Taïwan – jour 6

La descente aux enfers – littéralement.

Après une nuit passée à supporter une clim’ qui faisait les 24h du Mans et les attaques de moustiques, c’est peu de dire que le réveil fût compliqué. Néanmoins, nous sommes sur le pont à 7h30, au petit dej’ à 8h (petit dej’ correct faut-il le souligné), 9h sous l’arche signalant que nous entrons dans les gorges de Taroko.

Montagne russe

Notre trajet du jour nous fait repasser par les gorges. Si hier nous ne nous sommes avancés que d’une quinzaine de kilomètres dans celle-ci, là nous allons les faire sur toutes la longueur puisque c’est la seule et unique route qui nous à destination. Enfin non pas vraiment, il y a un autre chemin qui prend à peut près autant de temps mais fait faire près de 380 kilomètres (contre 160 pour nous) mais remonter jusqu’à Taipei pour redescendre par la côte ouest de Taïwan. C’est vous dire si cette route est… difficile.

Si au début, on est sur 2 voies, très vite on se retrouve souvent à devoir gérer le trafic arrivant d’en face car on passe sur une seule voie. Heureusement que la route a été bien pensé et qu’il y a des refuges à quasiment chaque virage – c’est-à-dire environ tous les 50 mètres. Car oui ça tourne, ça tourne beaucoup. La Hana Road d’Hawaii avec ses 620 virages peut aller se coucher. Sans parler du fait que ça monte. Hier nous étions monté à environ 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au plus haut de la journée au col de Hehuanshan nous étions à 3417 mètres. Ouais. Donc j’aime autant vous dire que faire une pointe à plus 35km/h était une prouesse ou une folie (question de point de vue). D’autant qu’avec tous ses virages, il était difficile de voir ce qui arrivait en face ou se trouvait sur la route. En témoigne ce macaque (je parle du singe) qui a traversé devant nous en 4ème vitesse. Plusieurs fois j’ai dû sauté sur les freins pour éviter le gugusse en face qui prenait toute la route. Car si Taipei me foutait un peu les miquettes, je n’étais pas prêt pour la conduite « ici ». Entre ceux qui roulent à toute blinde, doublent à l’aveugle ou roulent sans phare dans les tunnels, il y a de quoi faire. Et ici la règle de priorité à la montée est une douce utopie. T’as le place de passer, tu passes, rien à foutre si le mec en face est dans le bas côté. Et ça, ça n’était que pour la montée sous le soleil. La descente s’est faite dans le nuage avec par moment à peine 20 mètres de visibilité. La voiture devant me servait plus ou moins de repère. Enfin ses feux de positions, parce que oui dans ces conditions mettre les antibrouillards ce n’est pas utile pour les locaux alors que de mon côté j’avais tout allumé. On en a même vu monté sans phare. Du délire.

Mais au delà de la conduite, nous en avons pris plein les yeux. Ca valait vraiment le coup de se faire violence et de « subir » cette route. Vraiment on se serait cru ailleurs qu’à Taïwan.
Nous avons aussi eu une pensée émue pour tous les cyclistes grimpant cette route de fou tant bien que mal. Surtout que vu l’altitude, il faut avoir du souffle. Ce que n’avait visiblement pas notre voiture puisqu’elle a commencé à agoniser quand nous avons passé 1500 mètres. Clairement la boîte auto n’est pas adaptée à ce type de route. Je suis donc passé en mode « séquentielle » mais avec une latence de près d’une seconde entre chaque rapport, j’ai fait comme j’ai pu. J’ai surtout rêvé d’une voiture avec un double embrayage et une boîte électronique qui passe les rapports aussi vite qu’une F1 mais ce n’est pas le sujet.

Bref une fois revenu sous les 1500 mètres d’altitude, surprise: il pleut! 30 des 50 derniers kilomètres se feront sous la pluie. Heureusement les 7 kilomètres d’autoroute se feront sur le sec avec une petite pointe à 100kmh qui m’a donné l’impression d’avoir une Porsche.
Nous arrivons finalement à Sun Moon Lake autour de 14H30.

Mon soleil a rendez-vous avec ta lune

Comme je le disais hier, Sun Moon Lake (littéralement « le lac du soleil et de la lune ») est l’endroit le plus touristique de Taïwan. Beaucoup de chinois du continent y viennent en vacances, nombreux sont ceux aussi qui y viennent en lune de miel. Alors qu’est-ce qu’il a de rare ce lac? Bah… rien. Ha si c’est le plus grand de Taïwan. Ha et Chang Kai-Shek y a fait construire une pagode. Et voila.
On y trouve une flopée d’hôtels de tout standing (on va y revenir), des pièges à touristes tous les 50 mètres et des restos à la qualité variable. Voila vous savez tout sur le lieu.

Nous trouvons l’hôtel sans souci. Le souci par contre c’est l’accès, il se trouve dans une petite rue archi blindée en ce samedi après-midi. Je débarque Aurélie et les bagages et je pars à l’aventure pour me garer. Heureux hasard, il y a un parking (payant) pas loin. Y trouver une place est par contre plus compliqué mais j’ai eu de la chance. Je rejoints Aurélie à l’hôtel et là nous découvrons la chambre.

