Nouvelle Zélande – jour 15

Toujours plus de surprises, de nawak et une confirmation (comme si on en avait encore besoin sur ce point): le kiwis sont des amours.

Ce matin, comme la veille, réveil dans les nuages. Le temps s’est à peine amélioré et on mesure la chance que nous avons eu d’apercevoir les 3 volcans sans nuages l’avant veille car depuis, même si on sait qu’ils sont là, impossible de les revoir.
Comme nous avons peu de route à faire aujourd’hui, le petit déj’ traîne en longueur et on en vient à parler rugby avec notre hôte. Point de polémique mais des révélations amusantes. Par exemple, bien que la France soit leur bête noire en coupe du monde, les All Blacks (et les kiwis) préfèrent mille fois plus perdre contre nous plutôt que contre les sud-africains et pire encore: contre les australiens. Autre révélation amusante: Chabal est le seul joueur étranger qui leur ait vraiment foutu les jetons et le seul aussi qui avait « le standard » pour intégrer les All Blacks. Et ça, ce n’est pas l’avis d’une seule personne en NZ mais l’avis général.

Des chutes, des abeilles et un mouton burger

Direction le Nord vers Rotorua, dernier gros arrêt du voyage où nous passons 2 nuits. Nous refaisons une partie de la route que nous avons fait hier. Et comme le temps est carrément moins pourri, bien que toujours couvert, on n’a pas l’impression de passer au même endroit. On découvre par exemple la présence d’un lac au bord de la route alors qu’hier nous n’avions vu que les panneaux indiquant sa présence. Rien de révolutionnaire mais un regard nouveau sur cette portion de route qui serpente au pied de ces foutus volcans qui ne se découvrent toujours pas.
Nous arrivons finalement à Taupo sur les coups de midi. Pour le déjeuner, direction le Burger King (je vous dispense de commentaire sur ce point) où Lucille testera le « mouton burger » et en ce qui me concerne je resterais sur la valeur sûre qu’est le triple cheeseburger. A priori le « mouton burger » déboîte pas mal. A voir. Nous reprenons ensuite la route en direction du Nord et faisons une halte aux chutes Huka. Plus que des chutes, se sont en fait des rapides du à un goulet d’étranglement à la sortie du lac Taupo. Ce qui est impressionnant, ce n’est pas vraiment l’endroit (même si c’est très joli) mais le bruit. Ho pas le bruit de la chute mais le bruit des cigales autour du lieu qui couvrait presque celui de l’eau. Plus loin sur la route nous avons stoppé au Honey Hive qui, comme son nom l’indique, est spécialisé dans le miel. Mon amour pour les abeilles, guêpes et bourdons étant célèbre depuis que j’ai fait le tour d’une voiture en courant, j’ai du prendre sur moi. On peut y voir des ruches en coupe et bien entendu se procurer toute sorte de produits dérivés autour des abeilles dont le fameux miel de Manuka, produit exclusivement en NZ et en Australie dont le pot de 500gr. coûte près de 90NZ$. Ca fait cher la blague.
Le reste de la route est anecdotique, vallonnée, sans rien de délirant hormis quelques camions énormes transportant des troncs d’arbres.

