Bourgogne – Jour 2

Aujourd’hui ça monte des côtes, ça descend des bouteilles, ça négocie du pif et la moule magique des places de parking opère une nouvelle fois. Coïncidence? Je ne crois pas.

A la Beaune heure

Réveil au son du clairon aux petites heures du jour avec le dos endolorit, la faute a ce foutu matelas d’un autre âge. Bien entendu, quand notre hôte nous demandera si nous avons bien dormi, nous répondrons unanimement oui, histoire de ne pas contrarier la mère Michèle. Cette dernière nous enfermera d’ailleurs dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Genre nous sommes puni, forcé de débuter la journée avec une soupière en forme de poisson d’un goût exquis poser sur un vaisselier à peine moins moche.
Le frugal petit déjeuner englouti, direction Bouilland avec un D comme Duss à une trentaine de kilomètre de là pour la rando du jour. Ma guide perso m’annonce 10 kilomètres à parcourir et 375 mètres de déniveler positif. Ca promet, d’autant qu’il est déjà 9h10 et que nous sommes attendu pour 13h à quelques kilomètres de là pour déjeuner.  Cette rando sera l’occasion pour moi de tester mes nouvelles chaussures de randonnée à 3000 euros. Souvenez-vous que j’ai dû me séparer de la précédente paire suite au fiasco hawaïen *ahem*
Donc la rando commence par une montée de type violente car le chemin, raide comme il se doit, nous amène tout droit au sommet de la falaise de calcaire surplombant Bouilland. A vue de nez je dirais que nous sommes montés de pas loin de 100 mètres et que la falaise de calcaire doit faire dans les 45/50 mètres de haut. Falaise que nous longerons sur quelques centaines de mètre avant de redescendre dans la vallée pour grimper le versant d’en face. Pour info la descente fut 100 fois pire que la montée. La montée sur l’autre versant fut elle aussi éprouvante mais pour d’autres raisons: goudron + soleil. En effet, il était à peine 10 heures mais le soleil tapait déjà bien comme il faut et marcher sur une petite route sans ombre, c’est hard. La montée ne payait pas de mine mais quand nous avons retrouver du plat, nous avons eu l’impression d’être des Formule 1. Nous passerons devant les ruines d’un abbaye avant de nous enfoncer dans un petit sous bois et de finir par revenir à notre point de départ après avoir éviter moult chardons, orties et ronciers ainsi que quelques taons qui ont tenté et parfois réussi à nous piquer. Enfin surtout moi.
Pour la petite histoire nous avons bouclé nos 10km en 2h25 avec 2 micros pause pour boire un coup. La rando est vendue pour faire 3h.

Un taon pour tout

Après l’effort, le réconfort. Direction Aloxe-Corton, petit bled mondialement connu pour sortir quelques uns des meilleurs vins de Bourgogne.
Par je ne sais quel miracle, Aurélie a déniché un domaine qui fait table d’hôte et propose une dégustation de vins avec un repas mettant en valeur les vins maison – logique me direz-vous. Etant un poil en avance, nous ferons un détour par Pernan Vergeles, autre trou paumé fournisseur de vins qui déboîtent (un gars du coin deal du rouge à mes parents mais je ne vous ai rien dit).
Trajet dans le sens inverse au milieu des vignes productrices des Grands Crus, placement adéquat de l’automobile  l’ombre sur le parking de l’église et go manger.

Notre serveur/sommelier nous installe dans une salle à manger avec 4 tables, des américains ont déjà bien attaqué le repas dans un coin. Anthony, le serveur/sommelier, nous présente le domaine et nous explique ce que nous allons boire et manger.
Le menu se compose d’un jambon persillé accompagné d’un verre de Bourgogne Auguste – un vin dit Régional. Pour mémoire en Bourgogne il y a 4 appellations: Régional, Communales, Premier Cru et Grands Crus, les Grands Crus étant le top du top. Ensuite une boeuf bourguignon et son gratin dauphinois avec un verre de Communale et enfin une assiette de fromages avec un verre de Premier Cru. Voila ça c’est pour la théorie car en pratique, si nous avons bien eu droit à notre verre de Régional – qui c’est avéré prendre une ampleur insoupçonnée avec le jambon, notre sommelier est venu nous voir en nous disant « j’ai des bouteilles de Premiers Crus d’ouvertes, est-ce que ça vous intéresse d’avoir ce vin plutôt que celui qui est normalement prévu? » Comment? Un surclassement? Il n’a pas fallu nous le dire 2 fois. Je dois cependant préciser qu’un groupe d’asiatiques est arrivé et qu’eux ont pris le menu le plus cher avec 8 vins – contre 3 pour nous, ceci expliquant sans doute cela. Et nous voici donc avec notre verre de Premier Cru pour accompagner le boeuf bourguignon et le gratin. Il va ans dire que l’un comme l’autre étaient assez génial. Là-dessus, notre garçon revient, nous demande si tout va bien et, après avoir regarder les étiquettes, je lui demande si le cépage est bien du pinot noir. Il me répond que oui, là-dessus je lui dis que j’en ai ramené de l’étranger mais qu’il n’avait rien à voir niveau goût. Il me demande d’où – réponse: Nouvelle-Zélande. Et là, le mot magique! « Ho j’y suis allé aussi! » qu’il me répond. Après quelques échanges sur le sujet, il nous regarde et nous dit qu’il va nous faire une petite surprise avec le fromage. OK. Le fromage arrive, et là où normalement nous aurions dû avoir un autre verre de Premier Cru, le voila qui se ramène avec une bouteille de Grand Cru – et pas n’importe quoi: un Corton en Charlemagne 2001.

