Emilie-Romagne – Jour 4

Dernier jour à Modène, enfin dernière matinée pour être plus précis. Et devinez le programme aujourd’hui? Non vous ne rêvez pas, encore une usine de pâtes. La dernière.

Incroyable comme une fenêtre fermée peut changer la donne. Hier soir, lucides, nous avons fermé le double vitrage et d’un coup d’un seul, nous avons mieux dormi. Incroyable.

Extra time

Après un petit-déjeuner rapide, nous prenons congés de notre hôte et filons vers le centre ville de Modène. En effet, l’usine de pâtes est à proximité du centre ville et à environ 300 mètres du musée Ferrari. Comme le veut la tradition, nous pifons une rue pour nous garer et HOP! Magie, nous voila parqué. Sauf que nous sommes au soleil et qu’une place à l’ombre se libère, ni une ni deux je déplace le Punto. Pas fou le mec.
Ce matin direction l’usine Maserati. Comme je l’expliquais elle est quasiment au centre de Modène, ceci s’explique par le fait qu’il s’agit du site historique de la marque construit il y a 80 ans. Nous passons donc la sécurité, qui se fout royalement de notre passage, regardons les 4 belles italiennes garées devant la bâtiment puis allons voir la dame de l’accueil qui nous reçoit comme des clodos en nous disant qu’il y a les canapés pour attendre la visite où bien qu’éventuellement nous avons le droit de nous promener dans le showroom. Car le hall d’accueil n’est ni plus ni moins que le showroom de l’usine. Là, notre guide passe, se présente  et nous salue. Elle nous précise qu’elle attend encore quelques personnes et qu’en attendant nous pouvons essayer les voitures – comprendre monter dedans.
Nous passerons donc en revue toute la gamme Maserati. De la berline Ghibli au vaisseau amiral Quattroporte en passant par le SUV Levante et le coupé/cabriolet Gran Cabrio. Clairement ce sont de belles voitures mais on remarque assez vite qu’on est « une gamme en dessous » niveau finition par rapport à une Ferrari/Lamborghini. Je ne parle même pas de Pagani qui évolue dans une autre galaxie. C’est très flagrant si on regarde les plastiques des commandes sur les volants, ce n’est clairement pas digne d’une voiture à + de 100.000€.  Donc en terme de positionnement, il faut plus voir la marque comme un concurrent des anglais type Jaguar/Aston Martin. Bref les voitures sont présentées dans leur finition les plus hauts de gamme. On le remarque vite grace aux inserts en carbone et aux finitions luxueuse dans les planches de bord et les sièges. De bien belles voitures comme je le disais. Nous ferons de notre propre chef un petit détour dans le showroom où l’on peut choisir ses jantes, son volant, son cuir et sa couleur de peinture. Aurélie a fait son choix, ce sera une Gran Cabrio bleue avec des sièges enveloppants – même si elle trouve le capot interminable.
Là-dessus notre visite commence. Dans le showroom, nous aurons droit à un historique de la marque. Dès le début nous remarquons que la guide galère un peu avec son anglais et nous nous disons que la visite va être très scolaire tant elle semble dérouler son truc comme une récitation. La suite nous le confirmera. Passons. Donc petit historique de la marque, idem pour l’emblème Maserati qui est inspiré par la fontaine que j’ai prise en photo à Bologne. En effet, les frères Maserati sont originaires de Bologne mais se sont installés à Modène. Nous passerons ensuite en revue les voitures présentées. La guide insistera bien le fait que se sont les meilleures finitions qui sont présentées « en témoigne toutes les parties en fibre de carbone ». Alors je dois bien vous avouez qu’en entendant ça, Aurélie et moi nous sommes regardés d’un air entendu et avec un petit sourire narquois et avec la même pensée. « Genre, un spoiler arrière, 2 coques de rétro, 2 poignées de porte, quelques inserts à l’intérieur pour toi ça fait beaucoup de carbone? » Parce que oui quand on sort de chez Pagani ça peut faire sourire. Et sans même aller chez Pagani, sortir de chez Lambo et venir ici pour entendre ça… AHEM. Attention! Je ne suis en rien blasé, c’est simplement que dans ce contexte là, c’était un peu ridicule. Surtout vu l’emphase qu’elle y a mis. Puisqu’on parle de carbone, c’est le seul endroit où l’on nous parlera du prix des véhicules et non, je n’ai toujours pas les moyens.
