Roumanie – Jour 12

Au menu du jour: des virages (encore), de la route dégueu (encore), des vieilles pierres (encore), de la gitanie (encore), du Metal hongrois, des auto stoppeurs, une pizza et une piscine.
Explications.

Hier nous constations que nos hôtes baragouinaient dans une autre langue que le roumain et vraisemblablement en hongrois étant donné que j’ai eu droit à de la pálinka. Sachant que la Transylvanie a longtemps été sous domination austro-hongroise, ceci peut expliquer cela. Pourquoi je vous parle de ça? Je ne sais plus. Mais ça servira bien à un moment dans mon histoire.

*soupir*

Petit déj’ plus frugale que les autres ce matin. Céréales douteuses et jus de fruit chimique. En fait on aurait dit du Tang. Souvenez-vous, cet immonde juste de fruit chimique à base de poudre à laquelle il fallait ajouter de l’eau. La dernière fois que j’ai bu de cette horreur c’était à Prague en 2004 sur un énorme malentendu.
Nous quittons les lambris et les lunettes de WC mal fixées (une mode dans ce pays) pour filer vers le lac Saint-Anne. Un petit lac volcanique paumé au milieu de nulle part et dont l’accès se fait, vous l’aurez deviné, par une route sinueuse et immondissime. En fait, dès qu’on quitte les grands axes c’est la loterie, soit c’est correct, soit c’est l’enfer. L’enfer n’a duré que 10km, n’empêche. Et si comme moi vous avez la chance d’avoir capitaine tortue devant… Bon sinon ce petit lac est bien tranquille. C’est vraiment perdu et calme. Nous avons même pris le temps d’en faire le tour, c’est dire.
Retour sur la route où nous constatons une fois de plus que l’auto-stop est ici encore très en vogue. Parfois ils lèvent le pouce juste pour qu’on les dépose à l’église ou en centre-ville, parfois ils sont plus gourmands comme ce petit jeune aperçu l’autre jour qui voulait carrément aller à Cluj. Bref ça se fait ici quand on a loupé le car ou que l’on est sans le sous (ou pas).
Nous poursuivrons notre chemin vers Prejmer dont l’église fortifié vaut le détour. Détour qui nous fera constater lors de 2 arrêts à des passages à niveau que la Roumanie ne recycle pas que les bus de la RATP mais aussi les wagons corail de SNCF ainsi que ceux du RER D.
L’église avec ses murs de 5 mètres d’épaisseur, il fallait vraiment avoir envie de la prendre d’assaut. C’est du costaud et on me dit dans l’oreillette que c’est allemand, ceci expliquant cela. L’architecture du lieu tranche avec ce qu’on peut voir dans le coin. Quant à l’église en elle-même, elle ne mérite même pas qu’on en parle car se sont vraiment l’enceinte et son organisation en petites cellules qui valent le coup. En plus, si on est curieux, on trouve des chemins courant le long des remparts sous les toits. Bien entendu, entre le toit branlant et les planches vermoulues, on défit une fois encore toutes les règles de sécurité mais bon…
Une fois sorti de là, nous nous plongeons dans la circulation du centre ville de Brasov, notre destination du jour. Aurélie, avec son zen habituel, saura me driver sans encombre jusqu’à destination alors que je commence à montrer les crocs.

« Est-ce que vous êtes là Saint-Etienne? »

