Bruxelles – Jour 2

Le thème du jour sera l’alcool et plus précisément la bière. Normal en Belgie me direz-vous.
Ceci étant dit, là ça va quand même faire beaucoup de bière. P’tet même un peu trop.

Après une nuit pour le moins compliquée, un coup il fait trop chaud, un coup il fait trop froid, direction le petit dej’ pour une collation sommaire mais efficace vu son prix.
Nous prenons ensuite le direction de la Grand Place afin d’y visiter la Maison des Brasseurs – comme je vous l’ai dit il sera beaucoup question de bière aujourd’hui.
Nous nous présentons devant l’entrée un peu avant l’ouverture et patientons. Une fois 10 heures sonnées au clocher du coin, nous sonnons pour entrer. Pas de réponse. Une fois, deux fois, trois fois, il est 10h10, ce n’est toujours pas ouvert, décisions est prise de revenir plus tard et d’aller voir ailleurs. Chemin faisant nous repassons devant le Manneken Pis, qui pisse toujours (ouf), mais qui aujourd’hui est déguisé en Pierrot *ahem*
Un gros quart d’heure de marche plus tard, nous nous faisons la réflexion que Bruxelles réussie la performance d’être aussi sale sinon plus que Paris. Ce qui n’est pas une mince affaire. Là-dessus nous pénétrons dans la brasserie Cantillon. La dernière brasserie traditionnelle de Bruxelles (voir de Belgie mais j’ai peur de dire une bêtise sur ce point) qui produit de la Gueuze. L’accueil est chaleureux et les gens fiers de leur produit. S’en suit une visite de la brasserie où tout est fait « à l’ancienne », sans ajout de CO² ou d’adjuvants chimiques. La bière est faite par fermentation naturelle et vieillie en fût de chêne pendant 3 ans. Entre les cuves et le bassin de refroidissement, il y a suffisamment de cuivre dans les lieux pour rendre hystérique tous les voleurs de câbles de la SNCF. Ce petit tour des installations se termine bien entendu par une dégustation, dans un premier temps d’une bière qui n’a vieilli que 18 mois dans les fûts, elle est donc plate (sans gaz) et a un goût très marqué, on sent que ça manque d’affinage. Dans un second temps, on goûte le produit fini. Dans notre cas, une Gueuze traditionnelle et une à la framboise. Ni l’une, ni l’autre ne sont des bières que je choisirai en toute connaissance de cause, sans doute suis-je trop habitué aux bières plus industrielles, on sent néanmoins une grosse différence avec le reste de la production (la taille des bulles, le goût et sa persistance en bouche etc). Une visite riche d’enseignement.

Nous déambulons ensuite sur l’avenue du Midi en direction d’un bistrot relevé par mon Travel Planner personnel. Nous passons au milieu de la Foire du Midi, plus grande fête foraine de Belgie, avec les manèges du type Gerbotron 2000, maison hantée qui ne font peur à personne, vendeurs de chichis et autres attrapes nigauds. Nous constaterons au passage que les forains sont des gens dans le besoin, en témoigne ce triste propriétaire d’une Mercedes à 250.000€ qui doit avoir du mal à payer les traites de ses 4 semi-remorques. Sinon le bistrot était très bien. Déjeuner en terrasse, salade au chèvre/miel d’un côté, Boeuf à la Grimbergen de l’autre. Vraiment très sympa. Sans parler du proprio qui a tenté de nous vendre un séjour en Grèce dans une de ses maisons.
Le retour vers la Grand Place se fit tranquillement, via un petit détour devant le Palais de Justice en complète rénovation, ce qui nous permet au passage de prendre un peu de hauteur de profiter d’un joli panorama de la ville malgré les grues.
Une fois sur la Grand Place, la Maison des Brasseurs est enfin ouverte. A 14h il vaudrait mieux cela dit. Nous voila donc en train de descendre l’escalier qui mène à une petite salle pleine d’ustensiles anciens servant à la préparation de la bière.  Nous prenons nos entrées et là nous nous entendons dire qu’il y a un petit film avant la dégustation. Nous passons dans la pièce à côté et au milieu de 3 cuves en inox se trouvent 4 rangées de chaise alignées devant un écran sur lequel passe en boucle un DVD que n’aurait pas renié pas l’office du tourisme de Nogent-Le-Rotrou… en 1997. D’un kitch absolu, ce film présente juste les différents producteurs de bières du pays. Impossible de passer sous silence le montage totalement ‘has been’ depuis 1983, les cadrages que même un vidéaste amateur ayant un peu d’amour propre n’aurait pas osé montrer même à sa mère, quant à la bande son… non mais ALLO! 5 minutes de film plus tard nous déguerpissons espérant secrètement que la dégustation sauvera le truc. Elle sera en réalité le dernier clou du cercueil. On nous propose de choisir entre une blonde et une ambrée, lucide, nous en prenons chacun une. Nous nous posons, goûtons, nous regardons l’air dubitatif. Aurélie me dit que l’ambrée ressemble à de la Leffe et je trouve que la blonde a un vague goût de Pils assez moyenne. Là-dessus je me lève et vais demander ce qu’on nous a servi. « Ha mais vous savez ça change souvent donc je ne suis pas sûr ». Oui oui à d’autres Jacky pas à moi. En insistant un poil je m’entends dire que la blonde est une Stella-Artois et l’ambrée une Leffe. J’annonce le truc à Aurélie, nous nous regardons et rions un poil nerveusement de ce foutage de gueule en règle. Donc la Maison des Brasseurs, sur la Grand Place de Bruxelles, te fait payer pour regarder un DVD des enfers et te servir de la bière vraiment pas top. Même si le type en charge du lieu est gentil comme tout, pour un endroit qui se veut être la vitrine du produit national belge, situé sur la Grand Place de la capitale, dans un beau bâtiment, c’est moche et à un moment ça va finir par se voir.

