Taïwan – jour 12

Vous vous souvenez de Sun Moon Lake? Tout ce qui ne collait pas? Sorti de l’hôtel, on y est presque.

Sun Moon Lake c’était à peu près tout ce qu’on déteste à savoir le piège à touristes taille géante. Kenting ça nous a été vendu comme « ze endroit de rêve de Taïwan ». J’aime autant vous dire qu’il y a une marge.

Saint-Tropez – norme locale

Côté petit-dej, rien à signaler et ce sera bien la première fois. Sorti du chiotte en verre de la chambre qui dans le genre incongru se pose là, l’hôtel était cool.
Niveau route, je dois dire que même si le revêtement est génial, ceux qui l’utilisent me sortent par les yeux. Je déteste leur façon de conduire. J’en suis presque à regretter les blédards de chez nous, c’est vous dire. Non je déconne, ceux là je les foutrai dans un Boeing 737 Max que j’enverrai s’écraser en Corse. Une pierre, deux coups – mais ce n’est pas le sujet.
Donc la route sous un soleil d’enfer, ça nous sommes rodés. Les locaux qui roulent comme des glands, on fait avec et les lieux ingarables… on fait avec aussi. Nous pensions stopper en cours de route à Hengchun pour profiter des anciennes portes des fortifications qui sont dans leur jus. Hélas l’endroit est un enfer automobile, nous filons donc vers l’extrême sud de Taïwan, dans le parc national de Kenting.

Kenting est la destination à la mode chez les jeunes taïwanais car il y fait beau toute l’année et la mer est au tour de 27/28° constamment. Sauf que c’est un peu comme la Côte d’Azur chez nous, ça c’est transformé en immense piège à gogos et l’endroit perd en charme malgré son potentiel. Exemple, pour aller voir le point le plus au sud de l’île, on vous oblige à stationner dans un parking payant – la somme est modique mais comme il faut passer à la caisse pour quasiment chaque point d’intérêt, ça finit par faire cher la blague.

Donc pour aller au point le plus au sud de Taïwan, une fois la voiture garée, il faut encore marcher 10 minutes sous plus de 40° pour finalement tomber sur un ponton en bois, avec une espèce de stèle en béton moche qui surplombe les rochers. Où comment tuer tout le charme de l’endroit.
Pour la petite histoire, à gauche c’est le Pacifique, en face le détroit de Taïwan avec à environ 300km les Philippines et à droite la mer de Chine.

Revenu à la voiture, nous voulons aller voir le phare qui est tout proche, sauf qu’il faut revenir un peu plus bas en ville pour repayer un parking puis un droit d’entrer dans le parc autour du phare.
Là encore, tous les endroits sympas sont plus ou moins gâchés par une espèce de mise en scène débile (sans doute de mon point de vue d’européen) où on voit un symbole dans chaque rocher. Bref, la vue est mignonne mais au final, le seul truc que j’ai retenu, c’est la taille de cette espèce d’araignée mutante venu d’un autre galaxie. Nous en avons déjà croisé 2/3 d’un fort beau gabarit ici mais celle-là emporte la palme. Sans doute parce que nous avons du passer à moins d’un mètre d’elle et de son immense toile.

Nous partons ensuite vers Mobitou Park, un endroit supposé être un des plus beaux point de vue sur Kenting et sa côte. Bien entendu il faut raquer le parking et remettre une pièce au bout pour avoir droit à la vue. Vue sympa mais sans plus. Encore une fois, plus que la vue, ce qui nous aura marqué est la surabondance de touristes cons de libellules. Mais ce coup là était le coup de trop pour Aurélie. Une fois, deux fois OK mais au bout de 3 fois quand derrière les promesses sont à peine tenues, c’est niet. Donc le prochain coup, on se gare où on ne paie pas. Les locaux le font, pourquoi pas nous?

Beach please

Quittant Mobitou Park, nous partons vers la plage de Baisha, réputée pour être une des plus belles de Kenting. Echaudé par ces histoires de réputation, nous n’attendons plus de miracle. Une fois sur place, devinez quoi? Il faut payer le parking! Et là c’est non. Je fais donc comme les gars du coin et je me gare sur le bas côté. Ce qui sera l’occasion de voir l’amicale des propriétaires de Maserati se retrouver dans une villa grande luxe de l’autre côté de la route.
Situé à 50 mètres de la route, en contre bas d’un camping bondé, la plage de Baisha est en fait toute petite. Juste assez large pour accueillir des parasols qu’on fait payer à prix d’or. Quant au sable blanc promis… il est plutôt cracra et plein de détritus ramenés par la mer. Avec Aurélie, nous hésitions à nous changer pour piquer une tête, le monde et l’aspect de la plage nous découragerons. Bon il faut aussi dire que niveau plage, quand comme nous on a eu la chance de faire Hawaii, c’est un peu comme si on commençait par le boss final d’un jeu vidéo. Sur cette semi-déception, direction l’hôtel.

