Hawaii – Jour 2

Il y a le ciel, le soleil et ta mère. Hé ouais.

La vie étant un éternel recommencement, ce matin nous émergeons sur les coups de 7h. Point de Wailana café aujourd’hui mais un troquet pas loin de l’hôtel qui fait du bio hawaïen.  Donc ça veut dire fruits à gogo. Perso j’opterais pour la version tartines avec banane et chocolat alors qu’en face le bol de fruits sera très très conséquent.

Nous retrouvons ensuite avec joie la voiture exactement là où nous l’avions garé hier. C’est tellement le foutoir pour se garer ici que ça en devient stressant. Je n’avais même pas quitté la place qu’une voiture était déjà dans mon pare-choc pour se garer. Ville de dingues. Nous prenons ensuite la route en direction de la côté nord de l’île: le North Shore. Le trafic pour sortir d’Honolulu est dense mais ça roule. Amusant de voir que les locaux sont assez disciplinés sur la route là où chez nous tout le monde se mettrait copieusement sur la tronche pour passer. A noter aussi qu’ici le casque n’est pas obligatoire pour les 2 roues. Autant dire que les mecs en Harley se font très très très plaisir. De même que les loueurs de voiture vu le nombre ahurissant de Mustang cabriolet au mètre carré. C’est bien simple il y en a tellement qu’on finit par ne plus les remarquer.

The pipe

Mais revenons-en au North Shore. Au niveau de Wahiawa, l’autoroute devient une nationale et serpente sur un plateau au milieu des hautes herbes avec à gauche, une vallée puis des montagnes superbes, à droite des herbes à perte de vue et droit devant: le Pacifique. Il est vraiment dommage de ne pas avoir pu s’arrêter pour immortaliser ça (se sera d’ailleurs le cas plusieurs fois aujourd’hui hélas) tellement la vue est superbe. La route descend vers la côte en serpentant à flan de colline avant que nous ne prenions sur la droite pour stopper dans un petit bled dans lequel se trouve un vendeur de glace réputé. En effet, d’après tous les guides touristiques de l’univers connu, il faut s’arrêter chez Matsumoto pour manger une shave ice. Une shave ice c’est quoi? C’est de la glace pilée sur laquelle on verse du sirop de fruit. Pourquoi celle-là est meilleure que les autres? Mystère, parce que c’est vraiment dégueulasse en plus d’avoir des couleurs radioactives. Toujours est-il que les ‘ricains en raffole, de même que le demi-million de japonais qui se sont arrêtés en même temps que nous.
Nous reprenons ensuite la route pour quelques kilomètres afin de stopper dans l’un des hauts lieux du surf mondiale: Pipeline. Vague mythique du North Shore d’Hawaii, si il y a un endroit où tu t’arrêtes pour mettre les pieds dans l’eau: c’est ici. Sitôt dit, sitôt fait. Le temps de descendre la très raide plage et paf! Les pieds dans l’eau. Et ENFIN CA Y EST: j’ai trouvé un endroit où le Pacifique est chaud! Quatrième tentative tout de même (après la Californie, le Japon et la Nouvelle-Zélande). Et pour être chaud il est chaud, tellement chaud qu’Aurélie sautera dans son maillot de bain pour aller faire trempette malgré les rouleaux. Certes ils ne sont pas aussi gros que quand il y a les compétitions de surf, n’empêche que la force de cette vague qui vient se fracasser sur la plage est prodigieuse. Mon appareil photo a bien failli découvrir le goût de l’eau de mer. Voila, sinon l’endroit est beau. On resterait là simplement « parce que » mais nous avons encore un peu de route à faire.

