Taïwan – Japon – Dernier jour

Il est 23h, nous sommes le dernier soir du voyage, dehors souffle le typhon Tapah et je suis à ça ‘ ‘ de descendre insulter le mec qui gère le réseau internet de l’hôtel. C’est pas possible en 2019 au Japon d’avoir un réseau sans fil aussi rachitique. On ne peut rien faire. Rien, tout met 10 minutes à charger.

Passez ce constat déprimant sur le réseau déplorable de l’hôtel, ce matin nous n’avons pas fait comme hier. Nous avons traîner un peu et avons de facto désobéit à la consigne afficher dans l’ascenseur de l’hôtel nous demandant de venir au petit « hors heure de pointe ». Car oui ici on fait des stats sur les heures pleines et creuses au restaurant et on les affiche dans l’ascenseur pour éviter que tout l’hôtel se radine en même temps au buffet. Manque de bol, je doute que les gens en vacances ici aient envie de venir prendre leur café à 6h30 juste parce que ça arrange Yoshi en cuisine.
Moralité nous avons attendu moins de 10 minutes.

Limbo

Dans la nuit, la tempête TS 1917 a gagné un petit nom et changé de statut. Maintenant c’est le typhon Tapah. Qu’est-ce que ça change? En terme de météo, ça souffle beaucoup plus fort qu’hier et surtout ça déverse un max. Puis ça va stopper sans raison avant de repartir de plus belle. En terme technique, aujourd’hui ça va nous pénaliser un peu. Le reste j’y reviendrai plus tard.
Grosse question: est-ce que ça nous pénalise pour notre activité de ce matin? Réponse: NON. Mouillé pour mouillé, on s’en tape qu’il pleuve des cordes.

9h40 – notre chauffeur du jour arrive. Comme hier, nous attendons les autres pensionnaires de l’hôtel qui prennent aussi part à notre petite aventure. 10 petites minutes de voiture plus tard nous stoppons non loin de la mer (qui est démontée au sens quasi littéral). On nous tend un gilet de sauvetage, une pagaie et PAF! Tout le monde met le cul dans son kayak et c’est parti pour 1h30 de kayak dans la mangrove d’Ishigaki sous un déluge quasi non stop.
Je dis à Aurélie de monter devant et m’installe derrière. Pour être efficace et ne pas trop se fatiguer, il faut payaer en étant synchro au maximum, je lui dis donc d’imprimer le rythme et je me callerai sur le sien. Du bon travail d’équipe qui fera de nous le meilleur équipage haut la main. Les autres faisant au mieux n’importe quoi au pire essayant de nous éperonner.

Comme je n’ai pas de photos de notre activité du jour, je vous mets des photos de celles d’hier que nous a gentiment envoyé notre accompagnateur.

Bref nous remontons le long de la rivière au pied de la mangrove. Sur les racines des arbres vivent de centaines de petits crabes couleurs de la couleur du bois si bien qu’il faut être attentif pour les voir. Aurélie avec son oeil de lynx les repère facilement, en bon biglouche que je suis il me faudra du temps et des lunettes à peu près clean pour les voir. Nous slalomerons entre les racines, un coup en faisant du limbo pour passer dessous, le coup suivant en nous servant des plus grosses pour nous propulser avec les mains. Notre guide nosu fera passer par une grotte où vivent une sorte de poisson qui sort de l’eau pour aller se mettre dans le sable. Notre présence dérangera les chauves souris qui occupent également les lieux. C’était rigolo de les entendre piailler. Nous ne nous sommes néansmoins pas attardés pour ne pas les déranger plus que nécessaire.
Nous remonterons encore un peu la rivière avant de faire demi tour, le temps devenant vraiment cradingue. Nous ferons cependant un petit détour par un endroit abriter où nous verrons des oiseaux migrateurs se protéger du temps comme ils peuvent avant de s’envoler et d’être pris dans les violentes bourrasques de vent. Le vent était d’ailleurs tellement fort que ramer contre lui était assez épuisant. Nous finissons notre tour en passant devant quelques épaves – là j’ai vraiment regretter de ne pas avoir d’appareil photo étanche, il y aait de chouette trucs à faire puis retour à la berge plus mouillé que jamais. Retour à l’hôtel pour midi.

