Dublin – Jour 1

Vous connaissez la rengaine, ça commence toujours trop tôt le matin et ça finit dans un endroit improbable quelque part entre ici et là. Cette fois-ci se sera l’Irlande, enfin plutôt Dublin.

Rendez-vous est donc pris du côté d’Orly Sud vers 5h du matin tout pour éviter de payer le billet d’avion un bras (les joies du low cost). Bon Transavia, c’est à peine mieux qu’Easy Jet mais c’est largement en dessous de Norwegian. Bref. L’arrivée à Dublin se fait dans la purée, visibilité réduite et vent à décorner les boeufs: résultat un atterrissage en mode « pof », d’un coup l’avion « tombe » sur le sol. Je ne suis pas du genre flippé en avion mais ça, je n’aime pas.

Geôle fasciste et homo érotisme

Que sait-on de Dublin et des irlandais? On sait qu’ils n’ont pas grand chose pour eux. Ils sont roux (et les roux n’ont pas d’âme je vous le rappelle), ils boivent du plâtre – pas de la bière, qu’en les entendant parler on se dit que les écossais articulent, il pleut tout le temps dans leur pays et EN PLUS ils ont désinformé toute la planète avec leur histoire de chute du mur de Dublin.
Blague à part, il a fait soleil toute la journée et dans notre geôle fasciste (comprendre chambre de B&B en sous-sol sans fenêtre à 6400€ la nuit – avec bonus toiles d’araignée, canalisations qui grincent et douches collectives à faire regretter ce qu’on peut trouver en festival) nous ne pouvons même pas en profiter.
Sinon Dublin, ça grouille de vie. Peut-être même un peu trop. Dès notre arrivée sur les coups de 8h du matin (heure locale – 9h pour vous autre continentaux), il y a des embouteillages partout – la ville est en travaux d’un bout à l’autre et les rues pas très larges n’aident pas. Le trajet depuis l’aéroport qui prend en théorie 30 minutes a duré dans les faits une bonne heure. A l’arrivée, comme il fait faim, nous décidons de prendre un second petit déjeuner. Nous nous trouvons donc un bouiboui répondant au doux nom de Stage Door Café, ridiculement petit, à la déco pour le moins incongrue (tendance homo érotique) mais à l’ambiance conviviale. Le service est cool et l’assiette bien garnie. Et en plus on nous a offert des sucettes – je m’en rends compte que dire ça après avoir parler d’ambiance homo érotique peut prêter à confusion * AHEM*

*ding dong* Oui? C’qui?

Sortie de là, nous partons en direction de la Christ Church Cathedral – encore une fois aucun lien avec la déco du resto. Vulgairement je dirais que c’est un bébé cathédrale, c’est tout petit, très anglais dans l’architecture et sympa quand il y a un rayon de soleil. Comme c’est l’heure de la messe, nous évitons soigneusement l’endroit nous rabattons sur le Dublin Castle qui se trouve à 5 minutes à pied.
Au lieu d’un château, nous retrouvons face à un palais de taille modeste MAIS nous voyons qu’il y a des ruines vikings inclus dans la visite du château donc nous voila embarquer dans la visite guidée. Visite plus sympathique au demeurant. C’est expliqué clairement et simplement,  comment était le château quand s’en était vraiment un (il ne reste plus qu’une tour), l’utilité actuelle du château, ses différentes utilisations par les vice rois d’Irlande, sa transformation en hôpital militaire en 1916 puis son utilisation comme bâtiment administratif depuis l’indépendance de l’Irlande en 1922 jusqu’à sa transformation en piège à touristes.
Nous irons ensuite faire un tour du côté de la Saint Patrick’s Cathedral. Enfin plutôt de son jardin, par principe je ne paie pas pour rentrer dans une église (ou autre lieu de culte). Je ne pourrai donc pas vous en dire grand chose. Comme nous aimons optimiser nos trajets, nous faisons un allé-retour inutile avant de nous décider à aller visiter une distillerie de whiskEy (le E a son importance). Celle de Teeling se trouve à 10 minutes de Saint Patrick.
La visite ne débutant qu’à 13h40, nous ferons une pause dans le resto adjacent. La visite… qu’en dire? Qu’avec une guide qui sort 340.000 mots/minutes et les conditions techniques ce fut compliqué à suivre. Dommage car ça avait tout pour être intéressant. Tout d’abord nous avons eu droit à un historique du whisky. Encore un truc découvert par hasard par des moines (comme le champagne). De là à dire qu’il a des alcooliques dans le clergé… Bref, ce qu’il faut retenir c’est que les irlandais on fait ajouter un E à whisky pour le différencier des autres producteurs de whisky, que l’industrie du whisky irlandais à couler dans les années 1920 à cause de la guerre d’indépendance et de la prohibition aux USA, que Teeling est la seule distillerie en activité dans Dublin et que bien entendu c’est le meilleur whiskEy d’Irlande – ce qui vu le nombre de récompenses affichées dans la boutique peut sembler envisageable. Nous passons ensuite dans une immense salle avec moult alambiques, cuves en cuivre/inox dans lesquelles le whisky est distillé. Il fait une chaleur infernale et là on commence à perdre le file de la visite car avec le bruit, on ne comprend absolument des explications de la guide. Ca s’améliore un peu dans la pièce suivante où elle nous explique que, comme pour la bière, le goût et la couleur du whisky dépende des fûts dans lesquels il vieillit. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre qu’il y a ici des tonneaux de calva et de Cabernet Sauvignon. Ha et la chose qui m’a vraiment marqué c’est l’explication de pourquoi le whisky de 30 ans d’âge est aussi cher – en dehors du fait qu’il ait 30 ans. C’est « tout simplement » parce qu’au bout de 30 ans, avec l’évaporation naturelle, le tonneau a perdu 70% de son contenu. Ca vous la coupe? Moi aussi. La visite se terminera bien entendu par une dégustation de la production local. Pour nous les clodos qui avons pris le tour le moins cher, un seul whisky a testé – suffisant pour moi. Pour les nantis, 3 whiskys différents. Après les explication d’usage sur comment bien déguster un whisky, la guide ira bichonner ceux qui ont plus chers (3 personnes sur les 30 du groupe). Du coup tout le monde a fini par se barrer parce que faire le pied de grue en attendant qu’elle se souvienne qu’on existe… Moralité, tout a du potentiel mais les conditions ne sont pas vraiment optimales pour profiter du truc. Trop de bruit, trop de monde et un peu trop d’auto-satisfaction. Et non, nous n’aimons toujours pas le whisky – avec ou sans E.

Après tout ça, nous prenons ENFIN la direction de notre B&B qui est bien entendu à l’autre bout de la ville. C’est avec bonheur et délectation que nous posons les sacs à dos dans la geôle fasciste qui nous servira de résidence pour les 3 prochaines nuits.
Nous ressortirons pour dîner du côté de Temple Bar, quartier ultra animé avec 12 millions de pubs et à peu près autant de touristes. Ne trouvant aucun lieu qui nous branche, retour tranquilou vers le B&B. Nous hésiterons un moment devant un concert pas cher à 10 minutes de notre geôle mais la fatigue prenant le dessus, go douche et surtout go dodo. Petite journée de 18h.