Roumanie – Jour 1

6h30 – quelque part dans le quatorzième arrondissement de Paris, un réveil sonne. Les lattes d’un canapé lit craquent tandis que je me décolle les paupières au pied biche, comme à chaque départ en vacances/voyage, je n’ai pas mon quota de sommeil. Un déficit que je ne comblerais jamais.

Quand faut y aller…

Un café quadruple dose et un brossage de dents plus tard, nous sautons dans la voiture pour aller récupérer Aurélie et partir pour Roissy. Certes l’avion n’est pas qu’à 12h25 mais c’est lundi et rentrée de classes. La prudence est donc de mise. Nous sommes d’ailleurs tellement prudent qu’à 9h, on nous a déjà abandonné à la « dépose minutes » du hall E de Roissy.
L’enregistrement des valises est une simple formalité (au sens littéral du terme). Ca donne d’ailleurs l’impression d’être au supermarché, on automatise tout. On scanne soit-même sa valise, on la pèse tout seul et dieu merci, on a également toujours le privilège de se faire un tour de reins en la mettant sur le tapis roulant.  On a l’impression de gagner du temps tellement le processus est fluide mais ce gain est-il réel? Sans doute, pour peu qu’on soit compétent avec la technologie. Certains ont du mal avec un simple scan de passeport. Réduction des coûts pour les compagnies? A coup sûr. Idem lors du passage de la police pour entrée en zone internationale. Jean-Moundir m’aborde en me demandant si j’ai un passeport biométrique et si je suis majeur (SERIOUSLY?): oui. « Ha ben ne vous embêtez pas à faire la queue! Allez directement aux portiques » dit-il en pointant du doigt des lumières à quelques mètres de là. Là aussi on automatise les contrôles de police, pour peu qu’on ait un passeport biométrique ET de l’Union Européenne. La suissesse devant nous en sera quitte pour un nouveau tour de zig zag (à vue de nez une grosse demi-heure) avec les gueux non européens. Mais comme nous sommes en France, sur les 5 portiques, 3 seulement sont fonctionnels et 2 sont bloqués par des incompétents de la technologie. Gérard, on te dit de scanner ton passeport et si la porte s’ouvre, tu rentres dans le sas et tu poses tes doigts sur la lumière rouge. Plus simple c’est compliqué. Bah non. Si Aurélie passe comme une fleur, j’aurai droit à un plantage de l’application Windows de scan des passeports. Au troisième essai, sésame c’est ouvert. Gain de temps? Non négligeable certes mais matériel à améliorer.

Roissy, vitrine de la France

Une fois passée l’épreuve de la police, il faut encore passer les rayons X. Pas de file d’attente infinie, ça va vite. Tellement vite que tu vois tes affaires se barrer sur le tapis roulant avant que tu n’aies pu les récupérer. Et comme la chose est bien conçue, la sortie des contrôles amènent directement face une palissade en bois masquant des travaux et rendant bien entendu la sortie compliquée pour peu qu’on soit charger.
Quant au hall E de Roissy, il est crade. Des miettes partout, des moineaux qui virevoltent dans l’aérogare en quête de nourriture et des gens en charge du nettoyage qui passent plus de temps à tailler le bout de gras qu’à passer l’aspi. Les toilettes ressemblent à une zone de guerre et les fontaines à eau n’ont de fontaine que le nom. Pour tuer le temps, on passe en revue les différentes portes d’embarquement pour voir les destinations exotiques qui sont au départ: Ouagadougou, Bamako, Rabat, Kiev – attention il y a un intrus. Pour l’exotisme on repassera.
Nous nous posons devant la porte L25, le vol pour Bucarest est indiqué là. Bon… Je fais le tour des lieux. Kilyan, Jason et Matteo squattent les PS4 mises à disposition pour lobotomiser sur un jeu de foot. Dans un élan de lucidité, je regarde l’écran des départs. HA tiens, il y a 2 vols pour Bucarest à 5 minutes d’intervalle et à 2 portes d’écart. Brillante idée que cette programmation. Bien entendu, nous ne sommes pas devant la bonne porte *soupir*
Finalement j’ai droit à ma partie de Playstation. Je prends un jeu au pif, je mets le mode Hard (je suis un tatoué moi! Même pas peur) et je roule sur le niveau de démo du jeu comme si j’y avais déjà passer des heures. Aurélie hallucine *haha je savais qu’un jour j’arriverai à pécho grâce à une Playstation!*
Nous embarquons.

L’avion du nawak

Le 737 de la Tarom (compagnie nationale roumaine) doit dater de 1927 tellement il est daté (oui c’est cliché et pourtant…) mais pour 2h30 de vol ça ira. De toute façon ça ne peut pas être pire qu’Easy Jet. BREF. Il fait une chaleur infernale dans cet avion. Nous nous posons à nos places tranquillement, jusque là tout va bien. Le vol n’étant pas plein, le voisin d’Aurélie décide de changer de rangée. Soit. Ca commence doucement à partir en quenouille quand en phase de roulage, un mec se lève, ouvre son casier et descend sa valise à la fraîche. Pas une hôtesse ne bouge. Nous décollons, survolons la banlieue sud de Paris – avec une vue imprenable sur le parc de Sceau, ma maison et le RER B.  Une mamie posée 2 rangs devant nous fait sa vie. Elle va et vient sans se soucier des consignes de sécurité. Personne ne moufte. Bon. Devant nous, un mec sort sa cigarette électronique et il faut qu’une hôtesse passe par hasard pour lui dire que non c’est interdit. Mamie continue son cirque. Le reste du vol est relativement tranquille. Tandis que je rôtis côté hublot, ça ronfle à ma gauche. Je profite de la vue sur les Alpes – j’ai cru repérer le barrage de Tignes et la vallée de la Tarentaise. Juste avant l’atterrissage, le bordel reprend de plus belle. L’homme au casier frappe encore, alors que normalement tout le monde est assis – phase de descente oblige, il ouvre le casier, fait sa vie et se rassoie mais laisse le casier ouvert. L’avion se pose. Heureusement que rien n’est tombé. Les hôtesses n’ont une fois de plus rien dit. L’avion à peine arrêté, Mamie strikes again. Elle remonte l’allée tranquille au milieu des gens qui se lèvent, fait un tout un foin pour avoir sa valise et repart dans l’autre sens avec sa valise en prenant soin de bien défoncer tout le monde au passage.
Un bordel de classe mondial. Mais ça c’est l’apéro comparé à la suite.

