Roumanie – Jour 7

OMAGAD! Une vraie connexion internet! J’avais oublié comment ça faisait après 4 jours de 4G agonisante et de wifi sous Xanax. Ce soir je ne vais pas mettre une heure à envoyer 40 photos.

En fait ça a pris moins de 2 minutes. Ce qui veut aussi dire que je ne vais pas me coucher à pas d’heure car demain il faut se lever tôt. ‘fin vous verrez.

Jamais été aussi près de Tchernobyl

Réveil tranquille ce matin. Le petit chat d’hier est revenu nous voir ce matin, toujours a réclamé des câlins, il fait beau, le petit déjeuner est copieux bref tout va pour le mieux jusqu’à ce que je me prenne le linteau de la porte d’entrée. Ha ça pour être traditionnelle, la maison l’est, pas de volets, des rideaux symboliques et des portes pour schtroumpf.
Nous partons direction Săpânța et son cimetière joyeux mondialement connu dans la région. Aurélie conduit pendant que je m’agace de ne pas avoir de réseau et donc de ne pas trop savoir où nous allons. Finalement en haut de la colline, la 4G est là et zou, c’est parti pour 50 minutes de route. Ca roule tranquillement même si nous serons une nouvelle fois témoin de manœuvres osées (cf photos) en pleine ville.
D’un coup, un SMS arrive et me dit « Free vous accompagne en Ukraine ». PARDON? Hé oui, nous sommes tellement près de la frontière que j’accroche le réseau ukrainien sauf que celui-ci n’est pas vraiment compris dans mon forfait, je coupe donc la 4G en vitesse. En réalité, hier soir nous avons dormi à 25km à vol d’oiseau de la frontière (c’est encore le cas ce soir) et  nous l’avons longé sur une vingtaine de kilomètres pour nous rendre à Săpânța. Et quand je dis longer, par moment elle était à moins de 200 mètres. Jamais nous n’avons été aussi proche de Tchernobyl – un peu plus de 800 km tout de même.
Bref Săpânța n’a qu’un seul et unique intérêt: son cimetière dit « joyeux » car plein de tombes multicolores sur lesquels sont gravées un résumé de la vie de gens enterrés là. Ca va du premier sculpteur des tombes en bois au petit ouvrier de 16 ans mort pendant la réparation de l’église. Car l’église, aussi jolie soit-elle est en en rénovation et on ne manque pas à l’entrée de vous inviter à passer à la caisse – bien que la somme soit symbolique. En plus nous sommes dimanche, c’est donc jour de messe. Tout le monde est endimanché et l’église trop petite pour contenir tout le monde. Du coup des mamies sont assises dehors et des hauts parleurs diffusent l’office à l’extérieur. Imaginez les gens en train de prier au milieu des touristes en train de faire des selfies dans les tombes. Car même si j’ironisais dessus un peu plus haut, l’endroit est connu et plusieurs autocars se sont succédés pour déverser moult polonais et anglais. C’est le bowdel. Et comme les locaux ont bien compris comment ça marche, ils ont installés moult échoppes vendant aussi bien des assiettes et des tapis traditionnels que des chaussons en peau de mouton synthétique made in China. Etant arrivé relativement tôt, nous avons pu profiter de la faible affluence mais d’un coup ça c’est rempli. Il était donc temps de partir pour Sighetu Mamatiei.

