Taïwan – jour 7

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. La journée d’hier laissait un petit goût amer malgré une route exceptionnelle. Celle d’aujourd’hui fut pleine de surprises.

Pour une finir une fois pour toutes avec cet hôtel moisi, le petit déj’ fut conforme à nos attentes: merdique. Une buffet mal branlé, un monde infernal et un choix limité. Hou que nous étions heureux de quitter ce maudit endroit. Lucide, j’avais quand même vérifié sur être dans un hôtel voisin du parking ne permettait pas d’avoir un tarif préférentiel. C’était bien le cas.

Haute montagne

Avant de quitter définitivement Sun Moon Lake, nous décidons de faire le plein par sécurité. 32 litres pour un peu plus de 26€, le tout sans se salir les mains car ici on fait le service. Ensuite direction Alishan à une centaine de kilomètres de là. Mais 100 kilomètres qui prennent 3h, vous voyez le truc venir: le retour de la route qui monte et qui tourne.

Le début est plutôt cool, nous roulons au fond d’une vallée et traversons quelques villages. Sans être expert, on voit le changement de végétation par rapport à la région de Taipei. Ici c’est encore plus tropicale avec encore plus de palmiers. On voit aussi plus de cultures.
A un moment Aurélie aperçoit de vignes. Ce qui nous surprend puis nous voyons un panneau indiquant la vente de vin ainsi que la présence de toilettes (je vous rappelle que ceux de la chambre étaient bouchés). Après avoir visiter des toilettes publiques plus propres et mieux équipés que ceux de l’hôtel, nous nous penchons sur cette histoire de vin. Il se trouve que nous avons stoppés dans un village aborigène. Car si par hasard vous l’ignoriez, Taïwan, avant d’être peuplé par les chinois, était peuplé par un certain nombre de tribus aborigènes dont certaines vivent encore dans les montagnes ou des endroits reculés de l’île. Ils sont facile à reconnaître, ils ressemblent à tout sauf des chinois. Pour schématiser, niveau faciès on est quelque entre un amérindien, un polynésien et un asiatique. Et le vin en question est du vin de prune. Nous n’avons pas tenté l’aventure.

Une fois sorti de ce village, la route prend une autre tournure. Exit la belle 4 voies, on passe à 2 et on grimpe. Nous remarquons aussi souvent la présence de barrières pour carrément fermée la route. Nous constaterons en avançant que les glissements de terrains ainsi que les chutes de pierre sont très réguliers dans le secteur. Pour la première fois depuis le début nous tomberons sur un tronçon de route défoncé… sur 50 mètres. Par contre il y a souvent des travaux de réparation de la route suite à des chutes de pierre (et v’la la taille des pierres). On en voit aussi souvent sur le bas côté.

Nous retrouvons un profile de route plus ou moins similaire à celui d’hier. Donc je décide de faire des pauses régulièrement en m’arrêtant au hasard quand un endroit le permet et qu’il y a un panorama sympa. Le hasard fait que le panorama en question est une vue sur le mont Jade, point culminant de Taïwan avec ses 3900 et quelques mètres (une centaine de plus que le Fuji Yama à titre de comparaison). Bon sauf qu’avec les nuages le sommet est dans la brume. Pas grave. Nous repartons.
Un peu plus loin nous stoppons encore. Nous approchons gentiment des 2500 mètres d’altitude et comme hier, j’ai parfois l’impression d’avoir la tête qui tourne. A l’endroit de la pause se trouve 2 énormes souches ainsi qu’un panneau indiquant qu’il y a des singes dans le secteur. On trouve aussi un camion aux pneus dangereusement usés. Quelques kilomètres plus loin, nous passons le col à 2512 mètres puis entamons notre descente et c’est là que je dis à aurélie de prendre l’appareil photo et de baisser sa vitre. Une famille de singes est installée en bord de route et nous regarde les prendre en photo tandis que d’autres sautent dans les branches derrière. Comme je suis arrêté au milieu de la route, nous ne nous attardons pas trop mais ça a fait la journée d’Aurélie.