Bienvenu à Galaswinda

Prochain arrêt: le Polynesian Cultural Center. Sur le papier, c’est un lieu qui a pour but de rassembler et promouvoir la culture des peuples du Pacifique à travers la reconstitution  d’habitats traditionnels ainsi que la présentation de certaines traditions locales. Voila pour la théorie, dans les faits, c’est une sorte de Disneyland polynésien.
Premier lien avec Mickey: le prix de l’entrée. Le ticket de base est à 60$ et on vous invite vivement à prendre des options supplémentaires type guide personnalisé, etc. Le but du jeu étant de vous faire prendre le package comprenant la visite, le guide ainsi que le dîner spectacle qui est censé être le clou de la journée. Sans faire le pingre, ça met l’addition à pas loin de 120$/tête, faut quand même pas pousser. Nous nous en tiendrons donc au ticket de base, ce qui a visiblement contrarié la caissière qui avec nous, ne fera pas ses objectifs de vente du jour. En revanche, il y a un truc qui est inclus et qu’on vous invite à faire dès que vous entrez dans le parc: c’est de prendre la navette pour aller voir le temple. Celui des mormons… car se sont eux qui ont financé la création du P.C.C. en 1963.
Donc le lieu en lui même est une espèce de parc sur le thème des cultures polynésiennes. Si par endroit, le décor fait vraiment Mickey tellement c’est en toc massif, d’autres sont plus proches de la réalité comme le village néo-zélandais. On trouve un village par grand courant culturel: nous croiserons donc du tongiens, du samoans, du fidjiens, du tahitien (en français dans le texte), de l’hawaïen et du maoris. C’est d’ailleurs avec eux que nous avons commencé. Globalement, le schéma est toujours le même, à une heure précise, dans un village, des gens du cru (d’authentiques maoris si on reste sur la NZ) font une démonstration de chants et de danses traditionnels tout en expliquant la signification que cela revêt pour eux. La démonstration est sympa, dynamique et dure une grosse vingtaine de minutes. Ensuite on passe au village suivant jusqu’à avoir fait le tour du truc. En soit, ce n’est pas mal pensé, et ça permet d’éviter d’avoir tout le monde au même endroit au même moment car les représentations sont à intervalle régulier. En ce qui nous concerne, nous enchaînons ensuite sur les Fidji. La présentation est rigolote, plutôt interactive et se termine par une séance photo avec les protagonistes du show pour ceux qui le souhaitent. A côté des représentations, il y a aussi des activités annexes propres à chaque village – j’y reviendrai.
En milieu d’après-midi, il y a sur l’espèce de canal qui parcours le site, une sorte de parade où chaque village fait une mini représentation devant tout le monde. Sans être foufou, ça permet de voir un condensé de chaque culture et aussi de commencer à mettre le doigt sur ce pique dans ce petit paradis polynésien.
La chose nous avait déjà effleuré lors de la présentation fidjienne, elle s’est confirmée ici: il n’y a en fait rien de spontané. Tout est appris par coeur et débiter avec plus ou moins de conviction et le sourire de façade qui va bien. Certes ils sont tous « 100% d’origines », tous très fier de leur culture mais ça me fait mal pour eux de voir certains être obliger d’en faire des caisses pour amuser la galerie. Les pauvres tongiens réduits à faire faire de la merde à un public donc la capacité de réflexion est aussi faible qu’il est nombreux. « Allé! Tous avec moi: PROUT » et tous en coeur « PROUT ». Et maintenant vous mettez un doigt dans un orifice de votre voisin et vous le sentez 2 fois… On en est donc là, à faire du prédigéré pour amuser un public qui a claqué moult dollars pour pouvoir se faire prendre en photo avec un mec en pagne. Ca plus le fait que les gens du parc son constamment sur votre dos si vous n’êtes pas en groupe et que vous êtes arrêtés là comme ça. Pour eux, automatiquement ça veut dire que quelque chose ne va pas et que vous êtes perdu. Foutez-moi la paix!
Ceci étant dit et au-delà de l’aspect fête à neuneu dans le Pacifique, il y a quand même des choses à apprendre. Si on va un peu à contre courant du truc et qu’on discute hors « attraction » avec les différents protagonistes, le masque tombe un peu et il y a de belles découvertes à faire – je pense ici à la conversation avec la dame qui tresse des paniers. J’en ai parlé vite fait avant, il y a quelques activités annexes à côté des représentations et c’est là sans doute la partie la plus intéressante du truc. Les fidjiens nous ont expliqué leur technique ancestrale pour faire de l’huile de coco, démonstration à l’appui, les hawaïens montrent comment ils exploitent le taro ou bien font des paniers avec les feuilles des arbres locaux. Ca c’était intéressant et ça méritait plus qu’une table posée dans un coin.
Tout ça pour dire que nous sommes sortis de là un peu mitigé. Pas déçu mais pas emballé non plus.

Ha et pour la petite histoire, c’est au P.C.C. qu’Elvis a tourné ses 2 films se déroulant dans les îles. C’est vous dire la fidélité des reproductions (OU PAS).

Le miracle

Comme il est déjà tard (un peu plus de 17h), nous nous rentrons gentiment via la route côtière. Elle court le long de l’océan et par endroit ce dernier est littéralement à 2 mètres du bord de la route.
Le paysage change au fur et à mesure que nous nous rapprochons d’Honolulu, de même que la météo. Le grand soleil de ce matin a laissé la place à un ciel nuageux dès que nous avons quitté le North Shore pour la côte Est de l’île. Nous prendrons même une averse de type hardcore avant de prendre le tunnel nous ramenant vers la grande ville et le soleil. En gros, mieux vaut ne  pas habiter sur la côte Est d’Oahu, il y fait gris et les nuages restent bloqués sur les montagnes côtières. Ceci dit, ça donne des paysages et des lumières sublimes. La route est un vrai régal pour les yeux par endroit. A d’autres ednroits c’est moins glamour, ça met aussi en exergue (mot compte double) les disparités de niveau de vie sur l’île.
Et puis en arrivant près de l’hôtel, il y a eu cet instant de magie durant lequel le temps se fige et paraît durée une éternité. Je parle bien entendu du laps de temps entre le moment où j’ai vu cette voiture quittée une place de parking et celui où je me suis engouffré dedans… et tout ça, en arrivant comme une fleur. PAF! Garé du premier coup! Un bon créneau à la parisienne, où comment mettre une grosse voiture dans l’emplacement d’une plus petite.

Sur ce je vous laisse, il y a l’intégrale Star Wars à la télé – 1 épisode tous les soirs jusqu’à dimanche où ce sera la première diffusion à la télé de The Force Awakens *joie*