Japon – Jour 14

L’avantage des typhons, c’est qu’ils nettoient le ciel donc ça veut dire que normalement il fera beau jusqu’à la fin du séjour. Normalement.

Une nouvelle fois, je vais commencer par hier soir et pas par ce matin parce que pendant la nuit, il s’est passé des trucs. Rigolos ou pas, c’est une question de point de vue.

Le retour du plic ploc

Hier, après une journée très remplie (SIC), nous avons passé une partie de la soirée devant la télé en zappant entre un spectacle de Kabuki (aussi passionnant qu’Arte à 3h du matin), les chaînes d’infos qui enchaînaient les duplex inutiles en direct sous la pluie et des combats de MMA où les mecs finissaient régulièrement en sang. Formidable soirée en attendant que dehors les éléments se déchaînent. J’avoue que sur le coup de 23h quand nous sommes montés nous coucher, le temps n’était pas terrible mais pas de quoi s’en relever la nuit. Expression qui prendra tout son sens sur les coups d’une heure du matin quand nous serons réveillés par un plic ploc insistant sur le plafond de la chambre. Une fois la lumière allumée nous voyons une, deux, trois puis 4 tâches d’humidité se former le plafond. BON. Nous décidons de prendre nos matelas et de les déplacer dans l’autre chambre histoire d’éviter, dans le pire des cas, que ça nous tombe dessus. Enfin surtout sur Aurélie vu que son était juste en dessous. Aurélie qui non sans humour fera remarquer que nous avons un abonnement avec les plafonds japonais après celui de la concession Pagani. Donc nous nous réinstallons tranquillement et jetons tout de un oeil dehors. Ce n’est plus la même histoire. Ca souffle très très fort, ça déverse tout aussi fort, en bref il vaut mieux être dedans que dehors. Impressionnant. Ca m’a fait penser à la tempête de 1999 en France, en plus puissant encore. Dire que nous n’étions pas sur la trajectoire direct du machin…

Ce matin au réveil, le ciel est encore un peu gris, il y a quelques rafales gentillettes mais dans le décor rien ne laisse penser que cette nuit un typhon est passé par là. Nous prenons notre de petit-dej devant les infos, hormis quelques images de gros dégâts dans le sud de l’île de Kyushu, à priori tout est normal. Par contre, ils commencent à parler du typhon 1825, petit frère de celui qui nous est passé dessus hier soir et donc je parlais hier. A prior sa trajectoire sera un peu différente et il devrait filer vers Taïwan au lieu de remonter sur le Japon. Il est attendu là-bas pour vendredi ou samedi. Je ne veux aucun mal aux taïwanais mais si ça reste comme ça, ça nous arrange.

Le train sifflera trois fois

Hier soir, malgré les intempéries, nous avions décidé de ne pas changer nos plans et de partir pour prendre notre train comme si de rien était. La « travel angel » nous avait proposé de nous réserver un taxi pour la gare, offre que nous avons décliner pour faire le trajet à pied. Encore. Mais comme ce matin il fait bon, le chemin est agréable.
Une fois à la gare, pas de rush particulier, les gens font leurs petites affaires, idem dans les rues. Comme si le passage d’un typhon dans le coin était routinier. A moins que ça ne le soit. Bref, premier réflexe, aller voir si la ligne Hokuriku est active ce matin ou pas. Notre train Thunderbird à destination d’Osaka prévu pour un départ théorique à 9h04 n’apparaît nulle part. Mais un autre Thunderbird est indiqué pour 9h54. Nous en déduisons que les trains roulent mais qu’ils ont dû en supprimer pour avoir le temps d’inspecter les voies. Ca nous laisse donc une grosse heure trente à tuer avant de prendre le train. Nous ferons un petit tour dans la gare avant de finalement nous décider à monter sur le quai 40 minutes avant l’heure. Que le bonne idée ce fût! En arrivant sur le quais, ce dernier était déjà bien rempli et il y avait déjà des gens en train d’attendre pour monter dans les voitures à place non réservées. Nous nous mettons à peine dans une file que le train arrive. Les portes s’ouvrent, nous nous trouvons 2 places et voila! Nous sommes dedans! Avec 35 minutes d’avance. Il fallait voir les mines dépitées de ceux arrivant au dernier moment et découvrant un train archi plein. Train qui partira d’ailleurs 2 minutes en retard, les chefs de quai laissant un peu de rab’ aux retardataires – notamment les touristes avec des valises. Mais comme le train est plein, ils voyageront debout sur les plateformes entre les wagons. Le coup des files d’attente sur les quais et des mines déconfites à la vue du train se répéteront à quasiment chaque arrêt. Ceci étant dit, c’est normal puisque notre Thunderbird 54 est le premier de la journée à relier Kanazawa à Osaka alors qu’en temps normal, il y en a au moins 3 avant.
Pour la petite histoire, le train fera une halte à Komatsu. Ville qui a donné son nom à la marque d’engins de chantier qu’on peut voir partout dans le monde. Depuis le train j’ai pu apercevoir un de ces gigantesques camion bennes qui sont utilisés dans les mines à ciel ouvert. Ce truc est vraiment énorme. Quant au trajet jusqu’à Kyoto, il se fera tranquillement malgré les gens debout dans l’allée et le mec qui ronfle bruyamment 2 rangées devant nous.
Seule concession faite au typhon, après analyse sur Gogol Carte, le train n’a pas pris sa ligne habituelle qui longe le lac Biwa par sa rive Est mais une ligne qui passe par la rie Ouest. Tant mieux c’est plus rapide et aussi plus joli.
La suite ce soir en direct de Kyoto.

