Normandie – jour 2

« La meilleure façon de résiser à la tentation c’est d’y céder » – Oscar Wylde
Ca marche aussi avec les envies de meurtre de masse? Dire que j’étais bien chaud pour un génocide aujourd’hui est un doux euphémisme.
Donc au menu: des cimetières, du racket, des cons,des falaises, des culs bénis, des planches et capitaine tortue.  Mais pas forcément dans cet ordre.

Sur la route des cimetières

Réveil au chant du coq ce matin vers 4h30… pour un levé effectif autour de 8h30. Enfin quand je dis réveil à 4h30, je parle pour moi, marmotine a ronflé jusqu’à ce le réveil sonne. Direction le peti déj’ dans la maison d’hôte qui nous héberge. Nous devons traverser la cour car notre chambre est dans une annexe. C’est dans une ferme, c’est sans prétention, moins châleureux que celui de Blois en novembre dernier mais ça fait ce que a à faire. Les hôtes sont simples et font tourner leur ferme comme ils peuvent apparement. Côté petit déj’ c’est simple aussi mais c’est efficace. Une fois cette formalité effectué, direction Saint Désir pour les cimétières allemand et britanique.
Bon là du coup, c’est carrément moins ostentatoire que le cimetière ‘ricain. Pour ce qui est du cimetière allemand, il abrite 3000 soldats sur 10 fois moins de surface que celui d’Omaha Beach. On a une croix pour 4 soldats là où chaque G.I. a la sienne. De même, les croix sont dans une pierre moins noble que le marbre US. Bref ça pue la défaite et ça donne un peu la sensation qu’ils ont pu s’estimer heureux d’avoir droit à un carré de pelouse pour enterrer leurs morts. Et pour l’alignement des tombes bas quand y’a plus de place: OSEF!
Dans le genre contraste, on fait 30 mètres et on débarque dans le cimetière britanique. Pelouse au cordeau tondue à ras. Pierre tombale blanche à l’alignement parfait avec l’insigne du régiment, le nom et l’âge du soldat ainsi que son pays d’origine (car il y a quelques canadiens, australiens et irlandais), avec en prime de jolis arbres en fleurs.
Tout ça pour dire que c’est très différent du cimetière US mais que ça mérite tout autant le détour. Et surtout on peut en profiter au calme car nous y étions seuls pendant la demi heure où nous y sommes restés.

Sur la route des culs bénis

Ensuite go Lisieux pour y voir cathédrale et basilique. Comme nous sommes le dimanche de Pâques, les 2 sont pleines. Marrant de voir que de l’une à l’autre ce n’est pas la même population. La cathédrale accueille les vieux, la basilique les familles et les jeunes. Par contre à l’entrée ce sont toujorus les roms qui font la manche. Architecturalement, elles sont aussi différentes. La première est plus ancienne, asymétrique au niveau des tours et totalement dans son jus à l’intérieur. L’autre datant du début du 20ème siècle fait plus art déco aussi bien dehors que dedans. C’est assez particulier et pas forcémenttrès heureux. Si vous posez la question à Aurélie elle vous dira qu’elle préfère la basilique avec son intérieur en mosaïque, perso, bien qu’étant le mec qui ne jure que par les trucs symétriques, la symétrie de la basilique me sort par les yeux et pour le coup je préfère la cathédrale.
A noter que c’est Aurélie qui nous a drivé toute la matinée, avec en prime un créneau de classe mondial dans les rues de Lisieux. C’est aussi elle qui nous a ramené de Caen ce soir. Une vraie pilote.

