Hawaii – Jour 8

Franchement celle-là, il était temps qu’elle se termine parce qu’elle m’a bien gonflé.

Pourquoi cette journée m’a particulièrement gavé? Parce que j’ai eu confiance en ce que ma disait la voiture au lieu de m’écouter et que du coup, ça nous a pourri la fin d’après-midi. Mais commençons par le commencement.

La route, la plage, la contrefaçon chinoise, l’enfer

Départ ce matin pour Hapuna Beach, vendue pour être une plage de sable blanc tout à fait délicieuse. Jusque là rien de fifou, petit stop au supermarché pour acheter de quoi manger ce midi et ce soir et zou! Go la plage.
En chemin, nous doublerons/croiserons énormément de futurs concurrents de l’Iron Man d’Hawaii  qui a lieu dans 2 semaines et qui, si je ne dis pas de bêtises, est le triathlon le plus dur au monde. Les mecs ont le moral pour se lancer à vélo dès 9h du matin avec ce petit 32° qui picote déjà. Quant à nous, nous arriverons à Hapuna Beach un peu avant 10h. Alors oui le sable est blanc mais après le noir et le vert, j’ai du mal à m’extasier devant le blanc, même avec l’eau turquoise.
Nous plions bagage vite fait car nous avons encore pas mal de route. En effet, Hapuna Beach ce n’est déjà pas à côté de la résidence, alors la suite… Car aujourd’hui constituait un des gros morceaux en matière de trajet car nous traversons littéralement l’île de part en part. Et ça c’était sans compter sur les imprévus. Nous partons de la plage pour aller à Waipio Valley, qui se trouve au nord-est de l’île d’Hawaii – Kona est au sud-ouest. La route se fait tranquillement et nous débouchons sur un panorama sublime. Arrivant par le haut d’une falaise, nous surplombons la Waipio Valley ainsi qu’une plage de sable noir et nous nous sommes laissé dire qu’il y avait en plus des chutes au bout d’un chemin de rando. Le hic, c’est que tout ça est en bas de la falaise, que la route qui descend n’est ouverte qu’aux véhicules à 4 roues motrices parce que la pente est à 25% de moyenne sur une gros kilomètre.
Ha ça la descente nous a fait rire par sa raideur. Aurélie est partie en ligne droite tandis que je zigzaguais à cause de mon genou de retraité qui s’est mis à me faire souffrir. Nous rattrapons 3 chinoises dans la descente qui visiblement galèrent pour ne pas se casser la figure tellement c’est raide. Et d’un coup, les voila qui se mettent à zigzaguer comme moi pour descendre. Les chinois copient tout, c’est terrible.
Une fois en bas ce n’est pas fini, il faut encore se cogner un chemin forestier humide à souhait – toujours avec 30 bons degrés dans l’air. Un régal. Nous arrivons finalement à la plage où il y a un vent à décorner les boeufs – côté nord-est oblige. Ceci dit, la plage est cool, c’est typiquement le genre de lieu où l’on s’imagine voir débarquer des explorateurs. Nous pique-niquerons là avant de nous mettre en quête du fameux chemin de rando menant à la cascade. Bien entendu nous ne le trouverons pas et décidons de remonter. Ce seront les 30 minutes les plus effroyables du voyage, limite je préfère me retaper l’allé/retour jusqu’à la lave plutôt que de remonter ça. La descente était hardcore, la montée sera infernale avec la chaleur. 25% c’est tellement raide que quand on arrive sur les portions qui ne font que 15 ou 20% on a l’impression d’être sur du plat. J’ai bien du ramasser mes poumons 2 fois en chemin. PLUS JAMAIS CA. Une fois revenu en haut, Aurélie tout sourire me dit qu’elle a aimé faire cet effort et qu’elle est contente de l’avoir fait sans s’arrêter. Cette nana est folle, le monde doit savoir qu’elle a un pet’ au casque. Sinon pour nous récompenser de cet effort, nous prendrons une glace dans la petite ville pittoresque d’Honokaa avant la débandade.

