Venise – Jour 2

Une prison, des dorures, un bain, une bouteille de Prosecco, un petit déjeuner raté, les Bidochons et Pantera. Oui tout ça dans la même journée. Et le plus dingue c’est que c’est cohérent. Si si je vous jure.

Tout commence ce matin par un réveil tranquilou. Etant donné le coût du petit déjeuner à l’hôtel, nous décidons de sortir improviser en attendant notre première visite du jour. Nous nous retrouvons donc dans un troquet proposant café et pâtisseries. Jusque là ça va. Ce n’est qu’une fois servi que nous comprenons notre erreur, non seulement ce n’est pas frais mais en plus ce n’est pas top (ce café était une horreur). Mais n’ayant pas le temps de chercher autre chose à manger, nous nous contenterons de cela pur l’instant. Erreur fatale.

Nous voici donc en route pour le Palais des Doges, une des principales choses à voir à Venise avec le pont du Rialto, le Campanile, la place Saint Marc et la basilique San Marco. Hormis le pont qui est à l’autre bout du bled, tout le reste est au même endroit.
Notre visite du jour sort un peu du cadre « classique » puisque nous avons opté pour la visite guidée intitulée « itinéraires secrets ». Elle a pour particularité de montrer des parties du palais des Doges qui sont hors de la visite « standard » et à mon goût, infiniment plus intéressantes que de grande salles remplies de peintures et dorures. Comme je le disais, c’est guidée et la guide, en plus d’avoir un français impeccable, était charmante. Elle a su rendre la visite intéressante et relativement interactive malgré un groupe d’une petite vingtaine de personnes.
Ce petit tour d’une heure vingt environ débute dans les prisons basses du palais des Doges, au niveau de l’eau. Il y a des cellules de standing prévu 5 à 6 personnes avec aucun mobilier, juste un seau pour « la vidange » et une meurtrière avec vu sur le mur d’en face. Grand luxe donc. En remontant, nous traversons de minuscules pièces ayant fait office de bureaux pour l’administration vénitienne du temps des doges. La visite traverse plusieurs salles de conseils, de réunions dans lesquelles on entend parfois les visiteurs suivant la route « normale » de l’autre côté du mur. Rigolo. On enchaîne ensuite avec la salle de torture du palais. Rien d’ostentatoire: une corde pour attacher le pécore, une poulie pour le suspendre, quelques cellules autour pour que les copains entendent le mec se faire dépouiller les articulations et hop le tour est joué. Toujours plus haut dans le bâtiment, sous les toits pour être précis, on peut voir la cellule de Casanova. C’est un peu le clou de la visite car l’explication de son évasion vaut son pesant de cacahuètes. Je ne vous en dirai rien, non pas parce que je n’ai pas écouté mais parce que vous n’avez qu’à lire le bouquin racontant ses aventures, tout est dedans. On passe encore en revue quelques pièces avant de réintégrer le cour normal de la visite sous le regard un peu surpris « des autres » qui nous voit sortir d’une porte  venue de nulle part.
Le reste de la visite est plus classique, un poil plus convenu et aussi bien plus peuplé. Cet enchaînement de salles immenses pleines de dorures et de peintures est certes impressionnant mais aussi un poil redondant. Entre la salle du conseil machin, la salle du conseil bidule, la salle du grand conseil, la salle du conseil restreint, et j’en passe, les mecs se concertaient beaucoup ça on l’a compris. Ceci étant dit, la visite guidée a eu ce mérite d’expliciter beaucoup de choses pour la partie libre qui suit. Notamment sur les interactions entre les différentes strates hiérarchiques de l’endroit. Direction ensuite les prisons du palais, la partie dite « nouvelle », car installer dans une extension du palais, avec un passage par le célèbre « pont des soupirs », soupirs qui n’ont rien de romantique puisqu’on parle du dernier soupir des condamnés. Là-dessus nous sortirons du palais après 3 bonnes heures de visite. S’en suit un repli stratégique à l’hôtel pour un changement de batterie d’appareil photo. Et là, c’est le drame.

