Hawaii – Jour 6

Là tout de suite maintenant, je suis assis dans un canapé qui trône au milieu d’un salon de 45m², les pieds posés sur une table basse avec Star Wars à la télé. On n’est pas bien là, hein?

Mais avant d’expliquer le pourquoi du comment du canapé, il faut commencer par le commencement.

Vapeurs matinales

Comme nous sommes décidément très matinaux, la faute à un décalage horaire pas totalement digéré, nous quittons l’hôtel de bonne heure car non seulement nous voulons profiter du parc encore et peu mais aussi parce qu’il y a un peu de route à faire aujourd’hui – dans les 96 miles si ma mémoire est bonne.
Hier dans la cabane des Rangers, j’ai repéré qu’il y avait des choses à voir sur l’autre partie de Crater Rim Drive. Pour faire simple, au lieu de partir à droite comme hier, nous sommes partis à gauche ce matin. Si j’ai bien compris ce qui se disait hier, il y a là les premières choses à voir quand on arrive dans le parc au lieu de foncer tête baissée dans les chemins de rando. A ce sujet, Aurélie a fait quelques recherches et les chemins que nous avons pris hier sont classés en difficulté « moyenne » et « difficile ».
Nous voici donc en route pour les puits de vapeurs qui se trouvent, littéralement à 500 mètres de l’hôtel. C’eut été bête de ne pas y aller. Dans les faits se sont justes 2 trous dans le sol qui crachent de la vapeur chaude. Il y en a d’autres dans le secteur mais ceux-là on été rendu facilement accessible pour d’évidentes raisons de sécurité.
Nous reprenons la route en direction de l’observatoire qui se trouve au bout de Crater Rim Drive. Après il n’y a plus rien si ce n’est le cratère. L’avantage d’avoir été un peu matinale, c’est que les nuages ne couvrent pas encore le volcan et qu’on voit extrêmement bien ce dernier. En effet, au bout de la route, on se trouve à un peu moins de 700/800 mètres du machin et la vue est incomparable. En partant de l’hôtel, nous avions jeté un coup d’oeil sur le cratère, c’était dégagé mais ça se couvrait, 6 km plus loin au bout de la route, c’est parfaitement dégagé, c’est fou comme la topographie du lieu influe sur le temps. C’est même tellement dégagé que nous avons une vue parfaite sur le Mauna Loa, le troisième volcan de l’île et accessoirement seconde plus grosse montagne du monde puisqu’il trouve sa base à 11km sous l’eau – la plus haute étant le Mauna Kéa avec 13km.

Beaching around

Direction ensuite Punalu’u Beach, aussi connu sous le nom de Black Sand Beach où, comme le nom l’indique, le sable est noir de chez noir. Sans trop m’avancé, en regardant bien il ressemble à de la lave passée à la lessiveuse. Après avoir fait le tour du propriétaire, ce qui nous a bien pris 10 minutes, retour en voiture, avec changement de chauffeur au passage, et en route pour South Point Road. Encore une fois le nom est explicite, il s’agit de la route qui mène au point le plus au sud des USA. Hé oui, la pointe sud l’île d’Hawaii est l’endroit le plus bas des 50 états. Accessoirement la route donne aussi accès au chemin qui mène à la Green Sand Beach.
Attention drama en approche.
Une fois au bout du bout de la route, Aurélie gare la voiture. Là, un type vient à notre rencontre et nous demande si nous allons à Green Sand Beach, Aurélie répond oui, ce à quoi le type répond en demandant si nous voulons qu’il nous y dépose en 4×4 moyennant quelques $$$. Elle répond que non, que nous irons à pied. Et nous, innocent que nous sommes, partons les mains dans les poches sans nous douter du traquenard. Car si le gars est venu nous demander si nous voulions qu’il nous y dépose, ce n’était pas par hasard. En réalité cette putain de plage est au bout du monde, il faut une bonne heure de marche pour l’atteindre et le chemin est tout sauf une partie de plaisir. Soleil en mode « pas content » et vent dans le pif inclus. Sachant qu’en plus, le petit déjeuner de ce matin avait été plus que sommaire, quand enfin nous l’avons vu, c’était limite le soulagement parce qu’après le trek de la veille, nous étions un peu sur les rotules.
La plage en question est située dans une crique et son accès, en plus d’être compliqué, devient carrément hardcore car il faut descendre le long de la falaise pour l’atteindre. Ca commence pour une espèce d’escalier pour descendre les 2 premiers mètres, puis c’est ensuite une chemin très sommaire creusé dans la roche qui permet l’accès. C’est étroit, ça glisse et on est content d’arriver en bas sans y avoir laisser une cheville. Quant à la plage en elle même, elle est toute petite, des gens s’y baignent, ce qui me paraît plutôt dangereux étant donné la force de la houle et la proximité des rochers. Sinon c’est joli, le sable est vert foncé, ultra collant et très humide. On y resterait volontiers un long moment mais comme le soleil tape et qu’il y a une heure de marche jusqu’à la voiture…
Je suis complètement au bout de ma vie en arrivant à la bagnole, je crève de soif mais en plus j’ai faim. Heureusement que nous avions de l’eau parce que sans ça c’était la fin du monde.

