Venise – dernier jour

Au menu de ce dernier jour: la vengeance du petit déjeuner raté, le service dans les restaurants qui finit par devenir fatiguant, des histoires de bateaux, des îles, une tour qui penche, du Death Metal dans une cathédrale et un marathon jusqu’à la gare routière.

Tout commence gentiment par un réveil au chant du coq. Tout le monde se prépare gentiment et range ses petites affaires en vue du check out. Jusque là tout va bien. Une fois à la réception, le check out s’éternise un peu devant. Le truc c’est que nous avons un bateau à prendre à 9h30, qu’il est 9h et qu’une nouvelle fois le petit déjeuner va devenir un sujet de « préoccupation ». Une fois la fameux check out effectué, les sacs laissés au concierge, nous filons sur le quai pour prendre bateau. Par chance, le bateau en question s’attrape littéralement au bout de le rue de l’hôtel, c’est à dire à 50 mères maximum. Pendant qu’Aurélie poireaute, je file faire les boutiques en quête d’un petit déjeuner express à emporter. Comme nous sommes le 15 août, le seul machin ouvert c’est l’immonde bouiboui d’hier matin. On s’en contentera. Une fois ce plantureux repas ingurgité, nous embarquons pour notre tour des îles de la lagune.

Menthe à l’eau

Murano est la première de ces îles. 20 minutes de bateau plus tard nous accostons devant une des verreries qui sont la spécialité locale.
Nous n’avons pas fait 3 pas sur le quai qu’un gang de mafieux en costard nous tombe sur le râble et nous entraîne dans une des verreries pour une démonstration de soufflage de verre. Bon gré, mal gré, tous les passagers du bateau rentrent dans la minuscule pièce où un maître souffleur va faire devant nos yeux ébahis un vase puis un poisson, tout ça avec les explications de Luigi qui décrit les différentes techniques utilisées. Vu le temps mis pour faire le vase et le poisson, quand on est bon, c’est rentable et ça rapporte gros. La preuve en est, une fois la démonstration terminée, nous sommes entraînés dans l’inévitable boutique dans laquelle nous retrouvons nos gangsters endimanchés. Les tarifs pratiqués sont relativement sodomites et tout est fait pour qu’on ne retrouve pas la sortie. Et pourtant ce n’est pas grand. Visiblement nos gangsters n’ont pas aimé que l’on prenne la poudre d’escampette aussi vite, et surtout que les autres nous suivent car nous étions parmi les premiers à détaler. C’est que les arrêts sur chaque île sont minutés, donc une minute de perdue dans la boutique, cest une minute de visite en moins. Cela dit, les centres d’intérêts sur Murano sont assez limités donc bon…

Burne à l’eau

Burano sera l’île suivante et elle sera le théâtre d’un drame. Avant chaque escale, la guide rappelle en 4 langues qu’il faut être ponctuelle car le bateau partira qu’on soit là, ou pas.
Cette île est tout bonnement charmante… pour peu qu’on quitte le chemin balisée par la rue principale, ses restaurants et ses boutiques. La spécialité locale est la broderie, idéal pour la déco des maisons de retraites ou pour faire des souvenirs easy à des amies japonaises. Sinon ce qui présente vraiment un intérêt se sont les maisons de pêcheurs peintes de différentes couleurs. C’est à la fois flashy et décrépi, complètement bariolé et super mignon sous le soleil. Les petits canaux donnent à l’endroit un charme que Venise n’aura jamais du fait de sa taille ou alors seulement dans certains quartiers. Mais j’avoue préféré le côté simple de cette île à celui plus pompeux de sa grande voisine.
L’autre grosse curiosité de l’endroit est le campanile de l’église. Pourquoi? Parce qu’il penche. Et pas qu’un peu. Le sommet a bougé d’1m85 par rapport à l’origine. C’est plus que la tour de Pise selon la guide.
Chemin faisant, nous ferons un stop dans une petite boulangerie pour acheter des sablés maison. Bien qu’excellent et nous aidant à combler la dent laissée creuse par le petit déjeuner, ils seraient bien mieux passés avec un bon chocolat ou un thé. Nous grignotons donc nos gâteaux en direction du bateau, arrivons sur le quai pour embarquer, prenons nos places et attendons le départ. Là nous voyons arriver à un train de sénateurs, une famille d’espagnols, gentils comme tout au demeurrant, qui prend bien son temps pour nous rejoindre. Une fois à bord, la guide recompte. Merda! Il en manque toujours. Bon bah tant pis l’heure c’est l’heure et le bateau part. Et là, comme dans un film, nous avoyons arrivés en courant une petite américaine qui suivra le bateau le long du quai en faisant de grands signes… sous les yeux pleins d’empathie de tous les passagers. Tous? Non. Il y en avait 2 pliés de rire qui disaient « avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure » sous les regards désapprobateurs de certains.

