Japon – jour 15

Au programme du jour: du train (pour changer), du bois, des daims, un petit rush et des montagnes russes.

Chose incroyable, ce matin nous sommes tombés du lit. Si si, tout le monde sur le pont 1 heure avant l’heure théorique de réveil. Du coup nous avons mis à profit cette avance. Z’allez voir.

Un p’tit train de bon matin

Qui dit réveil en avance, dit petit-déj en avance et avec vue sur Kyoto s’il vous plaît. Alors ok, ici ce n’est pas la tour des Avengers comme à Matsumoto mais la vue est y bien plus sympa. Nous sautons ensuite dans le bus pour la gare, ça va quand même bien plus vite qu’à pied. Quoique c’est aussi plus anxiogène quand le conducteur semble être en descente de Skenan à 8h du matin. BREF. Ensuite direction le quai numéro 9 pour l’express de 8h39 en direction de Nara. Nous sommes près de 40 minutes en avance sur ce que j’avais prévu, je me dis que cela nous permettra de profiter des lieux avant l’invasion de cars (notamment chinois – je n’aime pas les touristes chinois mais ça vous aviez compris).
Une petite heure de train plus tard nous voici à Nara. Si la ville a quelques curiosités bien planquées qu’il faudrait un jour exploré, pour cette fois nous irons à l’incontournable Todai-Ji qui se trouve à une vingtaine de minutes de marche de la gare. Comme il fait nous y allons tranquillement. Aurélie découvre avec stupéfaction les daims en liberté dans les parcs de la ville. Les daims étant « sacrés », ils font un peu ce qu’ils veulent. Par contre si il y a bien une chose qu’ils ont bien compris, c’est que chaque humain qui passe est une opportunité d’avoir à manger. Nombre de petites mamies vendent des sortes de biscuits pour les nourrir. Il y a d’ailleurs eu de l’inflation depuis mon dernier passage dans le coin puisque maintenant les biscuits sont à 150 yens contre 100 il y a 8 ans. A noter aussi que certains touristes n’ont pas compris que les biscuits étaient pour les daims et les mangent…

En arrivant face à la grande allée menant au Todai-Ji: JOIE! L’heure « matinale » aidant, il n’y a pas grand monde. Enfin disons que ça reste respirable. Nous filons donc voir l’immense bâtiment de bois et son non moins immense bouddha en bronze. Honnêtement c’est la 4ème fois que je viens ici et je ne m’en lasse pas. Cet endroit est génial, c’est beau, c’est grand et ça devient carrément sublime quand il fait beau comme aujourd’hui.
Comme il faut toujours qu’il m’arrive un truc, faux mouvement en enjambant une poutre qui se trouvait dans le passage: cheville douloureuse.
Une fois notre tour du Todai-Ji terminé, nous irons nous promener au pif dans les parcs autour pour tomber par hasard sur un temple très sympa, juché sur des pilotis à flan de colline. Il offre en plus un panorama sympa sur la ville de Nara. C’est d’ailleurs là que j’aurais envie de violenter une espèce de connasse originaire de Chine voit que je vais prendre une photo mais qui se fout bien au milieu avant de venir s’asseoir sur le banc en plein dans le champ. On fait quoi? Je te pète les genoux maintenant ou je te passe par dessus la rambarde?

La suite sera une promenade en direction du chemin des lanternes, toujours dans le grand parc de Nara, toujours au milieu des daims. Va falloir leur expliquer que mon tshirt Wacken ne se bouffe pas. Parce que oui les bestiaux viennent réclamer en tirant sur les vêtements. Nous avons même vu des mâles mettre des coups de tête à des gens pour avoir à manger. Heureusement qu’on leur coupe les bois! Quoique si ils pouvaient embrocher un ou deux chinois… une idée à creuser. En parlant de ça, l’heure a pas mal tourné et il y a désormais du monde, beaucoup de monde. Trop de monde. Il est temps de passer à la suite du planning: le Fushimi Inari qui se trouve proche de Kyoto, ce qui veut dire qu’il faut reprendre le train. Là je sors l’appli donnant les horaires de train et DRAMA! Il y a un train à 13h23, il est 13h01, d’où nous sommes il y a 23 minutes à pied jusqu’à la gare. Parviendrons-nous à avoir ce train ou bien serons-nous condamné à perdre 30 minutes?

