Hawaii – Jour 10

Des virages, un ratage, des virages, une plage, des virages, des virages, encore des virages, toujours des virages. Trop de virages aujourd’hui. Vraiment trop.

Ce matin, petit déj ‘ sur la terrasse. Autant en profiter puisqu’elle est là. Il est à peine 7h30 et il fait déjà une chaleur pas possible.

Highway to hell

Aujourd’hui nous entreprenons de faire le tour de la partie Est de Maui. Une petite boucle de 140 miles (225km) pleine de surprises.
De notre résidence jusqu’à Kahuilui (la grande ville de l’île), c’est de la 4 voies tranquille, une fois sur la route 36 pour Hana, là commence les choses sérieuses.  Jusqu’à Ho’okipa Beach Park ça va encore, c’est après que ça se complique.
Au niveau de Pe’ahi, nous avons connu notre premier échec du voyage. En effet, je voulais absolument voir Jaws, vague connue à travers le monde pour être une des plus destructrices en matière de surf. Sauf que la vague en question se trouve non pas au bout d’une route mais au bout d’un chemin de terre où seul un tout terrain peut passer. Mais ça, Google oublie de le dire, du coup nous nous sommes retrouvés comme des cons avec une ornière gigantesque devant nous sans pouvoir passer. Il a donc fallu faire demi-tour dans le chemin de terre et continuer sans voir la fameuse vague. Alors oui nous aurions pu nous garer mais ni Aurélie ni moins ne nous sentions de faire 4 miles (allé/retour) pour voir une vague, du coup retour sur la route des enfers.
Car la route pour Hana fait parti de ces rubans de bitumes mondialement connus pour une raison ou une autre. Ici il y a environ 620 raisons allant à droite ou à gauche + 46 ponts à voie unique, tout ça serpentant à flan de falaise dans une véritable jungle. Ha oui c’est superbe mais que c’est chiant de conduire là-dedans. On va tout doucement, ça monte, ça descend, on enchaîne les virages aveugles, on doit gérer des touristes inconscients qui marchent le long de la route ou qui manoeuvrent comme des idiots – mention spéciale aux chinois dans un cas comme dans l’autre. Ca plus les locaux qui roulent comme des dingues, les travaux et les camions… Bref on met 4 heures pour faire 84 petits kilomètres. D’autant que nous avons stoppé à différents endroits pour profiter un peu de la vue.

Les randonneurs

Nous ferons une rapide pause déjeuner devant la plage à Hana, animé par le son des bulldozers réaménageant la dite plage. Grandiose.
Retour sur la route pour arriver au Kipahulu Visitor Center, point de départ du Pipiwai trail, un chemin de rando repéré par Aurélie. A peine arrivé, on nous annonce qu’une partie du chemin est fermée car trop dangereuse en ce moment. Mais nous ferons aussi une découverte capitale. En effet, nous avons prévu de faire le tour complet de la partie Est de l’île, donc en longeant la côte Sud. Hors nous découvrons une fois sur place que cette route peut être fermée si trop dangereuse – heureusement pour nous elle est ouverte, mais surtout nous apprenons qu’une partie de cette route n’est pas goudronnée sur 15 miles et que le reste est dans un état dramatique sur 15 autre miles. Une fois rassuré sur la faisabilité de la chose avec notre voiture, nous partons sur le Pipiwai Trail. On y trouve entre autre un arbre à la taille prodigieuse (voir la photo où Aurélie pose devant), des chutes d’eau tout à fait sympathique et une forêt de bambous au bout de laquelle le chemin est barré. 45 minutes pour monter là, autant pour redescendre. Nous compléterons cette rando avec un autre mini chemin qui descend jusqu’à l’océan et remonte gentiment vers le parking. Une promenade de santé de 20 minutes.
Ayant remarqué la voiture avait consommé comme une folle pour arriver jusque là – plus d’un quart de réservoir de parti pour 124km, je m’assure que tout est ok pour la suite car nous décidons de tenter notre chance en suivant notre plan initial.