Sur la route des planches… du racket et des cons

Ensuite nous décidons d’aller faire un tour à Deauville. Aurélie connaît un peu, moi pas. C’est l’occason d’aller voir les fameuses planches et de tenter de comprendre l’attrait que peu avoir cet ville sur une certaines catégories de population.
Après un petit bout de route nous arrivons enfin. Bien entendu le centre ville est noir de monde et c’est ingarable. Nous finirons par arnaquer une place sur le port avant d’aller voir les planches. Bon ben les planches j’ai envie de dire « tout ça pour ça ». C’est sympa sans plus. Le seul attrait du lieu se sont les cabines avec les noms de stars ou pseudo stars de cinéma. Mon égo s’enorgueillit d’avoir reconnu environ 80% des noms présents. Voila sinon Deauville ça a juste l’air d’être une grosse ville de poseurs où l’on vient pour se montrer et/ou montrer qu’on a du pognon. En témoigne la Porsche 918 à 600.000€ garée à l’arrière du 5 étoiles Barrière.
Retour à la voiture et en route pour Honfleur où nous avions dans l’idée de déjeuner malgré l’heure qui commençait à tourner. Bon alors déjà ce bled est un enfer pour circuler. Donc vous imaginez bien que s’y garer est encore pire. Mais si il n’y avait que ça. Non seulement tous les parkings sont payant mais en plus, c’est payant tous les jours (même le dimanche et les jours fériés) et le tarif est unique quelque soit la durée de stationnement. Niveau « fils de puterie » ça se pose là. Mais le must, c’est que les agents de la marie relèvent les plaques de ceux qui pensent passer à ravers les mailles du filet pour leur envoyer la douloureuse. Un dimanche. Putain de gangsters. Si il n’y avait que ça dans ce bled à la con. Les restaurateurs aussi en tiennent une couche. Passer 14h, on ne sert plus! Genre ton pognon tu te le gardes on en n’a pas besoin. « Ha mais faut arriver plus tôt » qu’ils osent dire. Ouais pardon je ferai mon planning en fonction de toi la prochaine fois! Péquenaud. C’est peu de dire que j’étais de fort bonne humeur et que le premier qui faisait un truc de travers je le foutais en orbite basse autour de Saturne à coup de pompes dans le fondement. Ca ou un massacre en bonne et due forme.
Dans tout ça on en oublierait presque que la ville est jolie. Les vieilles maisons sont sympas et l’église mérite le détour. J’avais trouvé qu’il y avait du monde à Deauville, là c’était 10 fois pire. Je n’ose imaginer comment c’est l’été. Là j’avais déjà tellement envie de trucider tout le monde qu’en plein mois d’août je sortai la bombe à neutron. Sinon nous avons trouvé un endroit pour grignoter. Sans être fou c’était mignon. Première fois de ma vie que je mange une gauffre avec du reblochon, du jambon de pays et une salade avec des pommes. Je retenterai volontiers mais avec plus de reblochon sur la gauffre. Comment ça « gros »?

Sur la route de la falaise et du racket routier

Honfleur a eu sur Aurélie comme sur moi une fâcheuse tendance à nous sortir par les yeux pour toutes les raisons évoquées plus haut. Une fois le ventre plein, nous décidons de dégager les lieux pour filer vers Etretat et ses falaises. Bon jusque là, rien de fou, nous faisons la route tranquilou et nous retrouvons à prendre le pont de Normandie et découvrons l’estuaire de la Seine. Je ne l’avais jamais vu non plus, tout comme Etretat d’ailleurs – beaucoup de première fois aujourd’hui. Une chose dont je suis sûr, c’est moche. Le Havre et sa raffinerie c’est de toute beauté dans le paysage. Et à la sortie du pont de Normandie Ô surprise: un putain de péage. Un de plus dans cette région où on aime vraisemblablement faire casquer les automobilistes puisqu’il y en a un pratiquement tous les 40 kilomètres. Pourtant ils n’ont pas l’air dans le besoin des normands, ils roulent tous en allemandes! Sinon la route jusqu’à Etretat est d’un ennui profond. Et que dire de l’arrivée dans le bled? Un peuple infini, des bagnoles partout, un parking gratuit à 25 minutes du centre (la bonne blague). Du coup je tente un pif en direction du centre et finit par trouver un parking – payant comme il se doit – mais pas trop loin des falaises. Comme de bien entendu, le tarif sera une sodomie à sec avec verre pilé, gravillons et du sable pour faire glisser. Encore plus cher qu’à Honfleur pour moitié moins de temps. La Normandie cette région de mafieux! Et après des potes me demandent pourquoi nous sommes toujours à l’étranger et pas en France…
En terme de foule, Etretat se sera la mouche au sommet du gâteau à la merde. Ca dégueulait littéralement de monde. Aussi bien dans les rues de la ville – dont je suis bien incapable de dire si elle a du charme ou pas, vu de loin ça semble être le cas – que sur les falaises, c’était bondé. Des mômes qui hurlent, des ados cons comme des manches, des familles de cassos qui « vont à la mer », Kylian et Kevina qui se prennent en photo dans tous les 10 mètres et Jean-Mouloud dont c’est la sortie annuelle et qui prend des risques incensés pour un selfie en bord de falaise, du grand n’importe quoi. J’en étais presque à espérer qu’il y en ait un qui finisse  contrebas pour qu’ils comprennent que c’est dangereux. Et on est tellement occupé à gérer la foule qu’on en oublie presque la beauté du lieu. Parce que ces arches de calcaire, ça reste quand même assez unique et impressionnant à voir mais je n’ai pas vraiment eu la sensation d’en profiter tant le monde est oppressant et donne la sensation d’être dans une espèce de « supermarché » du paysage où il faut être venu et avoir telle photo etc. Je me mets à un endroit avec mon appareil, paf! 3 personnes surgissent et braque le leur dans la même direction. Je prendrai en photo des crottes de lapins qu’il y en aurait bien un qui trouverait moyen de se mettre devant.
Est-ce que j’ai eu envie d’en pousser certains du haut de la falaise? Non, pas le genre de la maison…

