Nouvelle Zélande – jour 9

Une fois n’est pas coutume, ce matin en ouvrant les rideaux, l’océan était toujours là mais le soleil s’était fait la malle et la voiture indiquait une température de 9°. Sur la côte Ouest ils appellent ça un « nothing day », un jour où tu ne fous rien.

Une fois de plus, le petit déj’ est destructeur. Je me suis laissé convaincre d’abandonner les oeufs brouillés pour des pancakes aux cranberries. J’ai cru décéder en arrivant au bout du second.
Comme aujourd’hui nous n’avions rien à faire à part de la route, nous avons pris notre temps. Départ à 10h, après les mamours d’usage aux 2 chiens de la maison et les remerciements auprès de la patronne. Départ sous la pluie donc, pluie qui nous suivra pendant les 2/3 du chemin en direction de la baie d’Abel Tasman – celui qui a donné son nom à la mer de Tasman qui sépare l’Australie de la Nouvelle-Zélande ainsi qu’à la Tasmanie et accessoirement découvreur du pays. Sur la route nous passerons au Cap Foulwind, qui fut le lieu par lequel James Cook arriva pour la première fois en NZ. Le reste du chemin est anecdotique. De la route de montagne, des virages toujours aussi serrés et un pont suspendu, la routine.

Pas vu, pas pris

Oui mais voilà, ici même quand il ne se passe rien, il se passe toujours quelque chose.
Les 3/4 quarts du chemin accompli, les routes étant redevenus un peu plus droite, je me suis autorisé une petite pointe au-dessus de la vitesse autorisée – pour mémoire ici c’est 50 en centre ville, 80 en traversée d’agglo sur les State Highway et 100 le reste du temps avec une tolérance jusqu’à 110 en semaine (ne me demandez pas pourquoi). Bon disons que j’étais à plus de 120 mais à moins de 140 – de quoi me prendre une valise à 450NZ$ minimum. Et voilà qu’au détour d’un virage, nous voyons apparaître au milieu de la ligne droite suivante, la maréchaussée locale avec un agent au milieu de la route.

*je laisse un petit blanc pour ménager le suspens*

« Bonjour Monsieur, nous contrôlons la validité des vignettes sur les véhicules. »
« Bonjour, nous avons une voiture de location. »
« Ha, c’est une voiture de location? Donc elle est forcément en règle! Merci de vous êtres arrêter et bonne journée ».
Le truc fun, c’est que non seulement ils sont charmants mais qu’en plus ils sont à la cool car pendant que la fliquette nous contrôlait, son collègue se soulageait dans le buisson derrière leur voiture. Inutile de dire que sur la fin du trajet, le régulateur était calé à 100km/h tout rond.
Petite pause à Motueka, qui marque notre retour « à la civilisation », comprendre par là qu’il y a des rond-points sur les routes, un McDo, un KFC et un supermarché. Nous en profitons pour faire un tour au iCentre, l’équivalent de l’office du tourisme local. Très pratique, il y en a partout dans le pays, ils donnent toutes les infos nécessaire sur la région ainsi que des cartes et des brochures sur les activités. Là en l’occurrence nous avons demandé le temps de trajet jusqu’à Blenheim car il y a un musée d’aviation que j’aurais vraiment aimé voir. Sauf que 3h30 de trajet rien pour l’allé (soit 7h A/R) juste pour le musée, non seulement ça flingue la journée mais ce n’est pas très sérieux du stricte point de vue de la conduite. Tant pis pour la collection d’avions de Peter Jackson.

Vos papiers SVP

Après le stop à l’iCentre, nous faisons les 13 derniers kilomètres qui nous séparent de Kaiteriteri et de notre hôtel. Oui pas de B&B ce soir mais le Kimi Ora Spa Resort. Enfin quand je dis hôtel… disons un ensemble de bungalows tout équipé, installés à flan de colline avec, dans notre cas, une vue directe sur la baie d’Abel Tasman (voir les photos de nuit dans la galerie). Si la vue est extra, pour la déco on repassera, le lambris c’est comment dire? Au mieux has been au pire immonde. Quant au côté fonctionnel, il y a des prises de courant à des endroits improbables ou des lampes qui éclairent partout sauf là où il faut. ‘fin bon, ça ne va pas empêcher le soleil de se lever demain matin!
Comme nous ne sommes qu’à la moitié du séjour et que nous avons désintégré notre budget au 2/3 (ma faute, j’ai mal calculé le prix des pleins d’essence), nous décidons de profiter de notre kitchenette pour économiser quelques $$$ et nous faire notre tambouille. Retour donc à Motueka, au New World local (la chaîne de supermarché qui affiche à l’entrée de chacun de ses magasins « Proudly 100% New Zealand owned & operated »). Le premier truc dans le panier est évidemment la bière! Nous jetons notre dévolu sur la Mac’s Great White, déjà testé à Te Anau. En fait nous avons testé à peu près toutes les variantes de chez Mac’s donc nous n’avions que l’embarras du choix. L’autre bière locale testée, la Steinlager, étant une infection et vu qu’il était hors de question de se taper une Becks ou de la Bavaria… Bref. Direction ensuite le rayon viande pour 2 beaux « rump steaks », cascade culinaire ensuite avec des pâtes au fromage en conserve et bien entendu, le pot de glace « Maple & Walnut ». Pas la peine de préciser que celui-ci est passé de vie à trépas devant un épisode des Experts Las Vegas – première fois que nous allumons la télé en NZ et probablement la dernière vu qu’on y voit exactement les mêmes merdes que chez nous.
Ha j’oubliais, la petite « chips » du jour. En arrivant à la caisse du supermarché, nous vidons le panier sur le tapis et je pars déposer ce dernier derrière les caisses. Là-dessus, une responsable du magasin arrive et demande une pièce d’identité à Lucille qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Je reviens, la dame me regarde et me demande si c’est moi qui paie? Je réponds que oui et elle repart. Le pourquoi de ce mic mac? La vente d’alcool est interdite au moins de 25 ans en NZ – et tous les commercent vendant de l’alcool contrôlent systématiquement l’âge en cas de doute. Lucille ayant plus de 25 la question ne se posait pas mais comme la responsable a eu un doute… Bon sauf que c’est comme aux USA, c’est-à-dire un peu hypocrite. Pour Lucille il faut montrer patte blanche alors que si c’est moi… Et la caissière de plaisanter juste après « Elle a l’air contente qu’on lui dise qu’elle a moins de 25 ans! » et moi d’en rajouter « Oui mais ne dites à personne qu’elle en a plus ». Bien entendu Lucille a capté qu’on se moquait gentiment d’elle mais pour une fois elle s’en foutait parce que quelqu’un a cru qu’elle avait moins de 25 ans.
Donc souvenez-vous, en NZ: achat d’alcool 25 ans, permis de conduire: 21 ans et taux limite d’alcoolémie: 0,8 grammes. Et vu les routes du coin, conduire avec 0,8 grammes dans le sang, c’est vraiment avoir envie de faire ses cascades soit-même.

PS: je vous ai dit qu’à Kaiteriteri, il faisait grand soleil et 27° quand nous sommes arrivés? Non? De rien!

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