Taïwan – Jour 9

Ce soir nous sommes à Tainan, ancienne capitale de Taïwan mais toujours capitale de cons en scooter.

Je dis ça parce que ce soir, en l’espace de 10 minutes, par 2 fois des gogoles en 2 roues ont failli nous faucher. Le premier en grillant un feu rouge et le second en tournant à vitesse grand V dans un virage sans visibilité, alors qu’en plus c’était à nous de traverser. BREF. Avant d’arriver à ce triste constat, commençons par le commencement.

L’autoroute du bonheur

8h00 ce matin, nous nous levons comme des fleurs après une bonne nuit de sommeil sur notre matelas en béton. Je vous épargne le petit déj’ et le toaster qui ne toaste rien. Nous rendons la clé de la chambre et direction la voiture. Nous nous tapons ce chemin des enfers une dernière fois puis prenons la route.
Une énième route infernale où ça tourne fort et ca descend. Et au fur et à mesure de la descente, la chaleur moite revient ainsi que la pluie. Au détour d’un virage, un singe traverse la route tranquillement avant de disparaître dans les buissons. Plus loin nous traversons des plantations de thé et de piments. La pluie fait définitivement son apparition.

A un moment, Google nous invite à prendre une route qui nous fait gagner 10 kilomètres… mais v’la la route. Ultra raide, étroite, régulièrement sans visibilité et surtout avec des grilles de drainage qui, si on ne freine pas très fort, non seulement peuvent casser la suspension mais aussi envoyer la voiture dans le décor. C’est peu de dire que j’étais content de retrouver la route « classique ». Pendant ce temps là, Aurélie faisait des photos. C’est d’ailleurs à elle que vous devez toutes les photos faites en voiture.
Une fois la route redevenue plate et relativement droite, nous traversons quelques villes avant un virage à gauche vers la délivrance. De l’autoroute messieurs dames! Et sur 70 kilomètres! Cette petite joie de pouvoir enfin rouler à plus de 40km/h et de caler le régulateur à 110.

Thunderstruck

Nous arrivons sur Tainan en début d’après midi et nous garons à une centaine de mètres de notre première visite du jour : le fort de Zealandia. Oui Zealandia comme dans Zélande, la région des Pays-Bas. Normal puisque le fort en question a été construit par les hollandais lorsqu’ils occupaient l’île au 16ème siècle avant de se faire virer par les locaux. Du fort, il ne reste pas grand chose, quelques murs de briques tout au plus. La plus grande partie a été détruite et on ne doit la partie existante qu’aux japonais qui l’ont en partie restaurée.

C’est à ce moment là que la journée prend une tournure extrêmement humide. Nous l’avions repéré au loin depuis la tour du fort, l’orage est maintenant sur nous. Et je peux vous dire que ça déverse. Nous décidons malgré tout de continuer nos visites. Le truc c’est que seule Aurélie a pris son poncho, le mien étant dans la voiture. Nous passons donc en mode tortue et partageons notre abri de fortune jusqu’à la maison dans l’arbre.

La maison dans l’arbre c’est littéralement un arbre qui a poussé sur une maison au point que cette dernière a quasiment disparue sous la végétation. L’arbre en question fait parti d’une espèce dite « agressive » et qui prolifère assez vite pour empêcher toute autre plante de pousser. On peut dire que c’est réussi. Malheureusement, les conditions météo nous empêchent de bien profiter du lieu. Je fais les photos à l’arrache sous le poncho en évitant au maximum de nous tremper. Je peux vous dire qu’à ce moment précis j’ai été content d’avoir un peu (beaucoup) de pognon dans du matos photo tropicalisé.
Nous terminons tant bien que mal notre tour des lieux et comme nous sommes garés à presque 10 minutes à pied, je dis à Aurélie que je vais le poncho et aller chercher la voiture pendant qu’elle attend à l’abri. Pas la peine que tout le monde soit trempé.

Bien entendu, quand je reviens la chercher, la pluie a diminué d’intensité. Prochaine étape, la « forteresse éternelle ». Enfin c’est comme ça que l’appelle ce guide de merde qu’est le Petit Futé. Les traductions ne correspondent en rien au nom réel des lieux et les descriptions sont lunaires. Bref, nous arrivons sur place et c’est de nouveau le déluge. Une fois garé, nous patientions quelques minutes dans la voiture histoire de voir si ça va se calmer. Pari gagnant.
Nous voici parti pour visiter le Golden Eternal Castle. Il s’agit en fait d’une ancienne place forte de l’armée taïwanaise construite peu après le départ des hollandais vers le comptoir de Batave en Indonésie – comme ça maintenant vous savez pourquoi on surnomme parfois les hollandais « les bataves ». La forme du « château » est d’inspiration occidentale, normal il a été conçu par des ingénieurs français qui se sont fortement inspiré du travaille de Vauban. En soit, l’endroit ne casse pas des briques (bien qu’il soit en brique). Il faut dire que pour nous européens et français en particulier, dans le genre on a beaucoup mieux chez nous mais ici…

La grande vadrouille

Après ça, direction l’hôtel. Je fais parti de ceux qui disent qu’en voyage, un lit et une douche me suffise à conditions que se soit propre. Ceci étant dit, je ne crache pas non plus sur un peu de confort et là, je dois dire que nous sommes revenus à des standards un peu plus élevé. C’est moderne, propre, le personnel qui parle un anglais de compet’ est au petit soin, bien situé et il y a un parking pour la voiture.
Une fois installé et surtout une fois que mes chaussures ont séchées, nous partons explorer les alentours. Aurélie, toujours au taquet, a repéré quelques trucs à voir. Nous filons donc vers Fort Proventia. Il s’agit là aussi d’un ancien fort dont il ne reste absolument rien et sur les ruines duquel les japonais ont construit 2 maisons. C’est plutôt joli mais au final, la principale attraction sera les écureuils qui sautent d’arbre en arbre dans le parc.

Nous nous promènerons ensuite un peu au hasard avant que finalement, la faim ne nous rattrape. Nous stopperons au hasard devant un restaurant sans trop savoir si nous voulons y aller ou pas. Nous scrutons l’écran avec les plats mais comme tout est en chinois, la décision s’avère difficile à prendre. Ou pas. Voyant que nous manipulons l’écran, une employée sort et propose de nous aider avec un anglais très rudimentaire mais avec un grand sourire. Comme Aurélie n’en peut plus, il semble que nous allons dîner là.
Le porc d’Aurélie avait un petit goût de cannelle et mon poulet semblait lui aussi avoir un petit arrière sucré malgré la friture. Ca plus le tofu, le choux et les espèces de légumes épicés, ça fait un mélange de saveur disons… insolite.

Tout ça pour 7€80

Après ce plantureux dîner, nous nous promènerons encore un peu tandis que dans le ciel, les F16 de l’armée de l’air taïwanaise survolent la ville à basse altitude. Surprenant pour moi mais ici tout le monde semble s’en taper.

Demain, nous serons encore à Tainan. Nous savons qu’il y a encore plein de choses à voir mais nous ne savons pas dans quel ordre faire tout ça.

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