Japon – Jour 6

Aujourd’hui vous aurez droit à du sanctuaire ostentatoire, un peu de soleil, une pagode, un petit chat, des escaliers, un temple paumé et un fantôme.

Ayest! J’ai enfin fait une nuit de plus de 4h30! En effet, comme il n’y a strictement rien à faire à Nikko, nous ne sortons pas donc je commence à écrire des bêtises plus tôt ce qui fait que je termine aussi plus tôt. Et ça, ça n’a pas de prix. Surtout quand on doit s’enfiler du saumon grillé, du tofu, des légumes cuits dans le lait de soja et en boss final: un oeuf mollet à manger avec des baguettes à 8h du matin. Même pas peur.

Quand J.O. rime avec travaux

Ayant survécu au petit déjeuner japonais de l’hôtel japonais au Japon, nous nous mettons en route pour les sanctuaires qui font la célébrité de Nikko.
Avantage du positionnement de l’hôtel, ils sont à 10 minutes à pied. Inconvénient, c’est dimanche, il y a un peuple infernal dès le petit matin.

Le premier d’entre eux est le Rinnoji. Sauf que voilà, pour cause de J.O. à Tokyo en 2020, il est dans un sarcophage pour rénovation. Nous convenons avec Aurélie de passer au suivant qui constitue le gros morceau de la journée et qui, accessoirement est le sanctuaire le plus dispendieux du voyage avec un ticket d’entrée à 1300 yens/tête (la moyenne est entre 500 et 600). Nous voici donc dans la file pour les tickets du Tōshō-gū, incroyable ce que ça va vite malgré le monde dans la file. Nous passons la pagode et pénétrons dans le sanctuaire. Alors qu’a-t-il de rare pour justifier ce tarif délirant. Premièrement il abrite la tombe du premier shogun du clan Tokugawa, deuxièmement ses bâtiments son parés de nombreuses sculptures en bois dont les fameux 3 singes qui ne voient rien, n’entendent rien et ne disent rien, le nemuri-neko (un chat sculpté qui dort) et pour finir une salle avec « le dragon qui rugit ». Normalement, le nemuri-neko, la tombe du shogun et le dragon qui rugit ne sont accessibles qu’en payant un supplément en plus de l’entrée. Ici dans nombre de temples/sanctuaires abritant des trésors nationaux ou bien des sites classés à l’Unesco, il n’est pas rare devoir mettre au bout pour voir les joyaux. Mais comme le Tōshō-gū est lui aussi en travaux, nous avons eu accès à tout ça sans supplément. Je vais être très honnête, ni la tombe, ni le chat, ni le dragon ne justifie les 800 yens de complément. Je suis même prêt à mettre ma main à couper que si les singes n’étaient pas visibles dès l’entrée, ils seraient dans le supplément mais je digresse.
Reprenons depuis la pagode.
Une fois à l’intérieur du complexe, on entre dans la cour au milieu de divers bâtiments ornés de dorure. Paradoxalement celui qui attire l’attention est celui des écuries car c’est celui sur lequel repose les singes sculptés. Tout le monde se presse pour les avoir en photo. Nous continuons jusqu’à des escaliers bien raides surplombés par une imposante porte richement décorée. A l’intérieur, une salle de prière où l’on doit accéder sans chaussures à l’intérêt limité. Sur la droite de l’entrée de la salle se trouve une imposante file d’attente, je dis à Aurélie que ça doit être la partie avec supplément sauf que tout le monde semble y aller – ce n’est à ce moment là que nous avons compris que tout le site était accessible pour le prix de base. La file avance doucement et je vois que tout le monde lève le nez et joue des coudes pour prendre en photo… je lâche un « putain c’est ça le chat? ». Car le fameux greffier est sur un fronton de porte et doit faire 30 centimètres de long maximum.  En gros on peut passer dessous 20 fois avant de le voir. Ok il est joli et superbement conservé mais je ne m’attendais pas à ça. Bref nous passons la porte, montons des marches et là PAF! File d’attente. Dafuq?  Ha mais c’est qu’il y en a long en plus. Une queue de 80 mètres de long serpente sur un chemin de pierres qui se terminent par un escalier des enfers. Ca avance doucement mais sûrement. Au sommet se trouve la tombe du shogun et ce qui prend du temps, c’est que juste en haut des escaliers, on invite les gens à faire une prière devant je ne sais quelle icône et à lâcher une piécette. Les japs étant superstitieux à un point ahurissant, ils obtempèrent! Si on lâche une pièce à chaque fois qu’on nous le demande à la sortie on a dépensé l’équivalent d’une entrée supplémentaire. Ca plus tous les grigris qui vont avec mais je digresse encore.
Donc la tombe du shogun. Et bien c’est une stèle en cuivre qui trône au milieu d’une cour en pierre. Voila. Encore une fois ça ne justifie pas le supplément. Nous redescendons. La file d’attente pour voir la tombe à tripler de longueur, il semble que nous nous en sortions bien. En redescendant nous constatons qu’il nous reste un talon sur notre entrée et qu’un bâtiment n’a pas été exploré. Nous y allons, enlevons une nouvelle fois nos chaussures. On ne sait pas où on va mais on y va. On nous entasse dans un petit hall puis enfin rentrons dans une salle plus grande avec un sublime dragon bleu au plafond (photo interdite bien entendue). Là un gars explique en japonais et en anglais la particularité acoustique de la salle. Il frappe ensemble 2 morceaux de bois. Ca fait du bruit, normal. Il le fait à plusieurs endroit, rien se passe. Puis quand il se positionne sous la bouche du dragon, le bruit des bouts de bois raisonne de façon étrange. C’est le fameux rugissement du dragon. Impressionnant pour le coup. Nous ressortons assez bluffé par le truc. C’est à ce moment là que j’embarque un passager clandestin, une libellule vient se poser sur mon sac sans vraiment vouloir en repartir.

