Hawaii – Jour 7

Comme disait la chanson: It’s just one of those days…
Non vraiment, ça a commencé de façon étrange, avant de devenir agaçant puis de virer au génial.

Machinalement ce matin, j’allume la télé, ne trouvant rien de folichon, je mets ESPN qui rediffuse un match de baseball de la veille. Et là je vois Aurélie se découvrir une passion pour ce sport auquel personne ne comprend rien hormis les initiés. Ensuite je zappe sur Mtv. Sauf erreur de ma part, le « m » à l’origine c’était pour « music », hormis de la télé-réalité et des mecs payés pour commenter des vidéos de chatons sur YouTube, je n’ai pas vu de musique.

Réunion de copro

Ce matin, nous étions conviés à un petit déjeuner à l’accueil de la résidence. On nous avait expliqué qu’il y aurait une présentation des activités du coin avec des réductions à la clé.
Sur le premier point, promesse tenue, les partenaires de la résidence sont venus vendre leur business, l’un pour sa boîte de plongée, l’autre pour son ranch au fin fond de la pampa, machin pour ses excursions autour de l’île et bidule pour ses tours en hélico. Bon soyons clair, il y a à boire et à manger (dans les 2 sens du terme) et il n’y a qu’un seul truc qui potentiellement nous intéresse. Aurélie va se renseigner et là, on commence à lui expliquer que pour avoir droit aux fameuses réductions, il faut participer à une réunion de présentation de la société qui possède la résidence, qu’il faut indiquer combien on gagne, que ça dure 1h30 et qu’il faut s’incrire blah blah blah bref un shitstorm sans nom pour gagner 20$. Quand on leur explique gentiment qu’un appartement en time share ici ça ne nous intéresse pas, on s’entend dire qu’on n’aura pas droit à la réduc’. So be it! Ou pas. Ils insistent un poil, du coup le « non » devient viril mais correct et ne souffrant pas trop de contestation. Vexés, 2 des 3 personnes de la résidence tournent les talons, le troisième nous demande si nous voulons quand même réserver une activité. Nous répondons par l’affirmative et le gars s’occupe de tout. En premier lieu de nous trouver un prestataire et surtout un créneau libre puisque nous n’avons pas toute la semaine. L’affaire sera bouclée en 10 minutes, nous payons, arrondissons un poil les angles en expliquant que nous avons fait notre planning avant le départ et que nous voulons en voir un maximum et dégageons le terrain vite fait, légèrement échaudé par la tentative d’embrigadement commercial.

*Ha tiens, encore une fusillade. A Houston cette fois . Un néo-nazi local tire à vue. 9 blessés*

Ca m’énerve

Là-dessus, nous emballons nos affaires pour la journée  car il est déjà tard, plus de 10h30, et que contrairement aux ‘ricains qui font un truc dans leur journée et sont épuisés, nous avons des choses à faire.
Ha oui parce que je ne vous ai pas dit, mais hier, en arrivant, les nanas de l’accueil nous ont demandé d’où venions. Nous avons répondu que nous venions du parc des volcans et que nous avions fait un stop à Green Sand Beach. Regards écarquillés des intéressées, « vous avez fait tout ça aujourd’hui? » « Oui et hier nous avons marché 8,5 miles pour voir de lave coulée dans l’océan », les 2 nanas étaient au bout de leur vie en entendant ça.

Aujourd’hui, direction Pu‘uhonua o Hōnaunau National Historical Park. Mais avant, histoire de bien me faire monter en pression, nous perdons 20 minutes à cause de travaux sur la route. Heureusement, le parc valait le déplacement et là, enfin, nous avons pu voir d’authentiques morceaux d’histoire hawaïenne. En fait, ce petit parc, c’est tout ce que nous voulions que soit le Polynesian Cultural Center, à ceci près qu’ici l’entrée coûte 5$.
Il s’agit d’une terre sacrée, sur laquelle les rois hawaïens avaient élu domicile. Ma guide personnelle m’a fait la lecture des us et coutumes en vigueur dans le coin à l’époque. On ne rigolait pas tous les jours quand on était un pécore. Par exemple, l’endroit est tellement sacrée que même l’ombre du pécore lambda n’a pas le droit d’y pénétrer. Hé ouais. En dehors de ça, l’endroit reconstitue d’authentiques huttes et temples avec les matériaux et les techniques d’origines. Il y a même un local qui fabrique des outils à l’ancienne, j’aime autant vous dire qu’il ne faut pas être pressé. En dehors de ça ce qui m’a marqué c’est ce mur fait de lave qui lui est d’époque. Ce n’est pas nécessairement haut mais c’est très très épais. Bon courage aux assaillants.
L’autre truc sympa c’est le cadre du lieu. Tant qu’à faire, autant que la casbah du pacha local soit bien située. Une vraie carte postale entre les palmiers, l’eau bleue turquoise, les petits rochers qui cassent la houle et les poissons tropicaux visibles depuis la plage. Nous aurons même droit à la visite d’une tortue qui fera sa petite vie à 2 mètres du bord.
Là d’un coup, la journée prend un autre tournant.

