Cracovie – Jour 2

Qu’est-ce qui est long, dur et qu’une jeune mariée polonaise reçoit le jour de ses noces ?
Un nouveau nom de famille pardi!
Je ne sais pas à quoi vous pensiez mais calmez-vous.

Comme cela nous est déjà parfois arrivé, aujourd’hui il a fallu improviser et composer avec la faune locale, pour le meilleur et pour le pire. Et nous avons commencé par le pire.

135 mètres (CMB)

Après une nuit que nous qualifierons pudiquement de passable, et ce malgré notre strat’ de gitan (je vous renvoie à la galerie pour une photo de notre bricolage), direction le petit déjeuner. Enfin avant ça il a fallu sortir de notre torpeur. Mon rideau-couette a fait son office tant qu’il faisait nuit mais comme il faisait grand jour à 5 heures du matin et que j’ai dû fermer la fenêtre autour de minuit pour diminuer le bruit, nous avons cuit dans la chambre. Ha ça l’hôtel est bien placé mais il n’a que ça pour lui. Le reste est au mieux passable, comme le petit déj’, mais ce n’était que l’échauffement pour la suite.

Ce matin, direction la mine de sel de Wieliczka à quelque kilomètres au sud de Cracovie. Nous avons réservé pour la visite du 8h30. Le temps d’y aller nous arrivons sur place à 8h25, là on nous explique que nous devons changer notre reçu internet contre de tickets à un guichet quelques mètre plus loin. Seulement voila, personne au guichet et file d’attente importante. Finalement nous avons nos tickets mais le tour de 8h30 est parti. Aurélie monte dans les tours et les locaux en charge du truc sont au mieux indifférent à notre problème au pire désagréable (oui c’est de toi que je parle sale blondasse – tu la portes sur la gueule ta connerie). Renseignement pris, on nous assure que nous pourrons passer avec le groupe de 9h. Sauf qu’une fois dans la file, la dite blondasse nous recale au prétexte que nous avons des tickets pour 8h30, que les gens avec des tickets pour 9h sont prioritaires et que nous passerons avec eux si il reste de la place. Si chaque tour est complet, on peut revenir demain. BREF. La blondasse nous fait passer en dernier après nous avoir fait mariner – sans doute la petite chérie n’a pas apprécié qu’on lui fasse remarquer que c’est à cause d’eux que nous avons manqué notre horaire. Passons.
C’est parti pour la descente d’un escalier interminable qui nous conduira 65 mètres sous terre. Je vous aurais bien explique l’historique du lieu, seulement le récepteur que l’on m’a donné pour écouter la guide était défectueux donc j’avais l’image mais pas le son. Quant à Aurélie, son récepteur fonctionnait par intermittence. Les contrariétés s’accumulent gentiment. Je vous ai dit que la guide se foutait complètement de son groupe? Elle débitait son bordel sans vérifier si tout le monde suivait ou pas et c’est la guide du groupe suivant (d’une amabilité rare elle aussi) qui nous virait des salles parce que ça n’allait pas assez vite *ZEN*
Donc la mine de sel, de ce que j’en sais, à contribuer en partie à la richesse de Cracovie car dernière est très ancienne. Nous sommes passés dans des salles vieilles de plusieurs siècles. Après l’endroit est tellement structuré pour le tourisme de masse (entre l’église et la salle de banquet on en oublie que l’on se trouve sous terre), il n’y a plus grand chose d’authentique là au fond. Tout est archi balisé, protégé de façon à réduire les risques aux maximum. On serpente dans les 2 kilomètres de galeries aménagées (sur les 200 que comptent la mine) en regardant là où on nous dit de regarder. Les groupes se suivent à 2/3 minutes d’intervalles et les mises en scène font qu’on se croirait chez Mickey à faire la queue pour le train de la mine. Ceci étant dit, une fois qu’on se rappelle que l’on se trouve au maximum de la visite à 135 mètres sous la surface, on se dit que ce que l’on voit est prodigieux. L’immensité de certaines salles, la finesse de certaines sculptures, c’est impressionnant – bien que la statue de Jean-Paul II fasse plus penser à l’Empereur de Star Wars qu’autre chose.
Cependant le point culminant de la visite – si j’ose dire – c’est la remontée. On nous fait prendre place dans des ascenseurs ayant servi pour l’exploitation de la mine. Une vrai truc de mineur, exigu, claustrophobique, bringuebalant, pas stable en apparence. Une petite quarantaine de seconde d’angoisse pour moi. Des fous rires pour les autres. Que j’étais content de sortir de cette boîte.
Au final, nous avons fait notre visite mais le côté Disneyland de l’endroit est fort déplaisant. Tout est fait à la chaîne et une fois que vous avez payez votre ticket, vous juste un mouton que l’on déplace en troupeau sans grande considération. Le niveau de mesquinerie est tel qu’on fait payer le droit de prendre des photos… sauf si vous les faites avec votre téléphone. Ceci étant dit, les mecs ont réussi à rendre une mine de sel sexy auprès des touristes et à en faire une curiosité, limite un incontournable, dans les choses à voir à Cracovie et pour ça, chapeau.

