Taïwan – jour 3

Après une journée comme hier, forcément aujourd’hui ne pouvait qu’être « moins bien ». Sauf que quand ça ne veut pas…

L’idée aujourd’hui était d’aller au parc national de Yangmingchan puis d’enchaîner sur la visite de la résidence de Chank Kai-Shek et de finir par le musée National du Palais.
Techniquement c’est ce qui c’est fait.

Touristes dans la brume

Après un réveil des plus laborieux en ce qui me concerne, Aurélie ayant été bien plus vaillante que moi, direction le petit déj’. Horrible mais c’était prévisible. C’est là que tout bascule dans l’horreur: la pluie.
Nous savions qu’il devait pleuvoir aujourd’hui mais pas dans quelle proportion et ce n’est qu’en sortant de l’hôtel que nous prenons la mesure du problème. Voyant qu’il pleut et que nous n’avons pas de parapluie, le petit gars de la réception nous propose de nous en prêter qu’il y a un typhon en approche. Ah. Ca faisait longtemps. On s’est farci un typhon l’an dernier à la même au période au Japon, pas de raison qu’en étant dans la même région cette année nous passions au travers. Le typhon 1913, nom de code du typhon Lingling, passe à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Taïwan mais nous emmerde quand même en faisant pleuvoir suffisamment pour que ce soit chiant.

Têtus comme nous, nous ne changeons rien à notre programme et filons au nord de la ville via le métro puis les bus. Autant le métro c’est facile, autant les bus c’est une autre saucisse. D’ailleurs en parlant du métro, ce n’est que ce matin que nous avons remarqué qu’en plus des accès surélevés, il y a d’énormes portes blindées avec des joints d’étanchéité pour protéger le métro des inondations. Bref revenons-en au bus, la seule chose en anglais c’est le nom de l’arrêt à venir qui défile sur l’écran derrière le chauffeur et il faut être attentif pour lire parce qu’il n’y a pas de seconde chance. Une analyse en temps réel de notre position sur Google Maps nous permettra de voir qu’il faut aller au terminus. Pour ensuite enchaîner sur un second bus qui part en pleine pampa, où strictement RIEN n’est signalé en anglais ni dans le bus ni sur les plans. Rien macache walou. Ha si! Il y a des annonces sonores crachottées par une sono agonisante en chinois dans le texte. Sachant qu’en plus, il pleut à verse, que le chauffeur roule comme un dingue sur la petite route de montagne et qu’il ne marque pas tous les arrêts… dur.
Déjà contrariée par le manque d’indications, Aurélie commence à me dire que ça la gave et qu’elle veut rentrer. Entre temps, nous parviendrons finalement à notre arrêt. Un endroit au milieu de nulle part en pleine montagne avec une visibilité proche du néant. Nous sommes montés là pour la vue et les petits chemins de rando… nous n’avons profité de rien.

Comme je l’ai dit, nous sommes entêtés, nous décidons donc de nous lancer sur un des chemins de rando, sous la flotte avec 50 mètres de visibilité grand max.
Bien entendu, ça monte! Et bien entendu ce sont encore des escaliers. Raides sinon ce n’est pas drôle. Le chemin serpente entre les hautes herbes et les roches d’où sortent des vapeurs de souffre – zone volcanique oblige. Au bout de 600 mètres, nous stoppons sur ce qui est censé être un belvédère pour profiter du panorama. Là le vent se lève et nous déverse de l’eau dessus. Je dis à Aurélie que ce n’est pas sérieux et qu’on devrait faire demi-tour. La pluie + le vent + les marches glissantes et la visibilité presque nulle, qu’on soit plus haut ou ici ce sera toujours la même mélasse. Agacée de ne pas avoir pu profiter de l’endroit, elle commence à redescendre. Je la suis à mon rythme car je sens que je paie très fort notre escapade d’hier. La descente est épuisante et nous avons manqué de nous étaler plusieurs fois.
Une fois revenu à notre point de départ, mes jambes me portent à peine. Heureusement le bus arrive pour un retour à la case départ. Le trajet de retour est encore plus funky que l’aller, le mec roule comme un fou et coupe des virages sans visibilité. Nous étions content de descendre de là.