Tord boyaux

20 minutes plus tard, nous accostons sur Torcello. Micro-île sur laquelle ne se trouve presque rien hormis quelques restaurants, une chapelle et surtout une magnifique cathédrale du Moyen-Âge.
Là encore l’arrête est minuté, sachant qu’il faut 10 bonnes minutes pour rejoindre le seule point d’intérêt du lieu, mieux vaut ne pas traîner en route. Mais il fait chaud, très chaud et le petit canal que nous longeons pour arriver à destination ne rafraîchit en rien l’atmosphère.
La chapelle, vous n’en verrez rien car elle est assez quelconque. Quant à la cathédrale, tout ce que vous en verrez c’est l’extérieur car il est rigoureusement interdit de prendre des photos. Les grenouilles de bénitiers veillent au grain. Particularité du jour, comme c’est l’Assomption, l’entrée est gratuite. Particularité des églises du coin, les femmes doivent se couvrir les épaules, voir les jambes en cas de mini-short. Aurélie se retrouvera donc avec une espèce toile qui sert normalement pour les nappes de pique-nique sur les épaules tandis que mon splendide t-shirt attirera moult regards sévères de la part des gardiens du lieu – ils n’ont pas l’air d’aller Death Metal. Sinon l’endroit est somptueux. Les mosaïques magnifiquement préservées, de même que les gravures au sol. Comme me le faisait remarqué Aurélie, certaines icônes dans leur réalisation ont des faux airs d’art orthodoxe. C’est vraiment magnifique mais comme l’heure tourne, nous repartirons bien vite en direction du bateau après un n-ième stop à une fontaine afin de re-re-re-re-re-remplir notre bouteille d’eau et pour que je boive mon 637ème litre d’eau de l’a journée.

P’tit bateau

Le chemin du retour jusqu’à Venise prendra une quarantaine de minutes. Nous longerons le Lido et passerons près des énormes digues mobiles qui sont encore en construction et qui ont pour but de minimiser l’impact des marées et des innondations dans Venise.
Nous descendrons au premier arrêt une fois revenu à Venise et prendrons la direction de chez polichinelle (poli pour les intimes), c’est le petit surnom gagné par le serveur du troquet où nous sommes déjà allés 2 fois. Ce sera donc la troisième. Pourquoi retourner là? Simple: c’est bon, pas très cher et c’est aussi un des endroits où les serveurs sont « les plus alertes ». La plupart du temps, au mieux ils s’en foutent, au pire ils s’en tamponnent – celui d’hier  soir était un modèle du genre. Un verre de Spritz à droite, un de Prosecco à gauche, un bon plat de pates et une pizza pour se caler. On est bien.
Retour à l’hôtel pour une micro pause, la récupération des sacs et puis enfin l’épreuve marathon: rejoindre la gare routière à pied car ayant eu notre dose de bateau, nous repartons en bus. En soit, rien de délirant, dans les faits avec la charge sur le dos, le monde par endroit, la chaleur et aussi la fatigue qui se fait sentir, cette petite promenade de santé nous aura achevé. Elle nous aura aussi et surtout permis de découvrir de nouveaux coins de la ville, plus authentiques et très charmants. Hélas pas de photos de tout ça car j’ai été pris d’une poussée de flémingite aigue et aussi parce qu’au bout d’un moment, tous les canaux finissent par se ressembler. Officieusement c’est aussi parce que j’étais un peu à court d’idée sur la façon d’immortaliser tout ça. BREF. Après une bonne heure de marche et de découvertes sympas, nous voici à la gare routière où nous prenons notre ticket de bus pour l’aéroport. Petite attene en plein cagnard, le bus arrive, je prends le temps de m’embrouiller avec une vieille qui pousse et nous filons sur le pont reliant Venise au continent. Truc drôle, nous croiserons la route d’un tramway portant le nom de famille d’Aurélie.
Ce périple se terminera comme il se doit à l’aéroport par une attente infinie, un retard de l’avion et zéro excuse de la part de compagnie – Easyjet pour ne pas la nommer. Ca plus leurs avions cradingues, low cost je veux bien mais là c’est le low cost du low cost. Surtout si on compare à la concurrence – Norwegian au hasard.

Voila, c’est tout pour ces 3 jours à Venise. A bientôt pour nouvelles aventures 🙂