Une fois cette interminable présentation finie, on nous remet des chasubles blanches du plus bel effet. Là-dessus Aurélie se penche vers moi et me dit « elles sont propres, elles sentent la lessive ». Et ça nous fait rire… Hum, nous voila donc parti faire le tour du propriétaire. Une fois sur le parking, la guide nous explique qu’on ne peut se garer ici que si on a une voiture du groupe Fiat (puisque Maserati appartient à Fiat). Pas sectaire du tout les mecs. Dans un petit hangars sur la droite, je remarque des chassis d’Alpha Roméo 4C – un petit coupé super mignon. La guide nous explique qu’elles sont produites ici, sur la même chaîne que les Gran Turismo et Gran Cabrio. En effet, ne sont produit à Modène que les coupés et cabriolets, les autres modèles sont produits dans le nord de l’Italie (près de Turin si j’ai bonne mémoire), notamment le SUV Levante qui fait 60% des ventes à lui seul. Tout ça pour une histoire de réduction des coûts, Alpha fait produire ici ses 4C, de même que son SUV Stelvio est produit dans la même usine que son cousin Maserati car les 2 voitures ont la même plateforme. Réduction des coûts tout ça…
Nous pénétrons ensuite dans le bâtiment abritant la chaîne de production. Quand on a vu Lamborghini avant, forcément ici l’usine un peu vétuste avec le carrelage au sol, ça fait bizarre. Néanmoins ça reste identique dans les grandes lignes. Les caisses des voitures se déplacent sur une chaîne de poste en poste, chaque poste est minuté et tout est assemblé à la main. Nous avons donc 3 modèles différents sur la même chaîne: les Gran Cabrio/Tursimo et l’Alpha 4C. L’Alpha 4C quitte cependant la chaîne plus tôt puisque moins complexe. En fait, la vraie plus value de cette visite est ce qu’on n’a pas vu chez les autres à savoir le contrôle qualité. Nous pourrons voir les tests en usine, aussi bien le banc d’essai pour la propulsion que le test d’étanchéité. Idem pour l’inspection peinture. Comme je le disais, ça complète ce que nous avons vu chez Lamborghini car nous n’avons vu que la chaîne, hors là on nous a montré la chaîne et la partie contrôle. Très intéressant. On nous a aussi précisé que la validation/certification de chaque véhicule était sous-traitée, un moyen pour Maserati de se dédouaner en cas de problème. Notre ressenti a surtout été que le niveau d’exigence ici, bien que sans doute très élevé, est à des années lumières de ceux de chez Lambo, et je ne parle même pas de ceux de Pagani.
Nous ressortons de là au bout d’une heure. Pas forcément mécontent que se soit fini vu que la guide avait du mal avec son anglais. Nous rendons nos superbes chasubles en échange de quoi on nous remet un bon de réduction de 30% sur la boutique du showroom. C’est gentil mais ça ira. Par contre Maserati fait cadeau des badges visiteurs, une petite attention qui fait plaisir et qu’il n’y a pas eu chez les autres. Nous referons un tour dans le showroom. Aurélie testera la Gran Cabrio. Comme je l’ai dit plus haut, elle valide tout sauf la longueur du capot et les sièges baquets, trop profond à son goût. Si il n’y a que ça…
Nous tomberons d’accord sur le fait que c’était « la visite le plus faible » des 3 mais pas forcément la mois intéressante. Au final, Maserati et Lambo se complètent bien dans ce qu’on y voit/apprend, je mets Pagani à part tellement c’est stratosphérique.
Retour à la Punto, toujours A L’OMBRE, pour un dernier trajet en direction de l’aéroport mais via l’autoroute cette fois.

Le bilan

Comme l’a très justement fait remarquer Aurélie, là nous avons vraiment eu le sentiment d’être en Italie, contrairement à Venise où il y a 6 millions de gens au mètre carré. C’était très sympa et la météo a rendu le tout encore plus agréable.
Par ailleurs tout ce que j’ai vu durant ces 3 jours me confortent dans mon idée qu’en Italie il n’y a que 3 choses qui valent le coup : les vieilles pierres, la bouffe et les voitures (incroyable toutes ces usines de pâtes) ! Pour la mode on repassera vu comment les locaux sont fringuées. Au moins ils sont sympas, très sympas.

Pourri gâté vous dites? Ha mais totalement. Best birthday present EVER!