Japon – Jour 10

Demain est un autre jour, c’est totalement ce que j’aurais dû me dire hier soir.

Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà au petit-déjeuner. Foule des grands jours, nous sommes 4 dans la salle. Le personnel est toujours aussi distant. Décidément ce ryokan nous laisse une impression des plus mitigées.

Encéphalogramme plat

Et nous ne sommes pas les seuls visiblement. Ce soir Aurélie est allé faire un tour sur TripAdivsor pour voir les commentaires sur l’endroit. C’est pas glorieux quand ça touche au personnel.

Mais revenons-en à ce matin. Une des choses à faire à Takayama ce sont ses marchés. Il y en a 2, l’un se trouve le long de la rivière et le second à quelques centaines de mettre du premier un peu plus haut. Le temps n’est déjà pas folichon mais une sur place c’est la douche froide. C’est ça le fameux marché du matin? Bon… Quelques échoppes de légumes tenues par des petits vieux et des pièges à touristes, tout ça en ordre dispersé sur 150 mètres. Et bien entendu pas un seul local pour faire authentique, juste des touristes. Là on se dit que nous aurons peut-être plus de chance à l’autre marché. Ce dernier est encore plus petit que le premier et la seule attraction de l’endroit est la télé locale qui interview les petits vieux qui vendent leurs fruits aux touristes. PAR-FAIT.

Heureusement, Aurélie a fait un peu de repérage et a trouvé un trajet proposant de faire le tour des temples et sanctuaires de la ville. Nous voici donc en route pour une petite marche de quelques kilomètres dans les alentours de Takayama. Cela nous fera passer par les ruines du château en haut d’une colline – 3 pauvres pierres qui se battent en duel. Ca continue… descente par un chemin forestier aussi casse-gueule que mal indiqué. Au final, nous nous retrouvons dans la banlieue de la ville et enchaînons les petits sanctuaires décrépits. Ensuite il faut passer un moment à marcher dans des quartiers résidentiels où il y a peu à voir.
Une fois revenu plus près du centre ville, c’est l’inverse, tellement de temples et de sanctuaires s’enchaînent qu’on ne se sait plus ou donner de la tête. Si je dois être honnête, il faut bien admettre que tout finit par se ressembler au bout d’un moment même si certains se démarquent un poil par leur environnement plus que par leur architecture.

L’instant brochette

Au final, le chemin de promenade Higashiyama nous a fait passer par les temples Shorenji, Ena, Nishikiyama, Seiden, Zenno, Soyu, Hokke, TenshoDaio, Kyusho, Hakusan et Reno-ji. Rien que ça.
De retour dans le centre ville, nous nous dirigeons vers le musée municipale histoire de voir… vu que c’est gratuit. Rien de fifou à signaler, juste une mise en avant de l’artisanat local à travers des objets anciens, quelques armures de samouraïs et divers objets du quotidien.
Ensuite nous bifurquons en direction de la grosse attraction locale: les vieilles maisons. Et là, c’est full touristes. Les insupportables chinois sont de la partie. Quant aux vieilles maisons, si elles sont jolies à voir de loin, de près ce sont soit des boutiques de souvenirs soit des restos. Heureusement, le manque de lucidité de la masse joue pour nous et en continuant plus avant le quartier, il y a toujours les maisons mais beaucoup de monde. Du coup on profite plus de l’endroit, mieux on découvre encore des temples. Là agréable surprise, il y a une répétition pour un spectacle. Mais pour ne pas être embêté, de grands panneaux en verre empêche de faire des photos sans pour autant obstruer la vue. Pas grave. Là-dessus nous faisons demi-tour et commençons à revenir vers l’hôtel. Là un couple aborde Aurélie et lui donne 2 brochettes de boulettes de riz. Pourquoi? On se pose toujours la question. 4 brochettes c’était trop pour eux ou simplement cela ne leur plaisait pas, qui sait? Nous mangerons donc nos brochettes en regardant les rapaces du coin tourner au-dessus des pêcheurs au milieu de la rivière.

Cet improbable moment

Après une pause salvatrice du côté de l’hôtel, se pose la traditionnelle question du « où mange-t-on ce soir »? Chacun de notre côté nous cherchons, Aurélie sur le PC, moi sur le téléphone. Au bout de 20 minutes, nous tombons finalement d’accord sur un restaurant se trouvant à 30 mètres de l’hôtel. Bien entendu, une fois devant nous découvrons qu’il est complet parce qu’il n’y a que 8 places. Nous revoila donc parti pour errer en quête d’un truc qui nous convienne. Nous quittons l’artère principale et piffons dans une rue. Voyant que des français maraudent dans le secteur, nous nous éloignons et tombons sur un bloc de restaurants de petites tailles mais aux profiles variés.
Après avoir fait 3 fois le tour des lieux sans parvenir à nous décider et voyant que du monde se radine, nous jetons notre dévolu sur un restaurant de brochettes à base de gibier. L’endroit est tout petit, 7/8 places, un vieux monsieur est installé dans un coin et derrière le comptoir le proprio nous accueille tout sourire. Il fait beaucoup d’efforts pour nous expliquer son menu qui est pourtant en anglais. Nous partons sur des brochettes de sanglier dans un premier temps puis je commande également du cerf.
En levant un peu le nez, nous remarquons qu’il y a des photos du patron en train de chasser et il nous explique tant bien que mal que la viande qu’il sert dans son resto est celle qu’il chasse. Il sort ses brochettes et les met à cuir devant nous, prenant un soin tout particulier sur l’assaisonnement de la viande. Et quand il sert: explosion de saveurs. Un régal. Le sanglier est bon mais le cerf est encore meilleur. Nous commandons une seconde fournée. Nous félicitons le patron pour la qualité de ses brochettes tandis que le pépé au fond s’amuse de nous voir nous régaler et demande au proprio ce qu’il y a sur mon tatouage. Du coup je leur montre mon bras, les 2 s’étonnent de voir du japonais dessus et demandent pourquoi il y a écrit « Tama » sur mon épaule. Là je leur montre une photo de mon chat, ce qui les fait beaucoup rire quand ils comprennent. Nous nous enfilons le reste nos brochettes et je demande l’addition. Et là, il se passe un truc pour le moins inattendu. Le pépé dit quelque chose au patron qui se tourne nous… bloque un moment… puis nous fait comprendre que le monsieur nous invite. On se regarde avec Aurélie en se demandant si on a bien compris. Le pépé fait signe pour dire que c’est lui qui paie et le patron répète, un peu gêné d’être au milieu. Du coup nous on ne savait plus où se mettre non plus. Nous remercions le pépé puis je dis à Aurélie qu’on pourrait au moins lui offrir sa bière. Je demande donc à Gogol de me faire la traduction, je montre au patron qui fait suivre la demande au pépé qui accepte l’échange de bon procédé. Nous remercions encore 50 fois tout le monde, le patron lui nous remercie d’être venu manger chez lui.
Je vous avoue qu’on s’est senti un peu con mais quelle histoire! Quand je dis qu’il faut rentrer dans les restos sans touristes…

Au final que retenir de Takayama? Que le ryokan dans lequel nous sommes n’est pas fou, que c’est une ville d’une tristesse sans égal à certaines heures de la journée et qu’il y a quelques jolies choses à voir. Maintenant est-ce un incontournable du Japon? Je ne le pense pas mais je ne regrette pas que nous soyons venu.

Demain, départ Kanazawa avec un trajet qui, si il se déroule bien, prendra un peu de temps mais nous mènera à bon port. Par contre si ça foire dès le départ… on va avoir un pépin XXL.