Taïwan – Jour 15

Aujourd’hui, retour sur le « continent » puis suite de notre trajet vers le nord.
Rien de fou à signaler hormis un accident éviter de justesse, un vent à décorner les boeufs et une pensée pour Gilbert Montagné.

Comme tous les jours, direction le petit dej. Comme il est aussi immonde qu’hier, difficile de dire qu’il est englouti avec entrain. D’autant que deux heures après, il faut reprendre le bateau.

Nous prenons notre temps car il est encore tôt et le ferry n’est qu’à 10h30. Cependant le gars de l’hôtel qui doit nous déposer au port semble presser et nous voilà à attendre sur le quai plus d’une heure en avance. Pas qu’on s’emmerde mais un peu quand même.

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Alors qu’à la télé passe Double Détente, un bon nanard avec Anorld Schwarzegger dont les vannes sont légendaires. Sauf qu’ici il s’agit d’une version censurée. Gros mots mis en sourdine et montage revu parce que c’est « violent ».
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Donc nous attendons et toute la populace commence à rappliquer pour prendre le ferry – qui arrivera en retard. Il semble qu’il y aura plus de monde au retour qu’à l’aller. Aurélie espère secrètement que ce trajet sera moins mouvementé que le précédent. Malgré le monde, nous arrivons tant bien que mal à nous positionner où nous le souhaitons pour réduire les risques de mal de mer. Les cinquante minutes de trajet se feront sans incident. Ca tanguera bien moins qu’à l’aller malgré des creux plutôt impressionnants.
Une fois à quais, nous récupérons la voiture avec ses 8 tickets de parking sur le pare-brise – ce qui nous coûtera le total faramineux de 8,5€ pour 36 heures de stationnement. De là, direction le nord et Hualien notre étape du jour.

En chemin, nous stopperons plusieurs fois.
La première, dans un endroit dont j’ai oublié le nom mais qui est une curiosité géologique car formée à la rencontre de 2 courants marins opposés. Bien entendu le parking est payant mais au moment où nous arrivons, le préposé au ticket est en pause déjeuner – véridique – donc nous filons nous garer en douce à l’ombre des cocotiers.
Donc je disais que les courants ont au file du temps former une sorte d’éperon rocheux au milieu duquel les locaux se sont empressés de construire un pont symbolisant le dos d’un dragon. L’endroit est sympa mais pour vraiment en profiter il faut aller de l’autre côte de ce foutu pont et de ses bosses. Heureusement qu’il y a du vent pour rendre ça supportable car encore une fois le soleil tabasse.

De l’autre côté du pont, un chemin balisé permet de faire le tour des rochers en sécurité. Il y a un endroit à l’ombre avec des bancs et sur l’un d’entre eux un objet attire mon attention. Je vais voir, c’est une sangle BlackRapid pour appareil photo – comment je le sais? J’en ai une! Je regarde autour de nous, personne à l’horizon… bon bah hop! Une sangle pour bibi. D’autant qu’elle est complète avec l’anneau de fixation et le mousqueton. C’est un modèle ancien mais à l’époque ça valait bien 50€. Toujours ça de pris.

Bref nous continuons notre tour et poussons jusqu’au bout du chemin. Les curieux/courageux/inconscients peuvent s’aventurer au delà du chemin balisé et aller crapahuter sur la roche volcanique le long de l’océan où les vagues se fracassent. Arrive un moment où je dis à Aurélie que je ne vais pas plus loin. Le trauma des escaliers est encore bien là. Elle ira donc seule au bout du chemin tandis que j’irai explorer une grotte à côté. Le panneau à l’entrée de la grotte donne le ton. Ce n’est pas accueillant. Je fais quelques mètres à l’intérieur et tente d’éclairer les lieux avec la LED du téléphone. On voit quéquette, je fais demi-tour, pas la peine de prendre de risque inutile.
5 minutes après Aurélie revient et nous repartons. Sur le chemin du retour, nous verrons un attroupement. Un crabe de cocotier se promène tout doucement dans les hautes herbes. Marrant de voir ça.
Achat de boissons puis retour à la voiture et direction la suite.

