Oslo – dernier jour

Pour ce dernier jour à Oslo, j’inaugure le récit sur le trajet de retour. C’est bien la première fois que je raconte ma vie dans un avion.

Ce matin comme les 2 qui l’ont précédé, le réveil sonne vers 8h (se lever un dimanche à 8h, franchement…). Le temps de ranger nos petits affaires, de faire 3 fois le tour des 6 mètres carré de la suite présidentielle, nous voila en route vers le quartier branché bobo d’hier soir pour faire quelques photos. Ce qui était sympa de nuit avec les lumières, est beaucoup plus standard de jour. Heureusement qu’il fait soleil. Les estomacs criant famine, nous partons en direction du Starbucks le plus proche histoire d’enrichir un peu plus le grand capital de l’Oncle Sam. Étonnamment (sic) le serveur est un amour, très drôle de surcroît. Une fois le plein fait, nous filons en direction du port. En chemin nous croiserons le tour gratuit, amusant de voir que ce matin ils sont 7 à attendre le guide du jour.

NOKing On Heaven’s Door

Nous voici donc sur le port pour faire une croisière sur le fjord d’Oslo. Le bateau partant à 10h30, nous sommes juste à temps dans la file pour acheter les billets car vu le temps ce matin, ce dernier s’est très vite rempli. En attendant d’embarquer, je surveille du coin de l’œil les bons spots photo sur le bateau même si vu le nombre de personnes devant nous, j’imagine qu’ils seront tous pris quand nous monterons. Finalement nous opterons pour une banquette doublée en moumoute sur le pont supérieur. C’est ce moment que la famille Chombier choisit pour venir s’installer avec nous avant de se raviser car notre compagnie la vue ne leur convient pas et parce qu’il y a de la place sur le pont inférieur avec les Lambert. Il est vrai que pour la vue, être autour d’une table au milieu du bateau pour regarder son téléphone est un choix pertinent. Si j’avais la même lucidité, j’aurais fait de même.
Bref c’est parti pour 2 heures de croisières dans le fjord – qui contrairement à ce que j’ai dit hier n’est pas un bébé fjord mais un pépé fjord car bien plus ancien que ceux situés sur la côté Ouest/Nord du pays. Il est moins impressionnant car modifié pour les conditions géologiques de l’époque (preuve que j’écoute parfois ce que raconte le guide). Nous repasserons devant la forteresse vue le premier jour, puis nous remonterons le long de la côte Est du fjord tout en slalomant entre certaines îles. On nous expliquera que les maisons y valent une fortune car elles se transmettent de génération en génération et qu’il est très rare d’en trouver une en vente.
Le truc drôle est que, tant que le bateau reste abrité des îles, nous sommes coupés du vent mais une fois sorti de l’abri, là ça devient autre chose. Malgré le soleil qui faisait bien son oeuvre, nous avons tout d’un coup vu la population du bateau se couvrir de plaides et investir massivement dans des verres de vin chaud. J’avoue avoir eu une pensée émue pour ma vénérable mère qui aurait sans doute réquisitionnée une demi-douzaine de plaide et m’aurait envoyer quérir moult grogs, elle qui porte fièrement un pull en laine et une doudoune chez elle quand le thermomètre indique 22°, que le chauffage est en route et que nous sommes en plein moi de Mai. Passons. Profitant de l’effet glaçon chez les autres, je me déplace pour faire de photos avec plus ou moins de bonheur, le grand angle montrant ici certaines limites. Retour par la côte Ouest du fjord, bien plus moderne avec des immeubles à l’architecture plus osée.  On apercevra l’immense Telenor Arena (le Bercy local), plus grande salle couverte de Scandinavie qui accueil aussi bien AC/DC que l’Eurovision (je vous laisse choisir votre camp). Nous repasserons aussi devant la presqu’île où se trouve le musée avec les drakkars et accessoirement la résidence d’été du roi. Notre croisière se terminera par un passage devant un ancien chantier naval qui a été réhabilité en quartier flottant avec de nouveaux logements et commerces avec aussi la construction d’une île artificielle pour l’installation d’un musée d’art moderne. D’après ce que disait le guide, tout comme l’autre quartier, les débats sur le nouveau look architectural d’Oslo ont provoqué de (très) vifs échanges ici. Certaines voulant respecter l’architecture historique de l’endroit, d’autres voulant moderniser, inutile de dire qui à gagner. Très franchement, en plein soleil, les bâtiments en verre et en bois sont assez jolis à regarder, il y a des jeux de lumières intéressants, cependant j’imagine que ça vieillira assez vite. Surtout si l’entretient de toutes ces surfaces vitrées laisse à désirer. Bref. Nous débarquons en n’omettant pas de faire nos adieux aux Chombier. Direction ensuite le centre Alfred Nobel qui se trouve sur le même quai à 100 mètres à peine. Inutile de vous dire ce qui s’y passe tous les ans. A priori ça se visite mais la Paix a un prix qui n’est pas dans mon budget, nos optons donc pour du militaire gratuit.