La séquence David Vincent

Aurélie avait fait un peu de repérage avant le départ. Elle avait trouvé un endroit avec des friches industrielles valant le détour. Oui mais voila, malgré 2 applications GPS, Google, la 4G, un sens de l’orientation affûté et l’estomac qui gargouille: nous nous sommes retrouvés au milieu de nulle part en pleine campagne avec pour seul compagnon un pépé à béret sur un vélo datant du communisme.
Après une heure de persévérance, nous abdiquons et décidons d’aller au point de rendez-vous du loueur de voiture pour rendre cette dernière. Même si le rendez-vous n’est que 4h plus tard. Nous voici donc en route pour l’immense centre commercial jouxtant la gare centrale de Cracovie. J’aime autant vous dire que trouver l’entrée du parking de ce putain de centre commercial n’est pas une sinécure. Entre les travaux, les panneaux pas clairs, le GPS et les polonais, ce fut tendu. Ceci étant dit, le loueur nous avait prévenu que c’était galère. Une fois la voiture garée, petit détour chez Carefour pour acheter de l’eau et constater que plus du tiers de la surface du supermarché correspond au rayon alcool. Ca plus les magasins spécialisés dans les spiritueux à presque tous les coins de rue et quelques épaves échouées sur des bancs: non ce n’est pas une légende ici ça picole en mode hardcore. Nous déambulerons dans les rues de la vieille ville, passerons (par hasard) devant l’ancienne paroisse d’un cureton nommé Jean-Paul, irons traînasser dans l’ancien quartier juif – un peu à l’écart de la masse des touristes, passerons la Vistule sur une passerelle aux sculptures étranges, irons voir une château dont j’ignore le nom puis reviendrons à l’hôtel pour une pause bien méritée.

*je vous jure que si je pouvais lancer quelque chose sur le mec qui reprend du Jeff Buckley comme un merde sous notre fenêtre je le ferais – la nuit va être compliquée*

Retour au centre commercial pour rendre la Polish Mobile. C’est bien la première fois que je loue une voiture et que l’agence en question n’a ni bureau à l’aéroport ni à la gare centrale et qu’on doit prendre rendez-vous par téléphone pour se retrouver dans un parking de centre commercial. Bref, il a récupéré sa caisse et nous notre liberté.
Comme la faim se fait sentir, nous trouvons un troquet à l’écart de la masse des touristes. J’opte pour un pavé de boeuf mariné au Cognac tendit qu’en face Aurélie part sur une salade. Elle arrose le tout d’un cocktail maison tandis que je reste sur la bière locale qui sans être folle se laisse boire tant qu’elle est fraîche. Le repas est excellent et l’addition aussi. Miroslav a oublié de compter le cocktail, nous prenons donc nos petits affaires et dégageons en vitesse après avoir manger comme des rois pour 24€.
Aurélie décide que nous allons boire une dernier verre dans un bar qu’elle a repéré. Ce sera donc la House Of Beer. Le choix de bière est complètement fifou donc nous irons au pif chacun sur une pression. Nous nous trouverons ensuite un coin tranquille dans le bar, une petite salle avec canapé et fauteuils rien que pour nous. 3€ la pinte je vous le rappelle.