Ho Li Fuk

Le temps c’est couvert mais il fait toujours aussi chaud.
Sur la route, nous croisons plus de monde, ce qui veut dire aussi plus de crétins et des crétins aujourd’hui nous en croiserons de beaux spécimens.
A un endroit sur la côté est matérialisé physiquement l’endroit où est censé se trouver le tropique du Cancer. Je mets donc mon clignotant pour indiquer que je vais tourner à gauche et c’est le moment que choisit notre premier trou du cul du jour pour me doubler. Et ce sac à merde me klaxonne en plus. Mais va bien t’enrouler autour d’un cocotier avec ta charrette!
Le tropique du Cancer donc. Pour le matérialiser, ils n’ont rien trouvé de mieux que de faire une espèce de monument en béton… moche de surcroît. Ce qui n’empêche personne de faire des selfies devant. C’est une maladie le selfie ici. Ils en font partout, tout le temps, devant tout et surtout n’importe quoi. Imaginons, vous leur mettez sur un plan que sur tel rocher, un singe a fait caca dessus en 3447 avant JC, ils feront une photo devant et sont même foutus de faire semblant de caguer dessus. J’en ai bien vu qui faisait semblant de tenir un dôme radar l’autre jour.

Nous quittons ce lieu de débauche pour nous arrêter quelques kilomètres après dans un endroit à priori sympa puisqu’il s’agit de grottes avec des statues. Quand je vois que le parking est payant ça devient tout de suite moins sympa. Ca le deviendra encore moins quand nous verrons que l’accès aux grottes est condamné pour l’instant car la falaise est instable et il y a des chutes de pierre (j’en serai témoin). Bon OK mais pourquoi nous laisser payer le parking? Hein? Bande d’escrocs.

Il pleut quand nous repartons. Le trafic est dense mais ça va encore.
Nous stoppons au pied d’un pont avec un panorama sympa. Dommage que le temps ne soit plus avec nous.
Quelques kilomètres plus loin est censé se trouver un endroit duquel on peut voir baleines et dauphins. Vu que la mer est démontée, voir quelque chose relève du miracle. C’est là que je lâche un « HO PUTAIN » et Aurélie qui scrutait l’eau me demande si j’ai vu quelque chose. Oui dans mon rétro: un Lamborghini Urus. Elle me regarde consternée.
Nos stops suivants seront des échecs cuisant pour la bonne et simple raison que nous les avons manqué. En effet, si ils sont bien indiqués plusieurs kilomètres avant, le dernier kilomètre est le plus critique car il n’y a plus d’indications et le plus souvent l’endroit se trouve en sortie de virage et ou du mauvais côté de la route. Bon bah tant pis.

C’est après ça que nous croiserons le plus gros FDP du jour. Un magnifique spécimen de sodomite qui me suçait tellement le pare-choc qu’au moindre coup de frein de ma part et il était assis avec nous. Mais le must, c’est son dépassement. J’avais devant mois 3 camions, la route est en descente, étroite et sinueuse. Le mec me double à l’aveugle sans voir ce qui arrive en face, hésite à se rabattre puis décide de continuer son dépassement en se lançant à l’assaut du camion. Sauf que le camion qui a la visibilité décide couper le virage comme il n’y a rien en face. Du coup notre gros con est surpris par la manoeuvre et manque de se taper la remorque. D’où j’étais, je peux vous dire qu’entre son capot et la remorque, à un moment donné, il n’y a pas du y avoir plus d’un orteil (celui que vous voulez). Il a finalement continué son dépassement comme si de rien était. V’là la frayeur que nous avons eu.
Pour en finir avec le trajet, je vous ai déjà expliqué qu’ici ils mettaient des radars partout. Sur notre route du jour il y a quelques lignes droites et là vous voyez le truc venir. 1500 mètres de ligne droite, le seul endroit où on peut doubler sans danger camions et cars. Bah non. 3 radars. Ca m’a rendu dingue. Et Aurélie qui me dit « fais gaffe avec un peu de chance il y aura les flics au bout de la suivante. Mollo sur l’accélérateur. » Devinez qui étaient au bout de la ligne droite suivante avec « les jumelles »?

Bref, nous arrivons à Hualien en fin d’après midi et dans une brume marine dantesque. On se pose à l’hôtel – il a beaucoup de potentiel, j’ai de grandes attentes sur le petit-dej demain matin – puis nous ressortons dîner avant de vadrouiller un peu dans les rues.

Demain, dernier jour à Taïwan et remontée finale vers Taipei.