Roumanie – jour 11

Vous rependrez bien quelques monastères pour la route hein? Parce que moi… non bah non en fait j’en peux plus de ces monastères.

Il va vraiment falloir que je me calme sur le țuică je crois que ça commence à me bouffer l’estomac. C’est pour ça que ce soir j’ai décidé de tester le pálinka, la version hongroise du țuică en plus musclée. Très mauvaise idée tellement ça m’a fracassé mais je me voyais difficilement dire non à nos hôtes donc un verre et puis de l’eau, beaucoup d’eau.

Humor pas drôle et Voronet pas très clair

Incroyable la différence qu’il peut y avoir entre des oeufs de ferme et ceux qu’on a chez nous. Les 2 oeufs au plat de ce matin m’ont calé bien comme il faut jusqu’à ce soir.
Départ de chez nos gentils petits vieux vers 9h, nous rebroussons chemin jusqu’au monastère de Sucevita et suivons le conseil de nos voisins de tablée d’hier soir en grimpant la colline juste derrière le monastère pour profiter de la vue. La garce était bien raide. Nous avons ensuite pris la route pour la Transylvanie en piquant vers le sud en direction des monastères d’Humor et Voronet.
Aujourd’hui était le jour de la fête des croix, du coup toutes les croix du pays faisaient l’objet d’une célébration quelconque. Donc en arrivant au monastère d’Humor, tout le monde était dans l’église pour la messe. Personne à l’entrée pour ne faire payer la « taxa foto » qui me sort par les yeux et c’est tant mieux car il n’y a au final pas grand chose à voir hormis la petite église au milieu des anciens murs. Comme ils sont tous fait sur à peu près le même modèle, voir un monastère équivaut à en voir 50. Chose que confirmera le passage par celui de Voronet, où là le cerbère de la porte vous oblige à passer à la caisse pour une nouvelle fois ne pouvoir faire que des photos de l’extérieur. Et quand je dis qu’ils se ressemblent tous, s’en est au point où les peintures extérieurs sont quasi identiques. Le chemin vers l’enfer peint sur celui de Voronet a des copies quasi conforme sur les murs de celui de Moldavita et Sucevita. Donc bon… Oui c’est très joli, très ancien tout ce qu’on veut mais l’émerveillement des 2 premiers n’est plus là. Ha et pour la petite histoire, à Voronet ils sont tellement tatillon que les mecs en bermudas sont obligés de cacher leurs jambes, les épaules nues pour les femmes idem. Comme quoi la burqa… ouais non rien.
Nous reprendrons donc la route tranquillement sous un soleil brûlant, la voiture indiquant 27° mais je pense qu’en réalité nous étions au delà des 30°. J’ai même mis la clim’ tellement ça rôtissait dans la voiture. Nous ferons le plein à Piatra Neamt avant de perdre une petite demi-heure dans des embouteillages dû à des travaux. Cul à cul sur plusieurs kilomètres. Pour une fois j’ai choisi la bonne file, ce qui nous a fait progresser assez vite au final. N’empêche que quand la route s’est rétrécie, ici il n’est pas question de faire passer une voiture sur deux pour que chaque file avance. En Roumanie c’est celui qui a la plus grosse paire de… le plus têtu qui gagne même si ça veut dire passer par le bas côté pour tasser et se rabattre. J’espère qu’il a bien aimé le fossé. Prodigieux ce qu’on peut devenir con derrière un volant (je parle pour moi là). Nous perdrons ensuite un temps délirant derrière des camions jusqu’à ce que j’ose un dépassement en profitant d’une ligne droite dégagée. Paf 3 camion d’un coup.

Sur un air des 60’s

La suite fut beaucoup plus tranquille quand soudain… WHOW!
Je venais de laisser le volant à Aurélie après un arrêt pour faire quelques photos d’une petite église sur une colline, nous roulions tranquillement au fond d’une vallée et puis nous nous sommes retrouvées dans des gorges. Nous savions que la route y passait mais nous ne nous attendions pas à ce que se soit si soudain. Aurélie a même stoppé dans un petit recoin pour que nous puissions en profiter à pied en longeant la route sur quelques centaines de mètres. Avec prudence vu les zozos.
Le reste de la route ne fut que du serpentin montagnard sur un revêtement plus ou moins aléatoire. Avec le soleil de face, les ombres des arbres créaient des contre-jours assez pénible pour Aurélie qui a été prise en défaut juste une fois dans un virage. Elle a parfaitement géré ça mais ça nous a surpris. Un peu plus loin nous stopperons le long du lac rouge et profiterons un peu du calme de l’endroit. J’avoue qu’une maison là ne serait pas déplaisant.
Une fois redescendu des hauteurs, après quelques épingles à cheveux bien pénibles, Aurélie nous fera un petit dépassement en descente de toute beauté (je ne chambre pas pour le coup). Et enfin, au bout de tous ces S, nous trouverons notre logis du jour. Une petite pension perdue au milieu des montagnes où le mobile ne passe pas mais où le wifi fait son job. La famille qui tient l’endroit est charmante. On nous a fait un menu à la carte ce soir (soupe de tomate, truite et patates et pour finir une petite glace). La grand-mère est pleine d’attention c’est rigolo. Comme seule sa petite fille parle anglais, on se débrouille comme on peut pour communiquer. J’avoue que le premier contact a été un peu étrange et puis ensuite ça c’est fait tout seul. Tout ça sur fond de classiques du Rock US des années 1960. Bon là je tape mon truc dans le salon du bas (seul endroit où le wifi passe) avec du Sinatra en fond mais je préfère ça à la merdasse de la radio.

Pour la petite histoire, il ne faut pas s’aventurer trop loin de la propriété (entièrement clôturée) à cause des ours! J’avais vu avant de partir un reportage montrant la réintroduction de l’ours noir dans les montagnes de Transylvanie. A priori depuis les couples remis en liberté ont fait des petits au point qu’il faut désormais faire attention.

Demain, pas beaucoup de route – en distance du moins. Nous arriverons dans la partie la plus célèbre de la Transylvanie… houuu suspense: mais où vont-ils?