Jailhouse NOK

Direction le palais royal (oui encore) sous un beau soleil. Ha ça il fait plus chaud ici que sur le bateau. Nous nous posons au pied d’une statue, celle d’un Karl Gustav ou Olaf quelconque en attendant la relève de la garde. Ha on me dit dans l’oreillette que qu’un coup de soleil a été attrapé en lézardant.
Qu’ils sont mignons nos petits miloufs avec leurs chapeaux melons et leurs mèches en crin de cheval que le vent prend un malin plaisir à leur mettre dans les yeux, par contre pour marcher au pas ou même tenir les rangs c’est une autre histoire. Vous l’aurez compris, la rigueur militaire est ici une notion toute relative même si ils font ça avec sérieux et application (ou pas). Il fallait voir les mines consternées quand l’un d’être eux à échapper sa baillonnette lors de l’installation de celle-ci sur son AR15 pour la présentation des armes. Idem quand le chargeur d’un autre, vraisemblablement mal inséré dans le fusil, à terminer par terre. Néanmoins, le protocole a suivi son cours et les 2 militaires en charge d’encadrer le public (oui seulement 2 pour une petite quarantaine de touristes – on est loin de la foule délirante de Buckimgham Palace) sont passés derrière leurs camarades pour ramasser ce qui traînait… C’est vrai quoi, un chargeur d’arme de guerre et une baillonnette malencontreusement oubliés dans un parc, ça ferait désordre. Ceci étant dit, j’ai gazé ces braves soldats sur leur manque de rigueur apparent ou le fait qu’ils aient du mal à aligner les rangs mais a bien les regarder, filles comme garçons, se sont tous des bébés. J’avais déjà été surpris l’autre jour par la jeunesse du planton devant le palais, planton qui ici peut discuter avec les touristes et se gratter le nez – pas comme chez les anglais donc.

Après tant d’émotion, nous nous mettons en quête d’un restaurant parce qu’il est presque 14h et que l’air marin ça creuse. Le resto de spécialités locales étant bien entendu fermé le dimanche midi, nous optons pour un bar à côté. J’opte pour une salade césar dont le poulet sera servi chaud (WTF ce pays) tandis qu’Aurélie optera pour un Gravlaks, bien connu chez les amateurs de meubles Ikea. En réalité une espèce de salade norvégienne avec des tranches de saumon d’un fort beau gabarit servies avec de l’aneth, des oignons, du pain et une sauce maison à base de crème fraîche et de miel. Une fois venu à bout de tout ça, direction la gare pour prendre le train en direction de l’aéroport parce qu’il faut bien rentrer un jour. Si vendredi soir nous avions opté pour le très onéreux Flytoget, cette fois-ci pour la moitié du prix et 3 minutes de plus nous prenons le train normal. Train une fois de plus hyper spacieux, agencé intelligemment et pourvu d’un wifi gratuit de qualité. Il n’y a donc que la SNCF qui, parmi les grandes compagnies ferroviaires du monde, n’arrive à mettre le wifi dans ses trains. Quant au fait qu’il soit gratuit… La suite est un classique des retours au pays.

L’instant norvégien

Je résumerai cette première visite en Scandinavie en seul mot: intéressante.
On entend énormément de choses sur ces pays à la fois si proche et si loin (aussi bien géographiquement que culturellement) qu’une fois sur place, on reste un peu sur sa faim tant c’est à la fois autre chose et la même chose. Pas de dépaysement à la japonaise où l’on se sent sur une autre planète dès la sortie de l’avion. Ici ce qui change vraiment en dehors de la température c’est la langue et le prix du verre de bière (je ne me suis toujours pas remis du demi à 8€). Après, de là à vanter les vertus du modèle scandinave à tout va et à vouloir faire pareil chez nous, de ce que j’en ai vu l’idée me paraît moyennement bonne car nous ne sommes tout simplement pas prêt – à tous les niveaux.En revanche, ce que l’on doit importer de chez eux en urgence est cette capacité à passer du norvégien à l’anglais en un millième de seconde.

Revenir à Oslo? Pourquoi pas! Après un gros gain au loto ou si l’affiche de l’Inferno en vaut la peine, en revanche aller voir un peu plus au Nord comment peut s’avérer intéressant et sans doute plus dépaysant.

Et hop! Nous arrivons! Quel timing! 2 heures pour raconter autant de caca c’est fou!