L’hôtel en question se trouve sur la rue principale de Kenting mais un peu en retrait donc le trouver fut un peu compliqué dans la mesure où ce week-end, tout Taïwan célèbre le « moon festival » – équivalent au milieu de l’automne chez eux. On sort, on fait la fête, on mange du Moon Cake et on tire des feux d’artifice. Donc c’est le bordel en ville et il y a un monde délirant. Je gare la voiture tandis qu’Aurélie récupère la clé des lieux. Une fois installé et après avoir repéré tout ce qui clochait dans la piaule (notre rituel à chaque nouvel hôtel), je vois qu’il y a une plage à 100 mètres de là. Nous nous changeons, nous tartinons de crème solaire et zou: go plage.
En arrivant sur place, surprise il y a des panneaux interdisant la baignade. Bon, on se dit que c’est en cas de mauvais temps. Ensuite il faut traverser une sorte de canal venant d’on ne sait où. Soit. Et quand on regarde la plage, on se rend compte à quel point elle est crade. MUF. Nous marchons un peu et voyons des gens se mettre à l’eau. On se dit que le spot est bon malgré tout. Tu parles, un quad surgit avec un sauveteur qui intime l’ordre à tout le monde de sortir et qui leur dit qu’à la rigueur, ils peuvent rester assis sur le sable à attendre les vagues. Sérieusement? Donc on ne peut vraiment pas se baigner. 30 mètres plus loin, des apprentis surfeurs galèrent à prendre un rouleau de 50cm de haut et nous on a juste le droit aux pieds dans l’eau. C’est peu de dire que je fulmine.

Paie ta plage cradingue bien calée entre le canal d’évacuations des eaux usées et la centrale nucléaire.
Ha oui parce que je ne vous ai pas dit, tout parc national protégé qu’il est, le parc de Kenting abrite aussi 2 réacteurs nucléaires qui se fondent parfaitement dans le panorama. Ca plus les eaux usées qui viennent se déverser en bout de plage. Ha il est beau le Saint-Tropez local.

La fête au village

Retour à l’hôtel légèrement contrarié. Surtout moi en fait. Aurélie bien que saoulée prend ça avec un peu plus de sérénité.
Douche puis sortie pour dîner. Ce sera rapide car l’humeur n’y est pas trop. D’autant plus que nous avons une lessive en route à l’hôtel. Ca aussi ça mériterait qu’on en parle en détail (du lave-ligne surtout) mais peu importe.
Tandis que ça lave, je regrette un peu de ne pas avoir pris l’appareil pour faire quelques photos. Du coup je décide de ressortir tandis qu’Aurélie se pose devant la télé.

Le Moon Festival est l’occasion pour les locaux de sortir en famille ou entre amis et de manger des spécialités. Comme nous sommes en bord de mer, il y a beaucoup de fruits de mer. On les trouve aussi bien en friture qu’au barbecue. J’ai même vu des huîtres à la mozzarella. Il y a aussi des viandes, des abats et des trucs exotiques comme des pizzas. Mais le pire truc niveau bouffe, c’est ce qu’ils appellent le « stinky tofu ». Littéralement « le tofu qui pue » et ça pour puer, ça pue. Pour vous donner une idée du fumet de la chose, pour moi ça ne sent ni plus ni moins que le clodo qui n’a pas vu une douche depuis des semaines. Ca schlingue… mais d’une force… Et ils bouffent ça tranquillement avant d’enchaîner sur une brochette de crevettes et dieu sait quoi d’autre.
Mais il n’y a pas que des stands de nourriture. On trouve aussi quelques forains (ou assimilés) qui proposent des jeux pour les enfants et des bars improvisés qui servent des cocktails. L’ambiance est assez sympa. On voit que l’endroit est touristique au nombre d’occidentaux qu’on croise mais il y a aussi des indiens, des philippins et d’autres nationalités d’Asie du sud-est.

Demain nous quittons Kenting pour nous embarquer (au sens littéral du terme) dans une nouvelle galère (en espérant que le sens figuré ne deviendra pas littéral).