Rdv chez le fleuriste et la conduite en mode YOLO

L’aéroport de Bucarest est relativement petit mais assez moderne. Du moins il a reçu une sérieuse remise au goût du jour. Mais comme celui de Cracovie, il n’a aucun comptoir de loueur de voiture. Nous avons donc rendez-vous avec un représentant du loueur devant le fleuriste de l’aérogare. En fait de fleuriste, il s’agit d’un comptoir avec 3 vases mais bon. Là un gars en survet’ nous attend avec un panneau aux noms de Brem et Favaro. Ca doit être nous.
Notre ami a un anglais épouvantable mais comme le roumain a pas mal de similitudes avec le français, nous nous comprenons. Il nous amène à la voiture. Nous faisons le tour du proprio et il nous demande si nous allons sur Bucarest. Réponse affirmative, là il nous propose de nous raccompagner jusqu’à notre hôtel. Ayant comme un léger doute quant aux us et coutumes locales en matière de conduite, nous acceptons volontiers.

Ce fut à le fois la pire et la meilleure décision de la journée. A moins que ce ne soit l’inverse.

Côté pratique, il nous a garé la voiture devant l’hôtel. Impeccable. Ca c’est pour le meilleur.
La conduite par contre… Alors de ce que j’ai vu, ici, si t’es un gros fragile au volant, tu vas en chier. Les clignotants c’est quand j’y pense, le rétro ça va si il est dans mon champ de vision, les lignes blanches c’est pour les faibles, le klaxon est aussi important que l’accélérateur, les dépassements par la droite sont la norme, les angles morts ça ne sert à rien et surtout, surtout, il faut être à 70 en seconde comme ça la voiture fait du bruit pour impressionner le voisin. Et vous mettez tout ça dans les rues embouteillés de Bucarest où les gens descendent de voiture pour s’expliquer. Les 16 kilomètres les plus angoissant de ma vie. Tout ça en écoutant VIBE FM (cette traversée du centre ville sur fond de Dirty Dancing fut mémorable). Le ride en bus à Prague c’était peau de zob comparé à ça. Et demain c’est moi qui conduit… YOLO.

Enfin un peu de calme

Côté hôtellerie ça va. De toute façon après Cracovie, tout est mieux. Blague à part l’hôtel est correct et plutôt bien situé. Nous sortons faire un tour. L’immense bâtiment du parlement, délire architectural de l’ancien dictateur local, est à 10 minutes à pied. Ce bâtiment est gigantesque. En fait il est tellement immense qu’on ne réalise pas à quel point il est grand. On ’tilte’ seulement quand on trouve un détail sur la façade pour avoir une idée de l’échelle. Nous descendrons ensuite la grande avenue qui fait face au bâtiment et nous engouffrerons dans les petites rues piétonnes du vieux centre.
Pour ce qui est de la ville, l’architecture est pour le moins décousue. On passe de l’ultra moderne au délabré en quelques mètres avec au milieu de beaux bâtiments d’époque à l’architecture soignée à de petites églises coincées entre 2 tours. C’est assez déconcertant. Le vieux centre jouxte un centre commercial ultra moderne avec tout ce que l’on trouve chez nous. D’ailleurs si je me mets à la fenêtre de la chambre, dans mon champ de vision j’ai Pizza Hut, KFC et Subway… et c’est à l’image des gens dans les rues. On repère assez vite ceux qui sont blindés, les gens ‘normaux’ et puis ceux qui visiblement en chient. Comme chez nous, tout le monde cohabite et se croise sans se voir. Sauf qu’ici le contraste est bien plus marqué.
Fin de la minute sociologie, revenons à des choses plus terre à terre: MANGER! Aurélie avait repéré avant de partir un resto qui fait la cuisine local. Après avoir naviguer au milieu des quelques pièges à touristes existant et des bars branchés, nous nous rabattons là-dessus. Je vous épargne la conversation avec le serveur et son charisme de bulot en descente de Xanax. Aurélie opte pour une salade et de la polenta quant à moi, faute de burger, je me retrouve avec une soupe de poulet. Madame prendra un spritz et j’opterai pour une limonade (0,5l). Oui je sais dans le genre incongru, le menu de ce soir se pose là. C’était très bon et bien servi. Le tout pour 17€. Ouais…
Le hasard faisant bien les choses, nous avons trouvé le bar Metal du coin. La musique est bonne, la bière… bon il a fallu y aller au pif donc Aurélie s’est retrouvée avec une pale ale roumaine et moi une pils moldave (on ne rit pas merci). Le format standard ici c’est le demi litre et les locaux enquillent ça à vitesse grand V. MAIS, car il y a un mais, les bières sont très légères donc ça permet de faire dans la quantité. En ce qui nous concerne, même si les bières n’étaient pas folles, pour 4€57 le tout… hein…

Voila, c’était le premier contact avec la Roumanie. Je me demande toujours dans quoi nous nous sommes embarqués mais bon.
Et demain? Houla demain, il va falloir conduire. Ca va être… enfin vous verrez.