Japon – Jour 9

Aujourd’hui je ne suis pas content. 

La journée avait pourtant bien commencé. Malgré le bruit du torrent et la veilleuse dans le couloir, nous avons plus ou moins réussi à dormir. Plutôt moins que plus et le réveil autour de 6h40 n’a pas spécialement aidé.

Vrai faux château

7h petit déjeuner – traditionnel comme il se doit. J’avoue que je commence à saturer un peu du poisson/tofu/légumes/soupes le matin. Mais celui-ci est vraiment délicieux car comme le dîner, ça vient du jardin. Les tomates avaient du goût.
7h30 – le petit-déj’ est terminé, les affaires remballées, nous sommes prêt à décoller.
7h40 – tout le monde est dans la voiture
7h55 – notre hôte nous lâche devant la gare et nous prenons congés après l’avoir chaleureusement remercié.
Sur le quai de la gare, ça ne s’invente pas, nous tombons sur une néo-zélandaise qui est en panique car elle a peur de ne pas prendre le bon train, son retour en NZ étant prévu pour le jour même. Nous la tranquillisons et comme le train arrive, nous cherchons en vitesse les voitures avec les places non réservées. Je la trouve au dernier moment, tout le monde saute dans le train ET VOILA! Direction Nagoya.

Le stop à Nagoya n’était pas prévu dans le projet de voyage de l’agence mais après investigation nous nous sommes rendus compte que stopper pour voir le château était tout à fait faisable. Nous avons donc revu le planning du jour et chercher les bons trains pour optimiser tout ça. Le départ matinal de Nagiso était une des conditions de base. 
Une fois à Nagoya, trouver le château ne fut pas la chose la plus compliquée. En gros on sort par la droite de la gare, on va tout droit, au second feu à gauche et quand on est dans un parc, à priori on est arrivé. 15 bonnes minutes à pied tout de même.

Comme nous sommes de gros veinard, le château est en cours de rénovation. Donc impossible de pénétrer dans la tour. Nous nous contenterons donc d’un tour dans les jardins – assez basique – ainsi que dans l’aile fraîchement reconstruite comme à l’époque qui servait à accueillir les visiteurs du shogun. Car le château de Nagoya n’est pas un original mais une réplique. Le « vrai » a été détruit pendant la dernière guerre. Un grand merci aux américains pour les bombes incendiaires.
Si le château en lui même a besoin d’un petit rafraîchissement, l’aile visiteurs est de toute beauté. Chaque pièce a été reconstitué avec minutie et les panneaux coulissants sont vraiment à tomber.
C’est d’ailleurs lors de la visite de cette partie du château que j’ai commencé à m’agacer pour la première fois de la journée. Comme c’est l’habitude ici, il faut laisser les parapluies à l’entrée, sachant que je venais de passer 5 bonnes minutes à les harnacher sur mon sac à dos. Soit. Ha bon en plus il faut retirer ses pompes. Bon ok. Ha mais faut les mettre dans des casiers. Là ça commence à me courir un peu. Et au moment de finalement y aller: « backpack! Locker » HA mais vous commencez à faire chier les petits amis. Et faut mettre de la thune dans la consigne en plus. Bien entendu nous n’avons plus de monnaie, je vais donc en faire au comptoir et la vieille revient à la charge « backpack locker ». MGMGMGMGMGMGM. Mais putain laisse moi aller faire de la monnaie nom de Zeus! BREF. Nous y sommes arrivés et nous nous sommes retrouvés avec 5 clés. Une pour chaque parapluie, une pour chaque paire de chaussures et une pour les sacs. L’art de tout rendre compliqué. Passons.

Finalement en sortant, nous sommes content de notre petit tour au château. Nous regardons l’heure et… ha oui quand même. Nous pensions avoir vu large avec 3h30 de pause à Nagoya mais le train pour Takayama est déjà dans une heure. Le temps de retourner à la gare, de prendre à manger sur le chemin et de trouver le quai, l’heure sera vite passée. Techniquement, nous étions assis dans le train 5 minutes avant le départ mais je préfère ne pas prendre de risque. Le suivant partant presque 2h plus tard.

Je ne vais pas m’énerver

Une fois dans le train pour Takayama, c’est le calme plat. Le trajet dure 2h30 donc forcément, à part regarder par la fenêtre ou dormir les options sont limitées. J’opte pour la fenêtre. Après avoir eu les excuses du chef de train car les sièges n’étaient pas dans le sens de la marche, nous filons dans la campagne japonaise vers les montagnes. Enfin plutôt au pied des montagnes car le train serpente au fond de vallées plus ou moins encaissées, traversant moult rivières et montagnes grâce à autant de ponts et de tunnels. Le long du trajet on peut voir sur les bords des rivières les dégâts causés par le typhon passé sur le pays en juillet dernier. Les conséquences de ce typhon risquent d’ailleurs de nous jouer un vilain tour après-demain.

15h08 – nous débarquons à Takayma. Ambiance incroyable en ville. Je sais bien que ce n’est pas Tokyo mai quand même! 95% de la population croisée dans la rue n’est pas du coin! Tellement de touristes! Cette impression se confirmera dans notre logement du jour où les noms sont affichés à l’entrée. Pas un seul nom japonais. Pour l’instant le premier contact avec la ville n’est pas folichon et ça ne va pas s’arranger. La dame de l’accueil est aimable comme une porte de prison. Alors les horaires pour le petit-déjeuner c’est ça ou ça et décidez-vous maintenant. Les horaires pour le bain c’est ça et on ferme la porte d’entrée entre minuit et 5h du matin. Donc si vous êtes dehors… TANT PIS. Bien comme premier contact. Vient ensuite la chambre et sa serrure où il faut avoir 5 doctorats pour l’ouvrir et 5 de plus pour la fermer. Aurélie est compétente (après plusieurs essais), moi pas. ET la cerise sur le gâteau, il n’y a que la salle de bain commune et comme elle est interdit aux personnes tatouées, pour se laver… ben tu te démmerdes avec le lavabo de la chambre. Je le vis bien.
En revanche, le takyubin a parfaitement fait ce qu’il avait à faire, les valises nous attendaient dans la piaule.

Comme je l’ai évoqué plus haut, le typhon du mois de juillet a fait du dégât. Et la petite surprise c’est que la voie est coupée jusqu’en novembre plus au nord de Takayama. Et où allons-nous après demain? Oui, au nord. Donc au choix, nous prenons un bus qui nous fait passer par un petit village sympa avec des vieilles maisons pour ensuite nous amener à destination mais ça coûte un bras. Ou nous prenons un bus JR qui nous amènera à l’endroit où le train refonctionne et de là, train jusqu’à la suite, c’est inclus dans le Rail Pass donc c’est tout bon. Le seul hic c’est que le bus au départ de Takayama peut être vite plein.
Après avoir pris les infos à la gare, nous partons faire un tour en ville. C’est sinistre. Entre les quelques pièges à touristes ouverts, le temps qui se dégrade, la nuit qui tombe, vraiment Takayama ça ne vend pas de rêve pour l’instant. Quant au dîner, nous avons dérogé à la règle qui veut qu’on ne rentre pas dans un resto quand il y a des touristes dedans. N’empêche que c’était bon. Nous avons découvert une spécialité locale: le boeuf de Hida (une ville du coin), excellent en maki mais absolument hors de prix en steak.

Retour ensuite à l’hôtel sous la pluie où se jouera le dernier drame du jour: l’ultra connard que je suis à effacer toutes les photos du jour avant de les avoir copier. Je me déteste.