Roumanie – Jour 14

Comme prévu, la nuit a été courte et compliquée. Le retour du pied de biche.

C’est peu de dire qu’il a fallu me faire sauter les paupières à la dynamite. L’enfer jusqu’à 4h du matin. Et quand enfin, le sommeil est là, PAF le réveil.

On ze road again

Hier soir, j’étais un poil chonchon, je mets ça sur le compte de la fatigue car nous avons beaucoup voyagé dans le pays et les trucs que nous prenions avec philosophie au début, nous agacent rapidement maintenant. D’autant que plus nous passons de temps dans le pays, plus nous découvrons les petits travers des locaux et maintenant ça a de moins en moins tendance à nous faire sourire.
Je ne vous parle pas du petit déj’, c’est celui de l’hôtel avec le café aléatoire en fonction des machines et le car de petits vieux français qui roupillent devant le toaster. Et nous voila reparti en direction de Tucea, ville portuaire du delta du Danube, car nous devons nous rendre à Crisan, en plein milieu du fameux delta.
La sortie de Bucarest se fait sans encombre, l’occasion de confirmer que cette ville est affreuse. Sortie du vieux quartier pas loin de l’hôtel qui fait quelques pâtés de maison et quelques parcs, c’est une horreur. Nous rejoignons l’autoroute et c’est parti pour 1h30 d’ennui maximum. C’est droit, le paysage n’a aucun intérêt et même les quelques mongolos de la route croisés en ce dimanche matin ne parviennent pas à me faire sortir de ma torpeur. Et quand nous sortons de l’autoroute, c’est la même! Droit et chiant. Nous ferons un stop essence à une pompe où le carburant est extrêmement peu cher, une des seules qui n’a pas encore répercuter la hausse des carburants constatée ici depuis 3/4 jours (+20 cts ici en moyenne). Jusqu’à Tulcea, la route sera ultra pénible – même les locaux le disent, ce trajet est une horreur. A un moment j’avais devant moi un type qui imposait une sorte de faux rythme dans sa conduite, ni rapide, ni lent mais toujours un peu entre les deux. J’ai fini par le doubler car je commençais à me déconcentrer dangereusement. Bizarrement ça a tout de suite été mieux.

Le beau Danube Bleu

Nous arrivons à Tulcea sur les coups de midi. Je pose Aurélie devant le port pour qu’elle achète les billets et je fais le tour pour trouver une place. Bon bah là il va falloir payer car nous laissons la voiture pour 2 jours. Je la vois qui ressort avec les tickets *ouf parce que ça, c’était tout sauf gagné*. En effet, hier soir nous avons découvert avec bonheur qu’il n’y a qu’un ferry par jour qui passe à Crisan, que les tickets sont achetés uniquement sur place et à partir de 11h30 pour un départ à 13h30. Le genre de petit détail que l’agence a omis de nous donner (je parle du ferry unique à un horaire stupide). Bref nous avons nos tickets, je garde la voiture devant le bureau des douanes – l’Ukraine est à 4km de Tulcea, et nous voila avec nos sacs à dos à attendre l’heure du départ, au frais car il fait 32° ici. Nous avons décider de voyager léger en ne prenant que le nécessaire et laissant le reste dans le coffre. Je me mets en quête d’un distributeur car nous avons épuisé notre budget et ce qu’Aurélie a retiré ce matin ne sera vraisemblablement pas suffisant. Je n’en trouverai pas.
Nous embarquons un peu en avance. Là nous voyons que le ferry sert à tout transporter dans les villages du delta. De la bière aux graines, tout voyage par bateau car il n’y a pas de route, tout simplement. Nous pensions avoir droit au ferry express, manque de bol, c’est l’omnibus qui n’est pas censé circuler le dimanche. 2h40 de navigation jusqu’à Crisan. C’est long, le paysage est un peu monotone et surtout bien sale. Il faut savoir qu’à côté du ferry, il existe des navettes privées, un poil plus chère mais 2 fois plus rapide. Nous envisageons cette option pour le retour – car après, il faudra encore se coller la route pour le retour à Bucarest.
Quant à Crisan, c’est un village de 7km de long sur les rives d’un des 3 bras principaux du Danube. Il n’y a qu’une rangée de maisons, c’est ultra calme sorti du bruit des bateaux et il y a des animaux partout. Ca fait du bien.
Nous trouvons sans peine notre pension du jour avec un gentil monsieur qui parle un français excellent. Nous partageons les lieux avec 2 couples d’allemands – nous les appellerons Hans/Petra et Dieter/Gertrud. Les premiers sont gentils mais assez réservés, les seconds plus volubiles (mot compte double) et serviables. Ils nous ont proposés de partager leur excursion de demain ainsi qu’une navette pour le retour mardi. Sans parler de la crème solaire oubliée dans la voiture. Ce soir encore nous avions à manger pour 12. Pensez donc qu’en plus de la salade de choux, il y avait 2 morceaux de silure d’un beau gabarit plus un poisson entier dont je n’ai pas retenu le nom, de la purée, 2 tomates du jardin et une crêpe. Tout ça par personne. Le décès.

En bref voila, sur le papier la journée avait tout pour foirer mais ça a été. Niveau budget, nous allons devoir taper dans les euros que nous avions avec nous car nous sommes vraiment short en Lei et il n’y a aucun distributeur dans le coin mais ça va aller.

PS: toujours dans notre quête du « truc qui cloche », ce soir le bac de douche fuit (encore) et sur le robinet du lavabo, l’eau chaude et l’eau froide sont inversées. Et je sens que demain je vais vous parler du parquet.