Japon – Jour 18

Départ aujourd’hui pour notre ultime aventure ferroviaire qui trouvera son épilogue demain avec le trajet de retour vers Osaka.

Ce matin nous quittons Kyoto pour le Koyasan, une montagne pleine de temples, de monastères et probablement aussi de touristes à en juger par la population du train. Dire que l’objectif du gouvernement japonais est d’avoir 40 millions de touristes par an en 2020. OSKOUR.

Pocket Wifi de merde

L’instant Chombier du jour. Ce matin égaux à eux-même, ils ont tout touché sans prendre les pinces et on fait razzia sur la schnouf sans trop se préoccuper de savoir si les gens qui attendaient derrière avait envie de prendre la même chose.

Histoire de voyager léger, nous faisons envoyer les valises directement à l’hôtel à Osaka. Le monsieur de la réception, ultra serviable, nous a fait toute la paperasse, par contre la stagiaire devant mesurer les paquets a semblé un peu moins opé. Pourvu qu’elle n’ait pas fait de connerie en les envoyant à Pyongyang. En réalité, la plus grosse contrariété de la matinée aura été que le pocket wifi ne s’est une nouvelle fois pas rechargé cette nuit alors que j’avais bien fait attention en le branchant hier. J’ai même recontrôlé avant d’éteindre. L’appareil est vraiment pratique… QUAND ON ARRIVE A LE CHARGER. Du coup aujourd’hui, nous faisons comme hier: tout à l’ancienne. Et ça nous a plutôt réussi. Comme c’est désormais notre habitude, nous arrivons en avance à la gare. Pour aller au Koyasan nous devons aller à Osaka puis y prendre le métro pour récupérer un train de la Nankai, seule compagnie à desservir l’endroit. Ce qui veut aussi dire que ce matin c’était notre dernière utilisation du Rail Pass. Si nous ne l’avons pas amorti, on ne doit pas en être loin vu le nombre de trajets improvisés. Tout ça pour dire que nous piffons un train partant plus tôt que celui conseillé par l’agence pour Osaka. Oui parce qu’après analyse, les conseils de l’agence sont bons à condition d’avoir déjà son billet pour le Koyasan, hors nous nous devons les acheter. Partir en avance est donc un bon plan. Le quart d’heure gagné nous permettra de faire nos correspondances sans rush, surtout à la gare d’Osaka qui est une fourmilière en heure de pointe. Un coup de Loop Line bondée et nous voilà à la gare de Shin-Imamiya pour changer de compagnie. Le type au guichet de la Nankai est charmant, nous conseille bien entendu « le meilleur package » pour le Koyasan à savoir les billets de train allé/retour, le bus illimité sur place pour 2 jours, le tout incluant des réduc’ sur certaines entrées. Le tout nous revient à 6800 yens – 52€ environ. Pas de souci, c’était prévu dans « les fonds spéciaux » – grosso modo 40000 yens que nous avions sorti du budget courant pour payer tous les extras de ce type.

Le trajet vers le Koyasan se fait sans souci. En plus il fait beau ce qui ne gâche rien. Après Osaka ça reste moche. Ceci dit, le train passe par des endroits très sympas. C’est un peu moins « profond » que le trek jusqu’à Tsumago mais ça change des grandes villes. Quoique sur le final, le train roule très doucement car ça monte fort et ça tourne beaucoup. Ce passage sur un pont en acier surplombant des gorges… Mmmmm que voila un endroit où je n’aimerais pas me retrouver pendant un séisme.

Une fois au bout de la ligne, c’est-à- dire en haut, ce n’est pas fini. Car en fait on n’est pas en haut. Il faut prendre un funiculaire qui amène à la gare routière. Moi qui adore les pentes raides j’ai été servi. Bien entendu je ne regardais que vers le haut en serrant les fesses pour que le câble qui nous tractait jusqu’en haut ne lâche pas. 5 minutes pas sereines du tout. Ensuite le bus fût un parcours de santé sur une route immonde avant d’arriver au Koyasan proprement dit.

La merveille

Comme je l’ai dit plus haut, il fait beau et il fait bon. Un petit 25° avec un petit vent frais pas désagréable du tout. Tout ça a contribué à rendre l’exploration du lieu plaisante. La petite ville dans laquelle on trouve tout un tas de sanctuaire, mausolée et autres pagodes est tout en longueur. D’un bout à l’autre il y en a pour une grosse dizaine de minutes en bus. En fait ça dépend du nombre de vieux mal garés sur le côté de la route. Bien entendu, je nous fais louper notre arrêt. Heureusement que le suivant n’est pas loin.