Highway to hell part.2

Et donc nous voici en route vers la résidence via la route côtière Sud. Au début tout va bien, on reste sur les mêmes bases que sur la route menant à Hana: route étroite avec peu de visibilité et moult virages. Au bout de 10 miles, là ça se complique car le bitume s’arrête et on passe sur du gravier tout en gardant les mêmes conditions de route. Heureusement il fait grand soleil… enfin heureusement… étant donné que ça monte et que ça descend et que nous allons plein Est, nous avons aussi le soleil dans la truffe en permanence. Ce qui n’aide pas trop pour voir où l’on va. D’autant que par endroit on longe l’océan entre 2 falaises à pic, on voit les embruns venir s’écraser sur le pare-brise ainsi qu’un rail de sécurité en fin de vie tellement il est attaqué par le sel et la rouille. Ensuite la route repart dans les terres en prenant de la hauteur et on passe en mode montagne russe. Si d’aventure, l’état de la route et la météo n’étaient pas suffisant, on peut aussi ajouter le paramètre vache! Ces dernières sont en libertés le long de certaines portions de la route et nous les avons vu brouter sur le bas côté, donc il fallait en plus faire gaffe aux vaches. Ainsi qu’aux locaux qui encore une fois roulaient comme des maboules là-dessus.
Et puis finalement, au bout d’un moment, le bitume revient. Complètement défoncé d’abord, puis ensuite d’une perfection assez folle sur plusieurs dizaines de miles. Un vrai bonheur après la route des enfers. C’en était d’ailleurs limite piégeux car cela incitait à rouler plus vite que de raison tellement d’un coup, on se sentait en sécurité sur ce revêtement. A ce stade, j’imagine que la grande question que vous vous posez est: est-ce que ça valait vraiment le coup de prendre cette route dégueulasse au lieu de repartir dans l’autre sens? La réponse est OUI! Mille fois oui! La route jusqu’à Hana est rigolote mais la jungle ce n’est pas trop notre truc. En revanche, la vue plongeante dans l’océan depuis la montagne, les falaises, bref tous les paysages de cette seconde moitié de trajet valent 10 fois tout ceux de la première moitié. Enfin c’est joli aussi mais c’est différent et la seconde partie nous à bluffer. Comme nous ne pouvions pas nous arrêter, j’ai profité d’une pause pour fixer la GoPro sur le capot et j’ai laissé tourner jusqu’à ce que la batterie lâche. Il doit bien y avoir 45 minutes d’enfer automobile dans un décor de rêve.
Comble du comble, une fois sorti de là nous réussissons le coup de maître du jour. Nous avons reçu une commande pour du vin à l’ananas – l’ananas de Maui est réputé mondialement. Bref, le vigneron se trouve justement au bout de cette route de fou mais bien entendu, il ferme à 17h30. Comme nous sommes partis à 16h30 et qu’il y avait 1h30 de route, nous savions que nous arriverions quand ce serait fermé mais la chance était avec nous. Nous nous arrêtons malgré tout, apercevant une dame, Aurélie saute de voiture et lui explique notre situation. Pas folle au point de refuser une vente, la nana nous vendra les bouteilles à conditions de payer cash. 5 minutes après nous étions repartis avec notre pinard.
Le reste du chemin ne sera qu’une longue agonie pour rentrer car nous sommes tous les 2 complètement mort. La soirée se conclura par un rapide arrêt au supermarché pour acheter à dîner, dîner qui se fera en terrasse car il y fait plus frais que dedans et maintenant dodo.

Quant à demain, la route nous ayant bien calmé aujourd’hui, le programme est susceptible d’évoluer voir d’être complètement chamboulé. J’irai bien ne rien foutre à la plage mais Aurélie a d’autres idées. Nous verrons bien.