Japon – Jour 7

Le Japon c’est comme l’Orangina, il faut le secouer sinon la pulpe, elle reste en bas. Si si croyez-moi.

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas commencer par ce qui c’est passé ce matin mais plutôt par ce qui c’est passé hier soir, une fois que j’ai eu terminé d’écrire mon torrent de caca habituel.

« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel? »

J’étais donc à plat ventre sur mon futon en train de finir de rédiger mon truc. Je commence à ranger mes petites affaires quand j’entends dehors ce qui ressemble à une sirène d’alarme. Ca m’interpelle mais comme le bruit s’éloigne, je continue à faire ma vie sans m’en soucier. Je range le PC, j’éteins la lumière et là j’entends comme un grondement qui vient du sol. Puis tout le bâtiment se met à grincer comme si il bougeait. 3 peut-être 4 secondes plus tard ça s’arrête comme ça avait commencé. Je fixe le plafond en me demandant si que je crois vient de se passer tout en guettant le moindre bruit dans le couloir ou dehors. Tout ce que j’entends au final c’est Aurélie qui dans un demi-sommeil me lance un « mais qu’est-ce que c’est que ce bordel » totalement collector. « C’est juste un tremblement de terre rendors toi ». « OK » et hop elle fait demi-tour.
Après quelques recherches aujourd’hui, la secousse d’hier ne faisait QUE 4,6 sur 9. De vous à moi je suis moyen chaud pour voir ce que ça donne quand ça s’agite un peu plus.

Ce matin, personne dans l’hôtel n’a semblé s’émouvoir de ce qui c’était passé la veille. Quant au petit-déj, je dois bien vous avouer que l’omelette ketchup avec le poisson grillé, les pousses de bambou et le gingembre… c’était dur. Mais on l’a voulu, on l’a eu. En quittant la salle de petit-déjeuner, nous croisons la mamie qui nous a amené à dîner, comme elle sait que nous partons elle tombe littéralement dans les bras d’Aurélie. Surprenant et touchant.
Le check out se fera sans encombre (les dîners étaient donc bien inclus – ouf). Aurélie tentera d’expliquer combien nous avons apprécier le séjour mais je ne suis pas sûr qu’ils aient compris. Peu importe, nous les avons chaleureusement remercié et avons pris la direction de la gare. Autant avant hier nous en avons chié pour atteindre l’hôtel, autant dans ce sens là c’est tranquille. Tellement que nous étions à la gare avec 30 minutes d’avance.

Ici à Nagano, il pleut de la choucroute

Aujourd’hui nous avons pris 4 trains différents pour faire les 370km qui séparent Nikko de Matsumoto.
Premier train: le dur qui relit Nikko à Utsunomiya (43 minutes). 8 minutes de correspondance pour prendre le shinkansen en direction d’Omiya (24 minutes). Une fois à Omiya, 35 minutes de correspondances pour prendre un autre shinkansen en direction de Nagano cette fois
 (62 minutes). Et enfin à Nagano, 8 minutes de correspondance pour aller sur un quai, avoir un doute, demander au conducteur du train, se rendre compte qu’on a de la merde dans les yeux, courir dans la gare avec les valises pour sauter à l’arrache dans le bon train pour Matsumoto (51 minutes).

Nous voilà donc à Matsumoto, ville mondialement célèbre pour rien du tout. C’est une ville japonaise moyenne comme il y en a des centaines. L’hôtel n’a plus rien à voir avec celui d’hier, là c’est le truc moderne, à l’occidental avec tout le personnel qui parle anglais. Et ça nous arrange bien vous allez comprendre pourquoi plus tard. A la réception, on nous explique qu’il n’y a plus le type de chambre de que nous avons réservé et que nous sommes donc surclassés. OK. Je dois bien dire que je ne sais pas à quoi ressemble la chambre inférieure mais celle que nous avons m’a tout l’air d’une chambre on ne peut plus classique. Peu Importe.

