Hawaii – Jour 13

Hier soir, c’est dans un état second que j’ai raconté notre journée, cette foutue journée m’a tuéR. J’aime autant vous dire qu’aujourd’hui, ce fut hardcore. A tous les niveaux.

Pendant que ma voisine sombrait corps et biens dans les bras de Morphée, en zappant je suis tombé sur Saturday Night Live – légendaire émission comique de la télé US et diffusée sur NBC depuis 1975. Tout ça pour dire que je me suis gondolé pendant une bonne demi-heure avant de finir par sombrer également. Je n’ai été réveillé dans la nuit que par le vent – comme sur Maui ici ça souffle fort – et la pluie. Car nous prenons en ce moment sur la truffe les restes d’une tempête tropicale qui a quitté le Mexique il y a une semaine.

Drama sur le Kalalau Trail

*Pendant ce temps-là, Aurélie regarde « la croisière s’amuse » et pire: elle rit*

Donc je disais, ce matin, après m’être camé à l’advil histoire d’être un minimum en forme (pour info la boîte de 200 coûte 18€ ici, je dis ça je dis rien). Direction Ke’e Beach d’où part notre rando du jour. Stop en chemin à la Dry Cave, une grotte en bord de route qui comme son nom l’indique est sèche. Cela dit c’est impressionnant de rentrer là-dedans sachant les millions de tonnes de caillasses qu’il y a au-dessus de nous.
Quelques kilomètres plus loin il y a la Wet Cave, une autre grotte en bord de route qui comme son nom l’indique aussi est humide, pleine d’eau en réalité. Bref, hier la nana de l’accueil a tenté de nous placer un allé-retour en navette arguant qu’il y avait peu de places de parking, ce qui est vrai. Mais comme nous sommes relativement chanceux, un kéké en Mustang va nous laisser la sienne, au nez et à la barbe de la douzaine de voitures arrivant en face. Ca c’est fait.
Une fois à la plage, nous trouvons sans difficultés le départ du Kalalau Trail, c’est simple: ça grimpe. Il est noté par les Rangers du coin comme étant « strenuous » ou ardu en français dans le texte. Au bout de 100 mètres, il était clair qu’il n’avait pas volé sa notation. C’est raide, étroit, humide aussi bien au sol que dans l’air et un poil surpeuplé. En voyant des gens en tongs ou chaussures de sport on se dit qu’ils sont inconscients vu le terrain. La palme revient quand même à ces parents qui avaient le porte-bébé sur le dos. Du délire. Ou alors c’est moi qui suit trop vieux pour ces conneries.
Notre premier objectif du jour est Hanakapi`ai Beach, à 2 miles de là. Et 2 miles dans ces conditions je peux vous dire que c’est violent: 28°, le soleil en mode filtrant et 90% d’humidité dans l’air. Nous bouclerons néanmoins l’allé en 1h40, soit dans le bas de la fourchette indiquée au départ du trail (entre 1h30 et 2h). Sauf que voila, pour aller à la plage, il faut traverser un torrent. Pas de pont, pas de gué, rien, quéquette, peau de zob. Il faut soit tenter de passer en équilibre sur des rochers soit se mouiller jusqu’au genou. N’étant pas arrivé jusque là pour regarder la plage de loin, je tombe les chaussures et les jambes de pantalon et je me lance. La suite en images qui bougent.

Voila voila… donc les chaussures ont descendu le torrent sur une vingtaine de mètres avant de s’échouer sur un rocher sur l’autre rive sinon ce n’est pas drôle. Heureusement, Aurélie n’avait pas encore traversé et en donnant de sa personne, elle a pu récupérer mes chaussures moins une chaussette. Un moindre mal car j’aurais pu finir entièrement dans l’eau et flingué l’appareil photo et ne pas récupérer du tout mes chaussures.
Il faut dire que c’était un peu funky car entre les gens mort de rire et ceux qui s’inquiétaient de savoir si je les avais récupéré, c’était un peu le foutoir. Aurélie se lance ensuite et traverse sans encombre. Du coup, avec cet imprévu, le second objectif du jour tombe à l’eau *haha* Pas de Hanakapi’ai Falls, d’autant que le chemin pour y aller est encore plus violent que le début du Kalalau trail. Dire qu’au départ, Aurélie voulait se faire le Kalalau en entier. 17,7km le machin, pas long qu’elle disait… sauf que 17,7 c’est l’allé seulement. Enfin bref, nous profitons de la plage qui est elle aussi ultra-violente, les vagues s’écrasent sur le sable avec un bruit assourdissant. Pendant que les chaussures sèchent autant que possible, nous faisons un petit tour et puis nous décidons de repartir. Il faut donc retraverser, bien entendu j’opte pour un chemin différent… fausse bonne idée, je vais encore glisser et manquer de finir intégralement dans l’eau avant qu’un type ne me rattrape in extremis. Je finirai doucement mais surement tandis qu’Aurélie aura remis ses chaussures le temps que j’arrive. J’enfilerai donc mes chaussures trempées pour le voyage de retour. 1h05 plus tard, le parking est en vue et c’est avec un soulagement non dissimulé que je me poserai dans la voiture. Vraiment ça m’a tué mais comme dit Aurélie, nous l’avons fait et c’est une petite satisfaction. La morale que nous tirons de ça, c’est qu’à Hawaii, tout se mérite. Tu veux le panorama qui tue? Pas de souci, il est à 2 heures de marche. Et ça c’est vérifier sur toutes les îles: les Manoa Falls sur Oahu, la lave sur Big Island et la Hana Road sur Maui.

