Taïwan – jour 4

La définition de la folie est, paraît-il, de faire encore et encore la même chose en espérant un résultat différent. Nous devons être un peu fou. Ou pas.

Ce qui me fait dire ça c’est qu’aujourd’hui nous avons fait comme hier: maintenu notre programme vaille que vaille malgré la météo.

Vue sur la mer

Est-il nécessaire que je vous parle du petit-dej? Non.
Donc nous partons ensuite tranquillement sous la pluie en direction de la gare Songshan afin de prendre le train pour le nord-est de Taïwan.

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Aurélie a allumé la télé et est tombée sur le télé achat. La présentatrice est refaite de partout et a l’air possédée. On dirait le Joker.
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Une fois à la gare, vient l’épreuve de l’achat de billets. En fait c’est tout simple, la machine est en anglais. Enfin la seconde machine, la première que nous avons voulu utiliser était un peu plus obscure. Néanmoins nous avons nos billets pour Ruifang à une trentaine de minutes de là. Enfin une trentaine… quand on prend le semi-express sinon c’est un peu plus long.
Ici les trains sont d’un autre standing qu’au Japon. C’est plus dans son jus, ça grince un peu mais c’est propre et confortable (place pour les jambes infinies, repose pied et dossier inclinable). On est pas mal.

Que puis-je vous dire à propos de Ruifang? Que c’est moche et que nous n’y sommes venus que pour prendre le bus?
Et nous voila de nouveau dans un bus qui roule à tombeau ouvert sous la pluie dans des routes de montagnes. Sauf que le temps est un peu moins dégueulasse qu’hier et nous laisse un peu profiter du panorama. Cette vue sur le Pacifique franchement… malgré le port en contre bas et le temps crados, il faut être difficile pour ne pas apprécier.

Après quelques virages supplémentaires nous arrivons à Jinguashi et son musée minier. L’endroit est intéressant car la mine locale a été géré par les japonais durant leur occupation de Taïwan. De 3 tunnels, la mine est passée à 9 dont 3 sous le niveau de la mer.- sachant que la mine se situe à 560 mètres d’altitude. Les prisonniers qui y travaillaient devaient ramener de l’or chaque jour sinon ils n’étaient pas nourris voir pire.

Parmi les bâtiments de l’ancien complexe encore debout il y a le pavillon construit pour la visite d’Hiro Hito avant qu’il ne devienne empereur du Japon. 468 m² de plein pied dans un petit coin super cosy. Tout ça pur qu’il reste à Taipei lors de sa visite, les autorités craignant un attentat.
On peut visiter la maison de l’ancien administrateur japonais, voir le pavillon qui n’a jamais servi mais les 2 clous de la visite sont le tripotage d’un lingo d’or de 220kg – car on peut le toucher. On y est même invité par le staff. Comme ils sont joueurs, ils donnent en temps réel la valeur du dit lingo sur un écran. Aujourd’hui il valait un peu plus 10000000 d’euros.
L’autre attraction, j’ai même envie de dire le truc qui vaut vraiment le déplacement c’est la reconstitution à l’identique du tunnel n°5. On remet à chaque visiteur un casque de chantier extrêmement seyant puis on enchaîne sur un briefing sécurité. Faire attention à la tête parce que pour les plus d’un 1m90 ça peut entraîner de grosses migraines, regarder où l’on met les pieds parce que ça peut glisser, ne pas boire l’eau qui ruisselle parce qu’elle est pleine de métaux lourds et surtout: NE PAS SIFFLER. Ca appelle les fantômes cachés dans les galeries et ça porte malheur. On fait le tour du truc en 10 minutes max mais c’est assez sympa.

En sortant de là, la pluie qui s’était arrêtée à repris. Nous sortons donc nos ponchos puis nous séparons. Aurélie voulant aller voir un temple shinto un peu plus haut sur le chemin. Vu le temps et la fatigue, je n’ai pas été joueur sur ce coup là.
Nous nous retrouvons un petit quart d’heure plus tard pour reprendre le bus. Direction Jiufen, à 5 kilomètres de là.

On me voit, on me voit plus

Nous descendons à l’arrêt ‘Jiufen Old Street’, traversons la rue et hop! Une rue typique de village chinois… remplie de touristes et de vendeurs de souvenirs ‘made in China’. La petite rue traverse le village et malgré le monde et le bruit, l’endroit est plutôt sympa. Cependant ce qui fait l’intérêt du lui c’est un de ses bâtiments a été rendu célèbre par Hayao Miyazaki dans son film de Le Voyage de Chihiro – chef d’oeuvre de l’animation japonaise. Le hic ce ne sont pas les touristes (en majorité japonais) mais le nuage. Un coup on a la vue, un coup on ne l’a plus. Que se soit dans le village ou bien dans la vallée, en quelques secondes ça change au gré du vent. Donc pour faire une photo relativement correcte il faut:
A – s’armer de patience
B – avoir de la chance
C – s’armer de patience et avoir de la chance
D – la réponse D

Comme l’endroit n’est finalement pas très grand, nous décidons de rentrer sur Taipei. Retour en bus à Ruifang puis re-train mais cette fois-ci nous descendrons à Taipei Station, la gare centrale. Il est autour de 17h et nous avons faim car nous avons zappé le déjeuner du coup nous tentons notre chance dans le centre commerciale de la gare. Nous opterons pour une chaîne de fast-food locale (on ne juge pas – merci) et prendrons des « riz burgers au poulet teriyaki ». Quand je dis « riz burger », ça veut bien dire que le pain est remplacer par une galette de riz compacté. A l’image du reste, pas mauvais mais pas délirant. Aurélie est restée tradi niveau frites alors que j’ai tenté les frites « à la japonaise » – avec un peu de mayo et une sauce aigre douce un peu piquante. Je compte lancer une pétition pour l’importation de cette recette en France.

J’ai ensuite eu envie d’aller voir « camera street » qui est paraît-il l’endroit où il faut venir à Taipei pour tout ce qui est matériel photo. Bon ben oui il y a des boutiques mais ça ne vaut pas un Yodobashi japonais. Bref. Heureusement juste au bout de cette rue il y a la North Gate, vestige de l’ancienne muraille érigée autour de Taipei par la dynastie Qing à la fin du 19ème siècle. On trouve aussi des traces de la muraille dans la station de métro à côté. Après ça retour à l’hôtel pour la lessive! Il y a une laverie donc autant en profiter. C’est bien moins funky que l’an dernier à Kanazawa car tout est en anglais. Mais comme il faut bien qu’il y ait un truc qui cloche, le sèche linge est anémique. En 1h30, notre linge n’est pas sec et à 22h, le courant est coupé pour préserver le calme des chambres voisines. Donc c’est la « gitanie » dans la chambre avec des fringues qui finissent de sécher un peu partout.

Demain nous quittons Taipei. Il va falloir conduire. Ca promet. Et nous découvrirons les autoroutes payantes mais sans péage, tout ça sous la flotte. HO YEAH.

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