Hawaii – Dernier Jour

« Toutes les bonnes choses ont une fin » – c’est exactement ce que je disais ce matin au type qui nous a demandé d’où nous venions avant de nous faire profiter de sa carte pour avoir des réductions lors d’un ultime passage dans un supermarché. Jusqu’au bout…

C’est le genre de comportement qui résume assez bien les locaux – « les vrais » – pas ceux qui ont de près ou de loin à faire aux touristes. A part ça ce matin, nous avons bouclé les valises et fait une belle cérémonie à mes chaussures de marche (ou pas).

Jusqu’au bout…

Ensuite direction l’aéroport, non pas pour sauter dans l’avion mais pour faire un petit tour d’hélico au-dessus de Kauai. C’est proposé sur presque toutes les îles mais renseignement pris, si il y a un endroit où il faut le faire plus qu’ailleurs, c’est ici. Malgré la météo toujours incertaine nous nous sommes lancés parce que de toute façon c’est le dernier jour et qu’il pleuve ou pas se sera de toute façon superbe.
Il a été dit quelque part que le temps nous épargnerait pendant ce voyage car malgré les restes de tempêtes tropicales qui déversent des litres de flottes de temps à autres, nous n’avons pour ainsi dire jamais été dessous sauf en voiture. Et là, encore une fois, pendant cette petite heure à survoler l’île, le soleil nous suivra. Jusqu’au bout…
Donc une fois dans les bureaux d’une des multiples compagnies proposant un survol de l’île (nous en avons compté 6), on nous pèse en nous expliquant que c’est pour la répartition des places/masses dans l’hélico car nous serons au total 7, pilote inclus. 3 devant et 4 derrière. Ensuite on nous attribue des numéros, nous serons 1 et 2, qui correspondent à nos places dans l’hélico. En entendant ça, nous nous sommes mis à rêver des places de devant… sans trop nous enflammer non plus. Deux types de la compagnie nous accompagne sur la piste, nous font asseoir sur des chaises numérotées de 1 à 6 où chacun se pose sur son numéro car cela correspondra aussi à l’ordre d’entrée dans l’appareil. Distribution des gilets de sauvetage « ocazou » puis briefing de sécurité. Ce qui m’a le plus marqué dans le briefing, c’est que le type a très très lourdement insisté sur le fait que comme nous montions dans l’hélico avec les moteurs allumés, il ne voulait voir personne au-delà de la porte arrière de la cabine à cause du rotor de queue. Il a tellement lourdement insisté là-dessus que j’imagine qu’un crétin a du vouloir se faire remarquer. Bref.
Les 2 hélicos reviennent, se posent, débarquent des gens qui sortent de là avec une banane assez plaisante et… on attend encore car il faut remettre du kérosène dans les coucous. A tous seigneurs, tout honneur, le tour le plus cher embarque en premier. La compagnie propose 2 tours, un qui fait une heure environ et propose un survol des sites marquants de l’île – le notre, l’autre plus cher fait la même chose mais se pose au pied de LA chute d’eau mythique vue dans Jurassic Park, celle où justement une hélico se pose au début du film. Deux paires d’yeux scrutateurs constatent que N°1 et 2 ont embarqué en premier et se sont installés devant. Ensuite c’est notre tour… ET KIKIDONKECE QUI MONTE DEVANT? HEIN? ET BEN C’EST NOUS! Jusqu’au bout on vous dit.
On nous file des casques pour entendre les explications du pilote, micro briefing sécu et PAF! Décollage sur fond de générique d’Hawaii 5-0. So predictable. Survol de l’aéroport puis direction le Sud pour longer la côté avant de bifurquer vers l’intérieur le long d’une arrête rocheuse et franchement la vue est à tomber. Le soleil est de la partie, certes les points culminants sont pris dans les nuages mais ça donne du charme au tout. Passage au-dessus de la fameuse « Juarassic Fall » dont le vrai nom est Manawaiopuna Falls, on voit d’ailleurs que l’autre hélico est déjà posé en passant. J’aurais bien aimé un survol à un peu plus basse altitude mais bon… direction ensuite Waimea Canyon, marrant de voir du dessus la route que nous avons prise hier. Jusque là c’est chouette mais le clou du truc c’est vraiment le survol de Napali Coast (toute la partie Nord en fait) avec ses falaises qui tombent dans l’océan turquoise. Nous survolerons également la fin du Kalalau Trail – le petit chemin de rando fait il y a 2 jours sur seulement 2 miles, là nous verrons que la dernière partie semble ultra difficile car d’en haut ça paraît très très raide en plus d’être étroit. Le pilote explique que le trail n’est pas faisable toute l’année, l’hiver il pleut tellement que les Rangers le ferme car le chemin disparaît purement et simplement. Cette partie de Kauai est en compétition avec un certain Milford Sound en Nouvelle-Zélande pour le titre d’endroit le plus humide la planète (rappelez-vous le Milford Sound c’est jusqu’à 8 mètres d’eau par an « en bas »). Nous survolerons également une vallée côtière avant d’apercevoir la plage fatale à mes chaussures. Marrant comme ça a l’air tout petit et calme vu d’en haut. Ce qui m’a tué c’est qu’en 2 minutes, l’hélico avait couvert la distance entre la plage et le parking alors que ça nous a pris des heures à pied. Nous retournerons ensuite dans les terres pour survoler les 2 cratères à l’origine de l’île. Kauai est l’île la plus ancienne de l’archipel. Cette jungle, ces chutes… avec ces nuages et ces petits rayons de soleil pour le contraste c’est de la folie. Et parce qu’il faut bien que ça se termine un jour, retour à l’aéroport où la fournée suivante attend déjà son tour sur les chaises numérotées.
A peine descendu nous nous regardons avec Aurélie, je vois à son regard qu’elle a trouvé ça génial aussi. C’est bon nous pouvons remballer tranquille.