La stratégie de l’échec

Nous reprenons ensuite l’autre bus en direction du métro sauf que nous stopperons avant. Encore une fois, Google Maps fut une aide précieuse et nous descendons à quelques centaines de mètres de notre second objectif du jour: la résidence de Chang Kai-Shek. Le moral est un peu revenu.
Nous entrons dans le parc où est situé la résidence. On remarque quelques compositions florales d’un goût douteux puis nous partons vers l’entrée. Marrant, c’est censé ouvrir à 13h30, il est 13h40 et c’est toujours fermé.
Hum.
Suspicieux, je m’approche de la guérite et je vois un petit panneau écrit en rouge indiquant que la résidence est en travaux jusqu’au 14 septembre. BON. Avec Aurélie nous nous regardons moitié amusé moitié désabusé. Etape suivante, le musée national du Palais qui est théoriquement proche mais en fait pas du tout. Nous décidons malgré tout d’y aller à pied. En chemin, je commence vraiment à avoir beaucoup de mal, d’autant qu’il est plus de 14h et que nous n’avons pas mangé. Et là, miracle, une supérette apparaît au coin de la rue. Nous optons pour des buns fourrés à la viande et des rouleaux de riz au thon. Nous restons manger sur place et là, les éléments se déchaîne de nouveau. La pluie s’était calmée pendant presque 2h amis c’est de nouveau le déluge. Déluge qui nous suivra jusqu’au musée.

Le musée national est un peu le Louvre local car il abrite à peu près tout ce qu’il y a de précieux en terme de poteries, porcelaines, bijoux, parchemins et objets en laque du pays voir de Chine continentale.
Les bijoux en jade et les sculpture en ivoire sont sublimes. Quant aux vases Ming, ils en ont une tripoté et sont inestimables. Le tour est fait en environ 1h30. Slalomer entre les groupes de touristes ne posent pas de souci particulier. Étonnamment (ou pas), nous avons croisé pas mal de japonais. Quand nous ressortons, la pluie a cessé. Nous reprenons un bus pour trajet infernal. Le mec conduit ça comme une voiture de sport, il accélère comme un fou et est debout sur les freins au moindre truc. Bref nous étions content de descendre.

Le truc rigolo est que dans les bus, il y a à disposition de petites fiches avec des cases à cocher où l’on peut indiquer ce que l’on pense du chauffeur. Dans chaque bus, le chauffeur a une plaque où figure son numéro de badge. On peut donc indiquer le lieu, la date, l’heure, la ligne et comment on trouve la conduite, le comportement et même les erreurs du conducteur. C’est anonyme et il suffit de le poster car c’est prépayé. Je pense qu’on rirait si c’était mis en place à la RATP.
Retour à l’hôtel en métro.

Le guide le plus nul

Après une pause douche, nous ressortons dîner.
L’idée était d’aller au marché aux serpents, endroit soit disant sulfureux où l’on trouverait prostiputes et restaurants servant des plats à base de reptiles et autre mets étranges.
Comme vous vous en doutez, vu notre journée, une fois sur place c’est le bide complet. Déjà, le fronton de l’endroit indique en toutes lettres: « tourists market ». De fait, il n’y a rien d’exceptionnel à cet endroit. Il n’y a plus qu’un seul restaurant avec des serpents en devanture. Trois pythons albinos dans un terrarium et des rats en cage pas loin pour les nourrir qui ne servent qu’à attirer le pigeon. Quant aux prostiputes… bah elles sont au salon de massages à côté de l’hôtel. Bref c’est un nouvel échec. Nous partons de là consterné par l’affligeante nullité du Petit Futé. A se demander si ils sont vraiment venus à Taïwan avant de l’écrire tant nous avons relevé d’erreurs factuels et d’adresses inexistantes. Sans parler des fautes de frappe. Je connais des blogs d’amateur mieux foutu que ce guide.
Nous voila reparti vers un quartier déjà visité pour trouver un resto. Nous trouverons. Ce fut très moyen. Pour l’instant la gastronomie locale, tant vantée pour être une des meilleures d’Asie nous laisse perplexe. Aurélie se consolera avec un Bubble Tea, quant à moi en bon « gros » j’opterais pour une glace.
Retour à l’hôtel avec une question fondamentale: que fait-on demain sachant que la météo sera équivalente à aujourd’hui? En fait c’est même tout le reste du séjour qui risque de se passer sous la pluie.

Bah, nous verrons bien – demain est un autre jour.

Cadeau bonus du jour: j’ai mis sur YouTube le petit Facebook Live d’hier soir qui permet d’illustrer le délire routier qui règne ici.

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