[Début de la minute prof]
Il existe 2 types de Corton. Le Corton rouge qui comme son nom l’indique est un vin rouge. Et le Corton Charlemagne qui est un vin blanc. Le Charlemagne est un vin exclusivement blanc. Sauf que là nous avons un rouge qui s’appelle Charlemagne.  Il s’agit en fait d’une idée du propriétaire du domaine: planter du Corton rouge au milieu des vignes de Corton Charlemagne d’où le nom Corton en Charlemagne. C’est le seul à le faire.
[/Fin de la minute prof]
Inutile de vous dire nous avons apprécié aussi bien l’attention que le verre.

Après ce copieux repas, nous visiterons le domaine, toujours en compagnie de notre nouveau meilleur copain du jour. Petit tour dans les vignes puis dans la cave privée du patron. J’aime bien l’odeur de ces vieilles caves, d’autant que celle-là date du 13ème siècle si ma mémoire est bonne. Au détour d’un casier à bouteille nous croiserons un Nabuchodonosor – un des plus gros contenant pour le vin (autour de 15 litres/bouteille). Un vrai monstre.

Vieilles pierres et mongolos

S’en suivra un retour à la voiture au ralenti, non seulement parce qu’il fait chaud mais que nous sommes bien calés gastriquement parlant.
Nous mettrons ensuite le cap vers la Rochepot, connu pour… son château. Lui aussi était dans La Grande Vadrouille paraît-il. Bref. En chemin nous passerons par Melin et Baubigny qui, contrairement à leurs homonymes parisiens, sont bien plus bucoliques. Une fois au pied du château, nous sommes surpris par le monde, des voitures garées partout et il semble que se garer va être une galère. Après un premier tour infructueux, je tente un demi-tour dans un champ en prenant soin de drifter sur 10 centimètres, retour sur la route et là… Pépé et Mémé et qui montent dans leur Scénic et nous laisse une place à l’ombre.

Une petite centaine de mètres plus loin se trouve le château sur une sorte d’éperon rocheux. Devant c’est très agité car il semble qu’il y ait une sorte de reconstitution médiévale. Niveau réalisme des tenues, on doit être quelques part entre les Tortues Ninja et le Seigneur des Anneaux.
Quant au château… HAAA BAH VOILA! Ca c’est un château! Un pont levis, des murs bien épais, des tours rondes avec des meurtrières pour dégommer du pécores, des mâchicoulis pour pisser sur le mec en dessous, là on discute. C’est autre chose que les trucs de fillettes le long de la Loire. HA on me dit dans l’oreillette que c’est une autre genre de château. Passons. Le truc, c’est qu’en plus celui là est beau. Avec son petit jardin intérieur, ses toits colorés, ses grandes pièces à vivre, il a du chien. Et en plus il est à échelle humaine. Pas trop grand mais pas étouffant non plus. Un chouette petit château, bien exposé, avec en plus une jolie vue. Nous repartirons tranquillement après notre visite au milieu de tous les noeunoeuds du coin, abrutis au point de s’asseoir sur le mobilier d’époque ou bien de gueuler sur Kilian pour qu’il arrête de mettre les doigts dans les yeux d’Enzo qui lui-même tire les cheveux Kevin. OS COURT!
De retour à notre petit moulin, nous terminerons notre week-end au calme. Aurélie côté terrasse avec son bouquin, moi côté jardin avec mon appareil photo à chasser les grenouilles, les libellules… et les bergers australiens.