Venise – jour 1

Grosse cascade aujourd’hui puisque l’un des voyageurs ne va découvrir la destination de ce week-end qu’au dernier moment. Et comme c’est bibi qui organise (une bien grand mot), forcément c’est Aurélie qui ne sait pas où elle va (pour changer).

En effet pour son anniversaire, j’ai décidé d’oragniser un petit week-end surprise pour Aurélie. Malgré moult bourdes, réflexions compromettantes et grâce l’innocence  de l’intéressée, le secret a été gardé jusqu’à la remise de la carte d’embarquement à la demoiselle dans le très glamour hall des départs d’Orly Sud. Ca plus le réveil aux aurores j’avais tout bon ce matin.
1h20 de vol et une superbe vue dégagée sur le Mont Blanc plus tard, nous voici en train de débarquer à l’aéroport Marco Polo de Venise au milieu d’une horde touristes en transe. Vu la densité de population dans l’aérogare, j’ai commencé à m’interroger sur la pertinence du choix de la destination en cette saison. Passons.
Pour rallier Venise, nous optons pour le bateau. Non pas une de ces vedettes rapides hors de prix mais avec le bon vieux vaporetto des familles (aucun lien avec le nettoyeur vapeur). Celui qui prend son temps et qui tangue sévère. Ceci étant, nous ne sommes pas pressés et nous mettrons pas loin d’une heure et dix minutes pour rejoindre le centre. Là nous constaterons qu’en effet, il y a du monde, beaucoup de monde. La place Saint Marc dégueule de touristes venus des 4 coins du monde prenant tous la pause comme des mongoliens devant n’importe quoi sauf ce qui pourrait constituer un fond sympa. Ca plus les selfie-sticks qui donnent des envie de violence gratuite à l’endroit de ceux les utilisant, mais comme nous sommes au-dessus de ces basses considérations, nous prendrons le chemin de l’hôtel qui se trouve à 25 mètres de la place Saint Marc (sans mentir).

Le coup de l’hôtel c’est encore toute une histoire. J’ai réservé dans l’hôtel A ce dernier dépend de l’hôtel B, plus grand, plus luxe et qui gère toute la logistique. Donc une fois à l’hôtel A, on nous dit d’aller au B pour faire le check-in. Une fois à l’hôtel B – un petit 4 étoiles qui pète un poil plus que haut que son boule* mais qui bénéficie d’un emplacement absolument parfait (25 mètres de la place Saint Marc, 10 mètres de l’arrêt de vaporetto), on nous explique que la chambre n’est pas prête et qu’il faut revenir plus tard – en prenant soin de nous délester de nos bagages.
Là-dessus nous partons en vadrouille au petit bonheur la chance. En dehors de la profonde bêtise de certains touristes, ce qui nous a surpris/choqué c’est le nombre délirant de boutiques de luxe et de choses sans trop de rapport avec l’endroit. Dès qu’on a le réflexe de tourner dans une ruelle moins fréquentée, moins large, moins peuplée, MOINS en somme, tout va mieux. Non seulement on respire mais en plus la ville commence à montrer son potentiel et se fait plus authentique. Une fois revenu dans les grandes artères, ça redevient l’angoisse. Passer le pont du Rialto à 11h30 du matin en plein mois d’août, c’est comme prendre un RER en heure de pointe un jour de grève. Nous finirons par nous poser à une terrasse pour déjeuner et découvrirons que la mention « photo non contractuelle » s’applique aussi à la restauration ici. Sur la photo l’escalope milanaise faisait envie, dans les faits je crois que j’aurais été mieux servi à la cantine du boulot, ce qui n’est pas peu dire. Quant à la bière italienne: PLUS JAMAIS CA.

Nous reprendrons notre petit tour tranquillement jusqu’à ce que je réalise que je n’enregistre pas mes photos sur la bonne carte mémoire. C’est bien d’avoir 2 cartes mémoires dans l’appareil photo, c’est mieux de faire attention où l’on enregistre. Du coup la première moitié des photos du jour n’est pas récupérable pour l’instant. Enfin ce n’est pas bien grave. Retour à l’hôtel après 4 bonnes heures de marche sous un soleil qui a très bien fait ce qu’il avait à faire: nous tenir chaud. Une fois à l’hôtel, nos serons accompagnés jusqu’à notre chambre par le personnel et le bagagiste déboulera 30 secondes plus tard avec nos sacs. Cette pause salvatrice pour nos pieds se transformera bien malgré nous en sieste d’une bonne heure avant de partir pour l’apéro.
En lisant le guide que j’ai emporté, Aurélie a découvert un petit troquet potentiellement sympa. Nous décidons donc d’aller nous poser là-bas. Sur le chemin, je trouve « enfin » un service de gondole qui affiche ses tarifs parce que j’étais curieux de voir combien ils osaient facturer ça. Tenez-vous bien, 80€ la demi-heure, 100€ après 20h. Nous laisserons donc les gondoles à Denise Venise sans aucun scrupule. Une fois le bar trouvé, ce qui ne fut pas une sinécure, nous nous posons. Le serveur était à peu près tout sauf un foudre de guerre mais cela n’a pas empêché le Spritz (l’apéro local) de faire son boulot: nous couper les pattes. En regardant faire le barman j’ai compris l’ampleur du problème: la dose de Campari mise dans chaque verre. A ça ils ne sont pas radins car les verres étaient bien pleins mais bobo la tête. Finalement nous resterons là pour dîner (pizza évidemment). Aurélie se reprendra un petit verre de rouge local pour faire glisser tout ça – très agréable en plus, bien aéré, léger mais un peu traître après le Spritz.
La promenade digestive qui suivra sera le dernier clou de notre cercueil. En effet nous repartirons pour encore 2 bonnes heures de marche dans le sud de la ville afin de profiter du soleil couchant depuis l’autre rive du grand canal. Très chouette, pas facile d’accès, crevant mais totalement « worth it ».

Au total, si j’en crois Gogol, nous avons du faire pas loin de 5 voir 6 kilomètres à pied. Ouais ça use.
Et là, juste avant d’aller me coucher, je voudrais bénir l’inventeur du double vitrage. En effet notre chambre donne sur une rue ultra passante. Nous avons ouvert tout à l’heure pour jeter un oeil, le bruit était dingue. Là je sais que je vais dormir comme un bébé.

* Note: Quand je dis que l’hôtel pète un poil plus haut que son boule, c’est parce que j’estime que dans un  4 étoiles, à fortiori dans une ville comme Venise, les peintures fatiguées dans les chambres, les traces noires sur les murs et l’humidité au plafond de  la salle de bain ça fait désordre. En dehors de ça, le service est impeccable, la réception sublime et le bâtiment en lui-même très joli.