Après nous être forcer à finir nos verres (nos quatrièmes bières du jour), nous filons vers le Biertempel, magasin réputé de Bruxelles pour son choix de bières. En réalité nous sommes ici aussi en face d’un piège à touristes. Le choix est correct sans être fou mais ce qui pique se sont surtout les prix. Oser afficher une Grimbergen blonde à 2€50 l’unité alors qu’au Delhaize d’à côté le pack de 6 est à 5€90, faut pas manquer de souffle. Le ravito se fera donc chez Delhaize, certes c’est une supermarché mais niveau choix ça reste correct.
Telles des âmes en peine, nous errerons ensuite dans les rues de la capitale belge histoire de voir un peu à quoi ressemble les différents quartiers de la ville. Le hasard fait que nous nous retrouverons à Molenbeek. Oui oui le Molenbeek, le quartier tristement célèbre pour ses barbus. Inutile de dire que le nombre de femmes voilées est ici tout simplement ahurissant. Dire qu’à Paris/Saint-Denis je trouvais déjà ça délirant, ici c’est « encore pire », et pas qu’à Molenbeek d’ailleurs. J’ai plus entendu parler arabe que flamand depuis 2 jours mais ce n’est pas le sujet. Nous repartons donc dans l’autre sens et décidons de retourner au Delirium Village histoire de boire un godet. J’opterais pour une Pink Killer (bière aux agrumes) et j’avoue avoir oublié celle choisi par Aurélie, ce dont je suis sûr en revanche c’est qu’elle l’a moyennement appréciée. D’un autre côté, devant pas moins de 30 bières à la pression, quand on en connaît maximum 4, il y a un moment ou le pif et la chance joue. Je retournerais faire un second passage au bar pour une bière au citron vert  aussi rafraîchissante que légère ce qui n’est pas un mal vu la chaleur qu’il faisait aujourd’hui.
Après une pause salvatrice à l’hôtel, nous ressortons pour le dîner. Nous optons pour un asiat’ pas loin de l’hôtel. Je… heu… comment dire? Ce n’était pas fou mais c’était également très très loin d’être top. Le seul avantage que je lui trouve c’est son prix. Nous irons ensuite oublier les micro-contrariétés de la journée au Rock Classic, bar Metal de Bruxelles. Bon Metal faut le dire vite vu la playlist qui oscillait entre le désastreux et le calamiteux. En revanche, l’endroit est très chouette, bien agencé et on y reste volontiers pour siroter du houblon. 2 Triple Karmeilit/2 Chimay Bleu plus tard, la playlist infernale aura raison de nous et nous lèverons le camp en direction de la Grand Place pour un passage nocturne. C’est toujours noir de monde, sauf qu’à cette heure-là, les gens sont assis par terre et boivent leur Jupiler en canette dégueuladégue. Un clodothon grandeur nature en quelque sorte. En jetant un oeil autour de la Grand Place, je montre à Aurélie l’intérieur de quelques restaurants dans lesquels on peut voir les colombages au plafond. Là-dessus, cette dernière me répond qu’en effet les colombins sont jolis. S’en est suivi un débat sur la sémantique ayant accouchée des 2 mots: colombins et colombages. Aurélie argumentant que les colombages sont souvent marrons et longs.

BREF.

Retour à l’hôtel pour un repos bien mérité car demain, il y a de la route à faire et probablement 2/3 bricoles à voir sur le chemin du retour.

Ha et j’ai trouvé une clé USB derrière la télé.