Nouvelle Zélande – jour 16

Rotorua, son odeur d’oeuf pourri (ou de pet foireux c’est au choix), son centre culturel maori, son photo reporter allemand, ses geysers et ces foutus chinois.
Ho et quelques bricoles en plus.

La journée commence par une conversation surréaliste où notre hôte nous déclare vouloir prendre le TGV jusqu’à Montpellier pour ensuite aller voir le viaduc de Millau en 2CV. Ensuite nous en sommes revenu dieu sait comment au rugby et à la haine tenace qu’entretiennent les kiwis envers les australiens mais passons.
Suivant les conseils de John, ce matin direction Te Puia – le centre culturel maori – qui renferme également une bonne quantité de geysers, eaux bouillonnantes, quelques totems maoris et une infinité de touristes bridés aussi pénibles que mal élevés qui ont eu une certaine tendance à porter sur les nerfs de tout le monde.

Des chinois et un allemand en short

Soyons clair, à Te Puia on se fait doucement arnaquer. Sous couvert de centre culturel maori, on vend à prix d’or (50NZ$ par tête de pipe ) l’accès à 4 totems, une pirogue, une jolie maison typique et bien entendu les geysers. Pour le spectacle maoris, c’est plus cher et si en plus on veut un guide, ça revient à baisser son pantalon en attendant qu’arrive la poutre avec le barbelé et le verre pilé. D’autant que le spectacle maori (de ce que j’en ai aperçu) est assez limité et le plus triste je crois, c’est que les pauvres gars qui y prennent part y croient à peine, d’autant que les touristes en face sont morts de rire. Embarrassant.
Bon cependant, ne soyons 100% négatif, nous avons tout même vu un des geysers cracher de la flotte. Je ne sais ce qui est le plus impressionnant: le fait que ça sorte à haute pression, que ça parte aussi haut, le grondement sourd qui vient du sol ou bien le tout. Et puis nous avons fait la rencontre du jour! Un photo reporter allemand qui a attiré mon attention (et celle de tout le monde) avec son imposant équipement. Nous attendions pour voir le geyser entrer en action et puis il est venu vers nous. Du geyser, la conversation a forcément dévié sur le matériel. Sans trop rentrer dans le détail de ce qu’il avait sur lui, il y en avait pour environ 35.000€. Ouais, ouais, lui n’était pas venu là pour poser du parquet. En fait, il travaille pour l’édition allemande du magazine GEO et fait un reportage sur la ceinture de feu du Pacifique. Là dessus, il nous a expliqué que les gens de Nouvelle-Calédonie étaient imbuvable et qu’il était content de rencontrer des français sympas (EPIC WIN), du coup nous avons fait le tour du site ensemble. J’ai même eu le droit d’essayer son monstrueux objectif 200-400mm (un joujou à 12.000€ pièce). Charmant et cultivé, il nous a expliqué que le seul endroit du Pacifique où la culture maori était la plus pure et pas du tout destinée aux touristes était dans l’archipel des Tuvalus. Ca se situe au Nord de Fidji et des Vanuatu, entre les Kiribati et les îles Salomon mais comme je sens que vous êtes tous de grosses tanches en géo je vous mets une carte.

tuvalu

Oui nous parlons bien de 3 cailloux grands comme un chiotte perdu au milieu de l’océan. Bref, nous taillons aussi les touristes chinois, discutons des gens qui font des photos à avec leur iTruc révolutionnaire, échangeons sur les différents objectifs qu’il utilise, son boîtier, de la geekerie de photographe en somme mais surtout un échange très intéressant entre un pro cool et un amateur. Il nous expliquera également que c’est son troisième voyage en NZ et que pour lui, l’émerveillement de la première fois est passé. Surtout depuis qu’il a découvert que presque tous les fruits étaient des OGM, que l’eau du robinet était chlorée à mort et que la viande pourtant si géniale était blindée d’hormones. Sans parler du fait qu’il y avait plein de petites lois hyper restrictives qu’on ignore quand on est touriste mais qui peuvent vite devenir pénible quand on est résident, d’autant que l’administration locale à la gâchette facile quand il s’agit de mettre des amendes. Non ça n’a pas entamé mon enthousiasme, PAS DU TOUT. Heureusement juste après, il en a remis une petite tartine sur les chinois qui ont une fortune en matos photo mais qui ne savent pas s’en servir et de regarder Lucille avec un grand sourire en disant que de toute façon, c’est la personne qui prend la photo qui  compte et pas l’appareil. Ceci dit, il m’a vivement recommandé de passer au 5D MarkIII (à votre bon coeur les copains) en ajoutant que c’est ce qu’il utiliserait si il n’avait pas besoin d’un boîtier plus performant pour son travail. Facile à dire quand on a un truc à 9.000€ autour du cou.

