Taïwan – Jour 14

Avez-vous déjà fait le tour de l’île de Ré à vélo en plein été? Ok bon on s’en fout puisque de toute façon ce dont nous allons parler aujourd’hui n’a rien à voir. Sorti du vélo.

Donc aujourd’hui, c’était notre journée à temps plein sur Green Island pour profiter de ses plages et… de ses plages. Ca c’est pour lé théorie. Dans les faits, les plages ici ce sont au mieux de coraux au pire de la caillasse ultra tranchante. Rien qui ressemble de près ou de loin à une belle étendue de sable.

La petite reine

Je pourrais vous faire un laïus sur le petit déj’ mais comme j’imagine que vous avez compris les tenants et aboutissants concernant ce moment crucial de la journée, sachez que ce fût un fiasco et j’ai dû me résoudre à aller prendre un café au konbini du coin.
Nous partons ensuite en direction du « syndicat d’initiative » des lieux afin de prendre des infos sur les loueurs de vélos/scooters. 3 kilomètres à pied dans un sens pour nous entendre dire que tous les loueurs sont 4 kilomètres dans l’autre sens. La journée commence bien.
Nous trouvons donc un loueur. Comme tout le monde roule en scooter, nous décidons d’en louer un. Pour la petite histoire, Green Island est censé l’endroit de Taïwan où les loueurs de scooter sont les moins regardant sur la paperasse type permis international. Devinez quoi? Nous sommes tombés sur le seul mec tatillon de l’île. Il refuse donc de nous louer un scooter car la case n’est pas cochée sur mon permis international. J’aurais pu résoudre ça d’un coup de bic (puisque ce document qu’on met des semaines à avoir en France est rempli à la main) mais nous n’avions pas envie de nous prendre la truffe donc va pour des vélos. Grosse idée car en ville on nous a regardé comme des extraterrestres.

Bref nous voila en route pour faire le tour de Green Island – 20 petits kilomètres par un peu plus de 35°.D génie sachant que l’endroit n’est pas plat.
Est-ce que je vous ai dit que l’an prochain nous partions dans un endroit plat?
Notre premier stop est le phare et sa plage. Sympa car le vent donne un peu d’air. C’est ensuite que le gros de la promenade commence.

Nous passons devant l’actuelle prison qui renferme certains des pires criminels de Taïwan puis ensuite devant l’ancien centre de détention qui servait à enfermer les opposants politiques jusqu’à la fin des années 1980. L’endroit est joli sinon, le Pacifique est d’un bleu… et à la nage le Japon n’est qu’à 400 kilomètres.

C’est ensuite que ça se corse. Juste après le centre pénitentiaire il faut prendre à droite et là c’est le drame: une côte. Ca grimpe à environ 8% donc rien de fou. Mais allez faire ça par 35° avec un vélo de ville qui n’a que 6 vitesses et pèse un âne mort. Nous avons d’ailleurs droit à des coups de klaxon d’encouragement de la part des gens qui passent en scooter. Parce que oui, nous sommes les seuls ahuris à faire le tour du bled en vélo.

Bien que fatiguant, c’est non polluant et ça permet de bien profiter du paysage. Et puis ce n’est pas pour vanter nos mérites mais quand on stoppe à un point de vue et qu’il faut marcher pour y aller, nous ne sommes pas les plus essoufflés en arrivant sur place.
Bref nous grimpons et passons en revue les endroits sympas de l’île. Autour de midi, nous trouvons un lieu pour faire un ravito boisson parce que nos réserves sont épuisées.

La pataugeoire et la gourdasse

Arrive enfin le moment que nous attendions avec impatience: LA DESCENTE. Le loueur nous avait prévenu et dit de faire attention parce qu’elle est dangereuse. Et il n’a pas menti. En 700 mètres on descend ce qu’on a mis presque 2,5 kilomètres à monter. La suite en revanche est une belle ligne droite en bord de mer avec le vent dans le dos. Il y a ensuite un petit gauche droite avant une nouvelle ligne droite et dans le virage suivant ce qui nous intéresse: les Zhaori Hot Springs. Il s’agit de sources d’eau chaude jusque là rien d’original mais celles-ci sont salées! Bien que l’île soit issu d’une lointaine éruption volcanique (on peut d’ailleurs voir le plateau volcanique assez facilement depuis la côte), l’activité souterraine chauffe l’eau de mer et la fait remonter à 53° à cet endroit précis. Bien entendu c’est payant mais franchement, comme les plages sont des traquenards, qu’il fait chaud et que c’est assez unique comme phénomène naturel (il en existe 3 dans le monde), pourquoi se priver?

Je vous vois venir, vous allez me dire que je suis en train de gueuler à propos de la température et que je vais barboter dans une eau encore plus chaude. C’est vrai… mais je fais ce que je veux. Et puis au moins quand on sort il fait frais. Environ 15 secondes.
L’endroit est constitué de plusieurs bassin à diverses températures. Les 2 plus chaud sont protégés du soleil, l’un est à 38,5 et l’autre bien au delà de 40. J’ai mis ma main sous l’arrivée d’eau, le regret a été immédiat. Les autres sont au soleil et doivent être autour de 29°. Nous sommes restés à barboter là-dedans environ 2 heures. Juste le temps qu’il faut pour prendre des coups de soleil par dessus les coups de soleil attrapés durant le vélo. J’ai les biceps écarlates, les épaules rouges et les mains cramées, Aurélie a pris sur les bras et le dos. Vraiment c’était chouette. C’était même d’autant plus appréciable que nous étions quasi seuls. Après ça reste chinois donc il y a de bonnes idées comme les jets haute pression… quand ils fonctionnent. L’endroit manque quand même un peu d’entretien.

Nous repartons sous un soleil assassin alors qu’il est pas loin de 15h. Le temps de finir notre tour de l’île et il est 16h. Retour des vélos à leur propriétaire puis boisson fraîche salvatrice avant un retour à l’hôtel pour constater l’étendue des dégâts fait par le soleil.
Ensuite go manger et là… nous tombons sur la pire chèvre de l’île. La serveuse en mode Droopy, dépressive et nonchalante qui n’en a rien à foutre de rien et qui a l’air saoulée rien qu’en respirant. Nous commandons 2 bières, une seule arrive. On demande où est la deuxième, incompréhension de l’intéressée qui l’a pourtant noté en prenant la commande. Mais comme elle a décidé de ne pas s’arrêter en si bon chemin, elle a mal pris la commande. Quand mon plat arrive, je constate l’erreur mais décide d’attendre pour voir si il n’y a pas eu inversion avec Aurélie niveau garniture. Aurélie fait la remarque sur l’erreur et Droopy se radine avec la note qu’elle a prise et le menu pour bien me faire comprendre que c’est moi qui dit de la merde. Sauf que oui mais non. Du coup c’est une autre serveuse un peu plus dégourdie qui va tenter de sauver les meubles en m’apportant mon plat en catastrophe et celui d’Aurélie aussi vite que possible. Sachant qu’ils sont au bas mot 12 pour faire le service là où chez nous à 4 ils feraient tourner la boutique, ça laisse rêveur. Et comme ce sont des truffes jusqu’au bout, ils se sont plantés dans la note. A notre avantage. Visiblement une bière a été oublié et vu la mentalité locale, on peut oublier l’hypothèse du geste commercial.
Là-dessus dodo parce que demain bateau à 10h30 puis au bas mot 2 heures de voiture vers le nord.

Note: pour d’évidente raison de confort et de praticité, toutes les photos du jour sont faites au téléphone. Sauf quelques photos signées Aurélie.