Ce qui nous amène à Matsumoto c’est son château, un des rares du Japon à être encore dans son jus – à comparer avec celui d’Osaka qui présente bien de dehors mais qui est en béton massif. Nous nous promènerons gentiment dans les rues de la ville, trouvant un petit temple par ici ou une fontaine par là. Le château quant à lui est dans un petit parc. A l’entrée de celui-ci, se trouve un bassin avec des carpes. Des enfants tentent de les toucher, ce qui nous fait rire avec Aurélie en repensant à elle hier. Nous entendant parler,  un monsieur d’un âge nous aborde. « Bonjour vous êtes français? » lâche-t-il avec un très léger accent. Bref il nous fait la conversation 2 minutes avant de disparaître comme il était apparu. Il s’est bien entendu excuser pour son « mauvais français ». P’tain si je parlais japonais comme lui parle français, ce voyage prendrait une autre tournure! Là-dessus nous allons voir le château. Rien à dire, il est bien mis en valeur et tout aussi bien préservé. Je suis surpris par 2 choses, la première c’est le relatif nombre de touristes parce que pour moi Matsumoto ce n’est pas le premier endroit auquel je pense quand on me parle de château japonais – ni même le second à vrai dire. L’autre surprise c’est encore une fois le nombre d’occidentaux qui sont là. 

Le château donc. Qu’en dire? Ben que comme tous les châteaux japonais c’est joli de dehors mais désespérément vide dedans. Encore que là, quelques vitrines présentes les premières armes à feu japonaises ce qui remplit un peu le vide. Mais ce qui fait le charme de ces vieux châteaux ce sont leurs escaliers ultra raides où il faut aussi faire attention à sa tête. Et je ne vous parle pas dans la descente car en chaussette, le parquet est du genre casse-gueule – oui on se déchausse aussi pour voir les châteaux ici.
Une fois le château terminé, nous irons faire un tour dans 2 artères de charme, une le long de la rivière et l’autre un peu plus loin. C’est plein de vieilles boutiques un peu hors du temps dont le calme n’est troublé que par des groupes compacts de gens captivés par leur téléphone. A votre avis que font-ils? Comment? oui c’est bien ça, ils chassent les pokémons. * hum* Au détour d’une rue nous tomberons sur la brasserie de Matsumoto. Là  on se dit chic, ce soir on va se faire une bière locale. L’endroit ferme à 19h… Le Japon est à ma connaissance le seul pays au monde où on peut faire la fermeture d’un bar et être chez soit à 21h30. Après ça retour à l’hôtel, toujours en passant par pleins de petites rues. Là nous reprenons notre plan de bataille pour demain car avant 10h25 nous devons avoir pris le petit-déjeuner, mis les valises au takkyubin et fait du ravito pour le trajet qui nous attend. Ne dites rien je sais ce que vous allez me demander: le 
takkyubin (logo en photo dans la galerie), qu’est-ce que cette bête? C’est très simple, c’est un système d’envoie de colis qui livre n’importe où au Japon dans les 24h – moins si ce sont des produits frais ou dans les grandes villes. C’est d’ailleurs grâce à ce service que ma valise a été envoyé à l’hôtel depuis l’aéroport à Tokyo. Donc vous l’aurez compris, l’idée demain c’est de partir léger (sans valises) et de les récupérer après-demain à notre prochain hôtel. Le prix du service est tellement ridicule que ce serait bête de s’en priver.

Après ça, nous ressortons dîner puis décidons d’aller voir si le château est illuminé. Sur le trajet, la quête d’une glace que je devais à Aurélie suite un point de discorde pour savoir qui en avait mangé le plus la dernière fois nous fera passer dans le « quartier chaud » de Matsu. On y trouve quelques bars à hôtesses devant lesquels des messieurs en costumes font le pied de grue. Vous avez dit yakuzas? Quelques mètres plus loin, un autre homme très très tatoué et une BMW modifiée de façon ostentatoire et ayant une plaque personnalisée me conforteront dans cette idée. Tout ça pour dire que le château était bien illuminé et qu’il faisait bon se promener dans le parc. La suite est classique, retour dans la tour des Avengers (c’est comme ça que j’ai surnommé l’hôtel) pour raconter la journée.

Voila, sur ce je ne vous dis pas « à demain » car même si je sais où nous serons, je ne suis pas certain d’avoir du réseau pour le pocket wifi ou bien internet. Oui demain c’est la partie « critique » du voyage, celle où nous serons dans le trou du cul du pays. Tout un merdier logistique que je me ferai un plaisir de vous détailler le moment venu.