Taïwan – Jour 11

Donc l’an prochain, non seulement la destination de vacances sera plate, mais il y devra aussi y faire entre 25 et 28°. Hier la chaleur était déjà tuante mais alors aujourd’hui…

Un matin de plus avec un réveil compliqué. Même avec une bonne nuit de sommeil, on récupère difficilement de la marche avec la chaleur. Ô surprise, avec nos sorties du jour, ça ne va pas s’arranger.

Bouddha Land

Ce soir nous sommes à Kaohsiung, seconde ville du pays qui est un peu à Taipei ce qu’Osaka est à Tokyo. Mais avant d’arriver là, nous avons fait dans le spirituel.
La hasard a voulu que ce matin en partant de Tainan, nous longions l’aéroport. Ce qui va me permettre de corriger ce que j’ai dit hier. Ce n’est pas l’aéroport qui fait office de base militaire mais la base militaire qui fait office d’aéroport. L’aérogare est tout petit, les murs sont surplombés de barbelés et le tarmac est constellé de bunkers et autres abris de béton camouflés pour les avions de chasses.

Nous prenons ensuite l’autoroute vers le sud. J’avoue ne pas être trop fan de la façon de rouler des gens ici. Un coup ça double par la droite, un coup ça se rabat dans mon capot et ça n’avance plus. Et en ville, je ne parle pas de scooters qui font de plus en plus n’importe quoi. Ce matin j’ai tenu tête à un type qui arrivait à contre sens, pensant que je bluffais au concours de tête de con, le type ne m’a évité qu’au dernier moment. Aussi débile l’un que l’autre je sais, d’autant que ce n’est pas ma voiture, n’empêche que c’est gonflant.

Notre première destination du jour est Fo Guang Shan, un vaste complexe bouddhique construit entre 2003 et 2011 dans lequel sont regroupés un monastère, divers temples et statues ainsi qu’un musée, un centre de conférence et de quoi faire des retraites. L’endroit faite 2 fois et demi le Vatican en superficie c’est vous dire la taille du lieu et je ne vous parle pas de la taille des parkings. Parlant de ça, j’ai réussi à garer la voiture à l’ombre, ce qui vu la température du jour est un petit exploit. Ce matin au départ de Tainan, on était déjà largement au delà des 32°. De toute façon, ici la nuit on est rarement sous les 30° et les 75% d’humidité.

Fo Guang Shan donc. Nous décidons d’entrée par le côté du monastère. L’endroit est très calme, quelques moines circulent et nous saluent avec le sourire. Nous commençons par passer en revue les 400 et quelques statues de Bouddha installé au pied d’une autre statue de Bouddha qui fait 47 mètres de haut. Ca pose déjà la taille du lieu. Ensuite nous filons vers le grand hall qui se trouve en haut d’un escalier. Escalier qui part cette chaleur est un supplice. Dans le hall nous sommes invités par les moines à aller déposer des fleurs devant les 3 immenses statues en or de Bouddha qui s’y trouvent.

Nous partons ensuite vers la seconde partie du lieu qui se trouve être un immense hall dédié au fondateur du lieu Hsing Yun. Un moine aujourd’hui âgé de 92 ans et calligraphe assez génial. Nous passerons un certain temps dans ce hall car nous nous ferons alpagué gentiment par une nonne. Je ne sais pas si c’est le terme exacte en bouddhisme mais c’est comme ça que je la définirais. Dans un anglais assez surprenant, elle nous explique, en plus de leur signification, que sur les murs sont reproduites à l’échelle 1 des calligraphies du fondateur et que chacune d’entre elles a été réalisé alors qu’il avait perdu la vue pour cause de diabète. Elle en profite au passage pour nous dire qu’ils ont des branches partout dans le monde dont une à Vitry-sur-Seine. Si jamais ça vous intéresse j’ai l’adresse exacte.