Fibre optique, souffre et Fat Dog

L’arrivée à Rotorua se fait en début d’après-midi (pour une fois), trouver le B&B est une fois de plus une formalité malgré l’importance de la ville. Nous sommes accueilli par John, le taulier, et Loki le chien de la maison (amusant de voir un chien avec un nom de divinité nordique en plein pays maori). Ha John… rien qu’à sa façon de dire bonjour on aime le bonhomme. Il nous fait faire le tour du propio à vitesse grand V de son immense maison – même si lui dort au-dessus du garage. Tout ça se fait la bonne humeur et puis d’un coup il nous demande si nous voulons le code du wifi. Après ma réponse affirmative, il enchaîne: « Evidemment! Tout le monde veut le code du wifi! De nos jours tout le monde devrait avoir le wifi partout, ça devrait être gratuit pour tout le monde, je ne comprends pas qu’on fasse encore payer pour avoir le wifi ». J’aime cet homme. D’un autre côté, pour ne pas trouver un réseau sur lequel se connecter en NZ il faut vraiment y mettre une mauvaise volonté à toute épreuve. J’ai même failli le prendre dans mes bras quand il a dit « j’ai fait installé la fibre optique, je ne sais pas ce que ça fait mais il paraît que c’est très bien, tu me diras ce que t’en penses! » Pour la petite histoire, il n’a pas de portable et possède un ordinateur juste pour pouvoir gérer les réservations du B&B. Ha et il aime aussi mettre France24 le matin quand il fait la vaisselle car, comme il le dit, même si il ne comprend rien à ce qui se raconte ça lui fait comme une musique de fond. Il déteste Fox News et regarde Russia Today (le CNN russe) pour rigoler juste parce que les américains en prennent pour leur grade tout le temps. Je vous épargne la partie de la conversation portant sur nos politiciens et les impôts mais il nous a tout de même précisé que le Premier Ministre NZ reversait tout son salaire à des oeuvres de charité, qu’il menait une politique juste et était apprécié de la majorité de la population. Je ne me fais aucune illusion sur la classe politique ici ou ailleurs mais quand on voit qu’on doit se farcir « Moi Président » et que ça fait rire jusqu’ici… la honte. J’ai juste envie de rendre mon passeport pour en demander un noir avec une jolie feuille de fougère argentée dessus.
Une fois installé, il nous donne 2/3 idées de promenades à pied depuis le B&B. Donc direction le grand parc à côté du centre ville car il y a plein de sources d’eau en ébullition et divers plans d’eau qui crachent de la fumée sentant le souffre. En effet, la région de Rotorua est célèbre pour son activité géo-thermal, il est donc « normal » de trouver en pleine ville des rochers qui fument de la vapeur d’eau et des sources qui sentent l’oeuf pourri. Et quand je vous dis que par endroit ça chauffe, ça ne le fait pas qu’un peu! Sur une passerelle, la vapeur d’eau était tellement dense qu’il y avait à peine 50 centimètres de visibilité et on sentait la chaleur traversée nos vêtements, je n’y voyais strictement rien à cause de la buée sur mes lunettes. C’est assez fou comme truc.
Plus loin, nous terminerons la balade dans un village maori qui est tout sauf touristique. Ils semblent avoir eu droit au même traitement que les indiens d’Amérique, à savoir être traités comme des citoyens de seconde zone et relégués dans les coins de la ville ou personne ne veut vivre. Le village est installé au milieu des sources d’eau qui crachent du souffre. Ha ça la vue sur le lac est jolie mais pour le reste, il ne semble pas rouler sur l’or. On est donc bien loin des attrapes touristes dont nous avons vu les pubs sur la route. La visite se terminera par un rapide tour dans le cimetière local dont la particularité est d’abrité uniquement des tombes soldats morts pendant les 2 guerres mondiales. Ha et vous verrez dans les photos que les tombes sont assez particulières car les corps ne sont pas en pleine terre à cause du sous-sol volcanique qui a tendance à faire remonter les cadavres.
Pour dîner, John nous demande si nous voulons un restaurant plus ou moins standard ou un truc typiquement kiwi. Comme nous optons pour la seconde option (pour son plus grand plaisir visiblement), il nous envoie au Fat Dog. Restaurant bien nommé eu égard à la densité de gras proportionnel aux portions proposées (le hamburger maison affichant 20 centimètres au garrot). Comme le truc est typiquement kiwi, on rentre, on va au bar dire qu’on souhaite dîner, on nous tend 2 menus, on s’installe où on veut et on revient commander au bar. C’est comme ça que ça marche le plus souvent ici. Je vais donc passer commande d’une côte de mouton pour Lucille et d’un poulet burger des enfers pour moi le tout avec une binouze locale. Devant moi se trouvent 2 clientes pénibles (chinoises étonnamment) qui font tourner en bourrique la serveuse à ne pas savoir ce qu’elles veulent. Une fois les 2 autres parties, elle me regarde l’air consterné et c’est alors que retenti dans les haut-parleurs du bar ça:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9jK-NcRmVcw[/youtube]

Et nous voilà à chanter de concert cette suédoiserie complètement mort de rire.
Voila, voila… donc là je m’apprête à digérer mon burger de l’angoisse dans un lit à baldaquin.

Bonus time : les kiwis mobiles

Vu la tête de leur pays, inutile de dire que le moyen de déplacement privilégié des kiwis est la voiture. Et la voiture ils aiment ça ici. Régulièrement on croise sur les routes des voitures anciennes – de la Ford T (ou assimilé) à la vieille américaine des années 60 en passant par des vieux pick-ups. Les états de conservations sont divers et variés mais le plus souvent les véhicules sont dans un état exceptionnel. Mais le plus amusant ici, c’est de se trouver nez à nez au feu avec une Peugeot. Et si seulement c’était exceptionnel de voir une Peugeot (un peu comme trouver un break BX en plein Japon) mais non ! Il y en a plein !
Sinon ici on voit de tout, beaucoup de japonaises dont énormément de modèles qui ne sont jamais arrivés chez nous (ex : la Nissan Tilda et la toujours sublime Skyline R34) mais la marque qui tient le haut du pavé ici est Holden. Holden ce n’est ni plus ni moins que le nom local d’Opel, donc on trouve des Holden Vectra, Holden Corsa etc etc mais aussi des berlines produites exclusivement pour le marché local ainsi que des pick-ups. Ils adorent les pick-ups et ils adorent aussi le tuning. Il n’est pas rare de voir des voitures tunées à la « Bathurst » (du nom du circuit australien où est né cette tendance) : voiture surbaissée, gentes de petites tailles de couleur foncée, peinture flashy, carrosserie tout en rondeur et un pot d’échappement qui entretien l’illusion d’un moteur surpuissant.
L’autre truc rigolo c’est de voir les goûts évolués en fonction des régions, par exemple du côté de Queenstown on voit beaucoup d’européennes (notamment des BMW) alors que sur Wellington, il y a de la Peugeot partout. Cependant, il existe tout de même des gens qui ont du goût par ici et qui roulent dans des voitures dignes de ce nom type Aston Martin ou Lamborghini.

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