Ce soir nous sommes à l’hôtel, un truc qui sur le papier tabasse. Une fois encore il y a un monde entre ce qu’on nous annonce et la réalité. Entre la réceptionniste qui revient à l’arrache du ménage, les paons dans le jardin, le couvre lit dont même ma grand-mère aurait eu honte et les emplacements des interrupteurs des lampes de chevets, je pense que pour chaque nuit passée dans le pays, je peux faire une inventaire de trucs aberrants. HO! Ca me fait d’ailleurs penser que je ne vous ai pas parlé des lits! Je crois qu’on a eu droit à tout ici aussi! Le lit millénaire dont les ressorts du matelas vous massent la nuit, le matelas glouton qui donne l’impression de vous avaler tellement vous vous enfoncez dedans et j’en passe. Sans oublier la couette qui fait juste la largeur du lit, donc au moindre mouvement, on est cul nu. Du génie. Donc ce soir c’est lambris, moquette douteuse, lits d’appoint entreposés sur le pallier et gitanie car nous avons une nouvelle fois du improviser un rideau à cause d’un vasistas face à un lampadaire. Là comme ça je donne l’impression que tout est pourri, nous ici nous en rions (encore) car pour nous c’est toujours une surprise de trouver le truc qui va merder. En revanche c’est toujours propre, là-dessus rien à dire. Même si les cadres sont de travers.
Comme il est autour de 16h, nous décidons de partir à l’aventure dans le vieux centre de la ville. Nous passerons devant la mairie puis remonterons une rue piétonne pleine de pièges à touristes. Ha oui ici on sent clairement que nous sommes de retour à la civilisation si j’ose dire. En arrivant sur la place de la vieille ville, un air familier parvient jusqu’à nos oreilles. « Tiens! Ils passent du Rammstein en pleine rue ici! » Et puis nous apercevons une scène au milieu de la place. On se dit qu’il doit y avoir une animation quelconque de prévu. Soudain, un énorme son sort des enceintes de la scène, on se regarde l’air surpris par la puissance du truc mais tout de suite nous nous sommes compris. « Ca c’est un kick de batterie et pas celui d’un groupe de pop » dis-je à Aurélie qui acquiesce. Je la laisse aller voir le petit marché traditionnel tandis que je m’approche de la scène et en effet, vu la tronche des instruments et des mecs sur scène en train de faire le soundcheck, à priori ils ne viennent pas poser du parquet. Je m’étonne de voir un tel groupe jouer en centre ville mais tant mieux. Ca change des crins crins. Je retrouve Aurélie dans le marché. A savoir que cette dernière s’est mise en tête que ma cuisine a besoin d’un nouveau tapis. C’est donc sa grande quête depuis le début du voyage. Cette quête est désormais accomplie. Je connais un chat qui va adorer…
Nous continuons notre petit tour de la vieille ville tout en regardant les jeunes du coin sortir leurs plus beaux tshirts noirs avec des noms de groupes dessus. Nous tenterons une approche de la cathédrale en pierre noire mais le monde à l’entrée nous fera faire demi-tour. Nous irons ensuite vers une ancienne porte de la ville, seul vestige de la Renaissance restant en Transylvanie. Puis nous passerons par une toute petite rue, propice aux poses photos les plus improbables de la part des touristes. Je peux vous dire que vous avez manqué un grand moment car Aurélie qui se fout des autres en les imitant, c’est assez fendard. Comme il fait faim, nous chercherons un resto. D’un commun accord, ce soir c’est italien. Une envie de pâtes et de pizza montant en nous depuis quelques jours. Ce sera donc chez Prato, restaurant qui se donne des grands airs, les mecs ayant l’air de nous faire une fleur en nous mettant en terrasse alors que leur immense bordel est vide. Aurélie se fera plaisir avec un Spritz tandis que je testerai une nouvelle bière locale: la Ursus. J’aurais pris de l’eau à bulles c’était pareil.
Il est autour de 20h quand nous revenons sur la place, curieux de voir si ça va jouer et surtout ce que ça va jouer. Heureuse surprise, une gentille cruche monte sur scène pour (j’imagine) présenter les festivités et passer en revue tous les sponsors du festival car renseignements pris, en ce moment à Brasov se sont les journées hongroises – ça y est je me souviens pourquoi je parlais des hongrois au début. Après la cruche, ce que je suppose être le conseiller municipal à la culture monte sur scène et tente de chauffer l’assistance. Assistance constituer de 5% de fans de Metal, 35% de familles et 60% de touristes pour la plupart semi grabataires. J’aime autant vous dire que quand les watts vont partir, les déambulateurs vont voler. Il est donc 20h10 quand le groupe hongrois (nous avons chercher) monte sur scène et envoie la sauce après une intro donnant l’impression qu’ils allaient envahir la Pologne. Honnêtement, je m’attendais à largement pire.  Les mecs ont de la bouteille (dans tous les sens du terme), ça joue bien et ils ont visiblement l’habitude de ce genre d’événement. Tout le monde est content et c’est ce qui compte. Par contre ça joue un poil fort et sans bouchons… OUCH. J’en profiterai pour faire « mon professionnel » en me faufilant jusqu’à la barrière pour faire quelques photos entre Bogdan  (3gr dans le sang) et tata Janine qui filme pour faire plaisir à ses petits enfants. Les gros métalleux du coin restant au fond. C’est vrai qu’à la barrière ça bougeait trop.
4 morceaux plus tard nous rentrons et PLOUF! Une petite heure dans la piscine de l’hôtel. Première piscine depuis Hawaii l’an dernier. Ce n’est pas grand chose mais ça détend.

Demain, direction une des plus grandes attractions touristiques de Roumanie.