Direction ensuite, le clou de la visite. Le grand centre bouddhique. Un truc totalement démesuré et feng chui qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres de long avec pas moins de 8 pagodes (4 de chaque côté), une espèce de pyramide centrale qui abrite le centre de conférence ainsi qu’une relique de Bouddha et bien entendu, une statue colossale qui surplombe tout ça. Pour tout vous dire, en voyant ça je n’ai pas pu m’empêcher de faire une analogie cinématographique. La fin de Permis de tuer, un James Bond de 1989, où 007 se retrouve dans un complexe religieux démesuré. Très étrange sensation de déjà vu.
Bien entendu, il faut entretenir un lieu pareil, il y a donc de boîtes pour faire des dons un peu partout. Petit détail, l’intérieur du centre de conférence est en marbre. Parce que bon hein, faut quand même justifier le prix de la location du lieu quand il y a un séminaire. Après ça, retour à la voiture sous un soleil assassin. Il fait plus de 40°, c’est une torture.

L’énigme du parcmètre

C’est complètement fracassé par la chaleur que nous partons enfin vers Koahsiung. Je vous avoue que j’étais prêt à faire un détour pour rester au frais plus longtemps. Nous arrivons donc dans le nord de ville à la Lotus Pond. Un grand plan d’eau au bord duquel se trouve quelques bricoles à voir. Nous nous mettons en quête d’une place de parking, je me pose le long d’un trottoir dans une place et nous partons sous une chaleur infernale de l’autre côté de la rue au temple de Confucius. Oui parce que chaque ville à la sien, histoire de ne pas faire de jaloux. Celui-là ne casse pas des briques. Les autres choses à voir ne sont qu’à quelques centaines de mètres mais Aurélie abdique et me dit que c’est mort, on y va en voiture. Ok.

Et là surprise, un papier sur le pare-brise. C’est la facture de stationnement mais personne à l’horizon. Nous ne sommes partis que 10 petites minutes et voila. Je tente une Google Trad des instructions… c’est pas clair. Nous décidons donc que nous demanderons comment régler ça à en arrivant à l’hôtel. En attendant, nous éviterons les places matérialisées au sol.
500 mètres plus loin, nous cherchons à nous garer. Bien entendu c’est compliqué et nous trouvons finalement une place devant une école. Mais attention! Ici il est interdit de se garer le long du trottoir d’une école aux heures où les élèves entrent et/ou sortent de cours sous peine de se faire enlever la voiture et de prendre une prune XXXL. Heureusement pour nous, ils sont en cours.

Nous partons donc voir le temple Zuoying Yuandi. Une espèce de statue de l’immondice se trouvant au bout d’une jetée sur le plan d’eau. Horrible. Le seul truc sympa se sont les statues de divinités quelconques à cheval sur divers animaux de chaque côté de la dite jetée. Et pour couronner le tout, 2 vieux font un karaoké aux portes du temple. Un truc à faire regretter un solo d’Yvette Horner tellement ça chante faux.

Nous filons ensuite vers le bout du plan d’eau. Le long du chemin nous croisons des vieux installés un peu partout où il y a de l’ombre. Tantôt fumant une clope, tantôt roupillant comme des sonneurs. Foutue chaleur, à ce moment de la journée, les 40° étaient largement dépassés.
Nous arrivons finalement devant un dragon au look douteux dont j’ignore la fonction exacte. Après avoir fait le tour du truc, nous le laissons derrière nous pour aller voir les pagodes du tigre et du dragon.

Ca fait parti des choses à voir. Bon en soit ce n’est rien de fou, ça n’a rien d’historique, simplement pour avoir de la chance, il faut entrer dans la bouche du dragon et ressortir par celle du tigre. Si je gagne au loto, vous saurez pourquoi: ça veut dire que j’aurai pensé à jouer.
Bien entendu on peut monter dans les pagodes. Aurélie aura la foi, moi pas. Retour éreintant à la voiture pour prendre la direction de notre dernière visite du jour: l’ancien consulat britannique sur la colline Takao. Takao qui se trouve aussi être une excellente chanson du groupe de Métal taïwanais Chthonic – coïncidence? Je ne crois pas. Bref le consulat. Y aller est un enfer vu la configuration des rues là, je vous avoue que nous n’avons pas fait dans le détail => parking payant parce que… ben pas le choix en fait.