Comme il n’est que 11h30 et que nous devons rendre titine qu’à 17h, nous écumerons les supermarché du coin pour trouver quelques conneries à ramener. Pour le déj’ nous finirons une nouvelle fois dans un resto de locaux parce que finalement c’est là que c’est le moins cher et le plus sympa. Nous nous poserons une dernière fois à plage pendant 1h30, temps pendant lequel nous spéculerons sur ce que peut rapporter une boîte qui propose des tours en hélicos – une estimation à la louche basée sur ce que nous avons payé nous amène autour des 7,3 millions de $ par an. Tranquille. Une ultime bière dans un bar du coin et direction l’aéroport, cette fois pour prendre l’avion.

LHI = > LAX => IAD => CDG

Pour une fois, rendre la voiture sera moins une formalité que sur les autres îles. Vu qu’ici ils sont vraiment à la cool, ça aura l’air de les emmerder que je demande une reçu. Bref.
Ensuite il faudra passer les 6 millions de contrôle pour avoir le droit d’embarquer. Je verrai ma valise se faire ouvrir à cause des bouteilles de vin. Ceci dit la policière sera soigneuse et remettra tout correctement à sa place. Ensuite c’est mon sac à dos qui a droit à 2 tours de rayons X. Pour la forme dirons-nous.
Le premier vol se passera tranquillement, normal c’est le premier donc à priori le moins dur à gérer. Nous n’étions que 2 sur la rangée de 3 sièges donc avec plus d’espace, un luxe. Arrivée à Los Angeles vers 4h30 du matin. Ce qu’on a vu de la ville? Heu… j’ai aperçu vite fait le Santa Monica Pier de l’avion et c’est à peu près tout. Pour le reste, nous avons patienter dans un hall en travaux jusqu’au vol suivant. Là c’est devenu plus compliqué car la voisine d’Aurélie était grand-mère chinoise du genre pénible et en mode « je suis chez moi ». Pour ne pas avoir à déployer sa tablette, elle pose ses petites affaires sur la première disponible, même si c’est la mienne à l’autre bout de la rangée. Heureusement, c’était le vole le plus court, seulement 4h30 jusqu’à Washington DC.
Il nous manquait les cartes d’embarquement pour le dernier vol, je nous voyais déjà devoir ressortir de la zone sécurisée et galérer. Mais Aurélie, lucide, voit un comptoir United et me dit « allons-y ». Bien joué car en 2 minutes l’affaire était pliée, d’autant que la porte pour embarquer était à 10 mètres de là. Une affaire qui roule. Encore une fois, nous ne serons que 2 sur la rangée, un vrai luxe pour un vol de cette durée. Bref, voila retour à la case départ.

Hawaii, faut-il y aller?

Clairement oui! Si vous avez la chance/l’opportunité de le faire, il faut! Aussi bien pour ceux qui aiment faire le lézard que ceux qui ont envie de barouder un peu.
Chaque île a son petit truc à elle, chacun y trouvera ce qu’il lui plaît ou pas. En ce qui nous concerne, nous sommes d’accord sur le fait que c’est Kauai qui remporte le palme de l’île la plus sympa, la plus extrême, la plus sauvage. Aurélie met Big Island en second là où je mettrais Oahu devant la grande île mais pas de beaucoup. Les 2 ont du charme mais dans des registres différents. Oahu c’est vraiment le coeur de l’archipel mais elle gagne a être explorer, il faut savoir sortir d’Honolulu pour en voir la richesse. Big Island a pour elle ses volcans, des paysages extraordinaires et quelques plages complètement folles. En revanche nous sommes d’accord sur le fait que celle qui nous a le moins moins plus est Maui. Sans cracher dans la soupe, c’est celle qui nous a le moins emballé même si elle recèle de fabuleux endroits. La Hana Road est vraiment un truc à faire et la côte Sud vaut le coup d’oeil, ce qui nous a déplu est surtout l’ambiance qui y règne: trop bobo, trop usine. Même Oahu, bien plus peuplée,  ne renvoie pas ce côté un peu pompeux/prétentieux.
Bref chacun se fera son idée. Nous nous sommes ravis de notre petit périple.

Quant à la grande question: pourquoi pas de photo avec une chemise hawaïenne? La réponse est toute simple: pour ça il aurait fallu que j’en trouve une qui me plaise. J’avoue regretter celle avec bouteilles de bière et les ukulélés.

Un grand merci à nos sponsors pour la l’appareil photo étanche, la GoPro et Jacqueline, notre GPS. Cette chère Jacqueline qui donne les indications 50 mètres trop tard et qui se sent toujours obligée de nous dire que nous sommes sur le meilleur itinéraire alors qu’en réalité nous sommes sur le seul itinéraire.

A très vite pour de nouvelles aventures car oui, nous savons déjà où nous irons la prochaine fois 🙂