Le bouquet final

Et comme si ça ne suffisait pas. Quand on arrive enfin à s’extirper du lieu et à reprendre la route, on se rend compte que l’heure à tourner et que pour le pont de Tancarville c’est foutu. Du coup, la sage décision afin de trouver un endroit pour dîner un dimanche de Pâques c’est de repartir sur Caen. Nous voila donc parti pour Caen et là sur la route… capitaine tortue! Hier nous avions déjà eu droit aux 3 vieilles dans leur Dacia Lodgy qui roulait à 50 sur des routes il était impossible de doubler. Aujourd’hui capitain tortue c’était le vieux beau dans son coupé Mercedes qui sortait bobonne et qui roulait en mode « rien à foutre des autres ». L’enfer sur 20 kilomètres. Coincé derrière. Le mec rentre dans les zone 30 à 30 à l’heure et trouve encore moyen de freiner. Je rêve du jour où j’ai une voiture qui avoine pour dépasser ces mecs là avec éventuellement 2 gatlings sur le capot pour les  dézinguer.
Histoire de parachever le tout, on repasse encore à la caisse avec ces cochonneries de péage et quand on arrive à Caen, c’est une ville fantôme qui nous attend. Je trouvais déjà l’endroit mortel hier, aujourd’hui c’est l’angoisse absolue. Au moins c’est facile pour se garer. Nous revenons pas loin du resto d’hier et trouvons un vietnamien d’ouvert et qui par miracle n’est pas complet. Oui parce que visiblement pour dîner le soir en province il faut systématiquement réservé ou aller au McDo. L’idée de nous jeter dans le premier resto venu est la bonne, en à peine 10 minutes il est plein et finit par refuser du monde. Le bo bun fera l’affaire mais ne remplira qu’en partie sa mission parce que là j’avoue que j’ai un peu faim.
Aurélie prendra le volant pour nous ramener (mais là je crois que je radote) et bien entendu elle dort pendant que je crache mon venin. Au moins en arrivant, le chat de la maison, vénérable animal aux 20 printemps, est venu quémander des mamours. Ne jamais sous estimer le pouvoir « zénifiant » du greffier.

Moralité la Normandie c’est joli mais c’est une abomination tarifaire. Entre les péages et les parkings c’est du racket pur et simple. Les restos… bon… comment dire? Je ne veux pas faire mon parigo condescendant mais les pécores va falloir qu’ils découvrent le service continu – et ça ne vaut pas que pour la Normandie. Enfin en ce qui me concerne, les lieux touristiques en France c’est terminé ou alors hors saison. Je ne supporte définitivement plus mes concitoyens.
Sinon je suis content de mon week-end.

Bonus time: les photos de village à la fin sont celles de Beuvron-en-Auge faites le dimanche matin sur le trajet du retour.