Après le temple hors de prix, le temple low cost. Le Futarasan coûte 200 yens. Ô surprise, lui aussi est en travaux. Il n’y a rien à voir hormis un petit jardin assez mignon avec tout au fond une espèce de lame de katana géante qui est un enfer à prendre en photo car tout se reflète dedans.
Petite pause sucrerie en sortant car je n’en peux déjà plus. Tandis que j’engloutis mon melonpan, Aurélie enfourne une pâtisserie à base de marron (semble-t-il). Nous filons ensuite vers le Nikkosanrinnoji Taiyuin qui est le dernier gros morceau du jour. Bien entendu le machin est plein d’escaliers et avec la chaleur moite c’est vite pénible. Sans être fou l’endroit est joli. Aurélie part devant tandis que je fais quelques photos, je la vois rentrer dans une salle où il faut se déchausser, ce coup là je passe mon tour et m’affale sur un banc. En sortant elle dit que comme d’habitude, on fait un speech et on invite à lâcher de la caillasse en sortant, sinon en soit la salle n’a rien de fou. Bref nous faisons notre tour tranquillement et une fois sortie se pose la question: « bon maintenant on fait quoi? »
 – il n’est que 13h. Je propose à Aurélie un retour vers le Rinnoji car il y a, si ma mémoire est bonne, un joli jardin japonais avec des carpes. La seule mention des carpes a vendu le truc. Le prix de l’entrée est modique et nous voila dans le jardin. Bien entendu avant de regarder à quoi il ressemble, direction le bord de l’eau pour jouer avec les carpes. Pas folles, elles savent que quand il y a un humain à cet endroit là, il y a 99% de chance que de la bouffe arrive avec. CQFD. Aurélie joue avec les carpes et tentent d’en toucher une ou deux avec succès même si elles sont assez peu fan. Rassurez-vous, nous profiterons aussi du jardin.