Toujours plus de marche(s)

Les derniers kilomètres se font tout seul. J’ai enfin apprivoisé la boîte séquentielle de la voiture, du coup dans les côtés ça va mieux.
Nous arrivons donc à Alishan où, surprise, l’entrée est payante pour les personnes et les voitures. La ville se trouve dans un espace protégé à accès limité. Encore une information que nous aurions aimé avoir. En fait l’accès est tellement restreint que nous n’avons pas pu atteindre notre hôtel en voiture, il a fallu la laisser sur le parking du « centre ville » qui bien entendu débordait quand nous sommes arrivés – normal pour un dimanche. Plutôt que de nous trimbaler les valises sur 900 mètres jusqu’à l’hôtel, nous n’avons pris que le nécessaire et avons rempli nos sacs à dos.

L’endroit étant extrêmement protégé, les chemins sont hyper balisés. En fait, tout un système de plateformes, pont et escaliers est mis en place afin que personne n’aille en vadrouille et ne détruise le précieux écosystème.
On trouve en effet plusieurs centaines d’arbres millénaires ainsi que des essences rares de bois comme le cèdre de Taïwan et des souches qui devaient déjà être là du temps des romains.
Il y a aussi un temple vers lequel nous nous dirigeons. Beaucoup d’effervescence sur place à notre arrivée. En plus des fameux marchants du temple, il y a des gens costumés et des cadavres de pétards au sol. Il semble que nous ayons loupé la fête. Nous faisons le tour de l’endroit quand un attroupement se forme autour de jeunes filles costumés en dragon. Elles prennent la pause pour des photos puis d’autres gens arrivent et mettent leurs costumes. Il va se passer un truc. Notre patience est récompensée par une petite procession au départ du temple où toutes les personnes costumées défilent devant l’autel avant de partir sur la route au son des tambours. Cela se conclue devant le temple par l’allumage de pétards.

Nous repartons en vadrouille dans la forêt content d’avoir assisté à ça. Après avoir monté et descendus un nombre incalculable de marches, nous nous décidons enfin à remonter vers l’hôtel. C’est peu de dire que j’tais content de retrouver un peu de plat car à 2200 mètres, le souffle est vite court.

L’hôtel donc. Il est dans son jus, mériterait sans doute d’être un peu rafraîchi aussi bien dedans que dehors mais c’est sans prétention, ça fait ce que ça a à faire et c’est propre. Aurélie s’étonne toujours de l’état des bâtiments ici. Avec 70 à 80% d’humidité dans l’air en moyenne, pas la peine de chercher l’ennemi n°1. Après ils pourraient aussi entretenir tout ça un peu mieux. Donc voila, petite chambre spartiate au matelas en béton armé mais comme je le disais, ça fait le job. Truc amusant, pour économiser l’eau, il n’y a de l’eau chaude à dispo qu’entre 17h et minuit! Ho et ce sera notre première nuit sans clim’! Il y en a bien une dans la chambre mais il fait tellement bon à cette altitude qu’il serait idiot de la mettre. Les locaux ont quand même une petite laine.
Quant au dîner, comme il n’y a strictement rien à la ronde, nous avons fait un raid à pied jusqu’à l’entrée du parc où se trouve un 7 Eleven. Gros ravito pour l’apéro et le dîner. Comme je le disais hier, ce n’est pas de la grande gastronomie mais à défaut de mieux…

Nous sommes ressortis prendre l’air quelques minutes et au loin, nous avons aperçu un énorme orage illuminé le ciel. Normalement, il n’est pas pour nous. Espérons que ce soit le cas, il serait dommage que notre petit projet de demain matin soit annulé à cause du mauvais temps persistant.
Là-dessus, je vais dormir, la nuit va être courte.

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