Roumanie – Jour 9

Mes dons de voyant extra lucide sont confirmés. Hier j’annonçais de la route dégueu, des monastères et plus de wifi. J’avais raison. En revanche j’ai foiré le choux et la saucisse.

C’est avec tristesse que ce matin avons quitté notre résidence lounge à la douche qui fuit. Non pas parce que l’endroit nous a plu mais parce que nous avons réalisé (trop tard hélas) que nous tout était en « all inclusive » et que nous aurions pu ruiner le bar et notre mettre une race XXXXXXXXL. Mon foie est déçu.

L’enfilade roumaine

Au menu du jour: 5 heures de route pour 180km dont 60 km de travaux et quand je dis travaux, je veux dire pas de route bitumée, tout ça sous la pluie parce que sinon ce n’est pas drôle.
Dès le départ, cette journée sentait la chaussette. Le ciel était gris, le pare brise humide et je savais que l’absence de liquide glace serait préjudiciable. Un coup d’essuie glace, la merde étalée devant mes yeux me dit que je vais en chier sur la route. Ca n’a pas loupé. Les 30 premier kilomètres se font gentiment, la route n’est pas folle mais ça roule. Tout bascule dans l’horreur dès l’ascension du col de Prislop, point culminant du jour. La route grimpe au milieu de la forêt et soudain, feu rouge. Le premier d’une longue série et surtout le début des travaux. 60 putain de kilomètres de travaux. Si au début, nous sommes côté bitume neuf, très vite nous allons passer sur les cailloux et slalomer entre les trompes la mort et les engins de chantiers, tout ça sous la pluie qui c’est mise à tomber. Tantôt drue, tantôt soft mais toujours juste assez pour rendre la route pénible.
Nous ferons un stop au sommet du col car il y a un monastère. En fait il y a surtout des travaux, il pleut et la chute d’eau méritant le détour est à 3km via un chemin de terre. Ayant eu notre dose de chemin, nous repartons non sans avoir droit au 4ème feu rouge des travaux. Sur les 7 feux que nous croiseront lors du passage du col, les 7 seront rouges. Heureusement que nous avions un peu de musique. En effet j’ai découvert que l’autoradio était bluetooth ce qui a permis de mettre un peu de musique via mon téléphone. Un p’tit live de Carpenter Brut dans les Carpates ça fait toujours son petit effet.
Une fois sortie des travaux nous n’en avons pas pour autant fini avec la route dégueulasse. Entre les nids de poule, le revêtement aléatoire et la pluie, nous sommes au top. Ne ferons une micro pause dans un bled dont j’ignore le nom mais dont l’église est jolie. Nous ferons office d’attraction car les gens s’approcheront pour voir ces étrangers qui s’arrêtent pour voir leur église. Bref…
Plusieurs kilomètres plus loin, nous rejoignons ENFIN une route digne de ce nom.  Tout ça pour tomber sur capitaine tortue et ses sbires. Et nous voila reparti pour des méandres et des épingles à cheveux à n’en plus finir. Heureusement, au détour d’une montée, le soleil fait une apparition. OUF!

Le retour de la team grincheux

Profitant de l’éphémère retour du soleil, nous stoppons sous la pluie (logique) au monastère de Moldavita. Un joli édifice de 1500 et des bananes. Bien entendu on paie le droit de faire des photos mais on interdit d’en faire dans les endroits intéressants comme l’intérieur de la chapelle. J’aime bien qu’on se foute de moi mais là ça commence à un peu trop de se répéter. Bref c’est joli même sous la pluie et tant pis si les bonnes soeurs n’aiment ni les mecs tatoués ni les sweats des groupes de Death Metal.
Retour sur la route sous un semblant de soleil pour passer un nouveau col. La vue est sympa mais gâchée par des ordures répandues dans la forêt. Il y a vraiment une éducation à faire de ce côté là dans le pays. La suite de la route étant bonne, je passerai un poil en mode Fangio dans la descente je l’avoue. En même temps, 160km à 35/40 à l’heure ça rend dingo.
Nous arrivons enfin en vue de Sucevita – notre stop du jour- et de son monastère. Vous connaissez la chanson désormais, à 10 mètres près on paie le parking ou pas (pour nous ce sera donc ou pas) et à l’entrée on paie son droit de faire des photos mais là où ça vaut le coup. Et pour tout dire, celui qui a essayé aujourd’hui de filmer où il ne fallait pas, c’est légèrement fait démonter la tronche par les nones. Ma technique perso est d’éteindre l’appareil photo sous les yeux du cerbère et de le porter les mains dans le dos, comme ça je suis tranquille. Bref c’est une copie quasi conforme de l’autre en un peu plus grand et dans un cadre plus sympa. Celui-ci est légèrement fortifié. On retrouve néanmoins les peintures à l’extérieur de la chapelle. Ce monastère ci est également pourvu d’un mini musée (photo interdite – nah mais ho vous croyiez quoi?) rempli de reliques en tout genre. C’est encore une fois très joli et surtout très bien protégé. Car il y a des vitres blindés, des détecteur de mouvements et des caméras infrarouge. Le clergé a du pognon ici. C’est qu’il faut l’entretenir la mini forteresse. Ajouter à cela la rénovation de la chapelle… non vraiment en Roumanie il faut mieux être none que paysanne.
Notre logement du jour se trouve à quelques centaines de mètres du monastère. Bien entendu Jacqueline GPS nous enverra au bout du monde. BREF. Nous sommes dans une petite propriété au calme, tenus par 2 petits vieux francophones et tout à fait charmant. Ô surprise, nous retrouverons notre gang de petit vieux français déjà croisé 3 fois. Comme nous sommes seuls avec eux dans les lieux, à table il a bien fallu faire la conversation. Ca c’est mieux passé que prévu et la team grincheux a été de relativement bonne compagnie.

Ha et comme je l’avais prédit, le wifi est asthmatique donc je suis en 4G.
Tiens parlant de 4G, notre passage près de la frontière ukrainienne m’a mis hors forfait de 0.36€. Juste le temps que j’éteigne la 4G après avoir basculé par hasard sur le réseau ukrainien.
Ha et pour votre culture, ce soir nous sommes en Bucovine, en d’autres termes la Moldavie roumaine.
‘Faut absolument que je trouve des carottes.