Le temple perdu

Une fois sorti de là, la même question que tout à l’heure se repose. Nous décidons d’aller au jardin impérial que nous n’avons pas pu faire hier. Une fois devant nous constatons qu’il faut encore sortir le porte monnaie pour entrer et là c’est non. Nous nous posons sur un banc le temps d’aviser de la situation. Là un petit vieux nous brancher en anglais dans le texte en nous demandant d’où nous venons, si ça nous plaît etc. Il nous précise qu’il vient tous les week-ends à Nikko puis nous remercie d’avoir parler avec lui et tourne les talons.
A ce moment là 3 options s’offrent à nous. Monter au lac Chūzenji en bus, rentrer à l’hôtel, improviser un trip jusqu’à un endroit improbable en espérant tomber sur un endroit sympa. Le lac est éliminé car le temps se couvre et que le trafic routier risque de nous faire perdre beaucoup de temps. L’hôtel… bon voila donc nous improvisons en direction des chutes Shiraito, une petite promenade de 4km allé. Donc retour sur nos pas, repassage devant les sanctuaires et zou direction la petite route qui monte, qui monte encore, qui n’en finit pas de monter, qui… vous avez saisi. Je suis littéralement trempé quand nous arrivons à l’endroit indiqué. Comme je le pensais, la chute est minable MAIS à côté se cache une petite merveille. En effet, un petit temple paumé au milieu de la forêt au sommet d’un improbable escalier (un de plus) s’offre à nous ainsi qu’à quelques autres courageux. En soit il n’a rien d’exceptionnel, c’est son cadre qui fait toute la différence. Et ce calme… ça change de la foule qui parcoure le reste de la ville.

Nous redescendons pour où nous sommes venus: la petite route. Quand une voiture passe et que nous nous mettons sur le bas côté pour lui laisser le passage, le conducteur ou son passager disent 15 fois merci. Nawak. Ce coup là, retour à l’hôtel. Il est 15h40, nous sommes cuits. Tandis qu’Aurélie monte, je me bats avec le wifi de l’hôtel. C’est là que je me fais alpaguer par la même mamie qu’hier qui me demande à quel horaire nous voulons dîner, idem pour le petit déjeuner. Dans le doute je donne les mêmes heures. Ensuite je me fais embarquer pour un café offert par la maison. Je réintègre la chambre que 25 minutes plus tard, Aurélie ne s’est même pas inquiété de savoir ce que je faisais. Madame c’est fait son petit thé et a fait sa vie. Tssss. Tandis que madame retournera au bain public, j’irai faire le ravito pour l’apéro. Finalement nous nous poserons un moment devant un tournoi de sumos à la télé en attendant le dîner.
De ce côté là, c’est le même cirque qu’hier soir. Mamie déboule avec ses plateaux, nous explique ce qu’elle sauce va avec quel plat, allume les blocs chauffant et roule poupoule. Ce soir au menu: shabu shabu, sashimi non identifié, tempuras, légumes non identifiés, poisson non identifié, crevettes et fruits non identifiés. Une fois le dîner terminé, nous remercions notre mamie et tentons de lui expliquer c’était très bon. Pas certain qu’on se soit bien compris. Idem quand elle s’est excusée de ne pas parler bien anglais et qu’Aurélie a tenté de lui dire que c’est nous qui devrions parler japonais – la trad’ instantanée de Gogol montre ses limites. Pas grave. Là-dessus, Pif et Hercule sont de retour pour une installation express des futons. Comme il est 19h45, l’option du dodo est vite mise de côté au profit d’une sortie nocturne pour tenter de profiter des éclairages sur les sanctuaires.
J’aime autant vous dire que le dimanche soir à Nikko, il y autant d’ambiance que dans une maison de retraite un jour de canicule. La grande allée menant aux sanctuaires qui ce matin était pleine de monde nous appartient. Bon par contre les éclairages attendus ne sont à pas au rendez-vous. Je tenterai quelques photos aux résultats douteux avant d’en obtenir une ou deux correctes. Sur la dernière, je me suis débrouillé par faire apparaître dessus le fantôme d’Aurélie. Si si regardez bien 🙂

Là-dessus, je vous laisse, mon futon de l’amour me tend les bras. Nous aurons besoin de force car c’est le « vrai » début de la grande aventure. En effet, à partir de demain, pour Aurélie et moi c’est 100% découverte, fini les endroits déjà vus. Ça promet. D’autant qu’il y aura pas mal de train au programme et là pas question de blâmer l’agence, c’est bibi qui a fait le travel planner. Bouya.

HA au fait, j’ai récupéré mon prénom à l’hôtel: terminé Nicolos. Ils ont du voir qu’il y avait une faute de frappe. Ou alors que nous étions mort de rire chaque fois que mon nom apparaissait quelque part.