*Mon dieu, les voisins écoutent de la musique à un volume que je qualifierais de trop élevé pour ce qui est diffusé*

Ca c’était avant la tartine finale sur les chinois, qui ont décidément pris le tarif ce matin, car derrière nous, un stand proposait de se faire faire de faux tatouages maoris. Sachant l’importance du tatouage dans cette culture, avoir un chinois en train de se foutre plus ou moins ouvertement de la gueule des locaux juste devant eux c’est peu de dire que ce n’est pas apprécié. Bon d’un côté ils l’ont cherché en proposant les faux tatouages et l’autre est un con fini mais ça la fichait mal.

C’est la ruine

Après l’épisode Te Puia, direction Redwood Forest pour un pique-nique sous les séquoias. C’est là que nous réalisons que nous n’avons presque plus un radis – ce que le paiement de l’entrée à Wai-O-Taipu confirmera. Du coup Lucille envisage de tapiner en bordure de forêt pendant que je ferais la tournée des bars en racontant des blagues belges. En espérant que ça rapporte.
Redwood Forest, c’est l’endroit où les gens du coin viennent faire leur jogging ou sortir médor (rien à avoir le Bois de Boulogne donc). Le petit détail amusant quand on sort médor à cet endroit, c’est qu’il faut ramasser les crottes – même en pleine forêt, qu’on doit tenir médor en laisse et surtout que la laisse fasse moins de 2 mètres de long sous peine d’une amende de 500NZ$. Pourquoi? Parce que cette forêt est un espace protégé et qu’il y a des oiseaux vivant au sol, comme le kiwi, qui y nichent. Ceci étant, il y a un enclos de 3 kilomètres carrés où médor peut galoper en toute liberté dans un coin de cette immense forêt.
Après la promenade digestive qui va bien dans la forêt, 2 choix s’offrent à nous: voir les lacs tricolores ou bien aller à Wai-O-Tapu pour voir d’autres sources d’eaux chaudes et d’autres geysers. Bon comme je l’ai écris en début de paragraphe, pas de surprise: nous optons pour la seconde solution car nous avons eu notre compte de lac pour le voyage. Et puis faire mieux que le lac Tekapo de toute façon, ce n’est pas possible. Nous prenons donc la kiwi mobile et suivant les conseils de notre allemand, nous allons 30 kilomètres au Sud de Rotorua au centre thermal de Wai-O-tapu.
Soyons clair, entre ce que propose Te Puia en terme d’activité géothermale et ce qui est proposé ici, c’est le jour et la nuit. Ok les geysers sont plus actifs à Te Puia, le seul et unique de Wai-O-Tapu étant un feignant MAIS le reste est infiniment plus intéressant et impressionnant. Entre les monticules de souffre, l’immense piscine d’eau à 74° qui contient de l’or, de l’argent, du mercure et du souffre et la piscine verte saturée d’arsenic, c’est la claque (et en plus c’est moins cher).

Après un bref stop au B&B, nous irons nous achever au Fat Dog (oui encore). Lucille optera pour un risotto au porc et aux champignons tandis que de mon côté j’opterais pour… une salade. Oui je ne sais pas ce qui m’a pris j’ai mangé une salade. Mais une salade de compét’ au poulet sauce sathay avec des nouilles croustillantes. Egal à moi même j’ai ensuite planté le dernier clou de mon cercueil gastrique avec des rouleaux de printemps au chocolat sur coulis de fruits rouge avec glace au chocolat blanc. Heureusement que Lucille était là pour le dessert.
Sur ce à demain, mon lit à baldaquin me tend les bras et j’ai envie de lui faire un gros câlin.