Run to the hills

Il est 13h22 lorsque nous montons dans le train. Sans courir mais en sueur, nous avons pressé le pas pour « reprendre du temps » à ce que nous indiquait Gogol Carte. Par 2 fois nous avons cru échouer à cause de feux de circulation particulièrement longs mais un sprint final dans les escalators de la gare et HOP! Direction Inari. Nous étions « tellement large » que nous avons même eu le temps de retourner changer le sens du dossier de la banquette pour être dans le sens de la marche. Hé ouais.

Si ce matin à Nara, nous avons eu de la chance en terme de population, au Fushimi Inari c’est une toute autre histoire. Quand je pense qu’il y a 8 ans, personne ou presque ne connaissait ce temple et que maintenant le bordel est dans tous les guides… DAMN.
Ce qui fait la particularité de ce temple, c’est son long chemin qui serpente dans la montagne et qui est bordé de toris. La photo la plus célèbre du lieu étant celle où 2 chemins de toris se séparent vers la droite et la gauche. Il y a 8 ans, j’ai pu faire la photo sans personne dessus. Aujourd’hui je n’ai même pas essayé. Trop de monde, trop envie de gifler ces crétins qui prennent des poses débiles, trop envie d’empaler les utilisateurs de perche à selfie. Heureusement pour nous, ces gens sont bêtes. En effet, le chemin jusqu’au sommet du mont Inari est bordé de toris mais les gens font à peine 15% de la distance. Bah oui après ça monte vous comprenez. Je dois confesser que la première fois que je suis venu je n’ai fait qu’environ 1/3 du chemin. Aujourd’hui, nous sommes allés en haut. Rien d’exceptionnel en soit car c’est tout à fait abordable même si on en chie un peu à cause de la chaleur et de l’irrégularité des marches. Comme je le disais c’est abordable mais plus on monte, plus on perd de candidats à chaque buvette. Disons que sur 100 personnes qui se lancent, moins d’une dizaine voit le sommet. D’autant qu’en haut il n’y a même pas un panorama pour vous récompensez. Il y a juste la satisfaction d’avoir fait le chemin des toris en entier, d’avoir pu profiter du calme des lieux. Perso j’ai surtout profiter de l’absence des moutons pour pouvoir faire quelques photos peinard, voir discuter avec quelques personnes sympathiques croisées en chemin.
Forcément une fois en haut, il faut redescendre. Nous prenons donc un chemin alternatif qui boucle la boucle. Il y a en bonus le petit rayon de soleil qui va bien avant de revenir au milieu de la foule. Je sais que j’ai l’air un peu dédaigneux envers les autres touristes, d’autant que j’en suis un. Mais j’aime à croire que je réfléchis un peu plus que les autres. Retour ensuite sur Kyoto via un train forcément bondé puis bus jusqu’à l’hôtel. Contrairement à ce matin, notre chauffeur de bus était lui sous ecsta. Quand il a fallu débarquer du bus une dame en fauteuil roulant, le type s’est littéralement téléporté de son siège à la porte arrière pour mettre en place la rampe et aidé la personne en fauteuil. Ensuite il a rangé la rampe, est monté dans le bus, a déplié les strapontins qui libéraient la place pour le fauteuil roulant à la vitesse de l’éclair puis est retourné à son poste de pilotage. Tout ça en moins de 2 minutes et avec en prime le message remerciant les autres passagers d’avoir patienter. Ahurissant. Le mec nous a même dit merci d’avoir payer notre trajet à la descente. Les japonais sont fous. Complètement fous. C’est pour ça que je les aime.

Ce soir nous dînerons dans un resto comme je les aime: simple, typique et surtout sans (trop de) touristes. Un bon petit resto d’okonomiyaki à la bonne franquette. Truc drôle, avec Aurélie nous mangerons plus que les 4 nanas à la table d’à côté réunies. 3 plats, 2 bières de belle taille et 2 desserts pour 29€. Tout ça à moins de 200 mètres de l’hôtel. Que demande le peuple?

Demain par contre, il faudra être matinal car nous reprenons le shinkansen de 8h54 pour… bah revenez demain pour la suite! 🙂