Je vous ai dit que le consulat se trouvait sur une colline? Donc il faut grimper. L’escalier sous cette chaleur… quel enfer. Quant au consulat, c’est un bâtiment de briques qui se trouve à l’entrée du port face au phare. Et voila. Sorti d’un café et d’une vague explication sur le pourquoi du comment de l’installation, l’endroit n’a que peu d’intérêt. Du coup, retour voiture et go hôtel.
A noter que sur la photo montrant l’entrée du port, si vous faites environ 300km dans cette direction, vous arrivez en Chine.

Design fonctionnel

Trouver l’hôtel fut simple, s’y garer encore plus. Le personnel est sympa et c’est finalement le voiturier qui va nous expliquer comment payer notre ticket de stationnement. Il faut aller au 7 Eleven, donner le ticket à la caisse et payer le montant indiqué. Plus simple c’est pas possible. Encore faut-il le savoir. Tout ça pour 50 centimes d’euros de stationnement.
Bref nous nous installons et il y a un truc qui nous a surpris dans la chambre, c’est le fait que la salle et les toilettes soient vitrés. Genre vitré quoi. Pas moyen de se gratter le fion sous la douche sans que le voisin en profite. Ca doit être un truc de chinois ça. A Taipei on avait déjà eu la porte de salle de bain en verre dépoli, à Sun Moon c’était aussi vitré mais semi-opaque… là on voit les chiottes en 4K avec le son qui va bien.
En soit je n’ai rien contre les trucs designs, faut juste que se soit fonctionnel et là… la cabine de douche, porte fermée, on inonde le reste de la pièce. Quant au bureau qui trône au milieu de la chambre devant la télé, faut qu’on m’explique. Nous notons aussi que, comme absolument tous les hôtels où nous sommes passés à Taïwan: l’insonorisation est déplorable et le double vitrage un concept inconnu.

Après une petite pause, nous ressortons pour aller voir le « Heart Of Love » sur la Love River. Je n’invente rien le lieux existe et la rivière qui traverse Kaohsiung s’appelle vraiment la Love River. Nous passons donc devant la scientologie, prenons le métro et… bah voila. C’est juste une passerelle au dessus de la rivière. Bof quoi. Là dessus, Aurélie me dit qu’elle a faim. Manque de bol, il n’y a rien autour. Grâce à Google nous trouverons finalement un resto… qui sera notre pire échec gastronomique du voyage. Pas que se soit mauvais, juste le service qui a pris un temps infini.

L’argus auto

Je l’avais promis hier, voici le traditionnel moment où nous parlons voiture!
Donc à Taïwan, pour réussir sa vie il faut: avoir un fils, une maison et une grosse bagnole. Vu ce qui roule ici, certains ont au moins un des trois.
Le parc auto est globalement assez récent et majoritairement d’origine japonaise. La marque archi dominante est Toyota avec son best seller inconstesté: la Camry. Le RAV4 n’est pas en reste. Pas loin derrière on trouve Nissan et Mazda. Plus surprenant, on voit beaucoup d’européennes. Des Volvo et pas mal de Peugeot mais surtout des allemandes, Volkswagen en tête. Il y a aussi pas mal de SUV Porsche ainsi que toute la gamme BMW et Mercedes, le plus souvent dans des finitions très haut de gamme qu’on voit rarement chez nous dans de telles proportions (de l’AMG et des M3/M5). Et bien entendu, il y a toujours les exotiques: beaucoup de Maserati, quelques Bentley, Lamborghini ou Aston Martin et ce soir pour la première fois une McLaren (720S pour être précis). Sinon pour 54 600 NTD (1600€) vous pouvez avoir un scooter.

Demain, direction le sud! Oui encore. Ca va faire une semaine que nous allons au sud donc à un moment, soit on arrive au bout de l’île, soit on tombe sur des manchots. Ce qui voudrait dire que la température aurait drastiquement baissé.

Info du jour: mon appareil vient de passer les 40 000 déclenchements.