Mais on va y revenir.
Décision est prise de partir explorer les alentours. Nous reprenons la voiture. Là il a fallu payer le parking sachant qu’ici, on ne donne pas de ticket on prend juste une photo de la place et on enregistre l’heure d’arrivée. Pour payer il faut donc donner son numéro de plaque et la surprise: on vous indique le tarif de la sodomie. Une fois bien le prix acquitté, vous avez 30 minutes pour sortir. Bien entendu à la sortie on revérifie votre plaque. Facile et rapide.

Nous sommes donc parti voir la fameuse pagode de Chang Kai-Shek. Comme nous n’avions pas eu assez de virages, nous en reprenons une dose. Car j’ai oublié de préciser que la dite pagode se trouvait de l’autre côté de ce foutu lac. Une fois sur le parking planqué au milieu de nulle part, il faut encore se coller 600 mètres de chemin avec des marches dans la jungle pour y parvenir. On peut grimper à l’intérieur de cette dernière. L’ascension se fait par une escalier en colimaçon à l’intérieur. Je vous avoue qu’avec mon vertige, atteindre le 3ème des 9 étages fut déjà une prouesse en soit. Aurélie bien entendu est allée en haut. Comme le temps se gâte, la vue n’est pas folle, il y a une espèce de voile brumeux sur le lac et au loin on entend le tonnerre. Il pleut quand Aurélie revient en bas et nous plions vite bagage en direction de la voiture.

Nous décidons malgré tout d’aller aussi faire un tour du côté du temple Wen Wu qui se situe en bord de lac à une dizaine de kilomètres. Trajet d’un chiant absolu sous la pluie bloqué derrière 2 cars. Heureusement que le temple valait le déplacement. Vue imprenable sur le lac, avec une grande porte et des lions de chaque côté, il présente bien. Il y a plusieurs salles répartis sur plusieurs niveau de la colline et chacune est plus ostentatoire que la précédente. Le temple se termine avec un mur de sculptures au somme duquel trône une autre porte sculptée.
Oui mais voila, l’orage entendu au loin à la pagode est désormais sur nous et le pluie tout à fait gérable en début de visite devient un vrai déluge. Nous arrivons de justesse à la voiture – que j’avais garé à l’arrache sur le parking d’un hôtel. Nous reprenons la route vers notre résidence royale (sic), je dépose Aurélie devant la porte et je pars me garer dans le parking hors de prix. Inutile que nous soyons tous les 2 trempés.

Quant au dîner… bah c’est un peu à l’image du reste. Comme tout ici semble être fait pour pigeonner les gens, nous optons pour le plan de sauvetage qui n’a jamais déçu jusqu’à présent: le konbini! Testé et approuvé au Japon l’an dernier, revalidé pas plus tard que ce matin: 7 Eleven c’est la vie! Nous faisons nos courses, demandons à ce que nos plats soient réchauffés et hop nous mangeons en vitrine de la supérette. C’est pas sexy certes mais c’est correct, il y a du choix et ce n’est pas cher. On peut même s’offrir le luxe d’un apéro avec une bière néo-zélandaise et une glace au dessert. Pour un peu plus de 12 € c’est royal.

3 étoiles sup

Notre hébergement du jour mérité qu’on s’y attarde.
Magnifique édifice en bord de lac avec vue sur… le putain de auvent en plastique qui protège le hall d’entrée côté rue. Mais le morceau de choix concerne la propreté. C’est peu de dire qu’elle est discutable: de la couche de poussière ahurissante sur les appliques aux joints bouffé aux mites, au tartre sur la robinetterie, au calcaire sur le carrelage de la salle de bain en passant par les draps tâchés et les cheveux collés dans le siphon, je peux vous faire un inventaire à la Prévert de tout ce que nous avons relevé qui ne vas pas. J’ai oublié l’alimentation de la clim’ qui tient par la grâce d’une épaisse couche de scotch, le meuble posé à un endroit incongru pour cacher le fait qu’il manque des carreaux au sol et le chiotte bouché. Cerise sur le gâteau, la femme de ménage qui se pointe à 22h30 pour faire la chambre d’en face. ALLLLOOOOOOOOOOOOOOOO?!?!?! Aller gueuler à la réception? Pour quoi faire? Ils parlent à peine anglais et vous pensez bien qu’ils s’en tapent. Les 2 connards de français seront partis demain et leur hôtel sera quand même plein.
Au moins le wifi débite mais j’appréhende le petit déj’.
L’hôtel à Taroko était simple et sans prétention, là ça pète plus haut que son cul. Etrangement, hier soir avec Aurélie nous nous disions qu’il y avait de grandes chances que se soit un hôtel qui veut se donner un standing qu’il n’a pas. Nous ne pensions pas tomber aussi juste.

Le coup du 3 étoiles catégorie supérieure « norme locale », faudra pas nous le faire trop souvent.

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