Du grand et du gras

1h10 de route plus tard, nous arrivons en vue de Kona, notre destination du jour.
Là nous trouvons sans souci notre logement pour les 3 jours qui viennent. Je dis logement car nous ne sommes pas à l’hôtel, non non… nous sommes dans une sorte de résidence avec moult petits bâtiments de 8 appartements chacun. Le notre est en rez-de-chaussée avec accès direct à la piscine depuis la terrasse, le golf est juste derrière, les terrains de tennis à 5 minutes à pied et la voiture à une place de parking rien qu’à elle et en plus A L’OMBRE. Et l’appart’? Ho du grand nawak. Le salon fait pas loin de 45 mètres carré – mon appart’ entier y tient sans problème. Il y a le fameux canapé, une télé, des fauteils, une table pour dîner, à côté il y a un cuisine toute équipée (plaques, four, micro-onde, lave-vaisselle, vaisselle – les produits de base sont fournis, la salle de bain je n’en parle même pas tellement c’est confort et puis il y a une chambre avec lit queen size, grand dressing et télé. Enfin comble du luxe, il y a également lave-linge et séchoir. Inutile de préciser que tout a été mis à contribution dès notre arrivée: une petite lessive histoire d’être présentable, quelques courses au supermarché d’à côté et ensuite plouf! Piscine.
Ensuite j’ai fais mon gros devant la télé avec un verre de coca, des m&m’s au beurre de cacahuètes et je vous ai dit qu’il y avait Star Wars à la télé? A côté de ça j’ai tenté de regarder un match de foot. Je ne sais pas comment font les gens ici pour ne pas péter les plombs tellement il y a de pubs pendant un match. Ca m’a gonflé, j’ai tenté ma chance sur la course de Nascar du jour, la même. Inregardable. Là, l’épisode de la nouvelle série MacGyver vient de se terminer – en dehors du fait que la série est nulle, il y a 5 minutes de pubs pour 10 minutes d’épisode. Folie. Et puis il faut voir le niveau des pubs, entre les locaux qui font leur promo face caméra avec une force de conviction qui met mal à l’aise, les pubs comparatives pour les bagnoles qui sont consternantes et celles pour les médocs qui durent 3 ans parce que toutes les contre-indications de l’univers sont passées en revue, c’est abrutissant. Et je ne parle pas des spots de campagnes pour les élections locales et nationales où visiblement parler mal du concurrent est ici la norme. D’ici qu’ils insultent leurs mères respectives…

Ha tiens, la télé passe en mode « breaking news », des gens se sont fait poignardés à Waikiki ce soir (à environ 300 mètres d’où nous étions)… et un mec a fait un carton dans un mall dans l’état de Washington… et l’état d’urgence est déclaré à Charlotte avec déploiement de la garde nationale dans les rues parce qu’un flic a « encore » descendu un noir. Tout va très bien dans ce pays.

BREF.

Demain matin, petit dej’ collectif à l’accueil de la résidence, il paraît qu’on peut toper des réducs pour certaines activités. Nous verrons bien. Ensuite le programme dépendra de ce que nous entendrons à ce fameux petit dej’. Dans tous les cas se sera chargé.

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