Nous attaquerons ici avec le mausolée du shogun Togukawa (le premier de la lignée). Celui-là même qui est enterré à Nikko mais qui a d’abord été enterré ici. Deux petits pavillons identiques et absolument sublimes.
Ensuite nous nous dirigerons vers les « incontournables » de l’endroit. Une série de temples dont j’ai oublié les noms mais qui tabassent! Le premier est occupé par des moines et contient toute une série de panneaux coulissants tous plus beaux les uns que les autres mais qu’on ne peut pas prendre en photo. Vous ne verrez donc que le jardin. Après il y a un couple de pagodes énormissimes, les plus grosses que j’ai jamais vu. Idem, photos de l’intérieur interdites. Il n’y a personne pour surveillé – pareil pour la caisse, tout est basé sur la confiance. En bon français on est tenté de truandé mais nous avons préféré faire usage de nos bons de réductions. Oui, ici il y a des bons de réduction sur les entrées dans les temples. Une fois notre tour terminé, nous partons pour l’extrémité ouest du site où se trouve une énorme porte qui marque l’entrée de la ville. Magnifique. En bonus de l’autre côté de la route, il y a une vue incroyable sur les vallées jusqu’à la mer.

De l’ouest des lieux, nous partons à l’est via un bus qui nous dépose à l’entrée du cimetière Okunoin. 200000 tombes au milieu desquelles on se promène pour finir par tomber sur un temple – qu’il est bien entendu interdit de prendre en photo même de l’extérieur – superbe avec des lanternes partout au plafond. Car j’ai oublié de le préciser, toute la montagne est sacrée donc forcément, ils sont un peu plus tatillons qu’ailleurs sur certaines choses.

Improbable logement

Après le cimetière direction notre hébergement du jour. Ici pas d’hôtel à proprement parler mais des temples hôteliers. Oui nous dormons chez les moines ce soir.
L’accueil est un peu directif mais sympathique, la faute a un anglais pas fifou mais suffisant pour que tout le monde se comprenne. Première info, le réveil est à 6h du matin car la prière est à 6h30. Ce n’est pas obligatoire mais très vivement encouragé – ça nous le savions donc pas de surprise et pas de raison non plus de refuser. Ensuite comme partout quand c’est traditionnel: bain commun. Puis on nous amène à notre chambre. Spacieuse et lumineuse, c’est top. Là le moine s’installe avec nous pour nous expliquer que le dîner est à 18h30 et qu’on viendra nous chercher. Le petit déjeuner est programmé à 7h15 après la prière du matin. Je demande à tout hasard si mon tatouage ne pose pas de problème pour le bain: NON! Youpi je vais pouvoir me doucher avec tous les autres clients du monastère. Dire que les moines sont moins chiants avec ça que les ryokans blindés de touristes. Pour tout dire, ça a même beaucoup amusé le moine de voir du japonais sur mon bras.
La séquence du bain fut funky. Il y a fallu que je tombe sur Jonathan, le bobo parisien de service. Le mec s’est senti obligé de parler avec son voisin et de lui faire une conférence sur un sujet parfaitement inintéressant. Le même Jonathan qui durant le repas ne pourra pas s’empêcher de commenter tout ce qu’il fait/mange alors que le reste des convives font dans la discrétion. ‘fin entre lui et l’allemand à côté qui se prenait pour un samouraï, raide comme la justice dans yukata à faire comme il maîtrisait tous les codes de la culture locale, le dîner valait des points.
Quant à la nourriture, une petite précision s’impose: ici tout est végétarien. Overdose de tofu, quelque soit la forme dans laquelle il est proposé. Sinon c’était très bon. Beaucoup « d’ANI » (Aliments Non Identifiés) mais globalement ça allait.

Une fois le dîner terminé, nous décidons de retourner au cimetière pour exhumer des cadavres parce qu’il paraît que l’ambiance est très chouette de nuit. Et c’est le cas. Il fait super bon ce qui rend la promenade encore plus agréable dans les allées bordées de lanternes. Nous refaisons tout le trajet jusqu’au temple de cet après-midi, c’est dire si nous étions motivé. Sur le chemin du retour nous croiserons le « cemetery night tour ». Une visite guidée de nuit faite par un moine, moyennant finance bien entendu – et pas bon marché le truc: 1800 yens/tête. Ils ont beau être moines, il y a des trucs qu’ils comprennent très bien.

Tout ça pour dire que le Koyasan c’est à faire absolument. Ok c’est déjà dans tous les guides mais quand c’est comme aujourd’hui: avec peu de monde et sous le soleil c’est parfait.

Demain, dernier jour avant le retour en France. Nous remonterons sur Osaka pour écumer les magasins de jeu et de gâteaux. Gros programme.