Promesses non tenues

Sighetu Mamatiei, en dehors d’être un point de passage vers l’Ukraine (le seul dans un rayon de 70km – j’en ai compté 6 au total sur toute la frontière entre les 2 pays), est censé abriter un écomusée. Nous allons donc là où Jacqueline GPS nous dit d’aller, en centre ville et nous garons. Tout ça pour faire chou blanc, voir que l’heure de sortie de la messe provoque des embouteillages et finalement nous retrouver dans le musée d’ethnologie local. L’endroit sent le renfermé, la nana qui s’en occupe doit connaître toutes les vidéos de chatons de YouTube et elle ira même nous allumer la lumière dans les salles, preuve de l’affluence dans le lieu. Blague à part nous y avons vu des choses intéressantes comme de vieux outils ou des costumes traditionnels – le tout illustré par quelques plaques descriptives avec des fautes de français assez prodigieuses –  comme la « jupe raiée ».
En sortant de là, nous partons pour Vadu Izei, vendu par l’agence pour être un village réputé pour son artisanat. Chemin faisant nous tombons sur l’écomusée que nous cherchions – qui est fermé bien entendu car nous sommes dimanche. Quant au village, nous l’avions traversé à l’allé vers Săpânța et n’avions remarqué de spécial. Après trois tours et demi-tour dans les 2 rues goudronnées du bled, force est de constater que pour l’artisanat local il faudra repasser – la faute au dimanche?
Bon… un poil contrarié nous filons vers le prochain point d’intérêt indiqué par l’agence: le monastère de Bârsana. Espérons que ça au moins se soit ouvert. Aurélie nous met sur le chemin et prend la peine de me faire 2/3 petites frayeurs. Madame ayant tendance à rouler un poil trop à droite de la route, je vois parfois le bas côté ou les rétros des autres voitures d’un peu trop près. Ceci étant dit, elle nous mènera à bon port et se garera comme une fleur sur le parking au pied du monastère. Vu le monde, pas de doute c’est ouvert. En guise de droit d’entrée, il faut payer le droit de prendre des photos aux bonnes soeurs. Celle vendant le ticket respire la joie de vivre. A part ça l’endroit est très joli. Situé à la sortie du village, il domine une petite vallée. L’endroit est récent – une vingtaine d’année – mais construit de façon traditionnelle. C’est très fleuri et d’un calme… ça donnerait presque envie d’entrer dans les ordres pour profiter du cadre. Ou pas, vu la tête que tire les bonnes soeurs croisées pendant la visite.

Ils sont fous ces roumains

Une fois sorti de là, direction Viseu de Sus, notre stop du jour. Le restant de route se fait tranquillement et étant donné qu’il est encore tôt quand nous arrivons en ville, nous décidons de gagner du temps et d’aller en repérage pour demain. Excellente idée que cela puisque nous avons pu retirer nos tickets achetés sur le net et prendre les infos nécessaire pour être là à l’heure. Nous irons ensuite faire quelques courses pour demain midi puis nous mettrons en chemin pour la pension.  Aurélie ayant vu un panneau l’indiquant à l’entrée de la ville, nous revenons sur nos pas et nous retrouvons devant une maison en bordure de voie ferrée qui ressemble plus au siège d’une entreprise de maçonnerie qu’à une pension. Finalement je rentre l’adresse dans le GPS et là, bien entendu, nous constatons que ce n’est pas là et partons dans un fou rire.
En lieu et place de pension un peu isolée et familiale comme ce fut le cas jusqu’à présent, nous tombons dans une sorte de mini hôtel ambiance lounge/branchouille qui doit être le truc à la mode dans le coin. Tout a l’air récent, c’est propre, ça présente bien, il y a un frigo, les joints de la douche sont mis, les meubles correctement montés et fixés, le wifi dépote. Alors c’est quoi le piège? Ho rien, juste le joint de la douche qui fuit et qui transforme la salle de bain en pataugeoire et la fenêtre qui ferme mal. A part ça… IZ OK.
Le hasard (ou pas) faisant bien les choses, nous retrouvons nos 2 couples de vieux français au bar de l’endroit. Logique comme nous passons par la même agence. Ca nous l’avons compris depuis le début, eux visiblement viennent de découvrir l’Amérique et se sont mis à bitcher à notre sujet en nous voyant – ne me demandez pas comment je le sais, je le sais c’est tout.

Bon ok je vous donne mon truc: ce sont des vieux et ils sont français. Quant au repas de ce soir, exit les trucs tradi, on mange enfin autre chose que du choux et de la soupe. Le hic est que les portions sont titanesques. La salade d’Aurélie était gigantesque et j’avais bien 500 grammes de patates avec mes 2 filets de poulet.
Sur ce, je vais digérer avec 2 kilos de plus.