Voila, demain retour en France. Que dire? Que malgré le monde, Cracovie est une ville propre (depuis la fenêtre de la chambre j’en ai compté 19 dans mon champ de vision), qu’elle grouille de touristes, qu’elle a parfois de faux airs de Berlin ou Prague, que pour nous français c’est tout à fait abordable vu le coût de la vie ici et ce même dans les pièges à touristes et que je ne sais toujours pas si les polonais sont réservés ou bien en train d’essayer de me la faire à l’envers. De le à dire que Cracovie c’est craqué, il y a un pas mais c’est assez sympa.

Epilogue

Donc ce matin, il a fallu quitter – à regret (ou pas) – ce magnifique hôtel. Le petit déj’ fut déjà une épreuve en soit puisque si on n’arrive pas pile au début, on n’a plus rien à manger. C’est vrai que c’est beaucoup demander que de remettre du pain/des viennoiseries à dispo. Aurélie est donc aller déranger « la réceptionniste » qui a du interrompre son visionnage de vidéo de chatons pour daigner nous remettre du pain. Sans parler du café qui entre directement dans le top 2 des pires trucs caféinés que j’ai pu boire. Et ensuite il a fallu payer. Donc bizarrement, la machine pour les cartes de crédit qui fonctionnait parfaitement la veille est en panne ce matin – soit ça peut arriver. Mais la mauvaise foi/volonté de la connasse réceptionniste à ne pas vouloir comprendre nos réclamations sur le moyen de paiement plus nos remarques sur la qualité du service (sa nullité en réalité) ont fait un poil monter le ton. Si bien que nous nous sommes venus vu menacer d’avoir à faire à la sécurité si nous refusions de payer. La connasse réceptionniste a fini par baisser d’un ton quand elle a vu que visiblement son bluff ne prenait pas et que je lui ai fait remarquer que le problème n’était pas de payer mais la qualité de la prestation et le fait nous forcer la main sur le paiement. Bref, nous sommes allés chercher du cash, avons réglé et dégagé le terrain avant de devenir vraiment mauvais. Pire hôtel dans lequel j’ai mis les pieds.
S’en suit l’épisode de la gare.
Déjà il a fallu trouver une machine pour les tickets, ça, ça va. Par contre se retrouver derrière un incompétent notoire qui réussi le tour de force de faire planter la machine, ça c’est pour moi c’est cadeau. Donc le gars n’a pas réussi à avoir ses tickets, les gens voyant la machine plantée s’en vont, j’attends qu’elle redémarre et je prends mes 2 tickets sans aucun problème. Voila voila… Et enfin pour finir en beauté: l’épreuve du train. Si on en croit la signalisation en gare, tous les trains pour l’aéroport partent du quai 3. Sauf que les panneaux indiquent qu’il part du quai 1. Direction le quai 1 où rien n’est indiqué. Donc dans le doute direction le quai 3 car il y a plein de gens avec des valises. Sur le quai 3, le train est affiché au quai 1. Donc retour sur le quai 1 où le train a disparu du tableau d’affichage. Voyant que l’heure du départ se rapproche, retour en catastrophe sur le quai 3 pour voir que le train est réapparu, qu’il sera bien quai 3 et en retard de 10 minutes. Les trains en Pologne ça fonctionnait mieux du temps où c’était géré par les allemands. Je dis ça je dis rien. BREF, le train arrive, nous trouvons nos places, la gentille contrôleuse valide nos tickets et roule poupoule. C’est propre, confortable, climatisé  et pourvu du wifi – je vais radoter mais il n’y a qu’en France que tout ça semble être une prouesse. Passons. Comme par hasard, nous tombons à côté de français dont les gosses sont agités et font un bruit infernal. Chance que nous les retrouvions dans l’avion avec nous? 100%.
Ajoutez à cela 45 minutes de retard sur le vol de retour. Merci EasyJet.