Ecosse – Jour 4

Au programme du jour: de l’eau, des animaux, des vieilles pierres, une légende et une route de folie.

Je dois faire un méa culpa, notre hôte d’hier n’a que la tête d’une vieille peau et n’en est pas une, enfin pas vraiment. Disons qu’elle est sur la réserve et que pour elle, nous ne sommes que des clients venant après les précédents et avant les prochains. Notre hôte de ce soir est elle aussi au boulot mais bien plus sympathique. Bref… on dort chez les gens, ils nous reçoivent bien, c’est toujours propre, la déco est parfois douteuse mais l’essentiel y est.

La douche écossaise

Les oeufs brouillés de ce matin n’ont malheureusement pas concurrencés ceux de la veille, n’empêche qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire. Le saumon local aussi. C’est donc après un petit déj’ copieux que nous partons au nord-est d’Inverness pour voir des cairns. En gros des tas de cailloux du néolithiques ou paléolithique, nous ne sommes pas à 1000 ans près. Contrairement à ceux vu en Irlande qui ont été restauré, ceux là sont dans leur jus. Et puis il faut savoir qu’ils sont là. Là où l’Irlande était une usine à touristes, ici il faut quitter la nationale, quitter la départementale, tourner à droite après le chêne, passer le pont, contourner le mur de pierre et après la ferme on y est. Et j’exagère à peine. C’était au moins la garantie de ne pas tomber sur une armée de touristes. Ceci dit, ils ont un point commun avec les irlandais: leur orientation plein Est pour que le soleil du solstice d’été puisse rentrer à l’intérieur. Coïncidence? Je ne crois pas.
Nous prenons ensuite la direction de Fort George, un vieux fort militaire hautement important dans l’histoire de l’Ecosse et encore occupé par l’armée. Pourquoi important dans l’histoire locale? Car entre nos cairns et le fort, se situe le champ de bataille de Culloden, où les locaux ont pris une « déculloden » mémorable facent aux anglais. Le fort fut le signe de l’occupation anglaise dans la région. Il est aussi placé stratégiquement à l’entrée du chenal menant à Inverness. Inutile de dire que vu l’endroit, il y a un vent à décorner les boeufs. Bref c’est un fort avec des canons et tout un tas de bestiaux qu nichent sur les remparts. Un oiseau marin nous hurlera dessus car nous sommes passés trop près de son nid. En faisant notre petit tour du proprio, nous voyons un panneau indiquant « dolphin viewpoint » laissant entendre qu’on peut voir des dauphins depuis les remparts. Et bien oui c’est vrai. Nous avons aperçu un banc de dauphins souffleurs faire sa vie à quelques dizaines de mètres du bord. Un phoque est aussi venu montrer sa truffe. Et c’est LA, que nous avons « ENFIN » pris notre première rincée. Il s’est mis à pleuvoir bien comme il faut. Heureusement que la visite du fort touchait à sa fin.

La saucisse polonaise

Nous laisserons le fort derrière nous mais pas la pluie. Cette dernière nous suivra en direction du sud pendant une bonne heure. En fait, jusqu’aux rives du Loch Ness. Si sur les premiers kilomètres le long du lac, le plafond est bas, par la suite le temps se dégage et il fait un beau soleil. En fait, la pluie cessera à Drumadrochit, où nous stopperons pour pique-niquer. En fait le pique-nique c’est fait là parce qu’il a cessé de pleuvoir et que je craignais de devoir manger dans la voiture à cause du temps. ‘fin bref, chacun se fait son repas et les plus cascadeurs se sont mis en tête hier d’acheter de la saucisse, en l’occurrence de la saucisse polonaise qui ne laisserait pas un souvenir impérissable gustativement parlant. De toute façon, les grands-bretons ne sont pas réputés pour leur gastronomie.
Après cela, nous ferons un rapide stop photo à Urquhart Castle (le château en ruine près du lac dans la galerie), l’endroit étant bondé, nous filons vite fait. La route le long de la rive nord du Loch Ness se fait gentiment et le soleil rend la chose plus agréable. C’eut été parfait si le revêtement avait été de meilleure qualité.
Après avoir longé le Loch Ness sur presque ses 2/3, nous bifurquons à Invermoriston en direction de l’île de Skye, notre destination du jour.

Top 3 – Easy

Ce que nous ignorions, c’est qu’en laissant le Loch Ness dans notre dos, nous y laisserions aussi le soleil. Toute la route entre Invermoriston et Dornie s’est faite sous un plafond nuageux assez bas laissant percer la luminosité du soleil par endroit. Et ce fût PARFAIT. Cette lumière totalement folle a rendu le trajet absolument sublime. Cette route rentre facilement dans le top 3 des plus belles que j’ai pu faire. Des paysages de furieux avec cette impression d’être à des années lumières du tout, voir même carrément d’avoir changer de planète. Le genre d’endroit qui donne envie de faire un doigt à tout le monde, de plier ses gaules et de venir se poser là loin de tous ces cons. Non mais franchement, c’est en Ecosse, à 2 heures de vol de la France et mettons 4h de route d’Edimbourg, il n’y a aucune excuse pour ne venir voir ça: AUCUNE. Mais si il n’y avait que ça…
Avant de passer le micro pont pour l’île de Skye, nous stopperons au château d’Eilean Donan – célèbre pour avoir été le siège écossais du MI6 dans James Bond ou bien avoir été aperçu dans Highlander. Un des châteaux parmi les plus iconiques d’Ecosse et aussi un des plus photogénique. Encore une fois merci le temps à la con pour ces lumières.
Ensuite nous ferons une cinquantaine de kilomètres le long de la côte et à l’intérieur de l’île de Skye pour arriver à Staffin, notre « dodo » du jour. La maison est situé dans un petit village coincé des près remplis de moutons et la falaise tombant dans l’océan (oui l’île de Skye est dans l’Atlantique là où Saint Andrew c’est la mer du Nord). En gros c’est charmant et les paysages de l’île de Skye sont vraiment à la hauteur de leur réputation: sublime. Car en prime le soleil est revenu de façon aussi inattendu qu’inespéré. Chaque virage est une surprise et le moindre arrête photo devient un parcours du combattant car les routes sont mauvaises et  étroites. Ou bien il se peut aussi qu’un crétin dans mon genre veuille monter sur une petite bosse pour avoir un meilleur angle, oubliant que tout le putain d’endroit est de la tourbière, s’enfonçant ainsi jusqu’aux chevilles dans un mélange de flotte et de boue. Qui a juste pris sa paire de baskets et n’a pas de pantalon de rechange? Hein?

Là-dessus, je vais bouder dans mon lit.
Demain, fin du grand tour de l’ïle de Skye, encore un peu de Loch Ness, en espérant avoir le même temps qu’aujourd’hui.