Le temps de se poser 2 minutes pour relaxer les pieds, choisir l’endroit où aller déjeuner quand soudain, quelqu’un frappe à la porte. Aurélie va ouvrir, un type de l’hôtel se présente avec une plateau sur lequel trône 2 verres et une bouteille de Prosecco. Surprise Aurélie, lui dit qu’il doit y avoir une erreur car nous n’avons rien commandé, là-dessus il lui montre une petite enveloppe sur laquelle il y a effectivement son nom. Du coup il rentre dans la chambre, pose le plateau sur la table et disparaît. On se regarde méduser et elle me demande « c’est toi qui  commandé ça »? Pour le coup non. Après 5 minutes de réflexion, nous en arrivons à la conclusion que l’hôtel a repéré sur sa carte d’identité que c’était aujourd’hui son anniversaire et qu’ils offrent une bouteille aux frais de la princesse pour l’occasion. Pas la peine de dire que le sort de la bouteille a été réglé, doucement mais surement car en regardant bien, le Prosecco ça fait quand même 11,5°. Sachant qu’il n’était pas loin de 14h et que notre petit dej’ était pour le moins sommaire, la situation aurait pu devenir critique mais nous avons gérer de main de maître notre alcoolémie en nous dirigeant vers notre petit troquet d’hier soir pour un repas salvateur accompagné d’eau minérale cela va sans dire. Pâtes à la sèche d’un côté, escalope pizzaiola de l’autre et papilles gustatives en extase.
Nous prendrons ensuite la direction de La Fenice, le grand théâtre de la ville. Pas facile à dénicher, même avec un plan, il faut slalomer dans les petites rues pour finalement tomber dessus. Enfin si on a la lucidité de lever le nez car sinon on peut passer devant sans faire attention pensant qu’il s’agit juste d’un n-ième bâtiment à la façade décorée. L’endroit est très beau, bien que la déco soit un peu chargée. On m’a dit dans l’oreillette que c’était de style rococo (Siffredi). Nous y croiserons également Germaine et Lucien Bidochon. Deux français en mode « beauf » qui s’engueulent comme du poisson pourri sans trop se soucier de ce qui se passe autour. Sinon bien le théâtre, visite intéressante, on voit la salle de spectacle, la loge d’honneur, les salles de réceptions annexes mais hélas pas les coulisses.

En sortant de là, direction la partie nord de la ville, en quête de calme et d’un peu plus d’authenticité. Pour trouver cela il faudra passer par des rues encombrées de monde, évier des hordes de touristes pris de frénésie photographique pour enfin arriver sur un quai au nord de la ville. Las, l’arrêt de vaporetto le plus proche va nous déverser un flot continu de chinois en mode bulldozer. Nous partirons donc dans la direction opposée et ce sera sans doute une des meilleures décisions de la journée car là, enfin nous trouverons « la vraie ville » avec des quartiers qui ressemblent à des endroits où il y a de la vie. Par vie je veux dire avec de vrais gens qui habitent le coin et pas juste des maisons/palais transformés en hôtels. Le point de repère qui ne trompe pas c’est l’absence de gondoles. Ici juste de petites embarcations  qui servent aux locaux à se déplacer. Idem architecturalement, c’est pareil mais ce n’est pas pareil. On sent une différence.
Le retour se fera par le quai sud qui ramène vers la place Saint Marc. Place que nous éviterons soigneusement en passant sous les arcades, non seulement il y a moins de monde mais en plus on y est à l’ombre.  Une fois à l’hôtel, Aurélie se fera un couler un bain moussant dont elle profitera en écoutant du Pantera à plein volume. Tout ça avant de s’offrir une sortie royale emmitouflé dans un des douillets peignoirs de l’hôtel.
Nous ne ressortirons que pour dîner. Nous trouverons un resto correct sans être foufou et cette journée se terminera avec une glace straciatella/yogurt/fruits rouge PARCE QUE.