*ce déluge dehors… je suis content d’être au sec*

Bain à remous et phare breton

Après ça, nous stopperons sur la route à Hanalei pour manger. Parce qu’il fait faim, enfin surtout Aurélie parce qu’en ce qui me concerne, je suis un peu patraque. Tout ça pour dire que nous stoppons à un food truck qui nous a été recommandé car il sert des plats 100% hawaïens. Aurélie s’attaquera au Kalua Pig Plate tandis que j’opterai pour un Kalua Bowl. Mélange de saveurs intéressant mais j’aurai du mal à aller au bout tandis qu’Aurélie engloutira son plat en quelques minutes.
Ensuite retour à l’appart’ pour une indispensable douche et surtout constaté qu’on m’a piqué ma place de parking sur le pas de la porte. THAT’S MY SPOT A-HOLE! Bref, un changement intégral de fringues plus tard. Je m’offrirai un décès en bonne et due forme sur le canapé devant Transformers ou un match de Foot US ou les deux je ne sais plus.
Aurélie me sort de ma torpeur afin que nous allions voir Queen’s Bath et le Kilauea Lighthouse.

*ha Aurélie a zappé sur FX et regarde The Strain – c’est assez sale*

La première tentative à Queen’s Bath ayant été un échec cuisant en terme de parking, nous allons au Kilauea Lighthouse, un bête phare dans un parc national. Bien entendu, ça ferme à 16h, nous n’aurons pas donc le loisir de profiter du panorama que de très loin.
Retour à Queen’s Bath pour un second essai de parking totalement gagnant. Alors Queen’s Bath est une espèce de piscine creusée dans la roche/lave par l’océan car les vagues qui s’y fracassent sont très très violentes. C’est aussi la piscine des jeunes du coin et accessoirement un endroit extrêmement dangereux. Les courants y sont très forts, les changements de niveau de l’eau également et sur le chemin d’accès, on vous dit que c’est très très dangereux, que c’est compliqué pour les secours d’y aller et le nombre de morts qu’il y a eu. Là aussi ça se mérite car le chemin jusqu’au bord de mer est raide et glissant. On crapahute facile 10 minutes dans la jungle.
Ayant vu une vidéo juste avant de partir des gens se faisant avoir par le courant et se retrouvant en pleine mer avec des vagues énormes qui se fracassent sur le bord, quand j’ai vu les mômes du coin faire les cons dedans, c’était un peu l’angoisse. C’est magnifique, pas de doute là-dessus mais c’est ultra dangereux. Nous irons un peu plus loin sur les rochers où un autre piscine naturelle s’est creusée, des gens s’y baignent. Je leur demande si ce n’est pas dangereux, le type me répond que non car celle-là est protégée de la houle par une barrière de rochers, rien à voir avec Queen’s Bath. Et il ajoutera que si c’était ses gosses, il ne les laisserait pas jouer ici. HA donc il n’y pas que moi ça me rassure.
De retour à Queen’s Bath, un des jeunes (12 ans max) de me demandera de le prendre en photo en train de plonger depuis le bord. Je dis ‘ok’ mais j’avoue avoir eu un moment de doute car c’était le pousser au crime en quelque sorte. Je fais mes photos, je lui montre, il est content. Là-dessus, 2 de ses potes débarquent (dans les 16/17 ans), eux aussi veulent leur photo depuis l’autre rive et en duo. Là je leur demande si ils sont sûrs de leur coup car ça finit par me poser un problème. Réponse du gosse: « Sure, we come here everyday ». « Ok… it’s your ass dude », il me sourit et se met en position. Ils attendent une vague qui leur convient et sautent. A priori, ils ont vraiment l’air de connaître leur affaire. Ne voulant pas les inciter plus, je dis que nous partons. Le petit me demande si il peut avoir les photos, je lui dis oui et il me file son email. Là-dessus nous repartons dans la jungle et retrouvons nos jeunes sur le parking. Visiblement ils ont pris un raccourci qui nous aurait bien faciliter la vie.
Ha sinon nous avons récupérer notre place de parking au pied de l’escalier.

Tout ça pour dire que Kauai, c’est aussi beau que c’est sauvage. Il faut suer pour en profiter ou bien être blinder et prendre des navettes où faire des tours en hélicos. Et c’est vrai pour toutes les îles. J’avoue que de ce que j’en ai vu pour l’instant, Kauai est l’île qui me plaît le plus, c’est aussi celle que j’attendais le plus. Ces falaises qui tombent à pic dans l’océan, ces montagnes infranchissables, cette atmosphère qui nous permet de nous prendre pour Indiana Jones quand on crapahute sur les chemins… en gros ce côté brut et bestial me fait parfois penser à la Nouvelle-Zélande, de là à y voir un lien de cause à effet…

*Aurélie a mis une chaîne japonaise qui passe un drama quelconque en nippon dans le texte. Je suis à 2 doigts de me faire seppuku*

Voila pour aujourd’hui, là je grelotte de nouveau donc je vais me recamer pour dormir tranquille. Nuit qui sera à mon avis trop courte mais whatever.
Demain je n’ai absolument aucune idée de ce que nous faisons.