MGMGM *MARRE* MGMGM *BAGNOLE A LA CON* MGMGM

Bien, donc l’idée était de finir la journée au sommet du Mauna Kea – où à défaut du sommet, sur les pentes du volcan pour voir le couché du soleil.
Des calculs savants et les indications de l’automobile qui a nous a été attribués m’ont permis la projection suivante: théoriquement avec le restant de plein d’essence, nous avions de quoi faire notre trajet d’aujourd’hui et nous rendre à l’aéroport demain . Ca c’était sans compter sur le fait que cette conne de bagnole consomme comme un veau en ville et en côte (merci la boîte auto) alors qu’elle est sobre dès qu’elle fait un peu de route. Donc chemin faisant vers le Mauna Kea, je me rends compte que nous approchons dangereusement de la réserve.
Ceci étant dit, ça ne m’empêche de profiter du paysage, car pour le coup on a radicalement changé de décor. Exit les coulées de lave à l’infini, ici c’est de la prairie avec des vaches, des ranchs et tout le toutim. Sachez d’ailleurs que le plus grand ranch des USA se trouve ici, sur l’île d’Hawaii. Quant à Aurélie, elle savoure son effort dans la côte de la Waipio Valley en faisant la sieste. Oui je balance, mais soyez tranquille, je vais payer cette remarque.
C’est dans la montée vers le Mauna Kea que tout va basculer. La voiture nous informe que nous sommes sur la réserve, bien entendu comme nous allons en altitude: ça grimpe (pente à 15%, du coup il faut appuyer un peu plus fort sur l’accélérateur, du coup on consomme plus et comme nous terminerons à 2800 mètres, le moteur a perdu de sa puissance donc encore plus de consommation. Quand je gare la voiture au bureau des Rangers, la jauge m’indique 62 miles restant. La résidence est à 58 miles.
Oubliant un instant nos histoires d’essence, nous enfilons polaires et pantalons pour aller voir les Rangers et savoir ce que dit la météo. En gros si le ciel va se dégager parce que bien entendu, ce con de volcan est dans les nuages. Réponse: « ben pour l’instant c’est couvert. Faudra voir au moment du couché vers 18h15 ». Oui merci ça je ne m’en serai pas douté… nous voila avec 1h40 à tuer. Nous décidons quand même d’aller profiter de la vue qui est somptueuse depuis le mini chemin de rando. Nous patienterons 45 minutes pour voir si le ciel change ou pas. Durant ces 45 minutes, je m’empêcherai tant bien que mal de violenter la chinoise à l’insupportable voix de Pokemon qui nous a suivi et mettrai à profit la présence de la 4G afin de trouver la station essence la plus proche. Elle se trouve à Hilo, notre point de départ il y a 2 jours, à l’exact opposé d’où nous logeons. J’hésite un instant entre tenter le diable et partir vers Kona ou jouer la sécurité en allant à Hilo mais en se cognant 115 km de détour. Pas convaincu par le fait que le temps change, nous décidons de partir et de jouer la sécurité en passant par Hilo. Comme vous vous en doutez, c’est à ce moment là que le soleil se montre. Inutile de dire que je fulmine.
Bref.
Nous partons donc pour Hilo en faisant en sorte de consommer le moins possible. Fort heureusement nous partons de haut et je n’aurai quasiment pas à accélérer du trajet, juste à jouer avec le frein sur les 35 miles de descente. Histoire d’en rajouter un peu, plus nous descendons, plus le temps devient immonde. Ca plus la route en travaux. Quand enfin la pompe à essence apparaît, je regarde ce qui reste comme carburant et j’ai juste envie de fracasser la bagnole. En gros, j’ai tellement peu consommé dans la descente que j’aurai pu retourner à Kona directement. ARGH Sinon vous nous croyez sauver? Que neni. La pompe refuse nos cartes. Du coup il a fallu aller voir la nana de la station, montrer patte blanche etc etc etc Et nous voila reparti pour 130 km dans l’autre sens, sur la même route avec les mêmes travaux et le même temps cradingue. Histoire de conclure en beauté, je réalise que nous avons mis trop d’essence et que je vais rendre la voiture demain avec un demi réservoir alors que j’aurai pu la rendre quasi vide. Du coup, j’ai mis la boîte auto en mode « sport ». Oui je consomme plus, mais j’ai plus de reprise en montée et le moteur fait un bruit qui flatte mon égo. Ca plus les roues qui patinent un peu sur la route humide en mode kéké. C’est totalement puéril mais ça défoule. D’autant qu’on s’emmerde à l’infini sur les routes locales en roulant à 70km/h.

Et comme si ça ne suffisait pas, la météo annonce un potentiel ouragan pour la fin de semaine… Ca m’épuise d’avance. Ho pi j’en ai marre, je vais me coucher parce que faut pas dé-Kona comme on dit dans le coin.