On l’a dans le Gion

Une fois sorti de la gare qui grouille de français (beurk), nous reprenons notre rituel qui consiste à nous rendre à l’hôtel à pied au lieu de prendre les transports en commun. Hein parce que ce n’est pas comme si on avait un arrêt de bus au pied de l’hôtel… Une fois sur place, on nous explique la chambre ne sera pas prête avant 15h et que nous devons aller faire un tour. Nous voici donc parti pour la principale artère commerçante de la ville. Bien entendu, ça grouille de monde. Comme je lui avais promis de l’emmener au resto de sushis dont je lui parle depuis tellement longtemps, nous nous mettons en route. Je retrouve le premier de mes points de repère, puis le second puis… HO PUTAIN! Y’a un foutu magasin Uniqlo de ses morts à la place de mon resto. Grand moment de détresse. J’aurais ensuite la sensation d’errer comme une âme en peine suite à ce désastre. Le petit tour dans la galerie marchande autrefois si sympathique confirmera l’étendue des dégâts. Les petits magasins ont laissé la place à toutes les chaînes qu’on trouve dans toutes les villes du monde. Kyoto c’est comme Tokyo, tout ce qui faisait le dépaysement de l’endroit est en train de foutre le camp. Quel intérêt de venir acheter son parfum ici puisqu’il sera de toute façon au même prix qu’à la maison? Le monde s’uniformise à tel point que ça en devient dramatique. Tout ça pour dire que nous avons terminé dans un resto de sushis. Certes il y avait le petit tapis roulant qui amène les plats etc mais ce n’était pas pareil. En sortant de là nous nous mettrons en quête d’un endroit pour acheter des cartes bus que nous ne trouverons jamais ce qui nous fera revenir à l’hôtel pour prendre possession de la chambre.

Une fois installé, nous décidons d’aller au Kyomizu, célèbre temple sur les hauteurs de la ville. Bien entendu nous irons à pied, parce que les bus c’est pour les faibles. Ou peut-être aussi parce que c’est le moyen le plus rapide. Comme nous sommes à Kyoto, il n’est pas étonnant de trouver une importante masse de touristes dans les alentours du temple, étonnamment beaucoup moins dans le temple. Pourquoi? Parce qu’il est dans un P****N de sarcophage pour rénovation. Décidément ce n’est pas ma journée, après le resto, c’est un de mes endroits favoris qui se retrouve pourri. Ceci étant dit, le fait qu’il n’y ait pas trop trop de monde et surtout le choix ultra lucide de venir autour de 16h30/17 nous permet d’avoir une lumière sublime sur l’endroit.
Une fois terminé notre tour, nous errerons dans le quartier, tournant au hasard dans les ruelles pour finir au temple Yasaka-Jinja à la nuit tombée. Un endroit tout mignon avec ses lampions, ses touristes idiots qui mettent le flash et un petit chat qui se faufile entre les pierres. Un endroit très sympa et facilement accessible qui nous permet de revenir exactement là où nous étions ce midi. Sauf qu’au lieu d’y aller tout droit, nous tournions dans Gion, le quartier des geishas et des maisons de thé. Nous avons fait quoi? 20 mètres dans la rue que 2 geishas sortent comme des fusées d’une maison, passent juste sous mon nez sans que je m’en rende compte et filent dans une ruelle sans que personne n’ait eu le temps de dégainer son appareil. Quelques mètres plus loin, nous voyons des taxis amenés des gens endimanchés dans un endroit qui a l’air chicos. Tandis que je regarde à droite Aurélie de l’autre côté me fait de grand signe. Le temps que je percute, la geisha numéro 3 est rentré dans le bâtiment. Et la cerise sur le gâteau, nous faisons demi-tour dans la ruelle, un taxi passe… temps de réaction proche de la bêtise, 2 de plus qui me passent sous le nez. Ca nous fait donc 5 geishas en moins de 15 minutes – ce qui est exceptionnel quand on sait à quel point il est difficile d’en voir à Kyoto – et pas une seule photo. Tout va bien, je ne suis ni frustré, ni en colère nie rien fait. J’atteins juste un nouveau palier de « blasitude ».

Après ça, Aurélie qui ronge son frein depuis notre arrivée dans l’attente de trouver une glace au matcha à tarif abordable fini par sauter le pas.  Ensuite nous ferons des tours, détours et contours pour trouver à manger puis retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil qui ne sera pas cette fois interrompue par un plafond humide ou un typhon. Non là ce sera juste le ding dong de l’ascenseur sur le palier. Ou le mec d’à côté en train de pisser.
Pour finir, une anecdote rigolote. Dans la galerie j’ai mis une photo d’un taxi avec un trèfle à 3 feuilles sur la porte. C’est l’emblème de la compagnie de taxi Yasaka. Parmi leur flotte, 4 taxis ont un trèfle à 4 feuilles sur la porte car cela porte chance et procure le petit bonheur d’avoir une grosse réduction sur sa course.
C’était la minute du professeur Pédoncule.
A demain pour une nouvelle anecdote inutile.