T Y P H O N

Après une pause pour récupérer nous décidons de sortir et de tenter de profiter au mieux de notre dernière après-midi. Sauf que dehors le temps a empiré. Techniquement, rien ne nous empêche de sortir. Les locaux font leur vie comme si de rien était mais comme nous voulons aller voir des endroits un peu isolé, marcher avec ce temps est inenvisageable. De plus, dans le hall de l’hôtel un panneau à attirer notre attention. On peut lire dessus l’état de la météo ainsi que l’état des transports sur l’île et dans l’archipel. Ô surprise, aucune liaison maritime et plusieurs vols à destination de l’archipel principal japonais sont annulés. Ambiance.
Après une heure d’attente dans le hall de l’hôtel, la pluie s’arrête. Nous tentons une sortie et optons finalement pour un simple tour en ville. Je prendrai à manger au Family Mart un improbable sandwich au nori/riz/viande hachée/fromage/cochon pané le tout légèrement épicé et nous ferons notre stock pour l’apéro du soir. Après avoir fait la tournée des popotes, retour à l’hôtel pile au moment où ça repart en quenouille dans le ciel.

Aurélie retournera faire un tour au honsen pendant que je démonterai ma valise. Ensuite nous profiterons d’une nouvelle accalmie pour tenter la seconde sortie du jour afin de dîner. Vu le monde dans les rues, nous ne sommes pas les seuls. Après avoir tourner un peu, nous sommes retournés au resto de l’autre soir parce que le rapport qualité/quantité/prix est franchement bon. Et puis on se régale.

La question qui tue

En rentrant Aurélie allumera la télé, nous tomberons sur les infos locales de la chaîne de la préfecture d’Okinawa et là, bien entendu le sujet principal est le typhon. Moult gros plan sur les panneaux disant que tout est fermé, des gens trempés dans la rue, des plans prient par le cameraman que nous avons croisé hier soir et bien sûr Jean-Michel Météo avec son air grave devant sa carte qui répète 50 fois la même chose. Alors non je ne parle pas japonais mais j’arrive quand même à attraper quelques mots que je connais dans ce qui est dit, de là avec les images j’en déduis ce qui se raconte. Et vu qu’ils ont insisté lourdement sur le fait qu’une palanqué de vols étaient annulés, se pose la question de savoir si le notre sera maintenu. D’après l’application de la compagnie: oui. Mais nous ne serons vraiment fixé que demain. A priori comme nous partons dans la direction opposée à la route du typhon ça devrait le faire. Sauf si le vent est trop violent et vu comment les avions qui sont passés au-dessus de nous ce matin corrigeait à mort trajectoire et puissance moteur, le risque existe. Je suis malgré tout assez serein sur le sujet – bien que je n’ai absolument aucune envie de rentrer en France.

Je l’ai dit et je le redis: les Yaeyama c’est Hawaii au Japon. C’est sublime et ça mérite le voyage.
Aurélie est frustrée (à juste titre) de ne pas avoir pu profiter de l’endroit comme elle l’aurait souhaité et c’est vrai. En 2 jours nous aurions pu faire tellement plus de choses mais nous sommes venus ici à cette période en toute connaissance de cause. Maintenant, nous avons fait au mieux en fonction de la météo et je trouve que nous avons plutôt bien géré. Par contre, si un jour j’ai l’opportunité de revenir ici, typhon ou pas je serai le premier dans l’avion. Qu’on se le dise.

Voila, c’était 3 semaines en Asie quelque part entre chinoiseries et japoniaiseries. C’était bien, c’était chaud, c’était humide, c’était beau mais surtout ça fait du bien de n’avoir pour seule préoccupation que le choix de la bière pour l’apéro.

Spoiler: Aurélie a décidé que dans notre futur chez nous il y aura un chiotte japonais avec télécommande pour le jet d’eau. Si on peut lui ajouter un écran 8K de 50 pouces je suis preneur.

Spoiler 2: l’an prochain les vacances ce sera plat, sans typhon, il ne fera pas 45° à l’ombre et nous parlerons la langue. Oui nous savons déjà où nous serons. A peu près.