Ensuite nous voulions aller à Kealakekua Bay pour y faire un peu de plongée. Sauf qu’avec les péripéties de ce matin, j’ai oublié le sac avec mon maillot de bain. Je remonte doucement en pression. Aurélie me convainc de retourner à l’appart’ d’autant qu’il fait faim. Sur la route, re-bouchon à cause des travaux. Montée en pression tout ça… ça m’agace, je fais demi-tour et trouve une route alternative pour aller à Kealakekua Bay.  Nous trouvons finalement la micro-plage qui nous occupera en ce chaud début d’après-midi – p’tit 32° à l’ombre. Aurélie ira donc barboter avec les poissons pendant que je ferai le rôti sur la plage.
Nous décidons finalement à rentrer pour déjeuner, non sans avoir au passage feinter les travaux en arrivant par un chemin détourné. Là-dessous, pendant que marmotine fera une sieste digestive, je regarderai le début du débat Trump/Clinton. On s’occupe comme on peut en attendant qu’il soit l’heure.

Prochain arrêt: la raie

L’heure de quoi? Ben de notre activité du jour pardi! Nager avec des raies mantas! Cela faisait parti des choses non négociable qu’Aurélie voulait faire. Nous avions déjà un peu regardé les différentes compagnies proposant cette activité mais comme les tarifs et la dispo sont très variables, nous attendions d’être sur place pour réserver. La suite vous connaissez vu la mésaventure de ce matin.
Nous voila donc en route pour Honokohau Marina à 20 minutes au nord en voiture. Là nous découvrons le bateau – un catamaran pouvant accueillir une vingtaine de personne (nous serons 19) et le très sympathique équipage qui nous accompagnera. Comme ils font ça bien, tout est fourni: combi, masque, palmes, petit en-cas etc ils ont même des masques avec verres correcteurs. Comme j’étais en mode cascadeur aujourd’hui, j’ai tenté la plongée avec les lentilles – un vrai succès.
Nous partons donc pour 45 minutes d’un trajet qui techniquement nous amènera a à peine 3 km de là où nous résidons (tout ça pour ça). En chemin nous pourrons également admirer le couché du soleil, marrant de le voir disparaître en temps réel dans un océan d’huile. Il faisait tellement beau, qu’au loin on apercevait l’île de Maui.
La plongée se fait à la tombée de la nuit car la lumière attire le plancton dont se nourrissent les raies – CQFD. Pour faire de la lumière qui attire le plancton, quoi de mieux que des planches de surf dans lesquelles on a mis de puissantes LEDs et fixé des tuyaux afin que l’on puisse s’y accrocher?
Après un briefing de sécurité, court mais limpide, tout le monde à l’eau. Tout le monde? Non! Forcément il fallait qu’il m’arrive un truc: à savoir l’attache d’une de mes palmes qui pète. Je serai donc le dernier à la baille et le dernier à arriver aux planches où bien entendu, il n’y a plus de place pour s’accrocher. Je marauderais donc un moment autour du groupe avant d’avoir droit à un micro bout de tuyau.
Le petit hic dans tout ça est qu’Aurélie a eu le mal de mer. A l’allé, elle a géré, une fois dans l’eau, elle a du s’éloigner un moment de la planche parce que ça n’allait pas. Un des accompagnateurs l’a pris en charge et je suis allé voir comment ça allait avec l’accord de l’autre plongeur qui nous encadrait. Elle y est ensuite retournée pour le bouquet final qu’il aurait été dommage de louper. En effet, un type c’est pointé avec un canoë équipé de lampes supers puissantes et il a proposé aux accompagnateurs d’accrocher les planches à son canoë afin que nous en profitions. Si les 20 premières minutes ont été sympa mais pouvaient laisser un goût d’inachever, avec les lampes du canoë c’est devenu n’importe quoi pendant un gros quart d’heure avec 3 raies tournoyant autour de nous. Le retour sera en revanche plus compliqué pour Aurélie mais les gens du bateau avaient ce qu’il fallait. La nana qui nous encadrait m’a dit qu’elle forçait le respect car la plupart des gens qui sont malades durant les plongées ou le trajet, restent sur le bateau pour agoniser en attendant les autres. Mais tout est bien qui finit bien. Aurélie a vu des raies de très très près c’est tout ce qui compte.

Plus qu’un long discours, la courte vidéo ci-dessous illustre le spectacle auquel nous avons eu droit. Et ça, ça n’était que l’échauffement… hé ouais.

Big up à nos sponsors pour l’appareil photo étanche et la GoPro 🙂