faire du chiffre. C’est assez étrange d’ailleurs de se retrouver sur des routes avec de la circulation après avoir rouler 10 jours sans presque personne en face et la 3 voie en sortant de Wellington m’a fait tout drôle. Arrivée vers 17h à Tongariro où la gentille proprio du B&B nous demande d’où venons et si nous avons senti le tremblement de terre. Ha bon? Ca a tremblé? Nous n’avons rien senti dans la voiture mais à un moment j’ai eu l’impression d’être bourré parce que la route semblait se déplacer toute seule. Par SMS Angela nous a dit que ça avait bien bougé chez eux. Bref ici le temps est dégueulasse, pas d’autre mot. Il pleut sans arrêt ce qui nous oblige à changer nos plans pour demain. Nous avions prévu de faire l’Alpine Crossing, 20 kilomètres de marche autour des Monts Tongariro, Ruapehu et Ngauruhoe mais vu les conditions climatiques qui peuvent vite devenir très difficiles sur le chemin, on nous a vivement conseillé de ne pas tenter de la diable. Donc nous verrons bien ce que le ciel nous autorise à faire demain matin.
Et pour conclure cette riche journée, nous avons passé la soirée dans le bar à bouseux du village (c’était le seul truc ouvert). En soit rien d’extraordinaire si ce n’est la Country à un volume indécent et la présence des Hell Angels du coin. Funky.